Le chien rouge, Philippe Ségur

Quand la crise de la cinquantaine vous rattrape… avec Le chien rouge, Philippe Ségur propose une critique acerbe et sans concession de la société (de consommation) dans laquelle nous vivons.

Le chien rouge, c’est Peter Seurg, un homme qui a suivi les chemins qu’on a tracés pour lui, afin de  plaire à ses parents, à ce que la société attend de lui. Professeur d’université reconnu et apprécié, tant par ses pairs que par ses étudiants, écrivain, père de famille, quand son rêve aurait été d’être un artiste. Mais enfin, la vie d’artiste, ce n’est pas un avenir honorable, et puis, les artistes meurent tous jeunes, on le sait bien ! En tout cas c’est ce que sa mère lui répète depuis toujours.

Dans sa maison perdue dans les Pyrénées, avec cette jeune femme qui partage désormais sa vie, Peter essaie de se conformer à l’image que l’on attend de lui. Jusqu’au moment où cette société et ses règles lui pèsent tant qu’il décide de se libérer de tout, de s’affranchir de toutes les contraintes, sociales et politiques entre autre, de ces dictats que la société de consommation nous a imposé peu à peu, et auxquels nous nous laissons prendre. Meubles, objets, souvenirs, relations, tout est jeté, expulsé, brulé. Et Peter va désormais brûler sa vie par tous les bouts, tous les extrêmes, pour écrire et se réaliser enfin.

Mais se lâcher, se donner à fond dans la création, dans l’excès, tout abandonner pour écrire, boire, prendre drogues et psychotropes, est-ce la solution ? Est-ce réellement là que se trouve son idéal de vie ? Et s’il fallait fuir le monde dans lequel nous vivons pour se connaitre enfin, au risque de se perdre à jamais.

Nous suivons cet homme, d’abord décrit par son voisin, qui l’a regardé vivre de loin, puis par son manuscrit, nous découvrons son cheminement intérieur, sa libération, et son emprisonnement aussi, dans cette camisole chimique qu’il s’impose, puis qu’il subit, et dont enfin il se libère. Un roman étrange et assez envoutant dans ce qu’il nous place face à certaines de nos interrogations sur qu’avons-nous fait de nos vies, était-ce là réellement notre idéal, et si nous pouvions recommencer, etc…

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Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Poussé à bout par son métier et ses contemporains, Peter Seurg, qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit, pète un câble et craque. Le corps médical, qu’il consulte avec réticence, lui prescrit un formidable cocktail d’antidépresseurs, de somnifères et d’anxiolytiques. En quelques semaines, la personnalité de notre héros se modifie : il rompt avec son amie Neith, rejette sa vie bourgeoise et part s’installer dans les bois,seul dans sa tour d’ivoire.

Après plusieurs mois de ce régime, Peter, miraculeusement dégrisé, se réveille et découvre que son amour pour Neith est toujours intact. Elle, par contre, ne veut plus entendre parler de leur vie commune. Revenu à lui dans un environnement personnel dévasté, Peter se trouve alors confronté à une série de questions décisives…

Critique sans concession de notre société, Le Chien rouge dresse le portrait psychologique d’un homme épris d’idéal et victime de sa propre révolte. Roman de la maturité, hommage à l’art et la littérature, constat politique accablant, ce nouvel opus de Philippe Ségur est l’un des plus forts et des plus beaux qu’il ait écrit.

Date de parution : 23/08/2018 / Format : 14 x 20,5 cm, 240 p. / Prix : 17,00 EUR € / ISBN 9782283031308

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Que faire dans les Pyrénées ?

Si les Pyrénées sont atlantiques, elles sont aussi montagnardes et pleines de surprises y compris littéraires !

