La femme révélée, Gaëlle Nohant

Mon conseil lecture ? Le nouveau roman de Gaëlle Nohant, à lire absolument. La femme révélée nous embarque pour un voyage entre Paris et Chicago, des années 50 à la fin des années 60

En 1950, à Paris, une jeune femme vient de débarquer avec pour seul viatique son appareil photo Rolleiflex. Une situation surprenante car jusqu’alors elle vivait confortablement à New-York avec son époux et son petit garçon. Elle n’a emporté que quelques bijoux, témoins de l’aisance de sa vie passée. Hébergée dans un clandé plutôt louche, elle se fait dévaliser.

Désormais fauchée, elle se retrouve à la merci de la patronne de cet hôtel de passe. Aidée de Rose, une prostituée au grand cœur, elle trouve refuge dans un foyer pour jeunes femmes et tente de vivre grâce à de petits boulots. Elle découvre aussi St-Germain-des-prés et les soirées Jazz. A la façon de Vivian Maier, elle prend plaisir à parcourir les rues de Paris toujours armée de son appareil photo pour y saisir des scènes de vie que son talent sait mettre en valeur. Elle a fui on ne sait qui ni quoi, et si le mystère est d’abord épais, les raisons de sa fuite deviennent de plus en plus évidentes à mesure que se dévoile son passé.

Dans ce roman construit en deux parties assez différentes l’auteur nous entraine par son écriture à la fois réaliste et poétique et son talent de conteuse dans les pas de Violet-Eliza, personnage mystérieux et très attachant.

Avec Violet, le lecteur découvre le Paris des années 50 où tout est à reconstruire sur les ruines de la seconde guerre mondiale. Puis les années 60/70, avec la crise immobilière aux États-Unis, mais surtout les différences de traitement entre blancs et noirs, jusque dans les états du nord prétendument moins racistes. Car si les problèmes de racisme n’y sont pas aussi ouvertement déclarés que dans le sud, ils régissent les lois du marché et de la politique plus surement que s’ils étaient verbalisés. Ce sont les prémices de la fin de la ségrégation raciale, mais aussi les assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy, puis la révolte grandissante de la jeunesse contre la guerre du Vietnam pendant la présidence de Nixon.

Une fois de plus, Gaëlle Nohant a su me séduire et me convaincre avec son personnage. Cette femme émouvante, attachante et combative, qui lutte pour vivre libre et suivre ses convictions les plus intimes, au risque d’y perdre sa vie, et surtout de perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils.

Gaëlle Nohant parle de liberté, de soif de vivre, et d’exil, mais aussi de ce bonheur qu’il peut y avoir à se réaliser pleinement en accord avec ses convictions les plus profondes.

Du même auteur, lire aussi l’émouvant roman Légende d’un dormeur éveillé qui évoque si bien le poète Robert Desnos.

Catalogue éditeur : Grasset

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.

Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie ?

Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.

Format : 141 x 206 mm / Pages : 384 / EAN : 9782246819318  / Prix : 22.00 / Parution : 2 Janvier 2020

Piaf, Fréhel, Damia et moi, par Livane

Allez venez Milord, vous assoir au théâtre de Dix heures pour écouter Piaf, Fréhel, Damia revisitées par Livane Revel

Dans cette salle intimiste du théâtre de Dix heures, Livane Revel nous régale pour un seule en scène d’une heure quinze avec sa voix et son jeu d’actrice. La mise en scène est de Xavier Berlioz.

Tour à tour, Piaf, Fréhel et Damia apparaissent dans le tour de chant, mais aussi et surtout dans les textes qui relient ces femmes entre elles, amour, passion pour leur métier ou pour leurs amants, mais aussi pour les drogues, enfance difficile, quelques pans de leurs vies s’égrènent devant nous. Livane tisse des liens entre elles, par leur métier ou leur façon d’appréhender l’amour, la drogue, le chagrin, non sans y ajouter quelques pointes d’humour qui rendent leurs préoccupations très contemporaines.

Livane y mêle sa vision actuelle, son expérience, et surtout sa voix et son dynamisme, qui disent la révolte ou la soumission, la passion encore, le chagrin, la douleur ou le doute de ces trois femmes indépendantes, ces artistes passionnées auxquelles elle a emprunté le répertoire. Elle modernise de façon presque naturelle ces chansons pour la plupart oubliées, pour d’autres reprises timidement par certains dans la salle, sur des rythmes décalés, rock ou réaliste.  

