La mer monte, Aude Le Corff

Dans ce roman à la fois intimiste et lanceur d’alerte écologique, entre espoir et profonde désillusion, Aude Le Corff interroge avec intelligence l’avenir de la planète.

Depuis que la terre a connu de grandes catastrophes climatiques, les gouvernants des pays développés ont pris des mesures drastiques pour tenter d’enrayer l’évolution du dérèglement. En  2042, dans son appartement parisien et sa vie totalement connectés, Lisa n’a plus vraiment de latitude, tout est réglé, précis, fait pour qu’elle vive au mieux. Ne pas prendre trop de poids pour une meilleure santé, un peu d’exercice programmé chaque jour, plus personne ne peut souffrir de solitude puisque même l’ascenseur s’adresse à vous en rentrant. Et l’on retrouve à la maison un animal de compagnie qui a tout du Tamagotchi des années 2000. Enfin, dans le ciel, des drones surveillent les habitants qui pourraient être tentés de sortir de ces normes édictées pour le bien commun par une société bienpensante. Chaque individu a même un interlocuteur virtuel qui lui indique toutes les données personnelles enregistrées chaque jour, en particulier pour sa santé.

Bien évidemment, les habitants ne peuvent être que satisfaits de savoir que tout va bien pour eux, qu’ils sont dans le droit chemin vers une meilleure santé, sérénité, bonheur, tout est programmé pour leur plus grand bien… Et si c’était au contraire trop triste une vie formatée, sans surprise, sans excès, sans dérapage.

En se basant sur des découvertes ou recherches actuelles, l’auteur invente le monde connecté que l’on nous promet chaque jour, le frigo qui commande tout seul, les informations médicales transmises automatiquement aux médecins virtuels consultés à travers des écrans, les plats tout prêts livrés directement… on n’est pas si loin de ce monde dans lequel évolue Lisa. Tout cela sur fond de catastrophe climatique avec une chaleur écrasante, un manque d’eau, un bouleversement des côtes maritimes avec la montée tant annoncée du niveau de la mer et la disparition des terres, les flux de migrants climatiques.

Un jour Lisa décide de lire les journaux intimes de sa mère pour tenter de comprendre ce qui a bouleversé sa vie dans ses années de jeunesse. Elle découvre le départ du fiancé tant aimé, sa disparition soudaine et inexpliquée, disparition a meurtri sa mère de façon indélébile. Lisa décide de mener une enquête avec les moyens des années 2042, et tente de savoir pourquoi il est parti. Cette recherche dans le passé apporte un profond sentiment d’humanité dans ce monde désolé et aseptisé dans lequel elle évolue.

En mêlant ces deux époques, et en confrontant les bouleversements de l’intime aux bouleversements climatiques inéluctables qui ont transformé la vie des terriens, Aude le Corff nous pousse à nous interroger sur l’avenir de notre planète. Sur ce que nous souhaitons ou risquons d’en faire si nous continuons au même rythme. Il s’agit de ce que des parents transmettent à leurs enfants, mais aussi de cette terre, ce patrimoine si fragile que nous devons transmettre à nos enfants. Alors même si les Thrillers écologiques, ces romans qui font la part belle aux problématiques sociales et environnementales, fleurissent de plus en plus, ici le sujet est très habilement mené jusqu’au bout, pour le plus grand plaisir du lecteur.

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Catalogue éditeur : Stock

Lisa vit seule à Paris dans un appartement connecté. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des créatures virtuelles parlent aux piétons. Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappé le monde, forçant les dirigeants à entamer une transition écologique radicale. La jeune femme participe à cette nouvelle société mais aspire à plus de liberté. Quant à Laure, sa mère, elle cherche des remèdes à son anxiété. Depuis l’enfance, Lisa s’interroge. Quel évènement a bouleversé sa mère dans les années 90 ? Pourquoi un tel silence autour ? Le journal de Laure et l’enquête de Lisa en dévoileront peu à peu les clés.

Parution : 13/03/2019 / 252 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234087187 / Prix : 19.50 €

Je t’ai oubliée en chemin. Pierre-Louis Basse

Je t’ai oubliée en chemin, de Pierre-Louis Basse, ou comment se remettre d’une rupture à la mode d’aujourd’hui, sans dialogue et par sms.

Quand celle que vous aimez vous envoie un sms pour mettre fin à sept ans de relation, et vous impose le ghosting, cette étrange façon de mettre fin à une histoire d’amour en disparaissant de tous vos radars, cela donne une autre dimension à la rupture, brutale, directe, définitive et quasi instantanée … C’est de cette étrange fin que l’auteur nous parle ici. Cependant, si le sujet, profond et intime, m’a touchée, il m’a semblé parfois léger. Mais sans doute est-il surtout prétexte à coucher sur le papier des réflexions plus profondes, à une véritable introspection ? Car en fait, l’auteur chemine dans sa vie, son amour perdu, comme dans les forêts normandes qui entourent la bonne ville de Bernay dans laquelle il a emménagé quelque temps auparavant.

