Les cuisines du grand Midwest, J.Ryan Stradal

Du roman écologique au roman gastronomique, J.Ryan Stradal entraine ses lecteurs à la suite d’Eva dans « Les cuisines du grand Midwest ».

Eva Thorvald arrive de loin, sa mère l’abandonne pour vivre sa vie de sommelière à l’autre bout du monde, son père Lars, grand amateur de cuisine et fin gastronome (c’est lui qui, dans sa famille, a poursuivi à Noël la tradition scandinave du lutefisk) meurt d’une crise cardiaque quand elle a à peine 6 ans. Adoptée par ses oncle et tante qui lui cachent ses origines, cette enfant singulière grandi avec le goût inné des saveurs et comprend très tôt les subtilités des produits authentiques.

Tout au long de sa vie, Eva prend le parti de choquer, d’aller au bout de ses limites en consommant par exemple les piments les plus forts, les plus intenses pendant son enfance. Puis peu à peu elle comprend que les saveurs sont surtout synonymes de subtilité et de douceur et change alors sa façon d’appréhender la cuisine et la nourriture en général. Nous la suivons d’étape en étape, dans les petits restaus de l’Amérique profonde, puis assistante de grand chef et enfin grande ordonnatrice de diners extraordinaires et absolument dispendieux pour VIP triés sur le volet.

L’auteur pose un regard étonnant sur la vie de son héroïne. Son parti pris n’est pas de suivre Eva, mais plutôt de choisir l’une ou l’autre des personnes -amis, ennemis, rivaux ou associés- qui ont jalonné sa vie et à travers eux décrire la période pendant laquelle ils l’ont côtoyée. Quels que soient les aléas qu’elle traverse, Eva réussit à les affronter, à rebondir et s’en sortir là où bien d’autres auraient renoncé, toujours à la recherche inconsciente de la douceur enfuie de son enfance. Roman initiatique, roman d’ambiance aussi, on s’attache à ces personnages pour le moins singuliers et à leurs relations pas toujours évidentes. Une belle façon de nous les présenter et d’aborder intelligemment la cuisine et les dérives des extrémistes du tout écologique et du 100% naturel.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre  de Poche

À l’instar de son père, Eva Thorvald est une surdouée du goût, un prodige des saveurs. Étape après étape, des fast-foods aux grands restaurants, des food trucks aux dîners privés, elle va devenir un grand chef, à la fois énigmatique et très demandé. Tous ceux qu’elle croise la regardent avec admiration ou jalousie.
Mais ce don unique vient aussi d’une blessure qui, malgré le talent, ne cicatrise pas. Eva cuisine comme d’autres peignent, écrivent ou composent : pour retrouver un peu de sérénité et le paradis perdu de l’enfance.

Avec Les Cuisines du grand Midwest, J. Ryan Stradal signe un roman initiatique poignant et une vaste fresque qui, à travers la gastronomie, explore tous les milieux sociaux des États-Unis.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch.

448 pages / Prix : 8,40€ / Date de parution : 27/02/2019 / EAN : 9782253073567 / Editeur d’origine : Rue Fromentin

Les Dix Vœux d’Alfréd. Maude Mihami

Envie d’un bon roman pour se détendre cet été ? Alors que vous alliez en Bretagne ou au Pays Basque, à la plage ou dans votre jardin, lisez « Les dix vœux d’Alfréd », le roman de Maude Mihami.

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Ah, Alfred, oui, se prénommer Alfred, ça peut aller. Mais quand faut l’écrire Alfréd avec un accent aigu, ça n’est pas la même chanson ! Alfréd, 9 ans, vit avec sa mère dans la maison en face de celle du grand-père tout au bout du village tranquille du Camboudin, en Bretagne. Il ne connait pas son père. Il voudrait bien avoir un autre prénom, et surtout pas avec cet accent si stupide dont l’a affublé sa mère. Bref, pour lui c’est un peu comme s’il devait porter des culottes courtes ou assumer en permanence vilaine coupe de cheveux.

Avec son vénérable papi, Alfréd tente de passer le temps, avec les copains, enfin, les copains de son grand-père, qui ne sont pas trop de son âge, et pourtant qu’est-ce qu’il aime ça ! Mais il y a peu à faire dans ce village, dans ces années 70 sans ordinateur et si peu de télé ! Aussi quand son vénérable grand-père lui propose d’écrire dans ce carnet qu’il en quitte jamais, les dix vœux qu’il pourrait réaliser l’année de ses dix ans, c’est pour lui une aubaine, une excellente idée ! Il faut dire que l’anniversaire d’Alfred se doit d’être une belle fête, cette année il aura dix ans, et son grand-père pile soixante-dix, puisqu’ils sont nés le même jour.

Chaque vœux devient une occasion de montrer qu’il n’a rien oublié des aventures racontées par son grand-père adoré, mais aussi un moyen de découvrir qui il est, d’où il vient peut-être aussi, jusqu’au dernier des dix vœux, celui qu’il tient secret jusqu’au bout…

Ce roman est l’assurance de passer un joli moment de détente, de bonheur même. On se surprend au fil des pages à sourire, à éclater de rire aussi parfois , à découvrir la gouaille des protagonistes, à vouloir goûter un petit verre de Trouspignole. C’est vivant, empli d‘humanité, réaliste parfois, avec ces hommes au café, ou cette scène à la fête de l’école, c’est rempli de bons sentiments, mais pas à l’excès. Les personnages sont vivants, typiques même si peut-être parfois caricaturaux, mais qu’importe, car ils nous touchent et nous embarquent dans leurs aventures. C’est comme un éclat de rire partagé, comme un goût de bonheur qui fond dans la bouche, le livre  idéal pour se détendre pendant le vacances !

