La boîte à musique Tome 1 Bienvenue à Pandorient, Carbone & Gijé

Une boite à musique, quel bel objet pour fêter un anniversaire ! Et si cette boite vous ouvre les portes d’un autre monde… Bienvenue à Pandorient est une BD pour les plus jeunes qui plaira à tous.

Domi_C_Lire_la_boite_a_musique_dupuis.jpgNola ne veut pas fêter son anniversaire, c’est trop triste maintenant que Annah, sa maman, n’est plus. Pourtant, son papa lui fait un beau cadeau, un gâteau, des bougies, et cette jolie boule qui est en fait une boite à musique, cette surprise « trop belle » qui appartenait à Annah depuis son plus jeune âge.

Nola est ravie, cette boite à musique c’est un peu de sa maman auprès d’elle, aussi le sommeil va mettre longtemps à arriver, l’envie de contempler et d’écouter son cadeau est bien plus fort. Et quelle n’est pas sa surprise lorsque elle voit une petite fille lui faire signe depuis le fond de la boule ! Elle l’appelle au secours. Le moyen d’aider ? Nola ne le sait pas mais il existe une entrée magique dans cette boite à musique, entrée qui vous permet d’arriver dans cet univers parallèle qu’est le monde de Pandorient.

A Pandorient, Nola fait la connaissance d’Andréa, puis de sa maman malade et de son frère. Dans ce monde-là, elle va rencontrer des êtres étranges, les percecoeurs, un herboriste bien singulier aux bras pluriels, un vieil Octopus, un Guérimaux qui porte si bien son nom, une brigade qui fait respecter l’ordre. Et surtout, Loris, un affreux trafiquant qui fabrique … Mais chut, ne révélons pas tout !

Voilà un bien étrange voyage au pays de Pandorient pour notre petite Nola, prémisse sans doute à de nombreuses autres découvertes, si d’aventure elle décidait d’y revenir un jour !

Si les dessins semblent un peu brouillons et les traits et les couleurs un peu trop fondues au premier abord, au final les couleurs, les traits, les personnages et leurs décors foisonnent de détails. C’est finalement assez bariolé, avec une belle harmonie de camaïeux et de teintes, au milieu de décors sans âge, un soupçon moyenâgeux, un soupçon fantasy, un peu irréel. L’histoire est intéressante qui présente bien les caractères et les personnalités des principaux protagonistes. Solidarité, fidélité, amitié, courage ne sont pas de vains mots dans l’univers de Nola, comme un joli rayon de soleil dans sa vie par ailleurs bien triste. Si ce tome peut se lire indépendamment des autres tomes d’une série annoncée, malgré tout, on attend déjà la suite !

💙💙💙


Catalogue éditeur : Dupuis

Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l’intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu’un lui fait signe et lui demande de l’aide. Dès lors, en suivant les instructions d’Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable… Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d’Andréa et de son frère Igor, est gravement malade… Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L’eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s’occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne… avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de son père. À moins que tout cela ne fût qu’un rêve… ou pas !

Parution le 26/01/2018 / Genre : Fantastique/ésotérique / Aventure / Collection : Dupuis « Tous Publics » / Age du lectorat : 6+ / Etat de la série : En cours / Album cartonné – 56 pages en couleurs / Hauteur : 300 mm / Largeur : 218 mm / ISBN : 782800173191 / PVP : 12.00EUR

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David Bowie n’est pas mort. Sonia David

Sonia David l’affirme, « David Bowie n’est pas mort » pourtant dans son roman une mère, un père, et David Bowie lui-même quittent la scène. C’est alors aux vivants de se souvenir de ceux qui sont partis.

Domi_C_Lire_david_bowie_n_est_pas_mort.jpgHélène est la deuxième d’une fratrie de trois sœurs qui sont tout sauf inséparables. Lorsque nous faisons leur connaissance, leur mère vient de mourir. Cette mère à priori tant détestée par Hélène. Hélène a cinquante ans  passés, un âge auquel on pourrait penser que la relation avec sa mère n’a plus la même importance pour avancer dans sa vie, que cette relation soit heureuse ou chaotique, épanouie ou solitaire. Si à longueur de pages, Hélène parle de cette mère qu’elle déteste, on se rend vite compte que la découverte de ce qu’elle était vient perturber les idées reçues et préconçues, le manque et le refus d’amour.