Livane a une très belle voix, un talent certain de comédienne et de musicienne – elle s’accompagne à la guitare sèche, la guitare électrique et me semble-t-il un ukulélé – et une vraie capacité à accrocher ses spectateurs (et je ne vous parle même pas du chocolat !). Elle dégage à la fois une grande simplicité et de l’émotion, et tisse un vrai lien avec son public. De quoi nous faire passer un excellent moment de divertissement par cette plongée singulière et attachante dans la vie de trois femmes qui furent en leur temps trois monstres sacrés de la chanson française.

Crédit photo : Paul Evrard

Piaf (1913/1963) artiste incontournable, éternelle amoureuse, droguée pour guérir ses douleurs et croyante convaincue. Elle sera accablée de douleur à la mort de Marcel Cerdan mais toujours prête à repartir pour son tour de chant.

Fréhel (1891/1951) née Marguerite Boulc’h à Trégastel, en Bretagne. Elle chante dès ses cinq ans dans les rues et les cafés. Elle a marqué l’entre-deux-guerres avec ses chansons réalistes. Elle a également été actrice, et a joué dans Pépé le Moko. Elle finit sa vie dans la misère.

Damia (1889/1978) de son vrai nom Marie-Louise Damien, était chanteuse, comédienne et danseuse. Celle que l’on nommait la tragédienne de la chanson, avec sa robe noire et son projecteur qui mettait ses mains et son visage en valeur, a laissé son empreinte après 50 ans de carrière, même si on l’a oubliée aujourd’hui. Imitée dans sa gestuelle par de nombreuses chanteuses, par Barbara ou Olivia Ruiz pour ne citer qu’elles.

 : au Théâtre de Dix Heures, 36, Boulevard de Clichy, 75018 Paris
Quand : Les Samedis à 16h jusqu’au 4 Janvier 2020

La passe imaginaire, Grisélidis Réal, Vesna Etcha Dvornik

La passe imaginaire, de Grisélidis Réal interprétée et mise en scène par Vesna Etcha Dvornik « La prostitution est un art, un humanisme et un acte révolutionnaire » 

Etcha Dvornik, danseuse et chorégraphe originaire de Ljubljana, en Slovénie, est venue en France continuer ses études, et poursuivre ici son travail sur le corps. Elle aime travailler sur le corps, en particulier à travers l’expression de sa fatigue, et sur la création féminine en général. Elle incarne Griselidis Real par les attitudes et les mouvements d’un corps souvent épuisé, en donnant voix à son œuvre maitresse, La passe imaginaire. Jouant sur une chorégraphie et des accessoires qui disent ou font ressentir, chaussant et déchaussant ses vertigineux escarpins rouges si emblématiques du métier qu’elle incarne.

Un spectacle à la fois décalé et surprenant, tant la proximité avec Etcha Dvornik est grande dans ce petit théâtre. Spectacle qui peut être dérangeant dans sa nudité, ses mots ou ses gestes qui expriment une sexualité tarifée à la fois violente et scandaleuse. Sans doute aussi parce qu’il rend humaines les prostituées, et place le spectateur face à ce métier dont il n’a au fond le plus souvent que des impressions et des idées certainement aussi fausses que contradictoires.

On perçoit dans les mouvements du corps à la fois la révolte face aux idées reçues et la révolution dans les propos de Griselidis Real. Elle veut donner une autre image de ce métier qu’elle pratique en voulant toujours aider ces hommes qui viennent à elle, comme le font ses consœurs, les soulager sans doute, et là les mots deviennent aussi crus que les gestes sur la scène, aussi dérangeants que l’amour physique sans sentiments et sans jouissance partagée.

Peu à peu, on se laisse envoûter par la voix d’Etcha Dvornik et par sa présence ; par la danse du corps et par ses gestes qui disent la lassitude et la fatigue, l’attente et la violence contenue, le désespoir parfois, dans un rôle, une chambre, un corps. Qui disent l’enfermement aussi, avec ce moment qui m’a particulièrement happée, par ce déplacement circulaire quasi hypnotique, sur cette minuscule scène de la Comédie Saint-Michel, et qui incarnait parfaitement une forme d’emprisonnement.

