Puisque tu m’aimes, Janine Boissard

Janine Boissard ou l’art de se réinventer

Des années que je n’avais pas lu cet auteur qui évoque souvent dans ses romans les relations familiales, le couple, les souvenirs et l’importance du passé et de nos actions sur le présent.

Lou a seize ans. Cette jolie jeune femme dynamique a un grand défaut (à ses yeux !) elle est rousse. Elle est surtout pompiers volontaire, sans doute par passion pour son parrain, Philippe, le frère de son père disparu depuis trois ans. Lou est amoureuse de Stan, un jeune photographe qui se rêve aspirant criminologue.

A Montsecret, leur  village tranquille de Basse-Normandie, des incendies inexpliqués frappent depuis plusieurs mois les repas de noces. Dans de telles circonstances le risque de faire de nombreuses victimes est grand. Fort heureusement, grâce à Philippe et aux pompiers du village, il y a eu peu de décès.

Ces incendies inexpliqués intriguent Lou et Stan qui décident de mener leur propre enquête. Ce qui n’est pas sans danger car la piste pourrait les mener là où ils n’ont pas vraiment envie d’aller. C’est ce que va découvrir Stan à ses dépends, car la vérité n’est pas toujours bonne à mettre en lumière. Lou devra continuer seule et tenter de démêler le vrai du faux, sans se laisser abuser par ses sentiments.

L’auteur a l’art de décrypter les relations humaines complexes, mais aussi les affres de l’adolescence avec ses premiers émois amoureux et ses interrogations bien légitimes. Elle rend également hommage au métier de sapeur-pompier. Sous des airs plutôt légers, car comme à son habitude le roman est court et l’auteur ne s’attarde pas sur les personnages ou les événements,  la palette de sentiments abordés est large et plus complexe qu’il n’y paraît. Le livre se lit d’une traite, comme c’est souvent le cas pour les romans de Janine Boissard qui a l’art de dire les choses simplement et cependant d’accrocher ses lecteurs. A conseiller pour vous changer les idées cet été.

Catalogue éditeur : Fayard

Elle a seize ans, elle s’appelle Lou.
Son père est décédé il y a trois ans. Sa mère est infirmière, et son oncle et parrain est pompier.
Bref, sa vie familiale et affective est un peu compliquée.
Et pour ne rien arranger, elle tombe amoureuse d’un photographe amateur qui rêve d’entrer dans la police… Lire la suite

Janine Boissard est l’auteur d’environ trente-cinq livres, dont L’Esprit de famille, tomes I à VI (Fayard, 1977-1984), et plusieurs œuvres romanesques.  Janine Boissard a été décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse.

Parution : 03/06/2020 / Pages : 256 / Format : 153 x 235 mm / Prix : 19.90€  EAN : 9782213716732 / Prix Numérique : 14.99€ EAN numérique : 9782213715407

Jamais, Duhamel

Quand une veuve pêchue et aveugle fait de la résistance et affronte les éléments… Jamais, une BD touchante et humaniste

Jamais ! C’est dit, Jamais Madeleine n’acceptera de quitter la maison qu’elle partage avec le souvenir de Jules, son marin de mari.

Mais Madeleine aveugle et vieille a perdu son mari en mer, et aujourd’hui, sa maison est prête à basculer dans le vide. Car à Troumesnil, sur la côte normande, l’érosion de la falaise est critique. Seule maison à rester encore debout, elle s’effondrera comme les autres. La catastrophe écologique qui s’annonce est d’ailleurs plus visible ici qu’ailleurs. Pourtant monsieur le Maire, responsable pénalement de ces concitoyens, va tout tenter pour la faire changer d’avis. Par la force ou la douceur, par les armes ou la roublardise. Mais Madeleine n’est pas de ces femmes-là. Il faut se rendre à l’évidence, bien qu’aveugle, elle se rend tout à fait compte des évolutions du climat et des changements du paysage… Elle assume tout, y compris sa solitude, dans cette maison chargée des souvenirs de sa vie d’avant.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait la faire changer d’avis, pour sa propre sécurité ? À découvrir en lisant cette BD particulièrement réussie.

