Le Sud-Ouest n’existe pas, Raymond Chabaud

Il parait que « Le Sud-Ouest n’existe pas » en tout cas c’est ce qu’explique Raymond Chabaud, dans cet essai publié par les éditions Cairn.

photo couverture du livre le sud_ouest n'existe pas éditions Caïrn blog Domi C Lire

Édité par Cairn, cet éditeur palois qui nous réjouit avec ses polars régionaux, voilà un postulat intéressant affirmé par un géographe qui « pense avec ses pieds », de ceux qui ont parcouru en long, en large et en travers le sud-ouest divers et authentique qui existe car il le connait bien.

Car oui, ce pays-là existe bel et bien, mais ce n’est pas celui dont parlent ceux qui ne le connaissaient pas, qui n’y ont pas vécu, mais bien celui d’un homme qui l’a parcouru et le connait par ses terroirs, habitants, coutumes.
Si l’on s’en tient à l’aspect purement géographique, ou géopolitique, il semble bien qu’il existe un grand Sud-Ouest… Enfin, jusqu’à présent c’est ce que je pensais, et j’y ai passé ma jeunesse et tel Ulysse j’y reviens sans cesse. Et effectivement il y a de vraies différences entre les départements, et régions d’origine, gascons, bigourdans, béarnais, landais ou basques pour ne citer qu’eux.

Mais selon Raymond Chabaud,
Il n’existe pas car il est multiple et divers, du Béarn aux Landes en passant par le Tarn-et-Garonne et la Bigorre, terres et hommes ont ici leur singularité et l’auteur nous parle d’eux.
Il n’existe pas car sa cuisine et ses productions locales sont multiples aussi, canard de Rouen ou pas, cochon noir de Bigorre, palombes, vins de Jurançon, de Madiran, Iroulegy et tant d’autres.
Il n’existe pas car ses paysages et son patrimoine sont multiples, il faut aller dans ces régions pour les visiter, les connaître et en savourer toute les différences.

Alors, il y a une multitude de terroirs, accents, cultures, traditions à découvrir, à regarder, savourer, goûter… C’est ce que dit l’auteur avec force, enthousiasme et parfois même sans modération et parfois même un brin d’acidité, comme la tomate peut-être… Un recueil qui se lit facilement, fait de courts textes, puisque ce sont des articles de blog au départ, écrits avec une énergie et parfois une colère communicatives et bien instructives…

Il s’agit ici d’un recueil d’articles publiés sur le Blog « L’œil géopolitique » de l’auteur entre 2014 et 2016.

Catalogue éditeur : éditions Cairn

Le Sud-Ouest…. Vu de Paris… Dans les faits, ce qu’on appelle Sud-Ouest est surtout le Nord-Est du Pays basque. Jadis, on disait Novempopulanie, mais ça sonne désuet.
Sud-Ouest, ça semble unitaire alors que c’est divers, varié, changeant, des collines gersoises aux plateaux bigourdans. Ici, de grosses bâtisses qui se veulent tellement distinguées qu’on les nomme châteaux. Là, de belles et lourdes fermes tant chargées d’histoire qu’on ne peut que les appeler maisons. De puissantes rivières et des gaves sautillants. Des pins aériens qui voisinent avec des chênes aux puissantes racines Lire la suite…
ISBN :  9782350686448  / 17,00 € TTC / Format 13 x 21/ Nombre de pages 128/ Date de parution : été 2018

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On n’efface pas les souvenirs, Sophie Renouard

Cela pourrait être la romance de l’année, c’est un premier roman noir addictif aux personnages humains et attachants. Pourquoi on aime « On n’efface pas les souvenirs » de Sophie Renouard.

D’abord il y a la rencontre avec l’auteur et son regard bleu acier qui vous pénètre et vous donne immédiatement envie de parler avec elle du roman et du contexte de l’écriture, et son sourire qui vous y incite avec bienveillance. Un beau moment de partage, de discussion et d’échange.

