Le poète, Michael Connelly

Des suicides de flics, le poète Edgar Allan Poe et tout le talent de Michael Connelly pour un thriller inoubliable

Je me souviens d’avoir lu ce livre prêté lors de sa sortie par un collègue qui voulait me faire découvrir le style novateur de l’auteur. Depuis j’ai lu bien d’autres romans de Michael Connelly avec toujours autant de plaisir.

Dès le début, l’affaire est quasiment classée puisqu’il s’agit d’un suicide de policier, dramatiquement triste mais si facile quand on se supprime avec son arme de service, et surtout lorsque l’enquête que vous n’arrivez pas à l’élucider vous obsède. Pourtant, le frère jumeau de Sean, Jack McEvoy, doute du suicide de son frère. Alors que tout lui souriait, pourquoi se serait-il supprimé ?

Jack est journaliste au Rocky de Denver. Il décide de mener sa propre enquête et découvre que toute une série de suicides de policiers sont en fait certainement des morts suspectes. Mais dès lors que vous enclenchez la grosse artillerie et que vous reliez des faits entre eux et qu’ils dépassent le frontière de votre état, c’est le FBI qui se saisit de l’affaire. Tout d’abord inclus avec beaucoup de suspicion et bien peu de bonne volonté dans les équipes d’enquêteurs, jack se sent mis peu à peu sur la touche. Malgré tout, il continue à investiguer de son côté. Et son enquête couplée à celle qui FBI va nous entraîner du côté noir du net, déjà, au milieu de réseaux pédophiles et de criminels aguerris.

Ce roman est paru en 1996. Depuis les techniques ont évolué et les moyens de communications également. Plus besoin de fax, de ligne fixe pour brancher son ordinateur, etc. plus de notes de téléphone avec sa note d’hôtel…. Malgré ces quelques anecdotes qui datent un peu, on s’y laisse prendre à tous les coups. J’avoue que je me suis plongée sans retenue au cœur de cette enquête aux ramification et aux sources bien sombres.

La voix de Benjamin Jungers sied parfaitement au rôle, chaude, posée, j’avais l’impression de voyager dans la tête de Jack, de l’écouter penser à voix haute, ses hésitations, ses découvertes et le plaisir pris à avancer dans l’enquête. Jack qui ne sait pas trop ce qu’il veut, au passé difficile, qui a du mal à faire confiance aux autres et de fait n’arrive pas à se réaliser pleinement. Jack avec ses forces et ses faiblesses qui mène de main de maître le lecteur par le bout du nez jusqu’au final.

J’ai eu une légère inquiétude en réalisant qu’il y avait plus de seize heures d’écoute. Aucune crainte, le rythme soutenu, le suspense toujours présent, les protagonistes plus ou moins attachants mais qui ont un vrai rôle à jouer, et les différents rebondissements font passer le temps presque trop vite !

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2021

Catalogue éditeur : Calmann-Levy, éditions Points, Le Livre de Poche, Audiolib

Un livre audio lu par Benjamin Jungers. Traduit par Jean Esch

La spécialité de Jack McEvoy, c’est la mort. En tant que chroniqueur judiciaire au Rocky Mountain News, il y a été confronté plus d’une fois. Mais rien n’a pu le préparer au suicide de son frère jumeau. Inspecteur de police, déprimé et incapable de supporter le meurtre non résolu d’une jeune femme retrouvée coupée en deux, Sean s’est tiré une balle dans la bouche, comme le font souvent les policiers dépressifs. Un sujet dont Jack décide de s’emparer, en guise de dernier hommage à son frère.
Mais en s’immisçant dans une base de données du FBI pour les besoins de son article, McEvoy découvre avec stupéfaction que beaucoup de policiers se sont suicidés dernièrement, et que le FBI mène l’enquête sur la mort de son frère. Il comprend alors que cette affaire est en passe de lui fournir le plus gros scoop de sa carrière.
Il pressent aussi qu’il est devenu la prochaine cible du suspect, un assassin qui a, jusqu’à présent, toujours réussi à tromper les plus fins limiers lancés à ses trousses…
Le Poète, l’un des premiers jalons de l’œuvre magistrale de Michael Connelly, brillamment porté par la lecture de Benjamin Jungers, fête en 2021 ses 25 ans.