Car chacune va parler à sa façon de cette mère qu’elle abhorre, va dénigrer celle qui l’a conçue mais qui n’aura jamais su l’aimer. Cette mère qui a vécu pour sa propre personne, sans savoir ou vouloir donner d’amour à ses filles qu’elle a conçues avec un homme dont elle s’est rapidement séparée. Et l’on découvre que si toutes les trois ont dû se construire non pas avec mais contre leur mère, chacune a une vision bien différente des autres de sa relation avec sa mère. L’une est devenue froide et distante, l’autre solitaire et éternelle victime d’une société qui ne pourra jamais la comprendre, Hélène quant à elle a dû suivre longtemps un traitement en psychiatrie pour se dégager de l’influence de cette mère toxique.

Un an plus tard, à la mort de leur père, les filles se retrouvent et retrouvent la demi-sœur et la nouvelle femme de leur père. Le deuil maternel ayant fait une partie de son chemin, c’est le moment pour elles de revivre l’enfance et de comprendre, de mettre un nom sur les fêlures et les blessures qui les ont construites. Leur façon d’appréhender l’obsession sur la Shoa de leur père par exemple. Ce père qu’elles ont toujours aimé pour ce qu’il était, et pour l’amour qu’il a toujours été capable de leur donner. Hélène et ses sœurs vont peu à peu parcourir leur difficile chemin de deuil.

Ici, ce qui est intéressant, c’est la place que chacun s’attribue dans la famille, ou au contraire refuse de prendre. Comment certains préfèrent s’isoler pour ne pas avoir à combattre ou à réclamer un amour qui ne viendra jamais, et l’importance que cette enfance va avoir sur une vie entière, les répercussions et les effets bien des années après, bien au-delà de l’âge adulte. Également intéressant de comprendre les effets que va avoir un décès, y compris celui d’un parent que l’on imagine ne pas aimer. Car la perte d’un parent, quel qu’il soit, remet en cause notre vision intime de la vie et de la mort. Dernier rempart face à l’oubli, à la mort, la perte d’une mère, d’un père, nous place face à l’inéluctable fin. Et cette mort, ces morts, sont parfois le ciment des relations d’une fratrie, ou au contraire l’élément perturbateur qui fera tout voler en éclats.

Mais David Bowie dans tout ça ! Que vient-il faire là ? Eh bien, lorsqu’elles étaient enfants les sœurs ont pu échanger leur passion et leur amour pour l’artiste, qui décède la même année que l’écriture du roman, et dont se souvient Hélène avec beaucoup d’émotion.

Forte d’une expérience dans laquelle il aura fallu commencer à vider la maison de parents qui n’étaient pas les miens mais dont je suis proche, je repense avec plus d’acuité à ce roman. La mort est un ciment qui s’il n’est pas évident au premier abord, ressoude les liens de l’enfance, dessille les fratries éloignées par la vie, et rapproche les vivants qui se souviennent de leur intimité avec les morts.

N’ayant pas lu la quatrième de couverture avant d’avoir commencé ce roman, j’ai lu les premières pages avec un peu d’appréhension. Puis le rythme, l’écriture, le style m’ont rapidement embarquée dans cette histoire qui, alors qu’elle aurait pu être triste, entraine son lecteur et lui fait tourner les pages, l’impliquant dans le chagrin, la découverte, la compréhension et la fraternité qui s’en dégagent.