Ensuite, il y a ce roman, On n’efface pas les souvenirs, qui se lit comme un thriller à la façon d’un inspecteur Colombo. Car le lecteur comprend rapidement les éléments de l’enquête, mais c’est normal car là ne réside pas l’intérêt du roman. Au contraire, il est indispensable de se laisser guider par les sentiments, les impressions, les personnages et leurs caractères si singuliers et attachants que l’on a rapidement envie de suivre, de découvrir, de comprendre.

Après un chapitre choc, le lecteur fait la connaissance d’Annabelle. Elle mène une vie confortable de bourgeoise aisée. Heureuse en ménage avec Gaspard, deux fillettes adorables Zélie et Violette, une gouvernante Françoise qui l’accompagne et la soutient depuis son enfance. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes. Le jour du baptême de Violette, après la cérémonie et parce qu’une fois de plus son mari doit travailler, elle part seule avec ses fillettes rejoindre son père du côté de Lyons la forêt. Un voyage sans difficulté depuis Paris. Lorsque son bébé à faim, Annabelle fait un stop dans une auberge pour lui donner le biberon. Là, frappée violemment dans les toilettes de l’établissement, elle disparait. L’alerte est donnée, son mari rejoint la famille, l’enquête de police commence.

Le lecteur a dès le départ un avantage puisqu’il suit Annabelle dans le coffre d’une voiture jusqu’au coin de montagne des Pyrénées Basques où elle est laissée pour morte. Puis découverte par Émile, un vieil homme qui vit seul dans la montagne. Il la soigne pendant plusieurs semaines. Convalescente fragile, amnésique, elle doit apprendre à se connaitre, retrouver la mémoire, ses souvenirs et le fil de sa vie. Elle qui a tout perdu, à qui l’on a arraché la vie, va se reconstruire doucement protégée par cet homme taiseux et solitaire. De son coté, son mari et sa famille doivent apprivoiser l’absence, l’inquiétude, la solitude. Gaspard est aidé par Mikkie, une cousine envahissante au comportement étrange qui inquiète Zélie.

L’auteur nous transporte alternativement dans ces deux univers parallèles. La solitude réparatrice de la montagne pour Annabelle, et le foyer devenu dangereux dans lequel Gaspard tente de survivre à l’absence. La tension monte et l’intrigue se dévoile, tissant sa toile  autour du drame qui lie les différents protagonistes  jusqu’au dénouement final.

Mi roman, mi thriller, voilà une intrigue adroitement menée. J’ai aimé les différents personnages et leurs personnalités aussi attachantes que singulières. Caractères forts, solitaires ou psychotiques, chacun trouve sa place dans ce premier roman qui ne laisse pas indifférent. Un roman idéal pour les lectures d’été !

Souvenir d’une jolie rencontre avec Sophie Renouard

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?
Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabelle va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.
Avec une extrême sensibilité, Sophie Renouard explore les zones d’ombre d’une existence ordinaire. Captivant.

Prix : 19.90 € / 27 Mars 2019 / 140mm x 205mm / 272 pages / EAN13 : 9782226441102

Oyana, Eric Plamondon

De Montréal au Pays Basque, la vie et les rêves d’une héroïne comme on les aime, face à ses engagements et à ses doutes. Oyana, un superbe roman d’Éric Plamondon.

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »

Elle vit à Montréal, ils se sont rencontrés au Brésil, elle est née au Pays Basque. Comme s’il y avait plusieurs vies en elle, plusieurs rêves, des fuites en avant, des regrets, des remords. Mais aujourd’hui ETA  a rendu définitivement les armes, l’organisation terroriste s’est auto-dissoute. ETA n’est plus et sa jeunesse revient lui claquer au visage et lui dire qu’il est temps.

Elle, c’est Oyana, mais Xavier ne le sait pas. Frappée dès sa naissance par le terrorisme basque, puis actrice de ce même terrorisme, elle a passé vingt-deux ans de sa vie dans le mensonge à propos de ses origines. Aujourd’hui elle revient au pays pour revoir ses parents.