Né en 1956, Michael Connelly commence sa carrière comme journaliste en Floride, ses articles sur les survivants d’un crash d’avion en 1986 lui valant d’être sélectionné pour le prix Pulitzer. Il travaille au Los Angeles Times quand il décide de se lancer dans l’écriture avec Les Égouts de Los Angeles, pour lequel il reçoit l’Edgar du premier roman. Il y campe le célèbre personnage du policier Harry Bosch, que l’on retrouvera notamment dans Volte-Face et Ceux qui tombent. Auteur du Poète, il est considéré comme l’un des maîtres du roman policier américain. Deux de ses livres ont déjà été adaptés au cinéma, et l’ensemble de son œuvre constitue le cœur de la série télévisée Bosch. Les romans de Michael Connelly se sont vendus à près de soixante-cinq millions de livres dans le monde et ont été traduits en trente-neuf langues. 

Date de parution : 17 Mars 2021 / Durée : 16h43 / Prix : 26.90 € / Livre audio 2 CD MP3 Poids (Mo): 586 / Poids CD 2 (Mo): 564/ EAN Physique: 9791035402976 / Éditeur d’origine : Calmann-Lévy

Denali, Patrice Gain

Un roman initiatique et noir, dans les vastes étendues du Montana

Je me souviens avoir entendu parler de rares exploits d’alpinistes sur le Mont Mc Kinley, ce sommet de l’Alaska qui culmine à 6 190 mètres d’altitude. Depuis quelques années il a repris le nom de ses origines indiennes, le Denali. C’est cette montagne que le père de Matt veut escalader comme au temps glorieux de ses exploits. C’est là qu’il trouve la mort, disparu à jamais.

Cette nouvelle plonge la mère de Matt et Jack dans la folie, une folie dont elle ne se relèvera pas. Elle meurt à l’hôpital peu de temps après sans que ses fils n’aient pu la revoir. La vie devient alors un océan d’incertitude pour Matt qui vit avec cette grand-mère qui décède elle aussi, laissant à Matt une vieille boite en fer dans laquelle elle cache quelques dollars. Le frère quant à lui joue un jeu dangereux avec Ron, un comparse de misère violent et sans pitié, et s’adonne à la Mett avec une fureur dévastatrice.

Matt n’aime rien tant qu’aller au bord la rivière et pêcher. Et la pêche il va en avoir besoin quand ruiné et sans ressources il faut tenter de vivre ou de survivre. Matt contraint et forcé à la débrouillardise par les violence répétées de ce frère devenu un étranger, un inconnu aux réactions imprévisibles. Pêcher pour se nourrir, mais aller aussi à la pêche aux informations pour savoir et comprendre, la disparition du père, la mort de la mère, leur relation ambiguë, la violence du frère, le passé qui fait aussi de vous ce que vous êtes, car même les secrets les mieux gardés ont des répercussion sur les nouvelles générations.

Patrice Gain réussi une fois de plus le pari de nous entraîner dans les pas d’un personnage atypique, à la personnalité à la fois attachante et désespérante. Comment peut-il tant de fois tendre la joue pour se faire battre quand tout s’écroule autour de lui ! Mais il s’acharne, s’obstine, là où tant d’autres auraient abandonné et tout envoyé valser. Soutenir son frère contre vents et marées, parce que c’est la seule famille qu’il lui reste bien sûr, mais à quel prix.

La tension, le rythme soutenu, les révélations toutes plus dramatiques les unes que les autres, l’obstination et la personnalité de Matt, tout concours à faire de ce roman noir une réussite. J’ai apprécié également les descriptions de la nature, ce Montana sauvage et parfois inhospitalier, les parties de pêche au bord de la rivière, les montagnes aux sommets inatteignables, aussi belles que dangereuses. Comme une ponctuation, une forme de légèreté indispensable à ce roman par ailleurs très noir, la nature nous rappelle par sa beauté et la force qui s’en dégage à quel point elle nous est vitale.

De l’auteur, on ne manquera pas de lire également Terre fauves, vous pouvez également lire ma rencontre avec Patrice Gain ici.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Le Mot et Le Reste

Dans les territoires immenses du Montana, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même et maltraité par l’existence, tente de renouer avec ses origines. Il fouille le passé d’un père décédé dans l’ascension du mont Denali et d’une mère internée. Il découvre au fil des jours une vie qu’il ne soupçonnait pas, partagé entre admiration et stupeur. Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est envahi par une rage qui le met en travers de sa quête et le conduit à commettre l’irréparable.
Entre nature writing, roman noir et thriller, Denali est un roman envoûtant. Comme Matt, le lecteur est aux prises avec la rudesse du monde rural et autarcique qui habite cette aventure, ne trouvant du répit que dans les instants où l’osmose avec une nature grandiose devient salvatrice.

