Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Baptiste Beaulieu est médecin, à le lire et le voir vivre, en tout cas par ce qu’il en montre sur les réseaux sociaux, on pourrait penser qu’il soigne autant les âmes que les corps… Avec « Toutes les histoires d’amour du monde » il nous invite dans l’intimité de sa famille…Ah, mais pourquoi ? Comment ?

La relation entre Jean, le narrateur, et Denis, son père, est difficile depuis une discussion entre les deux hommes… Pourtant, un jour Denis vient trouver son fils. Il est dépité, affolé, déçu. Au décès de Moïse, le grand-père, il a découvert au fond d’une vieille malle un secret trop lourd pour lui… Denis cherche refuge et soutien auprès de Jean, lui expose ses découvertes et sa stupéfaction, son incompréhension et son chagrin profond en découvrant cet homme qu’il ne reconnait pas, ce père si peu aimant, si peu enclin aux gestes d’affection.

Car Moïse le taiseux a caché un lourd secret pendant une vie entière… Moïse est un homme du nord, né à Fourmies en 1910, il perd son propre père à la guerre. Marié un peu trop jeune, il est amoureux fou de Hennie, une jeune allemande qui passe ses étés au village. Alors qu’il est détenu en Allemagne comme PG (Prisonnier de guerre), il retrouve Hennie à Cologne. Après la guerre, il rentre en France…

Chaque 3 avril depuis 1960, Moise écrit une lettre à une mystérieuse femme qu’il nomme affectueusement sa petite Anne-Lise. Dans ses lettres, il reprend le fil de sa propre histoire, de sa vie, depuis sa naissance et jusqu’à la veille de sa mort. Cet homme qui a traversé la guerre sait que ses jours sont comptés et que jamais il ne reverra sa petite souris, sa Lisette. Il se raconte, il explore les méandres de sa mémoire, de son cœur, de ses sentiments.

Alors commence pour Jean la retranscription des lettres découvertes dans le grenier avec les quelques souvenirs auxquels tenait ce grand-père:des lettres, une boite en fer blanc, une photo, une bible… Et peu à peu l’histoire de Moïse se dévoile, ponctuée d’incursions dans le présent, quand l’auteur évoque son travail de recherche, ses rencontres, sa relation avec son propre père, sa découverte de ce grand-père si méconnu, si peu connu, si mal connu…

A la fois catharsis pour Denis, qui à travers ces mots, ces pages, ce vécu, peut enfin entrevoir ce qu’ont été cette vie, ces amours, ces aspirations qu’il n’a jamais décelés dans les regards, les gestes ou les sentiments de son père, et traitement pour le fils qui aide son père et s’en rapproche, tant qu’il est encore temps… Alors même les mots de Hennie, arrivés de si loin, sont comme un cataplasme sur un cœur souffrant, sur des émotions,des sentiments qui ne savent pas s’exprimer mais qui pourtant sont bien présents.

C’est un beau roman, c’est une belle… et triste histoire. Et cette recherche n’a toujours pas abouti pour retrouver cette petite souris…Alors toi, lecteur, ici, là, ou là-bas, par-delà les océans, si tu connais cette Anne-Lise Schmidt, à Cologne, aux États-Unis, ou ailleurs sur terre, contacte vite Baptiste Beaulieu ! Toutes les histoires d’amour du monde, un livre qui fait du bien, à ne pas manquer !

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Mazarine

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.

Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Romancier et médecin, Baptiste Beaulieu est l’auteur de plusieurs best-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le Noir »),  Alors vous ne serez plus jamais triste (Prix Méditerranée des lycéens 2016),  La Ballade de l’enfant gris (Grand Prix de l’Académie française de Pharmacie). Son blog Alors Voilà compte plus de8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur chez Grand bien vous fasse, sur France Inter.

Parution : 17/10/2018 / EAN : 9782863744475 / Pages : 480 / Format : 138 x 215 mm

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Quand Dieu boxait en amateur. Guy Boley

Dans son nouveau roman Guy Boley évoque son père forgeron et boxeur, artiste et comédien amateur. « Quand Dieu boxait en amateur », le roman d’amour d’un fils pour son père.

Domi_C_Lire_guy_boley_quand_dieu_boxait_en_amateur_grassetJ’avais découvert Guy Boley avec son premier roman Fils du feu, et particulièrement apprécié le style de cet auteur, unique et singulier, pour évoquer un homme, son père. J’avais aimé la puissance évocatrice de son écriture.

Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley part à nouveau à la rencontre de son père. Mais d’un père séducteur, un père qui s’est construit dans une misère relative. René est orphelin, élevé par une mère peu éduquée et qui a peur des livres, il devient forgeron puisqu’il faut bien vivre, et boxeur, car ça fait du bien de se sortir la tête des livres ! Devenu père de famille il sera également un temps comédien amateur.

La famille vit quelque part au bord du Doubs, du côté de Besançon. L’ami Pierrot, l’ami d’enfance, appelé par Dieu, est entré dans les ordres. Revenu au pays il devient l’Abbé de ce Dieu en qui ne croit pas René, mais dont il va lui parler toute sa vie. A tel point que pendant des années René va tenir le rôle de Jésus à la fête paroissiale … Jusqu’au drame, déjà évoqué dans le premier roman, dense et destructeur, la mort d’un enfant, d’un petit, repris par un Dieu inhumain…

On entre avec ce roman comme dans un autre temps, pourtant les années 50 ne sont pas si loin. Mais ici c’est le monde de la forge et de la cure, du théâtre amateur et de Luis Mariano, le monde des ouvriers et des Abbés, des femmes qui viennent voir ce bel athlète qui incarne Jésus, toutes sans doute secrètement amoureuses du beau René. C’est nostalgique à souhait d’une époque révolue, parfois triste et souvent belle, celle de l’enfance insouciante, celle plus difficile de la famille désunie à la suite de la perte d’un enfant, une fois de trop et de la famille anéantie par un Dieu qui n’est ni bonté ni amour.
Ce sont les souvenirs d’un fils pour cet homme taiseux qui n’avoue jamais son amour, puis d’un homme affaibli, alcoolique, solitaire et abandonné y compris par ce fils qui pourtant le glorifie aujourd’hui par ses mots et son amour révélé.

C’est assurément un beau roman, même si je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme que j’avais ressenti à la lecture de Fils du feu. Lors des rencontres de Manosque, Guy Boley expliquait qu’il souhaite écrire une trilogie. Espérons qu’il saura innover, se renouveler, et nous intéresser, le pari est lancé…

C’est un artiste mon père, il est né comme ça et il n’y est pour rien :
sensible, créateur, naïf, orgueilleux, entêté, innocent, fragile et responsable.

💙💙💙💙

Quelques photos des rencontres avec l’auteur au Correspondances de Manosque

 

Catalogue éditeur : Grasset

Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l’abbé propose à son ami d’enfance d’interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.
Ce boxeur atypique et forgeron flamboyant était le père du narrateur. Après sa mort, ce dernier décide de prendre la plume pour lui rendre sa couronne de gloire, tressée de lettres et de phrases splendides, en lui écrivant le grand roman qu’il mérite. Un uppercut littéraire.

Parution : 29/08/2018 / Pages : 180 / Format : 135 x 207 mm / Prix : 17.00 € / EAN : 9782246818168