La Peinture américaine des années 1930 « tHe AgE of aNxiEty » Musée de l’Orangerie

Plus que quelques jours pour aller découvrir les grands peintres américains du XXe siècle. L’exposition se termine le 30 janvier.

domi_c_lire_expo_peinture_americaine_1Si nous connaissons parfois bien nos peintres majeurs français, et au moins quelques peintres européens, pour l’art des États-Unis, il est souvent plus difficile de citer des noms lorsque l’on se pose la question.
Le musée de l’orangerie nous permet donc de faire un tour d’horizon  des artistes qui ont émergé sur le nouveau continent à la période difficile de la grande crise.  Après la chute de la bourse à Wall Street en 1929, le pays plonge dans La Grande Dépression, elle aura des effets jusqu’en Europe. Tous les artistes présentés dans cette exposition témoignent à leur façon de la réalité de ces années anxiogènes, où il était peut-être parfois compliqué de croire en l’avenir, où le paysage se transforme. De rurale, l’Amérique devient urbaine avec les migrations des ouvriers agricoles vers les grandes villes.  Mais dans les années 30, on assiste également à l’émergence de l’industrie et de sa puissance, en parallèle la misère sociale entraine cette migration des campagnes vers les villes, ces dernières prennent alors une grande importance dans le paysage national. Tout cela n’empêche pas d’avoir le goût de la fête, de la danse et de la musique, d’ailleurs un magnifique tableau nous rappelle le roman de Horace Mac Coy, on achève bien les chevaux, quand on pratiquait des marathons de danse, sur plusieurs jours, pour un gain misérable.

C’est également l’époque de la naissance du jazz dans les villes et à Harlem, mais aussi des inégalités, des discriminations et des violences raciales, perpétrées en particulier dans les états du sud. Période encore où les artistes réinventent un passé, celui des colons et de Thanksgiving, celui des austères sœurs de la révolution, celui beaucoup moins glorieux de l’esclavagisme. S’ils réinventent leur passé, ils sont toujours attentifs au présent, on retrouve dans les œuvres présentées des évocations du drame de Guernica qui, s’il a largement inspiré une œuvre majeure de Picasso, est également évoqué dans les toiles présentées ici, tout comme la montée du fascisme en Italie ou en Espagne.

Exposition intéressante qui nous fait découvrir de grands noms d’artistes très peu connus, qui préfigurent le réalisme, l’expressionnisme abstrait ou le pop art, qu’importe car ce qui est sûr, c’est que l’art moderne américain prend son envol à cette époque. Exposition ponctuée de deux superbes toiles de Hopper, dont j’avais particulièrement aimé la rétrospective au Grand Palais.


Exposition du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017

The Age of Anxiety

Les années 1930 sont, à plus d’un titre, décisives dans l’affirmation d’une scène artistique moderne aux États-Unis, à un moment particulièrement complexe de son histoire où la définition d’un art moderne américain ne peut être univoque. De l’abstraction au réalisme « social » en passant par le régionalisme, les univers esthétiques de peintres tels que Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe, ou Edward Hopper cohabitent et se confrontent dans les mêmes foyers de création.
Organisée en collaboration avec l’Art Institute de Chicago, cette exposition présente un ensemble d’une cinquantaine de toiles issues de prestigieuses collections publiques américaines (l’Art Institute à Chicago, le Whitney Museum, le Museum of Modern Art à New-York…) et de collections particulières, dont la diversité reflète toute la richesse de cette période précédant la Seconde Guerre mondiale.

Deux remords de Claude Monet. Michel Bernard

« Deux remords de Claude Monet » de Michel Bernard, un beau roman, à la mesure des magnifiques toiles de Claude Monet, ensoleillé, chaleureux, triste parfois, comme la vie !

domi_c_lire_deux-_remords_de_claude_monetDe Frédéric Bazille et la guerre de 70, à Giverny et la fin de sa vie, l’auteur écrit un superbe roman sur la vie de Claude Monet. Roman structuré en trois parties, Frédéric, Camille et Claude.
Frédéric Bazille, jeune peintre talentueux, ami de Claude, amoureux de Camille, celle qui épousera finalement Claude Monet. Bazille mort prématurément lors de la guerre de 70. C’est aussi l’époque de l’amitié avec ceux qui sont devenus les plus grands, Renoir, Sisley, Manet ou Pissarro. Et les rencontres avec les mécènes et bientôt amis, la famille Hoschedé ou les Durand-Ruel.
Camille, le modèle, la muse, la femme, l’aimée, celle qui partage les moments de galère et ceux d’opulence, avant le succès comme aux meilleurs moments, celle qui pose pour certains de ses plus beaux tableaux, que l’on retrouve avec son ombrelle sur les pentes douces des bords de la seine ou de l’Oise, autour d’Argenteuil ou de Vétheuil. Camille qui lui donneras deux fils, et disparaitra prématurément. Lors de la rétrospective Claude Monet du Grand Palais, les visiteurs ont peut-être été surpris devant ce tableau de Camille sur son lit de mort (même en sachant qu’à une époque il était très courant de faire une photo des morts avant leur dernier voyage), ces lignes de Michel Bernard permettent de mieux en comprendre la signification et l’importance pour le Monet.
Enfin, Claude après Camille, la fin de la vie, l’installation à Giverny et le goût toujours affirmé pour le jardin et les fleurs, les merveilleuses toiles, les nymphéas du bassin au fond du jardin et ceux du musée du jeu de paume. Puis cette période où perdant la vue ses œuvres se sont brouillées et assombries, perdant de la magie lumineuse des couleurs et des perspectives qu’il a été l’un des premiers à oser sur la toile.

Voilà un livre qui nous fait voyager dans la vie du maitre, ses sentiments, mais aussi son œuvre, et nous donne envie de retourner voir ses tableaux et ceux de ses amis dans les musées, à Orsay ou à Marmottant. Mais également envie de se promener à Giverny, à Vétheuil ou sur les bords de Seine, et d’aller partout où l’on trouve les toiles magnifiques de ces si talentueux peintres impressionnistes. Un régal de lecture et une belle découverte.

A Giverny ou à Vétheuil, sur les pas de Claude Monet

#rl2016


Catalogue éditeur : La Table Ronde

«Lorsque Claude Monet, quelques mois avant sa disparition, confirma à l’État le don des Nymphéas, pour qu’ils soient installés à l’Orangerie selon ses indications, il y mit une ultime condition : l’achat un tableau peint soixante ans auparavant, Femmes au jardin, pour qu’il soit exposé au Louvre. À cette exigence et au choix de ce tableau, il ne donna aucun motif. Deux remords de Claude Monet raconte l’histoire d’amour et de mort qui, du flanc méditerranéen des Cévennes au bord de la Manche, de Londres aux Pays-Bas, de l’Île-de-France à la Normandie, entre le siège de Paris en 1870 et la tragédie de la Grande Guerre, hanta le peintre jusqu’au bout.»

Collection Vermillon, La Table Ronde Genre : Romans et récits Catégorie > Sous-catégorie : Littérature française > Romans et récits Époque : XXIe siècle / Parution : 18-08-2016 / 224 pages, 4 ill., 140 x 205 mm / ISBN : 9782710380702