La terre invisible, Hubert Mingarelli

Un texte court d’une étonnante sobriété, La terre invisible d’Hubert Mingarelli, le roman que l’on ne lâche pas avant la fin

Dans l’Allemagne de 1945 un photographe de l’armée britannique assiste à la libération des camps de concentration. Choqué, il n’arrive pas à quitter le pays et décide de partir photographier les habitants dans la campagne environnante. En faisant cela, sans savoir ni comment ni pourquoi, il tente de déceler sous leur banalité une raison à leur comportement. Car comment des hommes ordinaires ont-ils laissé faire les horreurs qu’il vient de découvrir. Hanté tout au long du récit par les visions d’horreur qu’il a eues à la découverte des camps de concentration, le photographe cherche des réponses au pourquoi et comment tant de monstruosité, à cette complicité passive de tout un peuple.

Il sera accompagné par O’Leary, un jeune soldat anglais arrivé sur le front à la fin de la guerre et dont on comprend rapidement qu’il porte lui aussi ses propres failles intérieures. Ils partent au hasard, à la recherche de réponses à la fois à ces interrogations et à leurs propres traumatismes, à la recherche de la terre invisible.

Avec des personnages qui ont tout de l’anti héros et sans aucun évènement marquant pour émailler leur route, malgré des conditions historiques exceptionnelles et propices aux agissements extra-ordinnaires Hubert Mingarelli propose un récit à la fois épuré, presque silencieux, et absolument émouvant. Cette écriture d’une grande sobriété interroge sur la nature humaine et sur les incompréhensions que provoquent certains actes dans des circonstances exceptionnelles.  La terre invisible est par essence de ces romans qui infusent lentement et restent en mémoire longtemps après avoir refermé le livre.

citation :

« Attendez, on na pas tout vu. Ça commence à arriver. Dans des fosses à la mitrailleuse, des milliers. L’Ukraine, c’est un cimetière. Et qui les creusait ces fosses ? « 
Il se tut, et dans un murmure :
« Alors pendant qu’ils creusaient à quelle vitesse battaient leurs cœurs ? »

D’Hubert Mingarelli, lire également L’homme qui avait soif.

Des romans de cette rentrée littéraire qui évoquent la seconde guerre mondiale, je retiens en particulier Le temps des orphelins, de Laurent Sagalovitsch

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande ne parvient pas à rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté.
Il est logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp. Ayant vu les mêmes choses qui les ont marqués, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idée de partir à travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espère ainsi peut-être découvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C’est un très jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre.
Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hanté par ce qu’il a vu, et le second est hanté par des évènements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

Parution : 15/08/2019 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 192 p. / 15,00 € / ISBN 978-2-283-03224-4

Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah

Dans Le ciel par-dessus le toit, le nouveau roman de Nathacha Appanah, il y a un jeune Loup mal dans sa peau, une famille sans amour, et l’espoir distillé comme une rédemption.

Eliette est une jeune fille très belle adulée et poussé par ses parents. Elle chante bien et sa voix est un cristal que tous ont envie d’écouter, surtout à la soirée annuelle de l’usine où travaille son père. Les parents, fiers et heureux, poussent la fillette sur l’estrade, coiffée, maquillée, (elle m’a fait penser à ces petits filles que leur mère poussent aux concours de miss) mais rien de cela ne lui plait, elle ne le fait que pour répondre à l’amour et à l’admiration de ses parents. Jusqu’au jour de ses onze ans, jusqu’à cet homme, jusqu’au point de rupture…

A partir de ce jour, Éliette disparait, Phénix renaitra de ces douleurs intenses, aura deux enfants sans père et se tiendra loin d’eux. Pas de caresse ni d’amour échangé, pas de geste tendre, la mère fuit son enfance et ses souvenirs douloureux en prenant ses distances avec ses enfants, et fracasse à son tour l’enfance de ceux qu’elle a mis au monde. Sa fille Paloma a quitté le foyer en abandonnant Loup, son petit frère. Mais le chagrin de ces années d’attente est trop fort, Loup prend la voiture de sa mère et part à la recherche de sa sœur. Cela ne se fera pas sans dommage.

Il y a tout au long de ce roman une forme très poétique qui crée une distance, qui rend plausible, mais aussi acceptable la douleur et la souffrance de chacun des protagonistes. Avec ce regard empreint de délicatesse qui la caractérise, Nathacha Appanah dit la douleur, l’absence, le mal aimer et le mal être. En peu de phrases – le roman est particulièrement court- elle pose les bases d’un amour qui ne s’avoue pas mais qui attend, tapi dans l’ombre, pour éclairer les jours sombres et les vies dépourvues de sentiments.