Né à Nantes en 1961, Patrice Gain est ingénieur en environnement et professionnel de la montagne. Il est l’auteur de quatre romans publiés aux éditions Le mot et le reste : La Naufragée du Lac des dents blanches (Prix Récit de l’Ailleurs 2018), Denali (Prix Lire Élire Nord Flandre 2018), Terres Fauves (Prix du Festival du Polar de Villeneuve-lez-Avignon 2019) et, plus récemment, Le Sourire du scorpion

288 pages / Date de parution : 10/02/2021 / EAN : 9782253181637 prix 7,40€

Tout va me manquer, Juliette Adam

À la fois fort et léger, le roman d’une rencontre, de la jeunesse et de la solitude

Le roman se situe dans une ville de province, autour du magasin de jouets autrefois tenu par Alain, un homme seul et malheureux depuis le décès de l’une de ses filles.

Étienne est seul, même s’il tient désormais le magasin de jouets de son grand-père et vit dans l’appartement qu’il partage avec cet homme atteint de la maladie d’Alzheimer. Malgré Paco, ce petit frère si attachant, et avec une mère absente et un beau-père transparent. Seul et sans amis, sans même une petite amie ou une copine pour partager ses moments de solitude. Car il faut l’avouer, ce jeune homme un peu sauvage n’est pas très doué pour entrer en relation avec les autres. 

Chloé est seule, dans cette étrange vie qu’elle mène, à la fac, avec son amie Nina, farouche, indomptable, impétueuse, explosive et parfois même violente.

Ces deux jeunes gens solitaires se croisent sur un malentendu un soir de Carnaval. Depuis ils se frôlent à nouveau sans se parler vraiment, s’explorent sans se dévoiler. Car Chloé est un vrai mystère, elle qui apparait sans bruit aux côtés d’Étienne, où qu’il aille, elle qui fuit puis cherche sa compagnie. Cette jeune femme insaisissable, qui semble aussi fragile que parfois violente et déterminée intrigue et inquiète Étienne.

Passant sans arrêt du rire aux larmes, de la gaité à la plus profonde détresse, ce roman fait le portrait émouvant et sombre d’une jeunesse en mal de repères. En mal de vivre aussi et qui crève de solitude à l’heure des réseaux sociaux et de la communication à outrance. Perdus dans leurs galères et leurs complexités internes, peuvent il seulement se comprendre et se trouver ?

Un roman qui dit souffrance et solitude, peur de l’autre et de soi-même, sombre, violent et parfois aussi lumineux. S’il y a quelques longueurs ou au contraire quelques manques, en particulier sur la dernière partie, j’ai été plutôt séduite dans l’ensemble. L’écriture, les descriptions, les personnages, s’ils n’ont rien de vraiment nouveau, sont étonnamment matures pour une jeune autrice déjà éditée à 18 ans.

Roman lu dans le cadre du jury du Prix littéraire de la Vocation 2020

Catalogue éditeur : Fayard

Il semblerait que tout oppose Étienne et Chloé, pourtant le hasard n’arrête pas de les faire se rencontrer. Mais est-ce vraiment le hasard ? Elle, inflammable et imprévisible ; lui, maladroit et rêveur, dans un curieux mélange de fantaisie et de noirceur, ils vont pourtant faire un bout de chemin ensemble.

Étienne s’ennuie. Dans le magasin de jouets où  il travaille, dans l’appartement où  il vit avec son grand-père, dans cette petite ville où  il n’y a jamais rien à  faire. Partout, il promène sa solitude, et se demande s’il n’est pas en train de passer à  côté  de sa vie. Alors, lorsqu’il se fait frapper par erreur par une inconnue au cœur d’un carnaval, il y voit un signe. Quelque chose se produit enfin. Quelqu’un l’attend quelque part.
Elle s’appelle Chloé. Inflammable, imprévisible, elle est de celles qu’on ne peut pas vraiment cerner. Qui ne se laissent pas approcher. Constamment à  deux doigts d’imploser. Maladroit et rêveur, Étienne n’a jamais vraiment su comment aborder une fille. Pourtant, ils vont se tourner autour. Et, dans un curieux mélange de fantaisie et de noirceur, faire un bout de chemin ensemble.
 
Juliette Adam est née en 2002. Elle a passé son enfance en Bretagne et vit aujourd’hui à Paris. Tout va me manquer est son premier roman.

Parution : 19/08/2020 / Pages : 270 / Prix TTC : 18.00 € EAN : 9782213717449 / Prix Numérique : 12.99 € EAN numérique : 9782213719214

L’habit ne fait pas le moineau, Zoé Brisby

Humour, tendresse et fantaisie, quand une rencontre insolite donne un sens à la vie

Maxine est une vieille dame de 90 ans et des poussières dynamique et sans espoir. Alex est l’amoureux transi d’une jeune fille qui ne le calcule même pas.

