Guérilla Social Club. Marc Fernandez

Vous avez aimé « Mala Vida » ? Alors vous aimerez aussi « Guérilla Social club », le dernier roman de Marc Fernandez qui vous embarque de Madrid à Buenos-Aire au rythme de l’Histoire.

DomiCLire_guerilla_social_clubCe que j’aime chez Marc Fernandez, c’est l’âme hispanique qui se dégage de ses romans. On sent l’amour et la connaissance de pays qu’il n’habite pas et cependant qu’il distille par touches subtiles, qu’il n’impose pas à son lecteur, mais qui donnent une envergure à ses romans.

Dans Guérilla Social Club, nous retrouvons avec plaisir – même si finalement il s’est passé un peu de temps depuis le premier opus – les personnages principaux de Mala vida. Isabel s’est installée en Argentine, Diego est journaliste à Madrid, la relation qui aurait dû évoluer entre eux est au point mort… (pour comprendre pourquoi il convient de se replonger dans Mala Vida, je n’en dirais donc rien). Il anime une émission de radio où il aime évoquer des enquêtes récentes. Son ami Carlos, le patron du Casa  Pépé est enlevé. Des disparitions inquiétantes ont lieu simultanément  dans plusieurs pays d’Amérique latine, puis ces individus, tous apparemment d’anciens guérilleros,  sont retrouvés morts, torturés. Les faits s’accumulent mais l’enquête piétine, toute l’équipe se met en action pour tenter d’élucider ces événements. Isabel et Léa en Argentine, Diégo et ses indics à Madrid, Ana va même repartir dans ce pays qu’elle a fui pendant la dictature…. Les jours sombres menacent de recommencer, des enlèvements, des attentats, vont se multiplier, rendant la résolution de l’enquête difficile tant elle parait invraisemblable.

Après un premier roman (Mala vida) qui dévoilait le scandale des bébés volés pendant le franquisme, Marc Fernandez évoque ici les dictatures d’Amérique latine, du Chili à l’Argentine des années 70/80 et de l’opération Condor. Caryl Férey nous avait éveillé à l’opération Condor, avec son roman éponyme paru en 2016. Marc Fernandez y revient lui aussi, quarante ans après. Il nous entraine, et même si nous avions largement oublié cette époque, malgré par exemple les revendications toujours actuelles des Mères de la place de Mai – des années après elles cherchent toujours les fils ou les maris disparus – les références nous replongent dans le passé sans nous donner l’impression d’être un peu ignorants.

C’est habilement mené, porté par une intrigue puissante, complexe, qui mêle le présent au passé et à l’Histoire, celle avec un grand H. L’écriture est directe, rythmée, efficace, au style journalistique évident, qui emporte et tient le lecteur en haleine, et il s’interroge, il s’émeut. Et de se dire, une fois encore, que peut-être tout n’est pas terminé, que le mal peut ressurgir, que les dictatures abolies ne sont pas forcément anéanties et que la soif de puissance peut éveiller les sentiments et les désirs des plus nocifs. Alors je ne sais pas vous, mais moi, j’attends déjà le prochain roman !


Catalogue éditeur : Préludes éditions

Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Lire la suite…

Parution : 08/03/2017 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 288 / EAN : 9782253107859

Mala Vida. Marc Fernandez

Dans l’Espagne actuelle, « Mala Vida » le roman de Marc Fernandez, journaliste, spécialiste de l’Espagne évoque les pires moments de l’époque de Franco.

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Graffitis, Espagne © DCL

L’intrigue se déroule aujourd’hui, de Madrid à Barcelone en passant par Paris et Buenos Aires. Une série de meurtres inexpliqués et sans liens entre eux, un journaliste qui n’a plus rien à perdre et sort des sentiers battus lors de ses émissions radiophoniques tardives, une enquêtrice transsexuelle et ex- prostituée, un juge honnête qui dit haut et fort ce qu’il faudrait peut-être taire et une avocate parisienne qui défend l’association des « bébés volés », le cadre est posé pour une plongée dans l’Espagne de Franco, et ces relents nauséabonds qui se sont prolongés quelques années après la fin du « règne » du Caudillo.
https://i0.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/162/9782253191162_1_75.jpgLe scandale des bébés volés a réellement éclaté il y a quelques années, ces enfants que l’on enlevait aux mères en leur annonçant que leur bébé était mort-né, puis que l‘on faisait adopter par des familles bien « dans la ligne du parti » pour anéantir dans l’œuf ces lignées de révolutionnaires rouges et anti franquistes. C’est un sujet intéressant même si j’ai eu parfois l’impression qu’il est traité de façon presque légère, car peut-être pas assez fouillé. Tout se bouscule un peu dans ce roman. Diego, le journaliste, a un peu trop enquêté sur les cartels de la drogue en Amérique du sud, et l’a payé très cher. Le juge affirme, enquête, soulève de vrais problèmes, mais il va à l’encontre des directives gouvernementales, cela va lui coûter sa carrière.

C’est un roman très agréable à lire, qui balance entre thriller, roman noir, introspection et aventure. Dans lequel j’aurai aimé que certains sujets soient plus travaillés, les cartels de la drogue, le régime franquiste par exemple, avec un peu plus de profondeur historique et des personnages moins idéalisés peut être. Mais au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette « Mala Vida » et l’écriture fluide et agréable de Marc Fernandez. La collection Préludes est vraiment plaisante, j’aime l’idée de proposer à la fin d’autres livres parus en poche et qui pourraient nous plaire.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes … Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loins qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.
Quand un spécialiste du polar mêle petite et grande histoire sur fond de vendetta, le résultat détonne et secoue. Marc Fernandez signe ici un récit sombre et haletant qui nous dévoile les secrets les plus honteux de l’ère Franco, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. Un premier roman noir qui se lit comme un règlement de comptes avec la côté le plus obscur de l’Espagne.

Éditions Préludes / Parution: 07/10/2015 /Format : /135 x 200 mm /Nombre de pages : 288

EAN : 9782253191162