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Retrouvez également l’avis de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur : Robert Laffont

À un an d’intervalle, Hélène, Anne et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi tire sa révérence. David Bowie a eu, dans l’adolescence d’Hélène, la « sœur du milieu », une importance toute particulière, qu’elle avait complètement oubliée, qu’elle n’avait peut-être même pas mesurée mais qui lui saute aux yeux, aujourd’hui. Dans toute sa violence, dans toute sa réconfortante douceur. Alors, Hélène commence à raconter… Trois parties, trois décès, trois moments, comme les trois mouvements d’une même symphonie intime où la mort, très impalpable, se mêle à la vie très pratique puisqu’il faut s’occuper de ce qui reste (l’enterrement, les biens, les papiers, la succession…), le passé au présent à mesure que les souvenirs remontent à la surface, et où la tristesse flirte en permanence avec l’humour, parce que telle est la nature d’Hélène.

Date de parution : 24/08/2017  / EAN : 9782221200285

Je m’appelle Lucy Barton. Elizabeth Strout

Découvrir Elizabeth Strout avec « Je m’appelle Lucy Barton » est une jolie surprise. Cet auteur, qui a reçu le prix Pulitzer en 2009 pour un précédent roman, a une façon très particulière de vous plonger dans l’intimité et la psychologie de ses personnages, sentiments et frustrations, amour et désamours deviennent ici le fil rouge de la relation entre une mère et sa fille.

DomiCLire_je_m_appelle_lucy_bartonLucy Barton, écrivain, mariée, deux enfants, a plutôt bien réussi sa vie.  Elle se souvient de cette époque, quelques années auparavant, où elle a été hospitalisée pendant de longues semaines à New-York, dans cette chambre d’hôpital d’où elle pouvait voir scintiller le Chrysler Building.

Suite à une banale opération, un complication inattendue la contraint à rester de longs jours alitée. Ses filles sont encore petites, son mari doit gérer le quotidien, aussi, cherchant à pallier à sa solitude, il fait venir la mère de Lucy.

Cette mère avec qui elle n’avait pas parlé depuis des années, va la veiller nuit et jour assise sur une chaise au pied de son lit. Et elle parle cette mère, même si elle ne répond pas aux questions de Lucy. Elle meuble les heures avec des souvenirs, des anecdotes, et cette relation pour le moins étrange avec une mère pourtant absente va se transformer en moments d’amour non-dits, de silences à l’ombre d’une vie, d’une enfance difficile mais pour lesquels Lucy ne semble pas avoir de ressentiment.

Au milieu de cette logorrhée sans fin, Lucy va égrener elle aussi les souvenirs de son enfance à Amgash, dans l’Illinois. Car l’enfance de Lucy, on le comprend vite, a été très difficile. Une famille pauvre, qui habite dans un garage, n’ayant pas les moyens de se procurer l’essentiel, encore moins le superflu. Le père, terrible, absent, les abus que l’on devine. Cette différence sociale, la promiscuité, la  pauvreté extrême, qui ne permet pas d’inviter des camarades d’école, de pouvoir échanger sur toutes ces choses que l’on partage enfants ou adolescent et qu’elle ignore.

Elle attend un mot de sa mère, une expression de ses sentiments, un élan qu’elle n’aura jamais. Et pourtant, l’amour est là, entre une mère et sa fille qui se comprennent sans se parler, qui s’aiment sans se le dire, qui ont besoin l’une de l’autre sans jamais vouloir être ensemble.

Lucy pense à ces moments qui lui ont permis d’évoluer, de lui faire comprendre  que le passé nous construit, que l’enfance, la famille, sont les bases de ce que l’on devient. Roman étrange, qui dégage une forme d’optimisme dans sa grande tristesse apparente. Si la solitude et la pauvreté sont extrêmes, elles n’y sont pas vécues comme des freins à mener une vie normale et heureuse. Et où transparait l’amour, d’une mère, d’une fille, jamais dits, mais tellement évidents, malgré les silences.