Lire La Passe imaginaire, avec une préface de Jean-Luc Hennig, dans la Collection Verticales, Gallimard, 2006

«Voici les lettres intimes que j’ai reçues, en dix ans, d’une des femmes les plus rares que j’aie eu à connaître. Ces lettres racontent sa vie du jour et de la nuit, ses clients (immigrés turcs ou arabes, pour la plupart), ses rêveries de vieillesse, ses amants imaginaires, ses coups de gueule, ses imprécations contre Dieu, ses verres de royal-kadir, ses maladies à répétition, ses usures. Même si Grisélidis se dit encore prête à tout pour les hommes, prête à tout pour l’amour. Et surtout si elle rit de tout. Férocement. Grisélidis a peut-être le bonheur de la désespérance. C’est en tout cas sa dignité.»
Jean-Luc Hennig.

La Passe imaginaire, œuvre maîtresse de Grisélidis Réal, écrivaine, peintre et prostituée Suisse (1929-2005), est le fruit d’une correspondance entretenue de l’été 1980 à l’hiver 1991 avec Jean-Luc Hennig.

Voir « La Passe Imaginaire » spectacle chorégraphique d’après l’œuvre de Griselidis Réal

Ce document sur la prostitution au quotidien dévoile le panorama secret de la misère sexuelle masculine avec rage, crudité et tendresse. Au fil des lettres, l’autoportrait de cette P… irrespectueuse met à jour les autres femmes qui vivent en elle : la grande voyageuse, la lectrice éclectique, l’amoureuse passionnée, la sociologue amateur, l’altruiste libertaire et l’épicurienne raffinée. Écrivaine flamboyante à l’écriture large et puissante, lyrique et crue, femme libre et engagée, enragée et humaniste, elle fut à la tête de tous les combats et des mouvements de prostituées des années 70.

Quand : jusqu’au 2 janvier 2020 les jeudis soirs à 21h30

Où : au Théâtre de la comédie Saint-Michel au 95 boulevard Saint-Michel – 75005 Paris

Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine

Avec des airs de Momo perdu à la goutte d’or, Sofia Aouine évoque avec gouaille et réalisme la vie d’un gamin de treize ans soumis aux règles du quartier, un roman à lire absolument

Abad, jeune émigré libanais, a l’âge de tous les possibles, celui d’une vie qui commence, des envies de sexe et d’amour, de voyages et de découvertes, l’envie de vivre et de se fabriquer de beaux souvenirs. Mais c’est sans compter sur le père quasi absent, la mère débordée et soumise, les copains qui promettent la lune et ne voient pas les pièges, sur la justice qui n’entend pas ces gamins qui espèrent, attendent, tombent.

Alors dans la vie d’Abad il y aura Madame Futterman, la dame qui ouvre dedans, celle qui malgré sa vie de petite fille juive triste, sait écouter et rire encore ; il y aura Gervaise, la belle prostituée noire qui par peur des sorciers ne quittera jamais cette condition avilissante qui l’attendait à Paris quand on lui avait fait miroiter un vrai métier pour élever sa fille, il y aura Odette, la voisine accueillante qui offre un peu de rêve et de douceur au pays des sucreries et de la musique, il y aura encore Batman, la jeune fille voilée, tenue enfermée par les hommes de sa famille autant chez elle que sous son voile et qui ne rêve que de s’échapper pour enfin respirer, pour laquelle Abad aura son premier coup de foudre.

Premiers amours, premiers émois, premières grosses bêtises, quitter la rue Léon et la Goutte d’Or, quitter encore une fois ceux qu’on aime, partir encore pour grandir.

Quelle écriture, vivante et violente, utilisant à la fois l’argot et le langage des rues pour faire passer les émotions, la vie qui brule et bouleverse Abad et ses copains. Quelle énergie, quel humour mais aussi quel tourment dans ces mots, ces rencontres, ces aventures amères et douloureuses. Il se dégage de ce roman une rage de vivre, d’être, d’exister, qui prend le lecteur et ne le lâche pas. Si Abad m’a fait penser au petit Momo de Romain Gary, d’ailleurs présent en exergue d’un chapitre, son tempo est bien celui d’aujourd’hui. L’auteur fait vivre par ses mots, son rythme, cette ville qui perd ses jeunes dans les quartiers où la violence, la drogue et la misère ne sont jamais loin, malgré leur rage de vivre, leurs rêves et leur droit au bonheur. Et où l’on constate une fois de plus que la volonté et l’intelligence ne favorisent pas toujours l’intégration des jeunes émigrés, comme de tant d’autres sans doute. Une réussite également, l’importance et la personnalité de chaque personnage secondaire, indispensables au roman.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : La Martinière

Ma rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans.

Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbés, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe. C’est l’âge des possibles : la sève coule, le cœur est plein de ronces, l’amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. A la manière d’un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.
Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d’un quartier et l’odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l’amour et l’enfance ne sont jamais loin.
Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.

Née en 1978, Sofia Aouine est reporter radio. Elle publie aujourd’hui son premier roman, Rhapsodie des oubliés.

Juliette Drouet, au Théâtre l’Archipel

Jeudi soir, c’était la 100ème représentation de Juliette Drouet, au Théâtre l’Archipel, une pièce magnifique, un presque seule en scène et une présence incroyable

Kareen Claire y joue, chante et dit une Juliette Drouet attachante, mordante, soumise et surtout amoureuse de ce géant de la littérature qu’est son Victor, qu’est notre Victor Hugo national devrais-je dire.

Celui qu’elle rencontre alors qu’elle est une jeune actrice de théâtre est déjà marié, pourtant ce sera à la fois l’amour, la passion et la soumission à toutes ses exigences pendant plus de 50 ans ; jamais il ne divorcera, jamais il ne sera non plus fidèle à sa maitresse (à sa femme n’en parlons pas !) et pourtant sa muse restera à ses côtés jusqu’au bout.

Elle lui a écrit 22000 lettres tout au long de sa vie, il lui en écrira quelques-unes en retour.  Mais si les lettres de Juliette sont riches d’anecdotes sur leurs vies, ou sur la situation politique et sociale du pays, il ne lui adresse que quelques mots. Forts de leur histoire, Kareen Claire, Cyril Duflot-Verez et Thierry Sforza ont écrit un texte qui fascine par sa présence, son humanité, son humour parfois, et son analyse des protagonistes et de leurs vies.

Le Maître est présent pendant le spectacle grâce à une voix off qui habite littéralement l’espace, on sent comme un lien entre cette voix et Juliette sur scène. Sont également présents la presse, les artistes de l’époque, l’opinion du peuple, à travers ce qui est dit de l’actualité dans les textes et chansons. Et n’oublions l’humour et la gouaille indémodables des textes de ces chansons justement, qui sonnent un brin plus léger à côté de quelques évocations parfois bien douloureuses. Le rythme est soutenu, et l’on passe du rire à l’émotion, de la passion à la colère. Le décor quasi minimaliste arrive pourtant avec seulement quelques costumes et une malle aux trésors, à restituer une ambiance. Dire que j’ai aimé serait un euphémisme. J’ai vraiment apprécié ce mélange des genres qui ne nous a jamais fait perdre de vue la personnalité de Juliette, son amour passion pour Hugo, avec ses hauts et ses bas, l’exil à Guernesey, le retour à Paris puis rue Victor Hugo. La muse inspiratrice des misérables est joliment ramenée à la vie par Kareen Claire, alors n’hésitez pas à la découvrir.

Où : Théâtre L’Archipel, Bd de Strasbourg, Paris 10.
Distribution : Kareen Claire, Thierry Sforza, mise en scène Bernard Schmitt
Direction musicale Cyril Duflot-Verez
Spectacle musical (1h15) à voir jusqu’au 28 décembre 2019

Juliette écrira plus de 22000 lettres à son géant Victor Hugo, inspirant sa plume, sauvant sa vie et ses manuscrits. Ensemble, leurs voix se mesureront à la tempête de l’amour et à l’ouragan de la haine, aux souffles les plus terribles et les plus exaltants de notre mémoire. Pour sublimer leur passion, ils sauront toujours retrouver leurs chants, leurs accents les plus cristallins.