L’auteur alterne avec adresse le récit d’Oyana, avec cette longue lettre qu’elle écrit à celui qui a partagé sa vie pendant tant d’années, et les faits historiques sur ETA et la violence au Pays Basque. Exposés de façon plus brutale, journalistique et sans empathie. De Franco aux terroristes, mort de Carrero Blanco, attentat et nombres de décès, les longues années de guerre interne ont laissé des blessures profondes au sein de nombreuses familles de part et d’autre de la frontière.

Difficile rédemption de celle qui fut terroriste malgré elle, de ceux qui ont combattu pour une cause qu’ils croyaient juste, face à un état répressif du temps de Franco, puis dans une lutte de moins en moins logique et acceptable. Mais peut-on, et faut-il essayer d’expliquer l’inexplicable montée de la violence ?  A travers ses mots, ses questionnements, ses peurs aussi de ce qu’elle a été et de ce qui l’attend, il y a une vie à poursuivre, affronter la mort, le deuil, la perte d’un parent et le mensonge avec lequel elle a dû se construire, puis la fuite et le mensonge avec lequel elle a dû continuer.

Oyana est seule face à elle, Xavier pourrait-il la comprendre, et finalement qui pourrait la comprendre, ce sont les interrogations auxquelles elle devra répondre en affrontant son passé. Interrogations qui sont cruellement d’actualité devant la montée de tous les terrorismes quels qu’ils soient finalement.

J’ai aimé cette double écriture, intime puis générale, pour parler de la lutte d’un pays à travers la vie d’Oyana, de la construction et de l’unité d’un peuple aussi, ces basques voyageurs qui sont partis affronter le monde. Quand la petite histoire des hommes fait la grande Histoire d’un pays. Aujourd’hui encore, les plaies sont profondes dans les campagnes ou les villes basques, de nombreuses familles ont perdu des pères, des frères des amis dans ce conflit qui a dressé les uns contre les autres. En peu de pages, d’une écriture concise et avec une simplicité de façade, Eric Plamondon interroge chacun de nous, comment réagirions-nous, qu’aurions-nous fait, et que reste-t-il de la lutte, de la souffrance, de la culpabilité. Peut-on aussi vivre éternellement dans le mensonge, est-il possible de se construire sainement quand les bases sont faussées. Autant de questions, autant de réponses sans doute, mais avant tout une belle lecture que je vous recommande.

💙💙💙💙

Sur le pays Basque et la lutte pour l’indépendance, on pourra lire également Galeux le roman de Bruno Jacquin.

Vous souhaitez mieux connaitre la région des Pyrénées et ses relations étroites au fil de l’histoire avec l’Espagne si proche. Lire aussi Les indésirables, de Diane Ducret, qui évoque les camps de concentration dans lesquels étaient internés les réfugiés espagnols pendant la seconde guerre mondiale,  ou encore les romans d’Isabelle Alonzo, Je peux me passer de l’aube, ou Je mourrai une autre fois.

Catalogue éditeur : Quidam

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé dans la communication. Il a publié au Quartanier (Canada) le recueil de nouvelles Donnacona et la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, publiée aussi en France aux éditions Phébus.

Taqawan (Quidam 2018) reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le prix France-Québec 2018 et le prix des chroniqueurs Toulouse Polars du Sud.

 152 pages 16 € /  mars 2019 / 140 x 210mm / ISNB : 978-2-37491-093-2

Galeux. Bruno Jacquin

Découvrir l’Histoire en lisant « Galeux ». Bruno Jacquin nous emporte dans une plongée intelligente et sombre au cœur de la guerre sale qui endeuilla le pays basque dans les années 80.  

DomiCLire_galeux_bruno_jacquin.jpgJ’avais beaucoup aimé le premier roman de Bruno Jacquin Le jardin des puissants. Avec Galeux, je retrouve la plume affutée de ce journaliste qui va au fond de son enquête pour nous entrainer dans un thriller politico-historique et nous replonger dans les années sombres du terrorisme, celles de la sale guerre qui voit s’affronter le GAL, Groupe Anti-terroriste de Libération et l’ETA, l’organisation indépendantiste basque (Euskadi ta Askatasuna / Pays Basque et Liberté).