Avec un graphisme aux couleurs claires et douces, au trait vif et allègre, l’auteur nous dévoile des sentiments à travers des situations cocasses ou dramatiques et des échanges aussi légers que drôles entre les différents personnages. Les dialogues sont subtils, fins et réalistes et plongent le lecteur dans une réalité contemporaine qui bien que menaçante est très touchante.

Le petit plus : les photos en fin d’album, qui montrent où l’auteur a puisé son inspiration…

Catalogue éditeur : Grand Angle

Dessin & Couleur : Bruno DUHAMEL

Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c’est les deux.

Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Prix France : 15,90 € / 54 pages / Paru le 10 Janvier 2018 / ISBN 978-2-81894-381-6

Que faire à Rouen ?

Partir sur les traces de Pierre Corneille ! Visiter deux maisons, l’une est la maison natale de Pierre Corneille, l’autre, l’ancienne métairie de la famille Corneille.

La maison natale de Pierre Corneille est située au 4, rue de la Pie à Rouen.

C’est dans cette maison qu’est né Pierre Corneille en 1606, qu’il a vécu et écrit en particulier sa pièce la plus célèbre, Le Cid. Il ne reste aucun meuble, si ce n’est un superbe coffre clouté au rez-de-chaussée, mais dans certaines pièces, l’ameublement a été reconstitué pour donner au visiteur une idée de ce que devait être la maison à l’époque, meubles du XVIIe et superbe bibliothèque.

A l’étage, de belles photos des acteurs les plus emblématiques du répertoire classique de Corneille, Gérard Philippe, Francis Huster, etc. et un rappel pas du tout inutile des différentes œuvres.

Le Musée Pierre Corneille est situé au 502, rue Pierre Corneille à Petit-Couronne, dans la banlieue proche de Rouen.

Si Pierre Corneille reçoit en héritage à la mort de son père, en 1639, la maison manante de Petit-Couronne, cette propriété était depuis un demi-siècle dans sa famille. Ce domaine était à l’origine constitué d’une ferme, d’un verger et de nombreux hectares de métairie. il sera vendu en 1686 par le fils de Pierre Corneille. En 1874, le Département fait l’acquisition de la propriété et installe ce musée-manoir cornélien. Dans les années 1956, la ville de Petit-Couronne connait un développement industriel important, on réalise alors qu’il faut sauvegarder l’aspect agreste de la ferme. Le potager date des années 1990, on y trouve seulement des espèces cultivées au 17e siècle.

On peut y visiter quelques salles. En passant tout d’abord par l’entrée, dont l’existence est attestée dès le début de la demeure en 1608, puis sur les cartes postales des 19e et 20e  siècles.

Vient ensuite une salle à manger, même si les pièces à l’époque de Corneille n’avaient pas de destination précise (on se souvient que l’on « dressait la table » dans la pièce dans laquelle le roi par exemple avait décidé de manger…).  On a donc imaginé que c’est au rez-de-chaussée que se préparaient et se prenaient les repas.

Un cabinet de travail, là sont surtout présentées des œuvres originales, peintures, sculptures représentant Pierre Corneille. Une belle armoire, originaire de la région de Rouen, date du milieu du 17e siècle.

Si l’on ne trouve pas vraiment de meubles ou d’objets ayant appartenu au célèbre écrivain rouennais, les deux visites sont très agréables et nous replongent dans l’univers du 17e siècle. De plus, à Rouen, les musées sont gratuits pour tous, il faut savoir en profiter !

Retrouvez des idées de visite avec les articles Que faire à ?

Maman à tort, Michel Bussi

Un psy au charme dévastateur, un flic aux physique à vous faire craquer une quadra en mal d’enfants, une amie coiffeuse plus sympa qu’intellectuelle, un autre flic inspiré, intuitif, solitaire et près de la retraite, voilà les personnages d’une recette plutôt réussie

Alors que le petit Malone, trois ans, pense que sa maman n’est pas sa maman, la commandante Marianne Augresse mène une enquête complexe à propos d’un cambriolage original et meurtrier perpétré quelques dix mois plus tôt dans des boutiques de luxe.