C’est place de la Concorde à Paris, Jacques Charpentreau

⛲C’est place de la Concorde à Paris
qu’un enfant assis au bord des fontaines
entre à pas de rêve au cœur de la nuit fraîche
comme l’eau claire des fontaines

⛲Un enfant de nuit de rêve d’espoir
qui voudrait pouvoir lutter sans répit
contre son sommeil pour apercevoir
ses rêves de nuit venir à la vie


⛲Toutes les voitures avec leurs phares
toutes les voitures tracent pour lui
des lignes de feu flottant dans la nuit
comme de longs fils de vierge où
Paris retient son cœur ses rêves ses espoirs.

Jacques Charpentreau

Dans l’ombre du brasier, Hervé Le Corre

Avec son roman Dans l’ombre du brasier, Hervé le Corre plonge ses lecteurs aux heures les plus sombres de la Commune de Paris, dans une épopée singulière qui tient en haleine jusqu’au dernières barricades.

blog Domi C Lire photo du  livre "Dans l'ombre du brasier" Hervé le Corre

Pendant les derniers dix jours de la Commune de Paris, la capitale est dévastée par les affrontements entre communards et Versaillais. Pendant ces quelques jours, nous suivons trois protagonistes, Antoine Roques, Nicolas Bellec, soldat du 105e, et Caroline son amie.

Antoine Roques est menuisier, il vient d’être promu commissaire de police car ceux qui étaient en poste ont fui la ville. Il tente de se conformer du mieux possible aux exigences de ce rôle qu’on lui a attribué. Au milieu du chaos qui règne en ville, des parents lui font part de l’enlèvement de leur fille. Cette disparition n’est pas unique. Caroline, l’amie de Nicolas Bellec, a disparu elle aussi. Il faut dire que lorsque le mal est partout, enlever de jeunes filles pour les livrer aux prussiens ou pour les vendre à des réseaux de prostitution pour assurer repos des soldats ne décourage aucun malfrat.

Antoine Roques va tenter de poursuivre sa tâche vaille que vaille, et c’est dans ce contexte qu’il mène son enquête de police. Il découvre le revers de la bataille, et croise la route de Clovis, cet étrange personnage dont le nom est souvent évoqué au cours de l’enquête.

Autour d’eux, les immeubles s’effondrent, des barricades érigées tant bien que mal défendent à peine quelques rescapés, les morts sont enterrés à la va-vite, les blessés sont transportés vers des hôpitaux de fortune, la Commune perd chaque jour un peu plus de terrain.

À travers ces personnages s’affirme le rêve éperdu d’une république idéalisée où chacun aurait les mêmes droits, femmes et hommes, riches ou pauvres. Cet espoir vain d’un monde meilleur qui a pourtant entrainé l’anéantissement et la destruction de la Commune de Paris au cours de cette semaine sanglante.

J’ai aimé marcher dans ces rues, êtes au cœur de la bataille et suivre les aventures de ces personnages héroïques malgré eux, découvrir les banlieues lointaines aujourd’hui totalement intégrées à la capitale, les imaginer marchant, courant d’un quartier à l’autre. Tout comme j’ai aimé cette incursion dans le milieu parfois louche de la photographie, et celui encore totalement balbutiant des photographes de guerre. J’avoue que l’auteur m’a également donné envie d’approfondir mes connaissances sur cette période trouble parfois bien oubliée de l’Histoire. Hervé le Corre réussit l’exploit de nous embarquer dans son roman noir et d’en faire une épopée romanesque historique.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix des lecteurs BFM l’Express

Catalogue éditeur : Rivages / Noir

La « semaine sanglante » de la Commune de Paris voit culminer la sauvagerie des affrontements entre Communards et Versaillais. Au milieu des obus et du chaos, alors que tout l’Ouest parisien est un champ de ruines, un photographe fasciné par la souffrance des jeunes femmes prend des photos « suggestives » afin de les vendre à une clientèle particulière. La fille d’un couple disparait un jour de marché. Une course contre la montre s’engage pour la retrouver. 
Dans l’esprit de L’Homme aux lèvres de saphir (dont on retrouve l’un des personnages), Hervé Le Corre narre l’odyssée tragique des Communards en y mêlant une enquête criminelle haletante. 

ISBN : 978-2-7436-4584-7 / EAN : 9782743645847 / Parution : janvier, 2019 / 384 pages / Format : 15.5 x 22.5 / Prix : 22,50€