Domi_C_Lire_08_2018_auberge_de_perchades_pyrenees_5Ce n’est pas souvent que je chronique autre chose qu’un roman ou la dernière exposition que j’ai apprécié. Mais l’occasion était trop belle.
Dans les Pyrénées, à l’occasion d’un déjeuner dans la très bucolique et montagnarde auberge gîte du Chemin de Perchades, à Billère en Ossau (64) à 35 km au sud de Pau, à 650 m d’altitude, l’amoureuse des livres que je suis a eu une bien agréable surprise.

En effet, tous les dimanches et jours fériés, Odile et Jean-Louis, qui fêtent cette année les 10 ans de leur auberge, ont mis en place un tirage au sort pour faire gagner deux livres à leurs clients. Il s’agit de livres qu’ils ont particulièrement aimé et qu’ils achètent pour les offrir : Le voyant de Jérôme Garcin et de Sœurs de miséricorde de Colombe Schneck.

Pendant le repas, un coupon est distribué à chaque convive, puis le tirage au sort est effectué par un client, et Odile présente puis offre les deux romans.

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Et pour tous ceux qui n’aiment pas lire, mais aiment bien manger, vous pouvez profiter d’un menu maison réalisé avec un maximum de produits locaux qui vous régale les papilles, d’un accueil sympathique et le soir d’animations et de concerts divers, c’est le programme Agit’ les Frontières.

Où ? chez Odile et Jean-Louis Quartier Arroust 64260 Bilhères en Ossau

Comment les contacter ? http://www.gite-ossau.com/

L’hôtelière du Gallia-Londres. Bernadette Pécassou-Camebrac

Dans son dernier roman « L’hôtelière du Gallia-Londres » Bernadette Pécassou-Camebrac dépeint la vie de la société lourdaise au milieu du XXe siècle à travers les destins croisés de deux jeunes femmes que tout oppose.

Domi_C_lire_l_hoteliere_du_gallia_londres_bernadette_pecassou_camebracInès est la fille du Gallia-Londres, c’est la riche héritière, belle, exigeante, à qui rien ni personne ne résiste, pas même Paul, le séduisant rugbyman. Mais à côté d’Inès évolue la tendre et douce Marie, fille de boulangers. Elle doit travailler dur pour aider ses parents, pour elle, pas de temps libre après les cours, pas de vacances à Biarritz ou à San Sebastien. Car il faut sans cesse avancer pour ne pas se laisser distancer par les concurrents, pour arriver à vivre correctement et assurer l’avenir des enfants.  Entre elles, il y a Paul, le frère de Josy, l’amie de Marie, ce beau et talentueux rugbyman en qui se fondent tous les espoirs du FCL, le club de rugby de Lourdes.
Nous suivons les jeunes filles pendant les années de collège, puis de leurs émois d’adolescentes à leurs vies de femmes plus ou moins réussies, plus ou moins heureuses. L’avenir n’est pas tout tracé, ni pour l’une ni pour l’autre, le bonheur pas toujours là où on l’attend, mais volonté, courage et ambition seront au rendez-vous.

On le sait, depuis les apparitions de la Vierge en 1858, Lourdes est une ville qui attire les croyants. Dans les années cinquante, les pèlerins sont de plus en plus nombreux et les petites pensions de familles qui se sont créées peu après les apparitions ne suffisent plus. La ville hôtelière prend son essor. Car tous ceux qui viennent ici poussés par un élan mystique ont également des besoins bassement matériels, un lit pour dormir, une table pour se restaurer, un autobus pour les mener de la gare à l’hôtel, voire plus loin, après tout, les Pyrénées sont à deux pas. Les pensions, les hôtels, les métiers de la restauration comme des loisirs ou du transport vont alors fleurir et se développer pour répondre à cette demande croissante. Les femmes sont à la manœuvre, souvent plus fortes, plus organisées que les hommes, et pourtant souvent aussi oubliées. Ce sont elles qui mènent la barque, ce sont elles aussi qui refuseront de vendre au plus offrant, qui maintiennent ce lien familial fort qui existe pour certains encore aujourd’hui.