Ici, la puissance de l’écriture vient surtout de l’analyse de sentiments, de la réaction face au chagrin, à la souffrance, des questionnements sur la façon dont on peut se remettre, se relever de l’abandon, quels remèdes, quelles solutions, et quelles réflexions cela vous donne sur la vie. Mais du coup, oubliant Ana, le lecteur se perd dans les brumes qui s’élèvent dans la vie du narrateur.

Il s’agit d’Ana bien sûr, et de cette rupture par un sms sibyllin, puis de l’absence, définitive. Absence difficile à accepter quand elle signifie non pas la mort mais bien la disparition de celui ou celle que l’on a aimé. Pourtant, les mois passent, sept, comme les chapitres ouverts pour dire cette aventure, ce chagrin… Et la douleur s’estompe, au fil des marches dans la forêt, des rencontres avec les amis toujours présents, les souvenirs d’enfance affleurent, d’autres amours passées, d’autres amis, d’autres vies, puis le narrateur auteur reprend goût à la vie et s’ouvre à de nouvelles promesses. Car bien sûr, même les plus grandes peines d’amour finissent par s’effacer pour laisser la place à des lendemains plus lumineux…

Comme le disais si bien George Brassens : « Le vingt-deux de septembre, aujourd’hui, je m’en fous… Et c’est triste de n’être plus triste sans vous »

Si je me souviens des chroniques Pierre-Louis Basse sur Europe 1, par contre je n’avais encore jamais lu cet auteur qui m’a séduite par son écriture et sa sensibilité.

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Catalogue éditeur : Le Cherche-midi

Le baiser du Nouvel An était sans amour. Funèbre et froid, comme un hiver normand. Deux jours plus tard, par SMS, la femme pour laquelle il nourrit une passion depuis sept ans apprend à Pierre que tout est fini. Il est tout simplement rayé de la carte, effacé.
« Ce genre d’amour qui meurt fait un bruit d’hôpital. » Lire la suite

EAN : 9782749161150 / Nombre de pages : 128 / Format : 140 x 220 mm / Date de parution : 03/01/2019 / prix : 17€

Mon temps libre. Samy Langeraert

Dans les villes de grande solitude…. Avec Mon temps libre, Samy Langeraert nous invite à Berlin à la suite d’une rupture amoureuse

Désormais seul, le narrateur part une année à Berlin, persuadé que cette ville qu’il connait déjà accueillera sa solitude avec plus de bienveillance qu’aucune autre. Là, le temps s’étire doucement, entre deux mondes, entre deux saisons… Rien ne se passe ou presque, la présence de M est toujours prégnante, puis de plus en plus évanescente. Il est temps de rentrer à Paris.. pour se retrouver, pour savoir qui l’on est, pour revivre ?

Le narrateur se laisse porter au gré de ses absences, de ses chagrins, de ses souvenirs, sans avoir réellement envie de vivre autre chose. Et sous ses yeux, dans ses rêveries de solitaire, on découvre Berlin autrement, pas le Berlin vivant, créatif, artistique, mais bien l’autre ville, celle que l’on ne voit pas, que l’on devine à peine.

Mon temps libre de Samy Langeraert est un roman sur la disparition des sentiments, sur l’impression de vide, l’absence, qui font qu’il suffit de presque rien pour basculer dans le vide sidéral d’une vie sans but… S’effacer, enter en marginalité, est à la portée de chacun de nous finalement, si l’on ne se ressaisit pas, si l’on se laisser porter par le chagrin, l’absence, l’incompréhension.

Ce court roman est également une réflexion intime sur la solitude, ce qu’elle apporte, et surtout à quel point il est facile de s’isoler des autres, du monde, et de basculer dans l’oubli, pour soi et pour les autres…Comment du jour au lendemain on peut ne plus être personne.

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Catalogue éditeur : Verdier

Mon temps n’a rien à voir avec ce temps qui passe à l’extérieur. C’est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j’émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse.

À l’issue d’une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s’installer à Berlin, une ville qu’il connaît déjà pour y avoir passé un hiver fantomatique. Ainsi s’ouvrent les quatre saisons d’une vacance, d’un temps libéré des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.

Le jeune homme fait l’expérience d’une étrangeté et d’une solitude radicales, qui est aussi celle d’un entre-deux-langues.

Berlin nous apparaît ainsi sous un jour inédit. Loin des clichés contemporains d’une ville créative et frénétique – qui surgissent parfois en négatif et comme toujours vus à distance –, cette odyssée en mineur nous confronte à sa météorologie, sa flore et sa faune, à ses lieux périphériques, à ses rebuts et ses personnages secondaires.

Roman / 96 p./ 12,50 € / ISBN : 978-2-37856-007-2 / Parution : janvier 2019