Il a envie de partir à Bruxelles mais pas seul. Elle a besoin de partir à Bruxelles mais pas seule

Grâce à un site de covoiturage, ils se rencontrent un beau matin devant la maison de retraite. De quiproquo en confidences ils vont finir par découvrir les vraies raisons de leur voyage, une euthanasie pour l’une, une fuite en avant pour l’autre.

Et si cette rencontre était le détonateur qui va transformer leurs vies qui vont passer de fades, inconsistantes, sans amour ni amis, en feu d’artifice permanent et envie de vivre et de rire, enfin ?

Alors oui, parfois le discours est un peu facile, un peu trop évident, un peu trop salvateur. Mais que ça fait du bien ces lectures qui nous montrent la réalité de nos émotions, de nos dépressions, de nos espoirs déçus et de nos rêves déchus. Qui nous montrent et nous démontrent que la lumière si on la cherche bien et si on la laisse nous éclairer un tant soit peu, est parfois tout simplement au bout du chemin.

J’ai passé un bon moment en compagnie de ces deux protagonistes terriblement attachants, et c’est ce qui fait leur charme, que tout éloigne mais que la vie rapproche pour le meilleur après quelques émotions et un peu du pire (on ne manquera pas de suivre les Infos en continu qui nous font vivre leur périple !).

Une lecture d’été comme on les aime, rafraichissante, sensible et pétillante.

Impossible de ne pas évoquer ces romans qui nous parlent également de fin de vie et dont je vous ai déjà parlé ici, comme par exemple le très beau roman Suzanne de Frédéric Pommier ou encore Tout le bleu du ciel de Melissa Da Costa.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et Fayard Mazarine

Maxine, vieille dame excentrique, s’échappe de sa maison de retraite, avec un projet bien mystérieux.
Alex, jeune homme introverti au cœur brisé par un chagrin d’amour, décide sur un coup de tête de faire un covoiturage.
Réunis dans une Twingo hors d’âge, les voici qui s’élancent à travers le pays.
Mais quand Maxine est signalée disparue et que la police s’en mêle, leur voyage prend soudain des allures de cavale inoubliable. C’est le début de la plus belle aventure de leur vie…

Prix 8,70€ / 512 pages / Date de parution : 25/03/2020 / EAN : 9782253934622

Prix SNCF du Polar 2020

 Avec plus de 44 000 votes en 2018, le Prix SNCF du Polar est le 1er prix littéraire en France décerné à 100% par le public

Pour sa 20e édition, le Prix SNCF du Polar nous propose un très beau choix de titres.
Les lecteurs et les voyageurs ont quelques mois pour voter sur le site Sncf.

Les romans en compétition : La catégorie roman est la toute première du Prix SNCF du Polar. Depuis le lancement du Prix en 2000, plus de 200 livres ont été présentés et 31 récompensés.

  • L’Écrivain public Auteur : Dan Fesperman  (États-Unis) 10/18
  • Le Diable en personne Auteur : Peter Farris (États-Unis) Gallmeister
  • L’Été circulaire Auteure : Marion Brunet (France)  Le Livre de Poche
  • En pays conquis Thomas Bronnec (France) Folio Policier
  • Les Chemins de la haine Eva Dolan (Angleterre) Points Policier
  • Seules les bêtes Colin Niel (France) Babel Noir
  • Le Manuscrit inachevé Franck Thilliez (France) Pocket

Les 6 BD / albums en compétition : Le Prix SNCF du Polar offre à tous les amateurs de bulles noires une plongée exclusive dans les abysses du 9e art

  • Cassandra Darke de Posy Simmonds (Angleterre) Denoël Graphic
  • Tumulte de John Harris Dunning et Michaël Kennedy (Angleterre) Presque Lune
  • Le Detection Club de Jean Harambat (France) Dargaud
  • Dans la tête de Sherlock Holmes de Cyril Liéron et Benoît Dahan (France) Ankama
  • No direction d’Emmanuel Moynot (France) Sarbacane
  • Grasskings de Matt Kindt et Tyler Jenkins (États-Unis) Futuropolis

Retrouvez ma chronique de GrassKings ici.

Les 8 films en compétition : Pour fêter les 20 ans, et parce que nous les avons tant aimés, les 8 courts métrages en compétition cette année ont tous été déjà récompensés par le Prix SNCF du Polar depuis 2012.