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Catalogue éditeur : Fayard

Hospitalisée à la suite d’une opération, Lucy Barton reçoit la visite impromptue de sa mère, avec laquelle elle avait perdu tout contact. Tandis que celle-ci se perd en commérages, convoquant  les fantômes du passé, Lucy se trouve plongée dans les souvenirs de son enfance dans une petite ville de l’Illinois – la pauvreté extrême, honteuse,  la rudesse  de son père,  et  finalement son départ pour New York, qui l’a définitivement isolée des siens. Peu à peu, Lucy est amenée à évoquer son propre mariage, ses filles, et ses débuts de romancière dans le New York des années 1980. Une vie entière se déploie à travers le récit lucide et pétri d’humanité de Lucy, tout en éclairant la relation entre une mère et sa fille, faite d’incompréhension, d’incommunicabilité, mais aussi d’une entente muette et profonde.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Brévignon

Publié aux États-Unis en janvier 2016 / EAN : 9782213701356 /Parution : 30/08/2017 /208 pages /Format :135 x 215 mm

Ne parle pas aux inconnus. Sandra Reinflet

Partir, rester, parler, vivre. Sandra Reinflet évoque cette période si difficile qu’est l’adolescence dans un premier roman qui touche et interpelle.

DomiCLire_ne_parle_pas_aux_inconnus.JPGCamille, jeune fille ni trop belle ni trop laide, rêve de liberté et vient de réussir son BAC. Comme le font la plupart de lycéens, il faut fêter ça. Mais il semble que la fête dérape, la soirée ne se passe pas comme prévu. Conséquence ou hasard, peu de temps après la fête, Eva, l’amie, la confidente, l’amoureuse libre et artiste disparait sans laisser de nouvelles, du jour au lendemain. Elle abandonne Camille à son quotidien étriqué et sinistre de la ville de Thionville. Dans cette famille bienpensante et protectrice, peut-être un peu trop, qui donne trop de conseils, d’interdits, de recommandations, de ces mots qui lui donnent des envies de départ, de fuite en avant, envie de courir retrouver celle qui lui manque et qu’elle aime tant.

Alors Camille part, un beau matin, en stop à travers l’Europe, vers ces pays de l’Est nouvellement dessinés et où tout peut arriver, ou pas. Là, de rencontre en découverte, de conseil en confidence, elle va vivre en espérant, en attendant celle qu’elle aime. Jusqu’au jour où la famille se rappelle à elle de la plus difficile de façons.

Elle qui se croyait détachée de ses parents va rentrer au bercail. Pour revenir dans ce chemin si droit tracé pour elle ? Faut-il accepter ou au contraire se rebeller, pour exister ? Mais on peut aussi se demander, lorsque l’on est parents, faut-il couver nos enfants pour les protéger, ou au contraire les laisser exister ? Faut-il taire sa peur et ses envies de les protéger pour laisser se déployer leurs personnalités. Enfin, est-on vraiment sûr de bien connaître ceux que l’on doit côtoyer chaque jour ?

L’héroïne de Sandra Reinflet est attachante et assez crédible au fond. Son phrasé, bref et dynamique, ses mots, aussi vifs que l’adolescence, celle qui explose, qui veut vivre et exister loin des parents et des règles imposées, traduisent bien cette impatience à vivre pleinement cette adolescence, passage  indispensable pour se construire. Voilà un personnage intéressant, une personnalité sensible et parfois déjantée, Camille a su me séduire et me donner envie de la suivre jusqu’au bout. Malgré quelques imperfections, quelques incohérences et un peu trop d’optimisme envers les humains, j’ai découvert un joli premier roman.


Catalogue éditeur : JC Lattès

Ce devait être une fête, une libération, la fin du lycée et des «  ne pas  ». Mais Eva ne répond plus et Camille ne répond plus de rien. Depuis que sa Polonaise a disparu, la jeune femme se cogne au silence comme un papillon à une ampoule. Elle décide de prendre la route pour la chercher. Un voyage au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Les inconnus, parfois, sont ceux dont on croit tout connaître.
 
Née en 1981, Sandra Reinflet est inventeuse d’histoires vraies. Après trois ouvrages photos-texte, Ne parle pas aux inconnus est son premier roman. 

Écoute-moi bien. Nathalie Rykiel

« Écoute-moi bien » publié chez Stock, est le récit émouvant d’un amour fusionnel et d’une entente hors du commun entre une fille et sa mère, récit porté par l’écriture sobre et délicate de Nathalie Rykiel.