Comment se construit-on quand personne ne nous aide ni ne vous distille ces gestes d’amour si importants pour avancer ? Est-on l’exact contraire de l’enfance que l’on a fui ? Dans Le ciel par-dessus le toit, il y a l’enfance gâchée, le manque ou le mauvais amour. Il y a l’enfermement et la prison de ces ados qui ne peuvent pas en sortir indemnes. Il y a une mère qui avance à tâtons pour se créer une carapace et exister malgré son passé. Il y a la crainte de souffrir, celle de répéter les erreurs du passé qui ont fait tant de mal. Il y a la rédemption, l’amour filial ou maternel plus fort que tout.

Retrouvez également les avis de Léa Touch Book, Henri-Charles de Ma collection de livres.

Du même auteur, j’avais particulièrement aimé Tropiques de la violence que je vous invite à découvrir.

Catalogue éditeur : Gallimard

«Sa mère et sa sœur savent que Loup dort en prison, même si le mot juste c’est maison d’arrêt mais qu’est-ce que ça peut faire les mots justes quand il y a des barreaux aux fenêtres, une porte en métal avec œilleton et toutes ces choses qui ne se trouvent qu’entre les murs.
Elles imaginent ce que c’est que de dormir en taule à dix-sept ans mais personne, vraiment, ne peut imaginer les soirs dans ces endroits-là.»
Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé de tant d’éclats de noirceur nous transporte pourtant par la grâce de l’écriture de Nathacha Appanah vers une lumière tombée d’un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.

128 pages, 140 x 205 mm / Parution : 22-08-2019 / ISBN : 9782072858604 / Prix 14,00 €

Rentrée Littéraire 2019, Zulma

Merci aux éditions Zulma et à toute l’équipe qui travaille avec Laure Leroy pour cette présentation de la rentrée littéraire 2019…

🌞📚La canicule n’avait pas fait reculer blogueurs et blogueuses qui étaient là pour écouter les auteurs parler de leurs romans à paraître fin août et pour échanger avec eux.

🌞📚Chaque auteur, ou presque car nous ne parlons pas encore chinois, a ensuite lu un extrait de son roman, y compris quelques lignes en islandais, puis en chinois, de quoi nous mettre vraiment l’eau à la bouche 📖

📙 Hubert Haddad a présenté « Un monstre et un chaos ». Dans le ghetto de Lodz, Alter, un gamin de 12 ans qui refuse d emporter l’étoile est ? face à Chaïm Rumkowski.
L’âme yiddish dans un chant de résistance hors du commun. En librairie le 22 août.

📗 Zhang Yeuran a présenté son premier roman traduit en français « Le clou » dont elle aurait préféré avoir pour titre « cocoon » comme dans la version originale.
Deux amis, un homme et un femme se retrouvent après des années de séparation. Tous deux se remémorent la vie de leurs aïeux pendant la révolution culturelle dans un roman très contemporain. En librairie le 22 août.

📘 Audur Ava Olafsdottir à présenté son dernier roman « Miss Islande ». En 1963, Une jeune femme rêve de devenir auteur., quand tout le monde lui conseille plutôt de se présenter au concours de Miss Islande… Il n’est pas facile de faire partie des minorités et de ne pas rentrer dans ces cases toutes faites auxquelles on voudrait vous voir correspondre, et ce qu’importe où et quand ! En librairie le 5 septembre.

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Merci à toute votre belle équipe pour ces moments partagés… Et pour la rencontre avec les blogueuses et blogueurs.

Rentrée Littéraire, Stock

« Lisez! On a besoin de vous. Quelle belle injonction pour les amoureux de lecture que nous sommes !

🌞📘☕🥐 Il faisait vraiment beau ce matin-là chez Paul & Rimbaud pour la présentation de la rentrée littéraire des éditions Stock.


🌞📘☕🥐 Les femmes étaient à l’honneur, trois auteurs, dont deux primo romancières, sont venues présenter leurs romans à paraître pour la rentrée littéraire de septembre.

📘 Constance Rivière pour « Une fille sans histoire » un premier roman court qui se lit comme un souffle et fait revivre à son héroïne les semaines qui ont suivi les attentats de 2015.

📘 Romane Lafore pour ce premier roman qui parle d’Italie et de traducteurs, comme un bel hommage à la littérature

📘 Claire Berest, dont j’avais tant aimé « Gabriële » le roman écrit avec sa sœur Anne, nous a littéralement embarqués dans les pas et la vie de Frida, amoureuse de cet homme emblématique qu’est Diego Rivera avec qui elle va former ce couple mythique qui nous fait tant rêver.

Une belle rentrée, avec de nombreux autres beaux romans à découvrir à partir du moins d’août. Merci à toute l’équipe des éditions Stock pour cette matinée 💙