  • L’Accordeur d’Olivier Treiner, 24 25 Films (France)
  • Kerosene de Joachim Weissmann, Artemis Productions (Belgique)Penny
  • Dreadful de Shane Atkinson, Rob Cristiano (États-Unis)
  • CarJack de Jeremiah Jones Société de production : 100 to 1 Productions (États-Unis)
  • Mr Invisible de Greg Ash, Tin Monkey & Big Bright Lights (Irlande)
  • Hasta que la celda nos separe de Mariana & Joserro Emmanuelli ; Black Dog Production Mansion & French Alliance of Puerto Rico (Porto Rico)
  • Speed/Dating de Daniel Brunet & Nicolas Douste, Affreux, sales & méchants Productions (France)
  • Troc Mort de Martin Darondeau, La Voie Lactée, Slumdog Production et les Films du Duc (France)

Comme la chienne, Louise Chennevière

Subjuguée, bouleversée, par ces femmes, toutes ces femmes qui habitent « Comme la chienne » le premier roman de Louise Chennevière

couverture du roman comme la chienne de Louise Chenneviere photo Domi C Lire

D’abord, il y a la lecture, l’impatience, la surprise, l’attente de la suite, puis la compréhension… me voilà face à un recueil de nouvelles qui parlent à chaque fois d’une femme autre, différente, mère, grand-mère, fille, sœur, épouse, amante, voisine, amie, elle y sont toutes, elles vivent, pleurent, espèrent, aiment, détestent tour à tour.

C’est bouleversant d’amour ou de haine, émouvant, douloureux parfois, surprenant toujours, mais tellement vrai au fond que c’est un véritable choc.

Une écriture sculptée dans les émotions, le verbe, le vrai. Porté comme un souffle de rage et de violence, de haine et d’amour, d’espoir et de crainte. Il y a une force incroyable qui émerge de ces pages, courts textes le plus souvent, mais qui en quelques lignes disent tout, y compris l’indicible, des sentiments forts que l’on tait ou que l’on exprime, avouables ou inavouables, des corps qui se frôlent, se croient, se plaisent, s’aiment ou proclament toute leur haine dans les mots et les gestes, la violence ou le silence. Alors elles s’expriment ces femmes, elles disent, elles vivent, elles ressentent, et le lecteur écoute, entend, pleure ou s’émeut avec elles. De toutes ces violences contenues, acceptées, réprimées, de tout cet amour qui veut éclore mais que l’on tait, de cette attente de l’autre, ou de ce rejet du mal, celui des hommes ou des femmes qu’elles rencontrent, dont elles croisent la vie, quelques instants, ou si longtemps.

C’est un livre qui bouscule les normes, qui se lit comme une supplique, celle d’entendre et de comprendre l’autre, cette femme qui ne s’exprime pas mais qui souffre, cette femme qui ne dit pas mais qui aime, et toutes celles qui disent, qui font, qui espèrent. Et puis toutes les autres. On tourne les pages sans pouvoir s’arrêter…. Jusqu’à pas d’heure pour les rencontrer toutes. Il y a une telle puissance dans ces mots, dans ces pages, une violence et une intelligence qui accrochent définitivement le lecteur. Quelle écriture, quel rythme, quelle découverte !

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du prix littéraire de la Vocation 2019.

Catalogue éditeur : P.O.L

« La destinée de la femme est d’être comme la chienne, comme la louve : elle doit appartenir à tous ceux qui veulent d’elle. » Sade, La philosophie dans le boudoir.

Une femme parle. Elle accuse. Elle raconte. Elle prend la voix de plusieurs femmes. Récit fragmenté, éclaté comme les mille images entre lesquelles est tiraillé le corps de la femme. Chaque récit est un instant arraché à l’intime, une voix sauvée du silence, ce silence qui est l’histoire des femmes. Ce texte est une tentative de faire entrer par effraction dans la parole ce qui en a été toujours exclu, dire l’immense violence et les infimes douleurs. Et…Lire la suite…

Louise Chennevière a 26 ans. Elle vit à Paris. Comme la chienne est son premier roman.
avril 2019 / 256 pages, 18,9 € / ISBN : 978-2-8180-4713-2

Après la fête, Lola Nicolle

Reflet criant de vérité sur les attentes et les désillusions de la jeunesse d’aujourd’hui, « Après la fête » de Lola Nicolle, le premier roman d’une jeune autrice au style très prometteur.

Se rencontrer, vivre ensemble, s’aimer, et c’est la fête… Mais quand l’amour s’en va, doucement, lentement, inexorablement, on se demande pourquoi et comment on en est arrivé là, après la fête.

Depuis l’université, Raphaëlle et Antoine sont inséparables. Leurs études, les amitiés en commun, le monde à refaire, les projets et l’insouciance des années étudiantes les ont rapprochés. Vivre ensemble est un bonheur de chaque jour. Pourtant, une fois leurs diplômes en poche, lorsque Raphaëlle trouve un emploi, Antoine peine à trouver sa place. D’échecs et refus, son caractère change. Il devient irritable, perd confiance et cette instabilité vient perturber l’équilibre du couple. Leur relation se délite peu à peu.