Dans la famille d’Inès, les années de la lutte de l’ETA ont laissé des traces, son père a été abattu, peu de temps après la mort de sa mère. Elle a donc été élevée par ses grand parents, une grand-mère mutique et insensible, car Jocelyne ne laisse rien voir de ses sentiments et se réfugie dans le silence, et un grand-père présent et attentionné.

En 2005, Casimiro, son grand-père, paisible retraité espagnol qui vit depuis des années côté français, est victime d’un attentat. Par miracle, il a la vie sauve mais reste très affaibli. Sa petite fille Inès va alors chercher à comprendre ce qu’il a bien pu se passer pour qu’un homme aussi tranquille soit la cible forcément innocente des terroristes. D’autant que l’attentat est signé, et que l’on comprend vite qu’il s’agit de vengeance, des années après, et que le sujet principal est l’ETA, ainsi que son organisation adverse, le GAL.

Inès est amoureuse de Mikel, un jeune basque qui doit pourtant la quitter quelque temps et partir en Argentine. Sa meilleure amie est issue d’une famille d’anciens etaras, elle a toutes les cartes en mains pour trouver des contacts et essayer de comprendre. Son enquête, difficile, l’emmènera du pays basque à l’Amérique du Sud, puis vers les quartiers de son enfance, dans les pas de ses parents et grands-parents. Elle sera surtout prétexte pour Bruno Jacquin à nous présenter cette situation ambiguë, difficile, de la lutte sans merci contre un terrorisme aujourd’hui éradiqué.

Pour mieux comprendre, il faut savoir que dans les années 80 au pays basque, la lutte pour l’indépendance ne connaissait pas de répit, et malgré la mort de Franco en 1975, on vivait toujours dans un climat de terreur. Comme les provinces basque françaises sont des terres d’accueil pour les terroristes de l’ETA, mais qu’il est difficile de pénétrer en France pour les chasser, on ne trouve rien de mieux que d’embaucher des français pour faire ce travail dans la plus grande clandestinité. Le pouvoir en place a donc mis au point un contrepouvoir occulte à cette forme de terrorisme, le GAL, embarquant dans ses rangs français ou espagnols, civil ou militaire, trouvant même des complicités auprès de policiers français, pour arrêter les etaras et les ramener sur le sol espagnol ou (plus simple !) les exécuter directement sur le sol français, plus d’une trentaine d’assassinats ont ainsi été perpétrés entre 1983 et 1987. La lutte contre l’ETA est un lutte sans merci qui doit se faire à n’importe quel prix, quoi qu’il en coûte en vies humaines, le mot d’ordre étant de « terroriser le terrorisme », selon les mots célèbres d’un ancien ministre de l’intérieur français.

On se souvient enfin qu’on a très récemment assisté à  l’agonie du mouvement indépendantiste et terroriste qui, après avoir d‘abord proclamé en octobre 2011 un «cessez-le-feu définitif et unilatéral» et face à l’attitude ferme et au refus de négocier de Madrid, a annoncé son «désarmement total et unilatéral» pour le 8 avril 2017.

Un tout petit bémol peut-être, le sujet du GAL était sans doute un sujet épineux et délicat, bien souvent méconnu. Y compris lorsqu’on en a entendu parler et qu’on connait le pays basque, l’ETA et les années de terrorisme qui ont secoué les 7 provinces et l’Espagne en particulier. Du coup, et certainement par soucis de justesse et d’exactitude, les informations sont denses, complexes, alternant l’intrigue et la vie des personnages avec des chapitres plus techniques qui nous présentent la réalité historique, ce qui fait que par moment on s’y perd un peu. Mais c’est un défaut qui passe vite lorsque l’on accepte de lire Galeux d’abord comme un roman, et dans un deuxième temps seulement de se poser la question de la part du réel ou de celle de la fiction.

