L’Exposition François Ier et l’art des Pays-Bas au Musée du Louvre

Le goût de François Ier pour les arts et l’importance de l’influence italienne, en particulier de Léonard de Vinci, sont aujourd’hui connus de tous. Le Louvre nous présente ici un bel éventail d’artistes venus du nord, et nous démontre l’influence des Pays-Bas à la cour et au-delà, au début du XVIe siècle.

On retrouve ces maîtres néerlandais en Normandie, Picardie, Champagne ou Bourgogne entre autre. Ils arrivent d’Anvers, Bruxelles, ou Haarlem par exemple. Ils sont spécialisés dans les enluminures, la peinture religieuse bien sûr, très courante à cette époque, les vitraux, la tapisserie, la sculpture, ou encore les pièces d’orfèvrerie.

On y découvre Jean Clouet et Corneille de La Haye dit Corneille de Lyon, spécialiste du portrait, une salle entière est d’ailleurs consacrée aux portraits. Mais aussi des artistes tels Godefroy le Batave, enlumineur d’origine hollandaise, ou Noël Bellemare, peintre et enlumineur, et d’autres restés anonymes.

L’exposition nous plonge dans les fastes de la Renaissance française, on apprécie ces portraits majestueux de François Ier ou Marguerite de Navarre entre autre, mais aussi ceux de petit format représentant des personnages anonymes. Une leçon d’histoire comme on les aime.

Domi_C_Lire__expo_le_louvre_9On admire également le livre d’heures que Le Louvre tente d’acquérir. Ce minuscule objet vaut 10 millions d’euros. Ce livre de prières manuscrit est entièrement recouvert d’une reliure d’or et de pierres précieuses. François Ier l’offrit à sa nièce Jeanne d’Albret, future mère d’Henri IV. Le Louvre a lancé une campagne d’appel aux mécènes. Cette campagne de dons continue jusqu’au 15 février.

Exposition François Ier et l’art des Pays-Bas Musée du Louvre du 18 Octobre 2017 au 15 Janvier 2018

 

Miniaturiste, Jessie Burton

Dans Miniaturiste, Jessie Burton nous fait évoluer ses personnages dans la Hollande des canaux, des terres gagnées sur la mer et du siècle d’or de la Compagnie des Indes Orientales

Les flottes des riches marchands parcourent le monde pour en rapporter du sucre et des épices. Elle évoque également avec beaucoup de justesse les ambivalences et  l’hypocrisie des protestants soumis aux règles strictes de leur église (mais prêts à dévorer en secret quelques sucreries et noix caramélisées), les contraintes qu’imposent la religion et le poids des traditions en matière de mœurs et dans l’organisation austère de la société.

Nous sommes en 1686, Nella, jeune provinciale découvre à la mort de son père que la famille est ruinée. Elle doit alors épouser un vieillard de deux fois son âge. Enfin, 40 ans ce n’est pas si vieux, sauf quand on en a dix-huit ! Johannes est bel homme, cultivé, un des meilleurs marchands de la ville d’Amsterdam, connu et reconnu par ses pairs, jalousé par d’autres, courant les mers, il assume sa liberté et ses choix.

À son arrivée à Amsterdam, Nella découvre une maisonnée bien hétéroclite. Otto, le serviteur de son mari, arrive du Dahomey, un homme noir est fort peu commun en ces temps et en ce pays, Cornelia, jeune orpheline, est au service de Johannes et de Marin, sa sœur. Celle-ci, si froide, si stricte, si intelligente, et si secrète semble mener de main de maître l’intendance de la maison Brandt.

Nella reçoit en cadeau de Johannes une magnifique maison miniature, de celles qui permettent aux jeunes filles de bonne famille d’apprendre leur futur rôle de maitresse de maison. Ce cadeau sera le point de départ de singulières aventures à la limite du surnaturel. Nella reçoit d’étranges présents de la part d’une miniaturiste invisible qui ose travailler dans cette ville dominée et gouvernée par les hommes. Les objets semblent prémonitoires, mais peut-être suscitent-ils simplement un éveil de la conscience chez Nella, guidant celle-ci dans son évolution. Car comment trouver sa place, comment devenir une femme, une maitresse de maison accomplie, une mère, quand tout semble se liguer contre vous.

La structure du roman m’a intéressée, le suspense monte peu à peu, les caractères et les personnages gagnent en épaisseur et leur mystère, bien loin de s’éclaircir, va se densifier au fil des pages. L’évocation quasi magique du rôle de la miniaturiste ne prend jamais le pas sur la vie de Nella, lui laissant la place pour se révéler et grandir dans cette société intransigeante et rigide. Les scènes sont parfois  décrites comme si nous étions dans un film, le lecteur peut alors les visualiser comme s’il y était, en spectateur d’une société sans pitié pour ceux qui sortent du rang. Une belle lecture pour un étrange voyage dans le temps le long des canaux d’Amsterdam.

Je me souviens très bien de la maison miniature, exposée au Rijksmuséum et devant  laquelle, comme certainement bien d’autres visiteurs, je suis restée un moment pour y projeter ma vision d’une famille idyllique de l’époque.  C’est sûr, si j’y  reviens je ne la regarderai plus jamais de la même façon. 

Catalogue éditeur : Gallimard

Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du  XVIIesiècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Trad. de l’anglais par Dominique Letellier

512 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782070144228 / Parution : 26-03-2015