DomiCLire_ecoute_moi_bien.jpegNathalie Rykiel publie ici un bel hymne à Sonia Rykiel, cette mère avec qui elle a vécu un amour fusionnel et qu’elle a accompagné tout au long de ses belles années comme dans les plus terribles, celles de la maladie.

Il y aura dans la vie de Sonia, la jeunesse, le mariage, les amants, les enfants, la créativité débordante et assumée, qui en font une femme unique et indépendante. Et l’on comprend vite que tant la mère que la fille ne peuvent vivre l’une sans l’autre, même si la fille a besoin de se différencier de cette mère envahissante et aimante à la fois, unique et inventive, merveilleuse et exigeante.

Puis il y aura aussi les années de travail en commun, où chacune va trouver sa place, création, organisation, créativité foisonnante. Enfin, il y aura la maladie, celle qui vous transforme, qui détruit tout, même les plus belles personnes. Cette maladie qui démunit même les plus forts, qui vous fait devenir dépendant, enfant, soumis, alors que vous étiez si rebelle, libre, magnifique.

En peu de pages, peu de mots, mais avec tellement d’émotion et de justesse, de sobriété et d’élégance, Nathalie Rykiel dit tout, les années de jeunesse, puis les années du succès, de la créativité, enfin les années où cette P de P (Parkinson) vient tout détruire. Il y a tellement d’amour, de reconnaissance, de fidélité à cette mère unique et flamboyante dans ces pages que ce très beau récit ne peut que nous toucher.


Catalogue éditeur : Stock

« Je souris, j’y pense, tu te voyais peut-être l’héroïne de mon roman, le roman de ma vie…
En voici une version. C’est ton cadeau. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot maman. On partage. Mon sujet ce n’est pas toi, c’est nous. Nous deux. »

Collection : La Bleue / Parution : 10/05/2017 / 144 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234083264 / Prix : 17.00 €

 

Une activité respectable. Julia Kerninon

Comment devient-on écrivain, à quel moment s’impose le goût de la lecture, des mots, voilà sans doute des questions auxquelles voulait répondre Julia Kerninon avec ce court récit-roman « Une activité respectable »

Domi_C_Lire_une_activite_respectable.jpgDe Julia Kerninon, j’avais découvert et apprécié l’an dernier le roman Le dernier amour d’Attila Kiss qui se passait à Budapest. En lisant Une activité respectable, je comprends à quel point cette ville lui est familière.

Ici, nous avons d’avantage un récit, quasi autobiographique et surtout très vivant, de l’amour des livres, de la littérature et de cette idée de savoir comment vous vient l’envie de devenir écrivain.  Julia se dévoile avec pudeur et poésie, nous parle de cette machine à écrire que sa mère lui met entre les mains dès l’âge de cinq ans, on s’en étonnerait d’ailleurs, mais manifestement pas elle ni sa famille !

Et l’on y retrouve avec plaisir une librairie aussi mythique que Shakespeare and Company, qui même si elle a changé de rue depuis les années d’Hemingway par exemple, garde une part de rêve et de mystère. Il y a l’enfance, les parents, les grands parents, cette grand-mère qui ne réagit jamais comme on l’attend, les voyages, Budapest, la Colombie britannique, les études, la fratrie, les amis, tout ce qui fait au final qu’on devient soi-même sans doute.  Il y a aussi les différents voyages d’une adolescente qui se cherche et veut trouver sa voie, alors elle part écrire, seule, dans un studio à l’étranger, puis revient, écrit encore et toujours, puis à force de persévérance, parce qu’avant tout elle y croit et qu’il semble qu’elle soit née pour ça, elle va publier un puis deux, puis d’autres romans.

Voilà un récit étonnant, court, bien écrit et maitrisé, qui intéresse mais sans forcément passionner. Mais après tout, la littérature doit-elle toujours être passionnante ? En tout cas c’est un bel ovni à dédier à tous ceux qui ne peuvent pas vivre sans les mots ni la lecture et à tous les écrivains qui nous régalent de leurs textes !