J’ai aimé ces évocations d’une période révolue mais pourtant bien réelle, en particulier pour qui connait cette région, mais pas seulement. Les mères sont dures à la tâche, besogneuses, économes, elles organisent, prévoient, anticipent. Les filles étudient, travaillent et, toujours très raisonnables, aident les parents, fondent une famille et font tout pour s’en sortir. Les pères refont le dernier match au café, celui des riches, et l’autre, en face sur la place, car si on travaille de concert, on ne se mélange pas entre la ville basse et la ville haute. Les jeunes hommes, sportifs, rugbymen talentueux, qui font l’honneur d’une ville et dans lesquels tous les espoirs se fondent, leur faisant porter peut-être un poids un peu trop lourd sur les épaules. Les hivers besogneux pour ceux qui triment et préparent la saison prochaine, ou le bonheur d’un repos dans les grands hôtels du pays basque, tant côté français qu’espagnol pour les riches propriétaires et leurs belles héritières. Le début des sports d’hivers, la montagne et le rugby occupent une belle place dans la vie et les conversations des lourdais.

De cet auteur, j’avais déjà aimé La belle chocolatière, qui se passait déjà dans la ville de Lourdes. La voici de nouveau avec un roman qui n’a rien de régional, car il est à mon avis tout simplement universel, puisqu’il évoque la place des femmes, leur rôle dans la société, et le long chemin qu’elles ont dû faire pour imposer leur présence. Elles si indispensables et pourtant dont on faisait si peu de cas, dans les familles, lors des partages, des héritages, à une époque où l’homme était le seul à décider… il n’est pas si loin le temps où elles ont eu le droit d’avoir un compte en banque et de gérer leurs biens personnels, en juillet 1965, à peine plus de 50 ans, même pas une vie…

Vous aimez les romans historiques et les histoires d’amour qui vous font rêver ? Alors vous aimerez passer un bon moment en compagnie des héroïnes de Bernadette Pecassou, dans ce bel hôtel Gallia-Londres.

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Lire également la chronique de HC du blog Ma collection de livres

Lire aussi La passagère du France ou L’Impératrice Des Roses


Catalogue éditeur : Flammarion

«Inès avait l’air de l’ange qu’elle n’était pas. Marie l’avait compris. Fille unique, elle était la future héritière de l’hôtel le plus prestigieux de Lourdes situé au pied des sanctuaires, là où se pressaient les foules de pèlerins et où vivaient les propriétaires des affaires les plus florissantes, ceux de la haute.»

Sur fond d’intrigues au cœur d’un palace luxueux, dans une ville mystique jusque dans sa pierre de granit et ses brumes hivernales, L’hôtelière du Gallia-Londres brosse le portrait de destins individuels dans une société en pleine mutation. Des années 1950 à nos jours, entre essor de l’hôtellerie moderne et déchirements de la société, la rivalité de Marie et d’Inès est une histoire de pouvoir, de foi et de courage.

Paru le 06/06/2018 / Genre : Littérature française / 320 pages – 146 x 221 mm Broché EAN : 9782081391284 ISBN : 9782081391284

La téméraire. Marine Westphal

« La téméraire » est un roman émouvant et triste, bouleversant et positif, il apporte espoir et détresse, parle d’amour et de force, de fidélité et de rencontre, un magnifique premier roman.

DomiCLire_la_temeraireSali et Bartolomeo s’aiment d’amour depuis plus de trente ans. Ils vivent dans leurs montagnes des Pyrénées. Lui parcourt les hauteurs, pour vérifier et assurer les sentiers, protecteur invisible des randonneurs, amoureux inconditionnel de la nature et de ses montagnes. Jusqu’au jour où un grain de sable, ou plutôt un grain de sang vient enrayer le mécanisme, l’AVC le laisse dans un état végétatif. Lorsqu’il est de retour à la maison, Sali continue à s’occuper de son mari adoré.

