De bonnes raisons de mourir, Morgan Audic

De bonnes raisons pour mourir, l’excellent polar de Morgan Audic nous entraine à Tchernobyl, dans un paysage aussi fascinant qu’effrayant

Le 26 avril 1986, explosion de la centrale de Tchernobyl
Le 26 avril 1986, découverte des corps mutilés de deux femmes, dans la maison de l’une d’entre-elles…
Aujourd’hui, à Pripiat, un homme est retrouvé mort…

La première thèse du policier dépêché sur place est le suicide. Mais vu la position du corps, crucifié sur une façade d’immeuble, il faut se rendre à l’évidence, c’est impossible… une enquête sordide commence alors. Dans ce paysage d’un autre temps, dans cette zone qui devrait être abandonnée de tous, une vie parallèle a repris son cours. Entre ceux qui sont revenus vivre dans cette zone qu’ils considèrent comme leur seul refuge, ceux qui poussés par une curiosité malsaine, qui veulent voir où tant d’hommes, les liquidateurs pour ne pas les citer, ont trouvé la mort, la zone pullule de visiteurs venu faire provision de radiations et de frayeurs.

Dépêchés sur place par deux canaux bien différents, l’un plus officiel que l’autre, deux flics qui ne se sont jamais vu tentent de percer le mystère, tout en se mettant réciproquement quelques bâtons dans les roues. Le capitaine Joseph Melnyk est le policier ukrainien en charge de l’affaire, Alexandre Rybalko, un ancien flic russe qui n’a plus rien à perdre, a été envoyé là secrètement par le père de la victime.

Dans cette ambiance post nucléaire totalement glaciale, la résolution de l’enquête va s’avérer plus difficile que prévu. Entre les mensonges par omission des personnes impliquées pourtant sensées coopérer, les visiteurs fantômes non autorisés et les tours opérateurs qui profitent du système, il faut remonter dans le temps, au moment de l’explosion, pour dénouer les fils fort embrouillés de ces secrets bien enfouis dans les mémoires.

Un tueur fou de taxidermie, des morts à la pelle, des secrets à déterrer, un paysage de fin du monde et cette ambiance délétère donnent à ce polar d’un nouveau genre un côté hors du temps et novateur que j’ai particulièrement aimé. Différent des schémas auxquels nous sommes habitués, voilà un roman qui emprunte des territoires quasi vierges, qui est fouillé et documenté sans pour autant être fastidieux, même si finalement il me semble que Tchernobyl est ces derniers temps un coin très attrayant pour les romanciers ou les scénaristes. Alors je crois que j’ai attrapé un niveau de contamination maximum … J’en redemande et j’ai hâte de savoir si le prochain roman de Morgan Audic saura autant nous embarquer !

Vous aimez les romans qui vous entrainent vers le monde post cataclysme de Tchernobyl, n’hésitez pas à lire d’excellent roman d’Alexandra Koszelyk A crier dans les ruines, publié aux Forges de Vulcain, ou celui de de Lucile Bordes 86, année blanche chez Liana Levi.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou  qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée. Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Édition brochée 21.90 € / 2 Mai 2019 / 496 pages / EAN13 : 9782226441423

Le Grand Mort, T 7, Dernières migrations

Parce qu’on aime cette série, le plaisir de retrouver Le Grand Mort

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Dans le petit monde, les grand dignitaires ne savent plus comment faire, car Macare est dans le coma et comme ils ont enfin compris où elle voulait en venir, ils attendent avec impatience son réveil. Mais comment contacter Erwan, le transporteur, quand la communication est rompue entre Blanche et Sombre ? Comment Pauline et Gaëlle peuvent-elles réussir à revenir quand dans leur monde tout s’écroule, famine, catastrophes naturelles, pillages, rébellion et violence s’enchainent et leur chemin est difficile vers la paisible maison où tout ne se passe pas comme elles imaginent.

Toujours aussi beau graphiquement parlant, plus sombre aussi, par les couleurs et les intentions, les personnages, l’alternance entre les deux mondes, le dérèglement de la planète qui interrogent le lecteur, c’est toujours un régal à découvrir. Mais à mon goût un peu trop de lenteur, on a l’impression qu’il ne se passe pas assez de choses, et du coup on a juste envie de découvrir le tome suivant pour enfin connaitre l’issue. Et si le plaisir finalement c’était d’attendre le dernier pour les lire tous en même temps, la frustration serait sans doute moins grande ?

Retrouvez les épisodes précédents :

Catalogue éditeur : Glénat

Le sort des deux mondes est entre leurs mains

Les dignitaires sont atterrés. Macare, la prêtresse hermaphrodite sortira-t-elle de son coma ? Le petit monde est au bord du chaos le plus total, car elle-seule aurait la possibilité de le sauver : elle détient la connaissance, mais risque de mourir avec… La seule solution pour remédier à cela est de faire revenir Erwan, le transporteur, afin qu’il la partage équitablement entre les clans. Mais Macare vivra-t-elle assez longtemps ? Et comment prévenir Erwan qu’il y a urgence … lire la suite…

Scénariste Régis Loisel & Jean-Blaise Djian / Dessinateur Vincent Mallié / Coloriste François Lapierre

Format : 240 x 320 mm / 64 pages /  ISBN : 9782749308371 / Prix : 14.50€

Le Grand Mort, T 4 Sombre

Des découvertes, de nombreuses rencontres et l’envie de continuer l’aventure avec Le Grand Mort

Le Grand Mort

D’abord entre Sombre et Blanche, que l’on commence à découvrir, entre Erwan et Pauline, ou Gaëlle, on ne sait pas trop et lui non plus d’ailleurs, puisqu’une rivalité amoureuse s’installe entre les deux filles, rencontre encore entre ceux du petit monde qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive.

