Rubens, Portraits princiers Musée du Luxembourg

La présentation par le Musée du Luxembourg :
Domi_C_Lire_rubens_1Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour.
S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe. Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps. Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle
.

Marie de Médicis (1573-1642) veuve d’Henri IV et mère de Louis XIII, est un personnage emblématique de l’histoire politique et diplomatique  du XVIIe siècle. Il est intéressant de se souvenir qu’elle est liée, directement ou indirectement à l’ensemble des dynasties européennes.

Pierre Paul Rubens (1577-1640) dont on peut dire qu’il est le peintre le plus célèbre de son temps, est quant a lui un grand voyageur qui va œuvrer comme peintre mais aussi  comme diplomate dans tous les lieux artistiques renommés.

Cette exposition présente donc deux personnages majeurs du XVIIe qui déploient leur influence sur toute l’Europe. C’est ce que le visiteur découvre à travers l’importance des portraits des rois, reines, princes et princesses, présentés dans ce qui n’est autre que le palais que Marie de Médicis a fait édifier à partir de 1615 – et pour lequel elle avait commandé à Rubens un ensemble de toiles monumentales illustrant sa vie –  portraits que l’on peut voir pour partie dans une des salles de l’exposition. A côté des œuvres de Rubens sont présentés des portraits réalisés par d’autres artistes, avec les mêmes modèles, aux mêmes dates.

Ce que j’aime particulièrement au Musée du Luxembourg, c’est l’agencement des salles d’exposition renouvelé à chaque exposition et qui donne au visiteur d’illusion de dans un nouveau Musée. Ici, l’austérité et le formalisme de certains portraits est rehaussée par une scénographe particulièrement réussie, un jeu de projections d’images ou de lumière, et les lieux changent et prennent vie, une réussite.

Une exposition qui nous permet de feuilleter l’album de famille de Marie de Médicis en quelque sorte !

Rubens, Portraits princiers c’est jusqu’au 14 janvier 2018 au Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

 

Chefs-d’œuvre de Budapest. Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Rippl-Rónai…

Le Musée du Luxembourg accueille les chefs-d’œuvre des musées de Budapest.

DomiClire_budapest_1Pendant ses travaux de rénovation, le célèbre Szépmuvészeti Múzeum se joint à la Galerie Nationale Hongroise pour présenter à Paris les fleurons de leurs collections, depuis la sculpture médiévale jusqu’au symbolisme et à l’expressionnisme.
Quatre-vingt peintures, dessins et sculptures de Dürer, Cranach, Greco, Goya, Manet, Gauguin, Kokoschka entre autres, ainsi qu’une dizaine d’œuvres de l’art hongrois sont présentés, offrant ainsi une belle perspective de l’art européen.

La fin du moyen age, la renaissance germanique, l’age d’or hollandais, mais aussi les impressionnistes avec Manet, Monet ou Cézanne, aucun style n’est oublié. J’avais particulièrement aimé le tableau de Claude Monet « les barques » lorsque j’avais visité le musée à Budapest et je l’ai retrouvé avec plaisir.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, le musée des Beaux-Arts de Budapest et la Galerie nationale hongroise. Du 9 mars 2016 au 10 juillet 2016.

« Fragonard, amoureux », au Musée du Luxembourg à Paris

On dit qu’il faut « lâcher prise et se laisser transporter au gré des évolutions picturales de Fragonard ». Voilà qui est fait, je suis allée voir l’exposition du musée de Luxembourg.

Jean Honoré Fragonard, "Le Verrou", vers 1777-1778Que l’on évoque les œuvres de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) lors de son parcours en Italie, ou les peintures plus classiques de la fin de sa carrière, le sentiment amoureux est toujours particulièrement prégnant sous le pinceau de l’artiste, même s’il évolue à travers le XVIII e siècle.

L’œuvre de Fragonard est indéniablement portée par l’inspiration amoureuse.
Qu’elle soit galante, libertine, polissonne ou au contraire synonyme d’une nouvelle éthique amoureuse, son œuvre met perpétuellement en scène la rencontre des corps et la fusion des âmes.

 

Que ce soit par les peintures exposées, les dessins et les ouvrages illustrés, au contenu érotique plutôt explicite, l’exposition du Musée du Luxembourg met en lumière l’œuvre de Fragonard à travers ce prisme amoureux.
Parfois un peu trop « poudré » à mon goût, on ne peut malgré tout qu’admirer le talent d’un artiste reconnu par tous.
Par contre j’aime énormément certains détails de ces tableaux, superbes de délicatesse. En voici quelques uns :

 

10302056_10201185172468253_3672633274516044344_nEnfin, quelques œuvres font parler, comme « le verrou » où l’on comprend que la limite du libertinage est sans doute proche de l’abus ou du viol.. autres temps, mais pas autres mœurs, où les femmes ne sont pas toujours consentantes, où le « non » à une signification différente suivant s’il est prononcé ou entendu ? …

Mais dans tous les cas, c’est une très jolie exposition, dans ce lieu que j’aime beaucoup, tout à côté des beaux jardins du Luxembourg et du Sénat. A voir jusqu’au 24 janvier 2016.


12391052_10201185173148270_1726657440246094607_nSouvent en écho avec les transformations et préoccupations de son époque. L’exposition explore les diverses variations autour du thème du sentiment ou de l’impulsion amoureux, inlassablement repris et enrichi dans l’œuvre de Fragonard : depuis les premières « bergeries » liées à la grande tradition de galanterie héritée du XVIIe siècle jusqu’aux allégories amoureuses néoclassiques imprégnées d’un véritable mystère sacré de la fin de sa carrière.

Commissaire : Guillaume Faroult, conservateur en chef, en charge des peintures françaises du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines du musée du Louvre.
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en partenariat avec le Musée du Louvre.