Hammershøi, le maître de la peinture danoise, musée Jacquemart André

Visiter l’Expo « Hammershøi, le maître de la peinture danoise » et ressentir un moment de sérénité pure à contempler ces toiles en impressions de gris et blancs.

Un artiste éternellement contemporain, superbement étonnant, une jolie découverte. Apparemment tombé dans l’oubli pendant de nombreuses années, Wilhem Hammershøi (1864-1916) est parfois considéré comme le Vermeer du XX° siècle.

Il se dégage de ces quelques 40 toiles, à mesure que l’on progresse dans les salles, une telle sérénité, un tel calme, que l’on a envie d’y revenir. Si le thème des intérieurs était en vogue à l’époque chez les peintres danois, il l’a en quelque sorte sublimé. Les couleurs sont quasi absentes, essentiellement des tonalités de gris, bruns, blancs, tonalités froides donnant une impression de mélancolie, voire d’austérité, peu de meubles ou d’objets, et des compositions de lignes horizontales et verticales pour arrêter le regard… Chaque pièce semble la même et pourtant l’artiste a voyagé et peint les différents intérieurs dans lesquels il a évolué avec sa femme Ida.

Si la fiancée est représentée de face, l’épouse quant à elle ne le sera que de dos ou visage penché. Un parti pris artistique, pour ne retenir du tableau que les formes, la lumière, la pièce dans laquelle elle se situe ?

Alors oui, avouons-le, ce rendu est superbe. On a l’impression de se trouver face à des partis-pris photographiques, cadrage resserré, ombre et lumière, contrejour, suite de pièces et de portes… L’artiste est mort jeune, 51 ans, on peut se demander jusqu’où serait allé son désir d’abstraction dans ses œuvres…

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Le musée Jacquemart André met l’artiste danois à l’honneur jusqu’au 22 juillet. Ouvert 7/7 de 10h à 18h, nocturnes les lundis jusqu’à 20h30.

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Rembrandt intime. Musée Jacquemart André

Rembrandt intime, une exposition à voir au musée Jacquemart André jusqu’au 23 janvier 2017

domi_c_lire_expo_rembrandt11Maître de l’art hollandais du XVIIe siècle, Rembrandt a dominé l’art son temps. Habité d’un pouvoir créatif qui force l’admiration, Rembrandt interroge dans ses œuvres la destinée humaine, tout en s’attachant à représenter son cercle intime. Ses proches font l’objet de nombreuses études réalisées par un artiste qui va aussi, tout au long de sa vie, se représenter lui-même et porter l’art de l’autoportrait à ses sommets.

Quand on a l’habitude d’aller dans ce superbe lieu qu’est le musée Jacquemart André, on connait déjà trois des œuvres maitresses de l’exposition : les Pèlerins d’Emmaüs (1629), le Portrait de la princesse Amélie de Solms (1632), et le Portrait du Docteur Arnold Tholinx (1656). Elles sont représentatives d’époques différentes de la vie du maitre, ses débuts, sa vie à Amsterdam, puis la maturité et son évolution artistique.

Des prêts exceptionnels du Metropolitan Museum of Art de New York, du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, de la National Gallery de Londres, du Rijksmuseum d’Amsterdam, du Louvre ou encore du Kunsthistorisches Museum de Vienne permettent de mettre ces trois œuvres en scène avec d’autres œuvres contemporaines de chaque époque. En particulier de nombreux dessins, portraits, gravures. Avec comme conducteur la vie et les proches de Rembrandt, indissociables de son œuvre.

De salle en salle (on se souvient aussi que la partie réservée aux expositions est relativement petite, mais quel concentré de beauté !) on admire donc une vingtaine de tableaux et autant sinon plus de gravures et dessins, ces derniers permettant de comprendre toute la finesse et la magie du talent de Rembrandt.

Rembrandt est né le 15 juillet 1606 à Leyde, il meurt le 4 octobre 1669. Dans ses tableaux, on retrouve sa femme Saskia, puis sa compagne Hendrickje Stoffeis ou même son fils. Passé maitre dans l’art du dessin, il est également reconnu pour ses portraits de notables, à la fois réalistes et d’une simplicité qui n’est qu’apparente. Il leur doit une partie de sa notoriété. On se délecte à admirer les jeux de lumières sur des tableaux en apparence sombres mais au final si puissants.

Un jolie exposition, à peine frustrante tant on souhaiterait découvrir d’avantage d’œuvres majeures du maitre. Mais le réconfort est de se dire que l’on pourra toujours revenir au Musée Jacquemart André pour revoir les trois pièces maitresse de l’exposition. Ainsi que l’ensemble des collections permanentes qui elles aussi valent la visite !