C’est aussi le moment d’une rencontre possible avec le petit monde, par la pensée encore, mais tout peut enfin arriver, c’est en tout cas ce que l’on espère. On découvre qu’Erwan et Pauline ont sans doute été manipulés, mais qu’ils sont désormais une part de ce quelque chose qui se situe au-dessus d’eux, plus important que leurs seules vies, même à l’heure du chaos sur terre et dans les grandes villes.

Le graphisme exprime toujours le même contraste des coloris, sérénité et couleurs éclatantes du monde d’Erwan, tonalités plus obscures pour évoquer le trouble et le désordre de la vie ailleurs. On voyage du réel au fantastique en passant par le foisonnement du petit monde dans lequel l’inquiétude et les interrogations se transmettent au lecteur grâce aux nuances et aux formes.  Les auteurs nous annoncent la suite par touches sombres ou blanches, et le lecteur que je suis attend la suite avec impatience.

Catalogue éditeur : Glénat

À l’intersection de deux mondes…
Erwan, Gaëlle, Pauline et sa fille Blanche, se retrouvent en plein cœur de la Bretagne, dans la maison de Christo. Pauline et Erwan réalisent qu’ils se sont fait piéger par la prêtresse hermaphrodite, lors de leur incursion dans le petit monde. Mais les questions restent nombreuses : Blanche y aurait-elle un frère ou une sœur dont Erwan serait le père ? Dans quel but la prêtresse a-t-elle voulu concevoir des enfants avec des humains ? Peut-être arriveraient-ils mieux à comprendre les mystères qui nimbent cette étrange enfant, si leurs réflexions n’étaient pas perturbées par les querelles de jalousie entre Pauline et Gaëlle ! Sans parler du pays qu’ils voient partir en lambeaux autour d’eux… 

Loisel et Djian continuent à tisser une intrigue maîtrisée et passionnante, que le dessin expressif et poétique de Vincent Mallié sert à merveille

Scénariste : Régis Loisel / Scénariste : Jean-Blaise Djian / Dessinateur : Vincent Mallié / Coloriste : François Lapierre

Parution : 17.10.2012 /Format : 240 x 320 mm / Pages : 64 / EAN : 9782749306896

Le Grand Mort, T 2, Pauline…

Quand le mystère s’épaissit, une BD d’anticipation humaniste

Le Grand Mort

Dans ce deuxième tome, Erwan est encore au pays des larmes d’abeilles alors que Pauline en est déjà repartie. Étrangement d’ailleurs, presque au détour d’un virage. 

Quand Erwan regagne son monde, il constate qu’il est parti deux ans, pendant tout ce temps le monde a changé, Maitre Cristo est mort, tout ce qui lui appartenait a disparu. Erwan tente de retrouver Pauline, il débarque de sa belle Bretagne comme un extraterrestre coupé des réalités et découvre un Paris envahi par la misère, les maladies, la pollution, une société dans laquelle la mondialisation a fait des ravages, le chômage est partout présent.

La recherche de Pauline est propice à décrire une situation apocalyptique, à évoquer le pire, une terre que les humains n’ont pas su protéger. Jusqu’au rebondissement final. On a envie de connaître déjà la suite, c’est sûr. Le graphisme me plait énormément, les situations sont intéressantes, présentant de nouveaux personnages, orchestrant les situations pour de nouveaux épisodes à venir.

Catalogue éditeur : Glénat

Pour Loisel, co-scénariste avec Djian, et pour Vincent Mallié, le fantastique est toujours le meilleur moyen de découvrir de belles vérités humanistes.

Après avoir rempli la première partie de leur mission, Erwan et les prêtresses réalisent que Pauline, sur qui l’effet des larmes d’abeilles a cessé, a disparu. De retour dans la réalité, il découvre que Cristo est mort et que ses grimoires ont été éparpillés. Son ami Jérôme, qui gardait sa maison en son absence, lui apprend qu’une certaine Pauline est passée ; celle-ci avait un comportement étrange et vomissait régulièrement. Avant de rentrer chez elle à Paris, elle lui a laissé une lettre. Impatient mais inquiet, Erwan prend le train pour la retrouver. Une fois devant l’immeuble de Pauline, la concierge lui annonce que cette dernière a déménagé. Il parvient à soutirer ses nouvelles coordonnées, mais tout semble aller de mal en pis. De sombres perspectives obscurcissent désormais la gigantesque ville, et pour retrouver cette fille qui, il y a peu, lui était étrangère, Erwan va ricocher d’adresse en adresse, de surprise en surprise, de mystère en mystère…

Après le grand succès de la série Peter Pan, Régis Loisel est cette fois scénariste, et prête son talent de raconteur d’histoires au doué Vincent Mallié.

EAN/ISBN : 9782749303949 / Parution : 03.12.2008 / Pages : 64