Mais que faire, comment vivre, ou plutôt comment survivre avec un homme allongé sur un lit, deux enfants qui même s’ils ont grandi souffrent de cette situation, quand on comprend que plusieurs vies sont détruites et que la science ne peut plus rien. Alors Sali décide de vivre, et de faire vivre de beaux instants à son homme, celui qu’elle aime par-dessus tout et qu’elle ne laissera pas prostré au fond de son lit, malgré ce qu’en pense Olga, l’aide-soignante qui vient la seconder chaque jour.

Il se dégage de Sali, petite femme que l’on imagine fragile et fluette, une force et une puissance capable de soulever des montagnes. Que ce roman est émouvant, à la fois bouleversant et positif, il apporte espoir et détresse, parle d’amour et de force, de fidélité et de rencontre. Avec une écriture sans fioriture, vraie comme la nature, l’auteur fait passer une multitude de sentiments, une force et une fidélité en cet amour que le lecteur ressent au plus profond. C’est un très beau premier roman, écrit sans extravagance ni superflu, qui accroche son lecteur, lui montre l’ombre puis la  lumière, la vie en somme.

Retrouvez les chroniques de L’ivresse littéraire, de Bénédicte sur son blog Entre les lignes et de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur : Stock

Pour le rendez-vous elle avait colorié sa bouche de coquelicot en tube, poudré ses pommettes, la totale. Elle apprendra que son rouge avait bavé sur ses incisives, ravageant son sourire un brin carnassier. Bartolomeo avait trouvé Sali jolie quoiqu’un peu ridicule, elle avait quelque chose d’une tasse de porcelaine mal rangée, au bord de la chute, en détresse. »
Sali, Bartolomeo. Un amour qui dure depuis trente ans. Mais un grain de sable enraye tout : sur les sentiers des Pyrénées, Bartolomeo est victime d’un AVC. Comment l’accompagner ? Comment croire à l’avenir ? Contre l’accident fatal, il reste un seul ressort : la volonté d’une femme, qui décide de réenchanter les derniers instants de son mari.

Collection : La Bleue / Parution : 04/01/2017 / 144 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234081901 / Prix : 16.50 €

Des âmes simples. Pierre Adrian

Dans « Des âmes simples » Pierre Adrian présente le parcours sans concession d’un homme d’église, parcours qui ressemble à s’y méprendre à la solitude d’un coureur de fond transformé en coureur de Dieu, vue par celui qui ne croit pas, dans une vallée des Pyrénées.

DomiCLire_des_ames_simples.jpgSi je connais bien depuis de très nombreuses années cette région de la vallée d’Aspe et du merveilleux cirque de Lescun, en lisant « Des âmes simples » le roman de Pierre Adrian, j’ai l’impression de faire partie de ces touristes qui n’en découvrent que le côté idyllique et paisible, ensoleillé et estival, bien loin de la pluie, de la brume et du froid que j’ai ressentis tout au long de ces pages.
J’imagine que le personnage de Pierre aurait eu moins d’épaisseur, de force, si la vie avait été paisible et calme, dans un cadre magnifique ? Car magnifique elle l’est la vallée d’Aspe, mais la vie peut y être difficile, le travail manque, les maisons et les habitants vieillissent, ces villages sont essentiellement peuplées en été par ceux qui n’en prennent que le meilleur, en hiver par ceux qui ne font que passer pour rejoindre les pistes de ski espagnoles, de l’autre côté.

Le parti pris de l’auteur est donc de suivre Pierre, curé, puis moine de son état, qui a en charge les âmes simples de cette vallée des Pyrénées. Dans l’ancien monastère de Sarrance, où il y a quelque quarante ans, les jeunes allaient faire « retraite » avant leur communion, ne vivent plus que deux ou trois vieux prêtres, et quelques pèlerins qui s’arrêtent là presque par hasard, afin de retrouver la paix intérieure que la vie trépidante des villes leur a fait perdre de vue depuis longtemps.