Sous la plume de l’auteur qui écrit à la première personne, Raphaëlle évoque sa vie avec Antoine et s’adresse à lui tout au long du roman, en employant alors la deuxième personne. C’est tout d’abord déroutant, puis on entre peu à peu dans cette écriture. J’ai suivi avec bienveillance les aléas de leur  vie, qui nous rappelle insidieusement celle de tous ces jeunes gens qui vivent ou ont vécu ces moments de doute et d’incertitude. Qui a dit que l’entrée dans le monde du travail et la vie adulte était une libération ? La vie étudiante est une période d’insouciance et de liberté unique, c’est aussi le siège de nombreux enjeux dont la réussite ou l’échec vont conditionner votre avenir.

Malgré quelques longueurs ou répétitions, Lola Nicolle a su me faire entrer dans la tête de Raphaëlle, et d’Antoine à ses côtés. Il y a dans son roman une forme de mélancolie et une sincérité dans les personnages qui les rend particulièrement attachants. Leurs émotions, leurs espoirs, leurs échecs et leur désamour, je les ai vécus près d’eux, avec eux, intensément, tristement. J’ai aimé découvrir et tenter de comprendre leurs interrogations sur l’amour, la relation de couple, les projets d’avenirs, les rêves enfuis.

On appréciera également la bande son qui accompagne le roman, comme pour ancrer chaque chapitre dans le quotidien des gens ordinaires que nous sommes aussi.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du prix littéraire de la Vocation 2019.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : Les Escales

Dans le Paris d’aujourd’hui, Raphaëlle et Antoine s’aiment, se séparent, se retrouvent… pour mieux se séparer et s’engouffrer dans l’âge adulte. En quête de sens, ils ont du mal à trouver leurs repères.
Un premier roman d’une grâce absolue. Une écriture éblouissante et sensorielle. La force d’un roman générationnel. Arpentant les rues du quartier de Château-Rouge, Lola Nicolle nous plonge dans le Paris d’aujourd’hui.
Après la fête raconte les ruptures qui font basculer dans l’âge adulte. Il y a d’abord celle – universelle – entre deux êtres, quand Raphaëlle et Antoine se séparent. Puis celle qui survient avec l’entrée dans le monde du travail, lorsque la réalité vient peu à peu…

Née en 1992, Lola Nicolle est éditrice. Elle est l’auteure  d’un recueil de poésie Nous oiseaux de passage (Blancs Volants, 2017) et a participé à l’ouvrage collectif Les Passagers du RER (Les Arènes, 2019). Elle vit à Paris et signe avec Après la fête son premier roman.

Jiazoku, Maëlle Lefèvre

Avec Jiazoku, roman de la sélection du prix littéraire de la Vocation, Maëlle Lefèvre entraîne ses lecteurs à Tokyo dans le quartier de Kabukichō, le territoire des Yakusas.

Les jeunes prostituées de Kabukichō n’ont pas la vie facile. Lorsque Guan Yin a choisi d’émigrer à Tokyo, c’était pour y réussir sa vie et aider ses parents restés en Chine. Mais tout comme pour Bo, son amie de galère, la vie ne lui a fait aucun cadeau. Désespérée, elle accepte de devenir mère-porteuse pour de riches chinois. La fin de la loi sur l’enfant unique a créé des besoins et des exigences qui ont accéléré le trafic d’enfants mis en place pour les Yakusas.

Kei, l’enfant « porté » par Guan Yin, ne connaitra jamais ses parents morts dans un accident de voiture. Élevé d’abord dans un orphelinat, puis par sa mère porteuse et Daisuke, un yakusa repenti, il découvre ses origines sur le tard…

Le récit de la vie Guan Yi et de Kei alterne avec celui de Fen à Shanghai. A la mort de ses riches parents, elle est élevée par une tante aussi exigeante qu’acariâtre. Mais si pour elle la vie est facile, la solitude auprès de cette tante qui ne sait pas exprimer ses sentiments et la perte de ses parents lui pèsent profondément…

Maëlle Lefèvre nous fait voyager de 2016 à 2035 dans un univers à la fois sordide et fascinant. Émotion garantie avec ce premier roman qui parle de trafic d’enfants entre le Japon et la chine, de mères porteuses dans le milieu de la prostitution, mais avant tout de l’amour qui existe entre parents et enfants. Cet amour qui manque tant à certains pour grandir dans la confiance et la sérénité, amour inconditionnel des mères pour leurs enfants qui les aide à grandir dans la confiance, ou même manque d’amour qui handicape aussi surement qu’une blessure physique.