Les dix vœux d’Alfréd est un roman au goût sucré de souvenirs. Il m’a fait penser aux petits déjeuners que je prenais l’été avec mon grand-père, un peu de pain frotté à l’ail, avant d’aller dans les champs, ou à cette rasade de vin dans l’assiette de soupe au repas du soir, plaisirs quasi coupables partagés à deux, envers et contre les adultes qui désapprouvaient mais sans trop oser le dire ! Cette complicité d’enfants à grands-parents est quasi magique, ne dure qu’un temps, mais vous laisse avec tant de beaux souvenirs.

Catalogue éditeur : Nil éditions et Pocket

« Une fantaisie truculente, picaresque et touchante au cœur du bocage breton. Mieux vaut lire ce livre que celui d’à côté, il est plus drôle ! » Erik Fitoussi, libraire

1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, neuf ans, a un prénom dont l’accent aigu lui déplaît, une mère qui picole trop et un grand-père qui tient à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie. Avec l’aide de son Vénérable Papi, il va décider de passer le cap de ses dix ans en établissant une liste de vœux à réaliser avant le grand jour. Rencontrer un vrai cow-boy, boire de la trouspignôle ou encore conduire un tracteur marqueront le début d’une série d’aventures aussi rocambolesques que réjouissantes. De vœux gâchés en moments de pure félicité, il va vivre l’année la plus incroyable de sa vie.

Maude Mihami nous offre avec Les Dix Voeux d’Alfréd un premier roman d’une grande drôlerie qui pose un regard tendre sur le monde de l’enfance.
Maude Mihami, Bretonne de son état, a été libraire en Allemagne et à Paris. Elle vit aujourd’hui à Lyon.

EAN : 9782841119554 / Nombre de pages : 256 / Format : 130 x 205 mm / Date de parution : 03/05/2018

Quand je serais grand je serais Nana Mouskouri. David Lelait-Helo

Il faut toujours suivre son rêve, quel qu’il soit, y croire même si votre rêve  est : Quand je serais grand je serais Nana Mouskouri ! C’est ce que l’on découvre dans la biographie romancée de David Lelait-Helo.

Domi_C_lire_quand_je_serais_grand_je_serais_nana_mouskoury_pocketVous vous souvenez de Nana Mouskouri vous aussi ? Alors ça veut dire que comme moi vous avez déjà traversé quelques décennies, et que le visage un peu rond, les lunettes si noires, et la voix cristalline et extraordinaire de cette chanteuse parle à vos souvenirs.
Et l’amour en héritage me direz-vous ? Oui, moi aussi j’ai regardé cette série, dont je ne me souviens de rien par contre, si ce n’est du générique chanté par Nana.

Mais alors, que vient-elle faire ici ? Eh bien elle est un peu comme un fil rouge, ou noir pour la couleur des lunettes et des cheveux, dans la vie du jeune David.  Car David est un garçon différent, sa sensibilité et son homosexualité font de lui la cible idéale, la proie des cours d’école.

David a deux amours. Sa Nana, celle qu’il deviendra plus tard, comme on devient pompier ou pilote de ligne, et sa mamie adorée,  qu’il aime d’un amour plus grand que mon cœur de gosse, qui le comprend si bien, l’accompagne, le soutien, et dont il illumine la vie de chaque jour par ses visites, ses mots, ses gestes d’amours de petit garçon. Cette mamie Aimée que le petit garçon, devenu adulte avant l’âge, accompagnera tout au long de ses derniers instants.

Ce roman est absolument touchant, émouvant même, et tellement sincère. D’une écriture élégante et fine, toute en tendresse aussi, ce jeune David qui trace son destin nous bouleverse. Quand je serais grand je serais Nana Mouskouri se lit facilement, mais en même temps vous laisse avec de nombreuses interrogations, sur votre propre comportement, votre vision des autres, de l’enfance et de la famille, sur l’amour aussi. une jolie découverte.

Lire également la chronique de Geneviève du blog Mémo Émoi

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Catalogue éditeur : Pocket éditions

Une voix, des lunettes : une révélation. Milou a 13 ans lorsqu’il abandonne une idole, un monstre orange du nom de Casimir, pour une autre, chanteuse, grecque et mondialement connue. Quand il sera grand, c’est décidé, il sera Nana Mouskouri. Ce n’est pas un métier, évidemment : c’est un destin….

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Né en 1971, David Lelait-Helo vit aujourd’hui à Paris. Il est l’auteur de nombreuses biographies qui ont paru aux éditions Payot – Evita, le destin mythique d’Eva Perón (1997), Maria Callas : j’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour (1997), Sur un air de Piaf (2003) –, et aux éditions Télémaque – Dalida (2016), Romy (2017), Barbara (2017) – ainsi que de deux recueils de sagesse : Si le bonheur m’était conté… (2011) et Si l’amour m’était conté… (2013). En 2009, Le Roman de la chanson française paraît aux éditions du Rocher. Il a également publié des essais et des romans aux éditions Anne Carrière : Gay culture (1998), Les Impostures de la célébrité (2001), Poussière d’homme (2006), Sur l’épaule de la nuit (2010), C’était en mai, un samedi (2012) et D’entre les pierres (2014). Son dernier roman, Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri, a paru en 2016 chez le même éditeur.
Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur : http://david-lelait-helo.blogspot.fr/ (Source Pocket)

EAN : 9782266276443 / Pages : 224 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 13 Octobre 2016 / Parution chez Pocket : 05/10/2017