Et dans les pas de Pierre, nous allons découvrir pèle mêle les pèlerins et le chemin de Saint Jacques de Compostelle ; la vielle ligne de chemin de fer qui mène jusqu’à Canfranc, en Espagne, par le seul tunnel hélicoïdal d’Europe ; les sentiers qui conduisent au Pays Basque, territoire voisin mais différent, étranger ; le passage du col du Somport, seul chemin de salut pour les juifs pendant la seconde guerre mondiale ; et pas loin, Bernadette et la source miraculeuse ; ces légendes qui créent un site et apportent paix et espoir dans les cœurs des hommes. Mais dans cette vallée il y a aussi les morts, tous ceux que Pierre accompagne en terre, croyants mais si peu, qui ont vécu là toute une vie proche de cette nature si belle et parfois si difficile, si dangereuse comme sait l’être la montagne en hiver.

Il y a parfois beaucoup de tristesse dans ces lignes, cette vallée sous la pluie, la brume et le froid, ces hommes vieillissants et solitaires, mais il y a aussi une grande sérénité, une paix qui s’installe et remet les valeurs à leur véritable place, celle du cœur et des sentiments.  Mais c’est aussi un roman qui questionne de façon égale croyants et incroyants sur la réalité et la nécessité des croyances justement.

Ces phrases que j’ai aimées :

– A quatre-vingt-dix ans, chaque mot chez Albert est devenu une barrière à franchir. Mais sa présence seule suffit, qui répand la paix sans le savoir. La générosité de certains hommes dépasse leur propre volonté. Elle donne une idée du bonheur.

– Complies, c’est sans doute l’heure qui m’attire le plus parmi les habitudes du monastère. Ce sont les dernières complaintes avant la nuit. Et les psaumes chantent souvent le détachement et l’abandon…On se laisse aller à la nuit, dans l’incertitude d’une nouvelle aurore. Après tout, rien n’est sûr en demain.


Si vous voulez vivre la vie d’un curé des Pyrénées, et surtout l’aventure des curés de Sarrance autrement, je vous conseille de découvrir cette vidéo anthologique du député Jean Lassalle, la gouaille, l’accent, les expressions, et une aventure comme il en arrive rarement, sauf peut-être dans une vallée perdue des Pyrénées !!


Catalogue éditeur : Éditions des équateurs

« Ce qui repousse les caméras m’attire. Ceux qui trébuchent, ceux qu’on ne voit pas. J’aime le fond de la classe. Le saccage et le sursaut, la poudrière, le foutoir, la beauté, les rêveurs : tout est au fond, chez les invisibles. Au fond des vallées. Cette leçon, je l’apprendrai aux côtés de frère Pierre. En citant saint Paul, il me dira que la véritable sagesse n’est pas celle du monde : « Si quelqu’un pense être sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour être sage. » » Au cœur d’une vallée, aux confins de la France, un homme tient là seul par sa foi. Au plus près des vies minuscules – les bergers et les bêtes, les paumés et les vagabonds célestes –, il accueille les histoires murmurées, les hommes en perdition. Les croyants et ceux qui ne croient pas. Parce qu’« on ne peut plus faire comme si les gens avaient la foi. » Pour lui, cela importe peu. Jour et nuit, son portable sonne. Il accourt. D’une plume taillée à la serpe, Pierre Adrian nous offre un récit bouleversant, à l’écoute des ténèbres et de la désespérance d’une époque.

200 pages / format 14 x 20,5 / 18.00 € / paru le 5 janvier 2017 / ISBN : 978-2-84990-470-1

Passages, les Pyrénées du nord au sud et réciproquement. Marie Bruneau, Bertrand Genier

Parce que ce sont ceux des Pyrénées, ces montagnes que je connais depuis toujours, j’ai eu envie de mieux connaitre ces « Passages » dont nous parlent Marie Bruneau et Bertrand Genier.