J’ai été impressionnée par l’écriture de Maëlle Lefèvre, par sa connaissance du Japon et de ses coutumes, mais aussi par la psychologie de ses personnages. Son texte foisonne de nombreux détails, langage, habitudes, qui montrent à quel point elle s’est imprégnée des différentes mœurs et coutumes du Japon, y compris jusqu’au vocabulaire. Cette immersion dans une culture si différente de la nôtre rend ce voyage encore plus intéressant. Le contrôle de soi, des sentiments, l’image que l’on se doit de donner aux autres, sans cesse présents dans la vie des personnages sont un des aspects de cette société japonaise que nous avons parfois tant de mal à comprendre.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du prix littéraire de la Vocation 2019.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste réseau de mères porteuses vouées à approvisionner de riches chinois en mal d’enfants.
Kei, qui a été conçu pour un couple de Shanghaiens, n’a pas connu ses parents, morts accidentellement avant sa naissance. Il a grandi entre l’affection de sa mère porteuse et la défiance de Daisuke, qu’il considère comme son père. Jusqu’au jour où ce dernier lui révèle le secret de sa naissance et l’existence de sa sœur, restée en Chine. Kei entreprend dès lors de partir pour Shanghai, décidé à relier le fil de ses origines. Jiazoku : de « jia » en chinois et « kazoku » en japonais, deux mots qui signifient « famille ».

Sur fond de trafics et d’exploitation humaine, Maëlle Lefèvre, dix-neuf ans, explore dans ce premier roman émouvant l’amour idéal qui unit parents et enfants.

Prix 20.00 € / 2 Janvier 2019 / 140mm x 205mm / 352 pages / EAN : 9782226403148

P.A.L, vous avez dit P.A.L d’été ?

Été lecture, été studieux, avec mes participations à différents jury de Prix des lecteurs… Comme chaque année, non seulement je lis pour mon plaisir, mais en plus j’ai le bonheur d’être jurée pour différents prix littéraires.

Le Prix des Lecteurs du Livre de Poche

Pendant 7 mois, le Livre de Poche espère révéler de nouveaux auteurs, faire découvrir ou redécouvrir des romanciers talentueux. Le Livre de Poche vous invite à rêver, à voyager, à vous informer, à vous indigner tour à tour avec eux.
Amis jurés, nous nous réjouissons de vous accueillir parmi nos lecteurs. À vos marques… lisez, commentez !

Pour ces deux mois de juillet et août, ce sera les lectures de :

  • Claire Hajaj, La maison aux orangers
  • Stéphanie des Horts, Pamela
  • Claire Fuller, Un mariage anglais
  • Valérie Perrin, Changer l’eau des fleurs
  • Alice Adams, Un été invincible
  • Carolina de Roberts, Les dieux du tango

Voir le site Prix des Lecteurs 2019 Livre de Poche

Prix français et étranger des Nouvelles Voix du polar 2019 avec les éditions Pocket

Les jurés reçoivent les titres sélectionnés par les libraires (2 romans français et 2 romans étrangers). Les 4 romans retenus sont soumis au vote des lecteurs pendant l’été. Les lecteurs élisent le lauréat du prix des Nouvelles Voix du polar français et le lauréat du prix des Nouvelles Voix du polar étranger.

Polar français :

  • Hervé Jourdain, Femme sur écoute
  • Marc Voltenauer, Qui a tué Heidi ?

Polar étranger :

  • Karen Cleveland, Toute la vérité
  • Wendy Walker, Emma dans la nuit

Voir le site Nouvelles Voix du Polar

Le Prix Littéraire de la Vocation 2019

Le Prix Littéraire de la Vocation, fondé en 1976, est le prolongement littéraire de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation créée en 1960. Elle est aujourd’hui présidée par Élisabeth Badinter, la fille de Marcel Bleustein-Blanchet le fondateur de Publicis. Le lauréat du prix – qui a nécessairement entre 18 et 30 ans et a publié un roman ou un recueil de nouvelles depuis le mois de juin de l’année dernière – reçoit 8 000€.

Quel bonheur d’avoir été contactée pour participer au jury des lecteurs de ce prix prestigieux.