La mémoire d’un enfant s’efface-t-elle vraiment après trois ans ? Un doudou sait-il parler ? Un psychologue scolaire a-t-il réellement autant d’implication dans la vie d’un parmi les centaines d’enfants dont il s’occupe, qu’il arrive à faire bouger une équipe de flics déjà sur les dents pour une autre enquête ? Une femme de quarante ans est-elle réellement aussi perturbée par son horloge biologique ? Des parents ont-ils un comportement aussi étrange avec leur enfant ? Qu’importe, malgré les noms des personnages, un peu trop conte de fée, une Marianne ogresse, non, Augresse, un Dragon Ball Z (euh non, pardon, Dragonman), un chevalier à pas de loup, (euh, non, Lechevalier et Pasdeloup) la recette prend et le lecteur se laisse emporter.

Dans la première moitié du livre, l’intrigue s’étire et j’avoue que parfois l’attention faibli quelque peu. Les histoires de pirates trainent en longueur, les relations entre les personnages sont parfois confuses. Mais ensuite tout démarre à fond, d’intrigue en rebondissements, de manipulations en revers, les flics et les méchants ne sont plus vraiment les personnages présentés au début, plus complexes, plus machiavéliques, les relations entre les personnages ne sont plus aussi limpides et le lecteur se laisse prendre par un suspense qui trouve un final plutôt étonnant et quelque peu amoral. Un très bon polar, sans aucun doute mon préféré de Michel Bussi.

Catalogue éditeur : Presses de la Cité

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant de trois ans et demi…
Mais quand Malone raconte avec ses mots d’enfant que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, le psychologue scolaire le croit. Il est le seul… Il doit agir vite. Trouver de l’aide. Découvrir la vérité cachée.
Car déjà, les souvenirs de Malone s’effacent…
« La signature Bussi », l’auteur d’Un avion sans elle et de N’oublier jamais.

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant.
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide.
Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple.
Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent.
Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche.
Le compte à rebours a commencé.
Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Que les masques tombent.

Qui est Malone ?

Mai 2015 / 21,50 € – 512 p.

N’oublier jamais, Michel Bussi

Rencontre avec Michel Bussi, l’auteur chouchou des français et la découverte de N’oublier jamais

N'OUBLIER JAMAIS - Michel BUSSI

Dans N’oublier jamais, à Yport, petite ville de villégiature normande, il se passe de bien étranges histoires. Jamal Salaoui est un jeune homme handicapé. Malgré sa prothèse à la jambe il rêve de courir le mythique Ultra-Trail du mont-Blanc. C’est compter sans sa rencontre fortuite, par un petit matin glacial, avec une belle jeune femme désespérée, de celles dont on ne peut oublier le visage une fois qu’on a plongé son regard dans le sien.

Une écharpe échappée des mains de Magali Verron, retrouvée autour du cou de cette suicidée-assassinée, deux témoins  et des policiers  pour le moins bizarres, une magnifique jeune femme ingénieur descendue au même hôtel que Jamal et qui tombe sous son charme, nous sommes au début d’une bien rocambolesque aventure. Voilà quelques-uns des protagonistes de cette intrigue qui nous ramène quelques dix ans plus tôt, vers deux autres meurtres irrésolus, ceux de deux belles femmes violées et assassinées, jetées du haut de deux falaises normandes.

Le récit à la première personne est porté par Jamal, ce qui accentue son efficacité et son rythme. Tout au long le lecteur sent que Jamal est sur la corde raide, qu’un malheur est arrivé ou va bien finir par arriver. Tout est possible. De manipulation en renversement de situation, la dualité de certains personnages est rapidement évidente et l’incompétence relative des gendarmes laisse perplexe, mais le lecteur s’y laisse prendre malgré tout. Michel Bussi tire peu à peu les ficelles de cette intrigue à tiroirs où anagrammes, mise en scène, tromperie, incohérences et manque de réalisme, mais également manipulation et révélations ont la part belle.

Michel Bussi est orfèvre dans l’art de la manipulation psychologique et maitrise les rebondissements, c’est un roman qui se laisse lire avec plaisir, idéal pour une après-midi sur la plage ou une soirée au chaud sous la couette.

Catalogue éditeur : Pocket

« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.
C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ?

Parution : 07/05/2015 /  ISBN : 226625457X / Nombre de pages : 544