Alors vous qui aimez en savoir plus sur l’histoire (tout en vous divertissant parce que les polars c’est quand même un grand plaisir de lecture ! ) je ne peux que vous conseiller de lire Galeux, en plus il est édité par cette maison d’éditions que j’aime beaucoup, Cairn, du Noir au Sud.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Cairn, Du Noir au Sud

En 2017, 30 ans que les GAL ont officiellement disparu, les tristement célèbres « groupes antiterroristes de libération ». Inspiré de faits réels, Bruno Jacquin signe avec Galeux un nouveau polar politique fort sur le Pays Basque.
Site officiel du livre : https://brunojacquin.wixsite.com/galeux

ISBN :   9782350682426

Le 9 bordelais était chargé. Eric Becquet

Coup de pied fatal, avec « Le 9 bordelais était chargé » d’Eric Becquet, le lecteur se passionne, l’enquêteur s’interroge et dans les coulisses, le foot devient sombre et mystérieux.

DomiCLire_le_9_bordelais_etait_charge.jpgSur le terrain des Girondins, le jeune nigérian Michael Ademoah, joueur vedette du club, est fauché en pleine action par un joueur adverse. Mauvais coup dans les jambes, fractures des tibias, Ademoah est conduit à l’hôpital où il décède peu de temps après. L’enquête pourrait conclure à un décès suite à une crise cardiaque, mais Mélissa Marchand, une jeune et jolie journaliste décide d’investiguer et d’aller au-delà des apparences. En parallèle, l’entraineur du club Pierre Perlon, lui-même ancien joueur, décide de mener son enquête. Tous deux vont alors s’engager sur des chemins bien dangereux et sinueux, où la loyauté n’est pas forcément la règle, où les révélations vont les entrainer bien plus loin que prévu. Là où confiance et vérité de sont pas toujours la norme.

S’il n’est pas vraiment dans mes habitudes de lire un livre sur le foot, j’aime par contre cette maison d’éditions, Cairn, et leur collection « du noir au sud ». Quand en plus l’intrigue nous emporte de Bordeaux au Pays Basque, alors là, oui, bien sûr je me laisse tenter. Et bien m’en a pris. Car s’il parle foot, ce polar nous entraine surtout dans les sombres méandres du trafic lié au dopage, du réussir à tout prix, et va creuser du côté parfois malsain de ces entraineurs ou dirigeants de clubs qui, pour la gloire, pour le foot, pour l’argent, vont pencher du mauvais côté. Souvent sans se préoccuper du devenir de joueurs, de ces jeunes qui sont poussés à bout pour réussir et qui pense que tous les moyens sont permis pour réaliser leur rêve, quel qu’en soit prix.

Au final, j’ai passé un excellent moment en compagnie de Mélissa et de Pierre, à la recherche de la vérité. J’ai navigué dans un milieu que je ne connaissais absolument pas, mais dont on sent bien tout au long du livre que l’auteur, lui, le connait très bien !


Catalogue éditeur : éditions Cairn, du noir au Sud

Bordeaux. Stade Chaban-Delmas, soir de foot. Face à Marseille, dans un choc au sommet du championnat, l’attaquant vedette des Bordelais, le Nigérian Michaël Ademoah, est fauché en plein match. La fracture est grave, mais le pronostic vital n’est pas engagé.
Pourtant, quelques heures plus tard, le numéro neuf décède à l’hôpital pour une raison difficile à cerner. Pourquoi ? Quels étaient les secrets de ce joueur prodigue, acheté douze millions d’euros à Milan ?
L’entraineur du club bordelais, Pierre Perlon, ancien joueur pro aux méthodes plutôt musclées, va tenter de le découvrir, à travers Bordeaux, à travers l’Europe, tout en gérant son groupe. Parce que le football demeure et qu’il faut continuer à gagner. Quoiqu’il en coûte. Mélissa Marchand, jeune journaliste du quotidien Aquitaine Éclair, à l’affût du scoop, va croiser sa route. Et ses doutes.
Chacun à leur manière, Pierre et Mélissa vont mener l’enquête. Qui va les conduire bien loin des prés carrés…

Ouvrage des Editions CAIRN / Type de brochure : 12 x 18 / Nombre de pages 226 / Code ISBN/EAN 9782350683836 / Date de parution : avril 2015

Les éditions CAIRN : Histoire – Patrimoine, Culture des Pyrénées et du Sud-Ouest
Créées en 1997 et installées à Pau (64), les Éditions CAIRN publient au rythme  d’une trentaine de titres par an, des ouvrages qui portent haut et fort l’Histoire, la Mémoire, la culture et le patrimoine des Pyrénées et du Sud-Ouest.