Mes lectures pour cet été :

  • Diane Château Alaberdina, La Photographe, éditions Gallimard
  • Bertille Dutheil, Le fou de Hind, éditions Belfond
  • Maëlle Lefèvre, Jiazoku, éditions Albin-Michel
  • Louise Chennevière, Comme la chienne, éditions P.O.L
  • Lola Nicolle, Après la fête, éditions les Escales
  • Hector Mathis, K.O, éditions Buchet-Chastel
  • Victor Jestin, La chaleur, Flammarion

Voir le site de la Fondation de la Vocation

Le Prix Hors Concours

Peut faire partie de la sélection un titre de création littérature francophone, de fiction ou de récit, paru ou à paraître entre le 31 mars 2018 et le 1er octobre 2019.
Mars 2019 : L’Académie Hors Concours annonce la sélection des 40 titres lors de Livre Paris.
Mars – Juin 2019 : Les professionnels du livre et les lecteurs s’inscrivent en ligne.
Juillet – Septembre 2019 : Les professionnels du livre et l’Académie des lecteurs reçoivent la Bibliothèque Hors Concours et découvrent la sélection 2019. En s’appuyant sur une grille de lecture et leur ressenti, ils choisissent puis votent en ligne pour leurs cinq titres favoris.
Octobre 2019 : L’Académie Hors Concours annonce les cinq finalistes du prix Hors Concours 2019.
Octobre – Novembre 2019 : Les cinq journalistes du jury lisent les cinq œuvres complètes et choisissent lors d’une délibération à huis clos leur lauréat. Pendant ce temps, les professionnels du livre et l’Académie des lecteurs lisent également les cinq ouvrages, et votent en ligne pour attribuer les mentions spéciales.
Décembre 2019 : L’Académie Hors Concours annonce le lauréat du prix Hors Concours 2019 lors d’une Cérémonie à la Société des Gens de Lettres, soirée à laquelle sont conviés les éditeurs, les auteurs, les professionnels du livre et les lecteurs.

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San Perdido, David Zukerman

San Perdido de David Zukerman, un premier roman dépaysant aux allures de fable, qui nous entraine à l’aventure dans un Panama de légende.

L’auteur nous entraine au Panama dans les années 50. Là se côtoient les chiffonniers de la décharge ou les dockers du port, l’opulence et les malversations d’un petit nombre de privilégiés, et les frasques amoureuses d’un gouverneur à la santé et au tempérament de taureau… Un univers imaginaire mais réaliste où cohabitent la misère et la richesse, la solitude du bidonville et celle plus sournoise de la maison de Santa Clara, cette maison où aiment tant se délasser les messieurs.

A San Perdido, Felicia a élu domicile dans la décharge, là où viennent s’approvisionner tous les pauvres de la ville basse. A part les poubelles déposées par l’hôpital, tout est bon à recycler, ferraille, nourriture, papiers, chiffons… Les chiffonniers survivent avec le peu qu’ils arrivent à extraire des ordures sous l’œil attentif de Felicia.

Un jour, un jeune garçon au regard étrange arrive dans la décharge… Noir, des yeux d’un bleu surnaturel, pâles ou sombres selon ce que l’on devine de son humeur, il ne profère aucun son. Impressionnée par la taille et la force de ses mains, lui qui peut faire plier les structures métalliques les plus solides, Felicia va le prénommer la Langosta. Les années passent, La Langosta s’est installé à côté d’elle. Énigmatique et mutique, il l’aide en silence et poursuit le chemin qu’a tracé pour lui Rafat, issu de la tribu des cimarrons, ces esclaves africains échappés des domaines espagnols et qui ont trouvé refuge dans la jungle sauvage.

Celui que tous ont surnommé Langosta n’est autre que l’insaisissable Yerbo Kwinton, le sage auréolé de mystère, le Justicier mutique. Peu à peu, en silence et sans vague, il va rendre justice aux plus faibles, aux plus pauvres, rééquilibrant les inégalités entre ceux qui vivent en bas et ceux du haut. Il croisera la route de femmes fortes chacune à sa manière, riches ou pauvres, seules le plus souvent, ayant de fortes personnalités, elles doivent s’imposer pour trouver leur place dans ces contrées qui leur sont hostiles.

Un premier roman vivant, envoûtant, hypnotique, qui nous entraine des bas-fonds de San Perdido jusqu’aux plus sordides recoins des résidences des quelques privilégiés, gouverneur compris. Mêlant adroitement l’histoire du Panama aux légendes surnaturelles des peuples des forêts, l’auteur nous emporte dans son intrigue à la fois réaliste et poétique, et ne nous lâche plus.

Lire aussi les avis de Nicole du blog Mots pour mots, de Joëlle du blog les livres de Joëlle.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue éditeur : Calmann-Levy et Le Livre de Poche

Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert  de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi  impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir  aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent  apparent qu’une force singulière dans les mains.

Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle  part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera  le rôle de justicier silencieux au service des femmes  et des opprimés et deviendra le héros d’une population  jusque-là oubliée de Dieu.

EAN : 9782702163696 / Prix en euros TTC : 19.90 € / Pages : 450 / Format : 135 x 215 mm / Parution : 02/01/2019