Domi_C_Lire_passages.jpegDans leur ouvrage, Marie Bruneau et Bertrand Genier ont décidé de nous raconter au fil de leurs randonnées d’Hendaye à Port-Bou les histoires pittoresques des « Passages » ces chemins qui mènent aux cols ou ports reliant les versants Nord et Sud de la cordillère Pyrénéennes.

Les auteurs ont complété leurs notes de randonnées par des recherches bibliographiques et historiographiques sérieuses. Les propos sont illustrés de photos récentes et de documents d’époque.

Chaque étape est différente, le regard y est parfois éthologique, quelques fois géographique ou économique, souvent historique ; les sujets abordés collent aux lieux et se renouvellent au fils des pages et des itinéraires. Le lecteur, jamais lassé, aborde chaque nouvelle étape avec envie comme le randonneur qui se presse vers le sommet pour découvrir un panorama nouveau.

Si nous ne sommes que rarement portés par une émotion poétique de la montagne mais plus sur un regard analytique, le propos est cependant toujours illustré de citations qui rendent l’ouvrage certes un peu savant mais néanmoins jamais lassant.

Seul petit bémol, la qualité médiocre des photos et leur impression low cost desservent un peu l’ouvrage.

Au final, même si le style semble de prime abord très universitaire, ce livre destiné à tous les publics ravira les passionnés des Pyrénées qui ont toujours quelque chose à apprendre. Un livre à poser, à reprendre, à partager, à consulter avant ou après quelques balades ou randonnées dans ces Pyrénées toujours aussi magiques quel que soit le passage que l’on prend pour les traverser !


Catalogue éditeur : éditions Cairn

Nous aimons les Pyrénées pour leurs paysages,
l’air de liberté qu’on y respire et leur beauté sauvage.
Pour autant, ces montagnes ne sont pas en dehors du monde,
elles sont parcourues, habitées, aménagées, et l’humain occupe une place importante dans cet écosystème complexe.
Il est question ici de quelques-uns des passages qui relient entre eux le nord et le sud, en quelques points particuliers de la chaîne pyrénéenne.
Histoires de traités et de frontière, de tourisme et de panoramas, de brèches et de refuges, de pèlerins, de troupeaux, d’espadrilles, d’hirondelles… et d’éléphants.
Histoires d’exils, aussi, d’hospices, de sources et d’enclave, de passage à niveau, de géologie et de chemins.
Récits d’espaces ou chroniques géographiques, chacun de ces textes prend à partie une situation précise, de notre double point de vue de marcheurs et de designers, intéressés par la manière dont une société produit et s’inscrit (dans) les espaces qu’elle habite.
Les Pyrénées sont nos montagnes.
Définitivement.
Nous n’en aurons sans doute jamais fini avec elles.

Ouvrage des Éditions CAIRN / Marie Bruneau et Bertrand Genier / Nombre de pages : 288 / Code ISBN/EAN : 9782350683614 / Date de parution : novembre 2014

Boulevard des Pyrénées. Gilles Laporte

Sur fond de superbe paysage de montagnes, « Boulevard des Pyrénées » de Gilles Laporte nous parle des aventures amoureuses et littéraires d’un écrivain qui s’interroge

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Depuis le boulevard des Pyrénées, la magnifique vue sur la chaine des Pyrénées.

Quand j’ai vu ce titre, forcément, en paloise de longue date, mon cœur a vibré. Car à Pau, tout le monde connait ce boulevard qui traverse la ville, face aux montagnes et qui procure à tous ceux qui y passent une émotion fabuleuse face aux Pyrénées majestueuses par tout temps, ou presque !

