Le temps découvre la liberté, Mathieu Terence

Retrouver la vie à travers la beauté et l’art, émouvant essai sur Le Bernin, artiste majeur du XVIIe siècle

Cet essai de Mathieu Terence est un étonnant mélange de genre, à la fois carnet de route, pensées personnelles, retour à la vie, puis ode à la beauté de ce magnifique artiste qu’était Le Bernin et dont on admire de très nombreuses œuvres à Rome.

Mathieu Terence choisi en particulier « Le temps découvre la liberté » réalisée par l’artiste en 1646 et qui donne son titre à ce livre. A la suite d’un deuil, l’auteur se penche sur cette œuvre précise du Bernin à un moment où il est enclin à penser que le temps et la vérité sont consubstantiels… Il lui faut du temps, mais la vérité finit toujours par l’emporter. Ce sera aussi pour lui un retour à la vie, après la perte de l’être aimé. L’art sauveur des âmes en peine, l’art source de sérénité, l’art conquérant, l’art réparateur.

A la fois poète et rêveur, historien et écrivain, passionné et philosophe, l’auteur nous entraîne dans ses pensées et nous fait découvrir de façon tout à fait originale et très personnelle la vie et les œuvres du Bernin. Ce grand maître de l’art baroque était à la fois sculpteur, architecte (qui ne connaît pas la place de Saint Pierre de Rome en particulier) et peintre. Son œuvre a traversé les siècles, et Mathieu Terence nous la rappelle ici à travers ces courts chapitres qui ponctuent son voyage dans le temps et l’espace.

Du même auteur, retrouvez également ma chronique du roman Le talisman

Catalogue éditeur : Grasset

En 1646, Le Bernin dessine une esquisse intitulée Le Temps découvre la Vérité. Trois siècles plus tard, Mathieu Terence part à la rencontre de cette œuvre et de son auteur, grand maître de l’art baroque, sculpteur, architecte et peintre italien, dont l’œuvre énergique traverse les siècles pour nous parler d’aujourd’hui. Ni biographie, ni essai d’art, ce récit composé de courts chapitres retrace, au galop, les soixante-dix ans d’activité du Cavalier pour nous donner à voir et à comprendre la fougue et l’esprit d’un artiste qui célèbre le divin en offrant à toutes et à tous des œuvres ivres de force et de volupté. Manifeste contre un monde uniforme, hymne à l’exubérance et au courage, carnet de voyage dans le temps, réflexion sur la vérité à l’heure où le règne du Faux ne cesse de s’étendre, ce livre est, aussi, le témoignage d’un retour à la vie après la mort de l’aimée. Profondément singulier, il est tout entier taillé comme une sculpture baroque.

Mathieu Terence auteur d’essais, de romans, et de poésies nous livre ici un texte libérateur, et contagieux qui contribue à affirmer encore son éclectisme.

Parution : 5 Février 2020 / 130 x 205 mm / Pages : 144 / EAN : 9782246823230  Prix : 16.00€ / EAN numérique : 9782246823247 Prix numérique : 10.99€

Un amour parfait, Gilda Piersanti

La relation amoureuse toxique dans ce qu’elle a de plus pervers, ou l’amour fou à la vie à la mort…

Une fois de plus, la très parisienne Gilda Piersanti nous embarque à Rome dans les pas de ses personnages.
Lorenzo a tout pour être heureux, un travail qui le satisfait, une femme qui le rend heureux, des enfants formidables et en bonne santé. Mais un jour, Lorenzo retrouve par hasard Laura, l’amour de sa jeunesse, absolu, dévastateur, qu’il avait occulté pour pouvoir continuer à vivre, tant la rupture avait été imprévue et douloureuse.

Laura lui fait vivre des moments intenses d’amour fou dans les hôtels et les villes les plus insolites, puis lui fait comprendre que sans lui elle ne pourra jamais quitter son mari, il doit l’aider à s’en libérer.

Peu à peu, totalement envouté, Lorenzo oubli son travail, trompe a femme sans remords, ment à son meilleur ami sans regrets, prêt à tout pour l’amour de Laura, cet amour parfait qui le ressuscite. Mais le piège se referme, l’homme heureux, mari comblé, directeur prometteur se laisse peu à peu détruire par cet amour machiavélique qui le consume. L’aventure n’est peut-être pas aussi limpide et idyllique qu’elle en a l’air, la descente s’annonce douloureuse et vertigineuse, et le réveil cruel et terrifiant.

Avec habileté et une sacré dose de perversité, Gilda Piersanti décrit les affres de la relation amoureuse, ici totalement toxique, par cet amour perdu puis retrouvé qui tel un ouragan balaye tout sur son passage, laissant Lorenzo exsangue et pantelant. Si l’homme amoureux n’a plus de scrupule, s’enlisant dans le mensonge et les faux-semblants, l’homme inquiet de ses actes est habilement décortiqué et finement analysé par l’auteur qui le soumet sans relâche à la diabolique et perverse manipulation de Laura.