 

La succession. Jean-Paul Dubois

Comment vit-on le départ de ses proches, de ses parents, lorsque l’on ne rêve que de pratiquer son sport de prédilection sous le soleil de Miami. Dans « La succession », son dernier roman, Jean-Paul Dubois explore avec beaucoup de légèreté et d’ironie en apparence, les relations familiales, la transmission et l’héritage moral.

DomiCLire_la_succession.jpgPaul Katrakilis a laissé à Toulouse son père médecin, seul rescapé d’une famille où de grand-père en belle fille, d’épouse en beau-frère, comme une tare indélébile et génétiquement transmissible, le suicide est la seule porte de sortie. Paul a été initié jeune à la cesta punta au pays basque. Tout juste achevées ses études de médecine, il part pratiquer la chistera sous le soleil de la Floride. Là, il s’entoure de très peu d’amis, d’une femme qu’il aime sans espoir, et d’un chien qu’il sauve des eaux. Jusqu’au jour où le décès brutal de son père le contraint à revenir à Toulouse.
C’est alors le difficile retour dans la maison lourde des départs mais également de la présence toujours prégnante des défunts. Il est délicat de se réadapter, de changer de métier, d’affronter les souvenirs, de vider la maison, et sans doute de comprendre enfin qui était ce quasi inconnu, son propre père. La découverte sera pour Paul bouleversement, sidération, interrogation, puis compréhension et acceptation. C’est aussi un long cheminement vers la famille, l’héritage, la fatalité, la recherche d‘un bonheur parfois si difficile à trouver.

De cet auteur, J’avais adoré Une vie française dans lequel l’ironie piquante cède le pas à une grande sensibilité et à une vision particulièrement corrosive de toute une époque. On retrouve ici cette plume à la fois critique, mordante, et sensible.  Comme toujours dans les romans de Jean-Paul Dubois, la légèreté n’est qu’apparente. Les sentiments émergent et ont finalement la part belle. Les questionnements sont bien plus profonds qu’il n’y parait de prime abord, le destin, le choix que l’on a ou pas, la vie que l’on choisit, autant de questions auxquelles il est bien compliqué de savoir répondre. Tragique, comique, sensible, ironique, un brin désespéré et certainement désabusé, voilà du grand Jean-Paul Dubois.

Envie de suivre Paul de Toulouse à Miami…


Catalogue éditeur : Editions de l’Olivier

Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Jamais il n’a connu un tel bonheur. Pourtant, il se sent toujours inadapté au monde. Même la cesta punta, ce sport dont la beauté le transporte et qu’il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasserle poids qui pèse sur ses épaules.
Quand le consulat de France l’appelle pour lui annoncer la mort de son père, il se décide enfin à affronter le souvenir d’une famille qu’il a tenté en vain de laisser derrière lui.
Car les Katrakilis n’ont rien de banal: le grand-père, Spyridon, médecin de Staline, a fui autrefois l’URSS avec dans ses bagages une lamelle du cerveau du dictateur; le père, Adrian, médecin lui aussi, est un homme étrange, apparemment insensible; la mère, Anna, et son propre frère ont vécu comme mari et femme dans la grande maison commune. C’est toute une dynastie qui semble, d’une manière ou d’une autre, vouée passionnément à sa propre extinction.
Paul doit maintenant rentrer en France pour vider la demeure. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage.

Parution 18 août 2016 / Livre 140 × 205 mm 240 pages / EAN : 9782823610253 / 19,00 €