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Depuis le boulevard des Pyrénées, le funiculaire qui mène à la gare de Pau

Dans le roman de Gilles Laporte, « Boulevard des Pyrénées »  le narrateur est un écrivain qui arrive à Pau pour participer comme chaque année au salon du livre. Il se pose quelques questions sur l’opportunité de continuer sa vie de couple. Aussi c’est un homme disponible, au moins en pensées, qui voyage en train jusqu’à Pau. Sa mystérieuse voisine de wagon lui fait quelque peu tourner la tête. A son arrivée en gare de Pau, il perd de vue celle qui l’a tant ému pendant le voyage, mais la retrouve au salon du livre. Va s’en suivre une série de rencontres improbables, où cette charmante femme brune tout de noir vêtue, parfumé un jour à la vanille, le lendemain au Ylang-ylang, va lui faire découvrir une ville inconnue, ses rues, son château, ses plaisirs culinaires, et lui parler tantôt de conscience, tantôt de science, quand lui ne rêve que de corps enlacés et d’ébats amoureux d’avantage que de débats intellectuels !

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Les Pyrénées, au pied du pic du midi d’Ossau

Sur fond de bonne cuisine, de verres de Jurançon aux belles couleurs dorées de l’automne et de balades dans les rues de Pau, cet auteur qui se cherche et ne sait plus trop où il en est dans son couple, va vivre une étrange aventure qui le fera s’interroger sur sa vie, sa personnalité, son métier d’auteur, ses sentiments. Et puis l’aventure qu’il va vivre, et qui semble presque banale, ne l’est peut-être pas autant qu’il n’y parait. L’auteur nous prend par surprise (enfin, il me semble qu’on s’y attend un peu) avec son rebondissement où tel est peut être pris qui croyait prendre. Mais j’avoue, bien que très motivée par cette promenade sur le boulevard dont je connais la beauté des paysages qui se présentent à la ville et à ses touristes, il m’a parfois manqué un peu de rythme en tournant les pages.


Catalogue éditeur

https://i2.wp.com/genese-edition.eu/librairie/45-109-large/boulevard-des-pyrenees.jpgÀ l’occasion d’un salon du livre, un écrivain dont le couple bat de l’aile, croise une femme à la beauté mystérieuse. Au cours des trois jours du salon, elle apparaît et disparaît sans autre explication. Séduit et intrigué, il choisit de rester après le salon. Ils prennent l’habitude de se retrouver sur le boulevard des Pyrénées, véritable balcon de ville ouvert sur le spectacle toujours changeant de la haute montagne. Sur la main courante de la balustrade, des repères permettent d’identifier les sommets : Montagnes du Lac bleu, Pic de Bassia, Balaïtous… qui deviennent autant de stations d’une passion naissante. Pris dans les mailles de la fascination amoureuse, l’écrivain se sent à la fois heureux et furieux. Plus il se révèle à cette femme dont il ne connaît même pas le prénom, plus elle semble chaque jour différente. Un jour, elle s’offre à lui avec fougue ; un autre jour, elle s’abandonne sans enthousiasme. Un jour, cette spécialiste du cerveau se fait le chantre de la science ; un autre, elle loue les lois de la conscience. Un jour, elle est parfumée à l’ylang-ylang ; un autre jour, une fragrance vanillée l’auréole. Qui est vraiment cette femme ? Et que veut-elle ? Dans la belle ville de Pau, sur le prestigieux boulevard des Pyrénées, ce roman très contemporain, écrit à la première personne, explore l’espace d’une relation intellectuelle et amoureuse. Un chassé-croisé amoureux, sensuel et… dangereux !

Né en 1945 sur la rive gauche de la Moselle, dans une famille d’ouvriers du textile, Gilles Laporte est romancier (une vingtaine de romans à son actif), scénariste et conférencier. Auteur de nombreux romans dont Je sais que tu m’attends, Gilles Laporte vient d’être nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Il est sociétaire des Gens de Lettres de France, et a longtemps présidé le prestigieux prix Erckmann-Chatrian.

Nombre de pages : 2240 / ISBN : 9782930585765 / Format : 13,5 x 21 / Genèse édition