Catalogue éditeur : Le Passage

La vie de Lorenzo n’a pas d’ombre, sa carrière est au zénith, son couple se porte à merveille, ses enfants l’adorent.
Jusqu’à ce soir où il la revoit au bar de l’hôtel : Laura, l’amour de ses 18 ans. Trente ans plus tôt, il a failli mourir pour elle. Le hasard l’a-t-il remise sur son chemin pour faire renaître le passé ou faire disparaître le présent ?
Une femme fatale ne revient jamais pour réparer ses fautes mais pour continuer son œuvre de destruction. Elle est revenue et elle lui dit qu’elle l’aime encore, mais doit-il la croire ? Lorenzo est prêt à tout pour l’avoir de nouveau dans ses bras. Prêt à tout… Même à tuer ?

Avec Un amour parfait, Gilda Piersanti signe un thriller psychologique d’une puissance redoutable où la passion amoureuse prend la forme d’une fascination venimeuse. Commence alors une lente descente aux enfers.

ISBN : 978-2-84742-409-6 / Date de publication: Mars 2019 / Nombre de pages : 288 / Dimensions du livre : 15 x 24 cm / Prix public : 19.50 €

Un océan, deux mers, trois continents. Wilfried N’Sondé

Un océan, deux mers, trois continents, de Wilfried N’Sondé est un roman étonnant empreint d’une grande humanité qui vous donne foi en l’Homme.

Domi_C_Lire_un_ocean_deux_mers_trois_continents.jpgLui, c’est Nsaku Ne Vunda, né autour de 1583 au Kongo. Élevé par les missionnaires de l’orphelinat qui l’avait recueilli, car son père est mort en allant chercher des secours pour aider sa femme à accoucher, sa mère est décédée en couches. C’est dire si cet enfant avait décidé de vivre envers et contre tous. Il sera ordonné prêtre sous le nom de Dom Antonio Manuel.

Les habitants du Kongo avaient pour habitude de s’offrir entre eux femmes, enfants ou hommes, captifs de leurs familles, opposants, prisonniers de guerre. Depuis le début de ce siècle et sous l’impulsion des portugais, la traite va prendre une toute autre ampleur et les échanges deviennent véritablement un commerce florissant.

En 1604, appelé par le roi Alvaro II, Dom Antonio manuel se voit confier une mission secrète, partir en ambassadeur auprès du pape Clément VIII. Deux fonctions vont être confiées à cet émissaire du roi, le représenter auprès de la cour à Rome et assoir l’importance du Kongo en le libérant de la tutelle commerciale des portugais, mais surtout, partir en émissaire du roi pour plaider la cause des esclaves et tenter d’obtenir l’abolition de cette infamie. Mais le voyage va s’avérer plus long et bien plus difficile que prévu, et ce qui devait être un aller simple vers la méditerranée va se transformer en un périple de plusieurs années à travers Un océan, deux mers, trois continents.

L’auteur nous transporte dans une époque, dans les pensées du prêtre, ses sentiments et ses hésitations. Nous le suivons par-delà le temps vers la réalisation de sa mission. S’il s’avère parfois bien innocent face aux réalités, il finira pourtant par arriver jusqu’à Rome au prix de bien des efforts,  de souffrances, et d’aventures à la fois rocambolesques, dramatiques et atttachantes.

Un océan, deux mers, trois continents est un roman étonnant et terriblement humain. Wilfried N’sondé nous fait regarder autrement ce buste de marbre noir installé dans la cathédrale Sainte Marie-Majeure de Rome, celui de cet homme désormais connu sous le nom de Nigrita et qui vécut dans un XVIIe siècle partagé entre esclavage, flibusterie, servage et Inquisition.

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Si vous avez aimé ce livre, vous aimerez peut-être La saison de l’ombre ou Crépuscule du tourment par Leonora Miano.

Ou encore Bakhita par Véronique Olmi.


Catalogue éditeur : Actes Sud

Il s’appelle Nsaku Ne Vunda, il est né vers 1583 sur les rives du fleuve Kongo. Orphelin élevé dans le respect des ancêtres et des traditions, éduqué par les missionnaires, baptisé Dom Antonio Manuel le jour de son ordination, le voici, au tout début du XVIIe siècle, chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, le jeune prêtre ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est chargé d’esclaves…

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Janvier, 2018 / 11,5 x 21,7 / 272 pages / ISBN 978-2-330-09052-4 / prix indicatif : 20, 00€

Illusion tragique. Gilda Piersanti

J’avais découvert Gilda Piersanti avec les Explorateurs du polar et Le saut de Tibère, lu grâce à lecteurs.com. Aujourd’hui je la retrouve avec un plaisir infini dans « Illusion tragique », cette intrigue qui dépasse nos espérances de lecteurs en matière de suspense et d’inventivité !