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Catalogue éditeur : Le Rouergue

Dans ce court récit, Julia Kerninon, pas encore trente ans, façonne sa propre légende. Née de parents fous de lecture et de l’Amérique, elle tapait à la machine à écrire à cinq ans et a toujours voulu être écrivain. Dans une langue vive et imagée, un salut revigorant à la littérature comme « activité respectable ». A dévorer ! Prix Françoise Sagan et prix de la Closerie des Lilas pour ses deux premiers romans.

Janvier 2017 / 64 pages / 9,80 € / ISBN 978-2-8126-1203-9

Mon ciel et ma terre. Aure Atika

D’Aure Atika, on connait la comédienne, désormais il faudra composer également avec l’écrivain !

DomiCLire_aure_atika_mon_ciel_et_ma_terre.JPGBel hommage, hymne, ode à Odette, cette mère fantasque, bohème, aimée follement par sa fille qui nous montre avec « Mon ciel et ma terre » toute la puissance de cet amour.

Et l’on découvre des souvenirs qui sont tellement forts, visuels, charnels, que le lecteur voit à son tour le beau visage d’Ode, sent son parfum, l’odeur de sa peau, de ses cigarettes, entend le bruit de la fête. Mais il y a beaucoup d’émotion également à ressentir l’abandon, la solitude, d’une enfant qui attend, espère, mais comprend vite que sa mère n’est pas de celles-là qui donnent de l’amour sans compter, de l’affection, des câlins… Car Ode, c’est aussi un autre monde, d’autres amours, la fête et les amants, les nuits à danser, la drogue aussi, et surtout la vie pas vraiment facile que l’on traverse toujours avec une pointe de gaité, de joie de vivre malgré les épreuves et dans l’attente de jours meilleurs.
Qu’il est étonnant cependant de voir que face à une certaine forme d’égoïsme, d’insouciance, de manque d’attention, cette enfant est totalement amoureuse de cette mère unique, expansive, rayonnante puis triste, malade, mais toujours tellement extra-ordinaire…

Car on peut se demander qui a vraiment été la mère dans ce couple étrange, où celle qui devait cajoler, réconforter, éduquer, était celle qui provoquait les angoisses de sa fille mais ne savait ou ne voulait pas les voir. On sent tout au long des pages une enfant protectrice, qui accepte et comprend, responsable avant l’heure, mais définitivement heureuse de cette vie qui a forgé l’adulte qu’elle est devenue. Et le lecteur de découvrir et d’apprécier, étonné, cette artiste qui se dévoile avec pudeur. On sent qu’elle a toujours peur d’en dire trop ou pas assez pour nous faire comprendre et mesurer la réalité de cette mère qu’elle révèle dans ce cri d’amour magnifique. Alors avouons-le, c’est une très belle surprise ce premier roman d’Aure Atika à l’écriture fluide, pudique et touchante à la fois.


Catalogue éditeur : Fayard

 « J’ai aimé ma mère, follement. Je l’ai cajolée, protégée. Je lui chantais des comptines de couleur, bleue, ou rose selon l’humeur, pour la rassurer. Je l’épaulais lors de ses chagrins d’amour, j’assistais, déboussolée, à ses crises de manque. J’étais parfois la mère de ma mère… Pourtant, je l’admirais plus que quiconque, je ne l’aurais à aucun moment échangé contre une autre. Maman, elle n’avait pas peur de se bagarrer avec ses pieds et ses mains, ni de claquer la porte aux nez de ses amants. Maman, elle partait en pleine nuit faire la fête, elle m’emmenait dans des dîners de grands en plein Saint-Germain des Prés, à la Coupole ou au Flore, alors que nous vivions dans de petits appartements faits de bric et de broc. Ma mère était bohème. Elle était mon ciel et ma terre. Elle était mon Ode. Tout un poème. »
Aure Atika est comédienne, scénariste et réalisatrice. Elle oscille entre films d’auteur (Jacques Audiard, Abdellatif Kechiche, ou Stéphane Brizé) et productions grand public (La Vérité si je mens, ou OSS 117). Mon ciel et ma terre est son premier roman.

 EAN : 9782213687100 / Parution : 08/02/2017 /  208pages / Format : 135 x 215 mm