Domi_C_Lire_illusion_tragique_piersantiA Rome, il fait chaud pendant cet été qui n’en finit pas. Dans son immeuble, le jeune Mario s’ennuie et ne trouve rien de mieux à faire qu’épier son voisin, le sombre et mystérieux monsieur Ruper, par le vasistas de sa salle de bain. Monsieur Ruper est un homme d’habitudes, très solitaire, domicile, bureau, pas d’amis ni de sorties, il vit quasiment comme un Hermite. Pourtant, Mario l’a vu, une jeune femme est prisonnière dans cet appartement sous les toits.
Il décide de vérifier par lui-même et met dans la boucle son ami Ricardo. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, et le retour inopiné de Monsieur Ruper va transformer à jamais la vie des deux garçons. Car monsieur Ruper va entrer à ce moment-là aussi dans la vie de la maman de Mario, et perversité et manipulation vont se conjuguer pour faire de la vie de Mario un nouvel enfer, celui où il ne trouve plus sa place. Sa mère le délaisse, acceptant la mainmise de Monsieur Ruper sur sa vie de femme seule, au risque de s’éloigner de son fils et de le perdre à jamais, le laissant s’engluer dans les illusions et les douleurs de l’enfance.

L’intrigue se déroule, addictive et implacable, et alterne avec le récit que nous fait Elisabetta, écrivain à succès (l’auteur présumé du roman ?) de sa propre vie, récit pour le moins édifiant là aussi ! Les deux sont d’ailleurs aussi diaboliques l’un que l’autre, et le lecteur de se demander quand ils vont se rejoindre et dans quel abime il va être plongé, jusqu’au final, éblouissant de réalisme et d’ingéniosité ! En fait, l’auteur a cette capacité de vous plonger dans cet état de crainte, d’angoisse, et vous faire poser des questions sur des situations malsaines mais plausibles, elle flirte avec la réalité et ses situations nous incommodent, mais n’est-ce pas plutôt pour nous interroger sur nos propres réactions ? On se demande jusqu’au bout qui représente le bien, et qui le mal, le coupable u la victime, mais en fait n’y a-t-il pas une part de mauvais en chacun de nous ? Jusqu’où peut nous mener l’amour, la soumission, la curiosité, le remord, et même la haine. Et au contraire, la rédemption ne vient-elle pas également de l’action et de la volonté de chacun. Car tout homme est complexe, et Gilda Piersanti nous le démontre jusqu’au bout.

Vous qui aimez les polars et aimez avant tout être surpris, je ne peux que vous le conseiller, vous ne serez pas déçus ! Quelle intrigue, qui vous entraine, vous déroute, vous interroge, jusqu’au final, singulier, dérangeant, explosif ! Le tout porté par une écriture qui ne vous lâche pas, dans une ambiance d’été romain qui vous fera certainement regarder les messieurs en chapeau lorsque vous irez en weekend à Rome !

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Catalogue éditeur : Le Passage

En ce torride mois d’été romain, le petit Mario, dix ans, ne monte pas sur la terrasse de son immeuble pour y prendre l’air, mais pour épier son voisin du dernier étage, monsieur Ruper, un homme sans histoire qui vit seul et mène une vie rangée. Personne ne lui connaît la moindre relation, personne ne l’a jamais vu rentrer chez lui accompagné, et pourtant… Tous les soirs, Mario l’observe dans sa baignoire en train de coiffer et de savonner une très jolie jeune femme.
Son ami Riccardo et lui ont décidé d’aller libérer la princesse, parce qu’il n’y a pas d’autre explication : monsieur Ruper l’a enfermée chez lui, elle est sa prisonnière ! Le plus difficile, toutefois, n’est pas de s’introduire dans l’appartement de monsieur Ruper, mais d’en sortir une fois qu’on y est entré…
Dans ce thriller de l’enfance menacée, Gilda Piersanti interroge les méandres infinis de la perversité. Devenir la proie d’un pervers est une malédiction, une vie entière ne suffit pas pour y échapper. Illusion tragique nous entraîne dans une intrigue aux retournements imprévisibles, comme un labyrinthe dont le tracé se recompose à chaque détour, jusqu’au dénouement… inimaginable.
Car la réalité à laquelle nous nous croyons solidement ancrés se révèle parfois n’être que faux-semblant. Le réveil sera alors sanglant, forcément sanglant.

ISBN: 978-2-84742-372-3 / Date de publication: Octobre 2017 / Nombre de pages: 240 / Dimensions du livre: 15 x 24 cm / Prix public: 19 €