Apprendre à lire. Sébastien Ministru

Un père, un fils et un prostitué forment un trio émouvant et singulier pour des retrouvailles avec l’enfance, la vie, la mort dans ce premier roman de Sébastien Ministru « Apprendre à lire »

Domi_C_lire_apprendre_a_lire-sebatien_ministru_68_premiers_romans.jpgQuand son vieux père de quatre-vingt ans lui demande de lui apprendre à lire, c’est forcément avec étonnement puis un peu d’appréhension  qu’Antoine entend sa supplique. Lorsqu’il se rend compte qu’il n’a ni le talent ni la patience requis pour l’enseignement, il cherche comment satisfaire ce géniteur impatient, grincheux, si difficile et rude sans sombrer dans la colère ou l’énervement.

A bientôt soixante ans, Antoine n’a rien d’un instituteur en herbe. Aussi lorsqu’au hasard de ses rencontres amoureuses tarifées – sa relation de couple avec Alex est depuis longtemps devenue platonique –  il fait brièvement la connaissance de  Ron qui rêve de devenir instituteur. Il l’engage pour apprendre à lire à son père.

Voilà donc un fils qui n’a jamais vraiment avoué son homosexualité à son père et ne sais toujours pas ce qu’il en pense. Et un père analphabète qui a dû quitter l’école tout jeune lorsque son propre père l’a envoyé berger dans la montagne sarde,  seul dans les nuits si terrifiantes pour un jeune garçon qui a même peur de son chien. Ils s’étaient éloignés l’un de l’autre depuis le décès de la mère, sans doute parce que aucun n’a su communiquer sur ce moment si douloureux de leur vie commune.

Le premier roman de Sébastien Ministru Apprendre à lire est une histoire d’amour et de rapprochement entre un père et un fils. Porté par une belle écriture, fluide et concise. C’est également un roman qui aborde plusieurs thèmes importants,  l’immigration, la filiation, la vie de couple, l’homosexualité, la fidélité, la prostitution bien sûr, et en fil rouge l’analphabétisme qui touche souvent plus de monde que ce que l’on imagine, y compris parfois autour de soi.

Même si c’est un roman qui se lit avec plaisir, il m’a manqué un petit quelque chose pour être embarquée. Un peu plus de réalité, de sentiments de la part du fils ? Un peu moins de mystère autour de Ron ? En fait je crois que je n’ai ressenti aucune réelle empathie pour l’un ou l’autre des hommes de ce trio.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Grasset

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

L’auteur : Journaliste, chroniqueur vedette à la radio belge, auteur de pièces de théâtre à succès (Cendrillon, ce macho s’est jouée pendant huit ans), Sébastien Ministru vit à Bruxelles. Apprendre à lire est son premier roman.  (Source Grasset)

Premier roman – collection Le Courage dirigée par Charles Dantzig / Parution : 10/01/2018 / Pages : 160 / Format : 140 x 205 mm / Prix : 17.00 € / Prix du livre numérique: 11.99 € / EAN : 9782246813996

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La maison à droite de celle de ma grand-mère, Michaël Uras

Le roman de Michaël Uras « La maison à droite de celle de ma grand-mère » est chaleureux comme l’amitié, frais, tendre et parfois triste comme la famille, un bonheur à savourer.

Domi_C_Lire_la_maison_a_droite_de_celle_de_ma_grandmere_michale_uras.jpgC’est en Sardaigne que se situe La maison à droite de celle de ma grand-mère, et Giacomo y revient car sa grand-mère va mourir, il va l’accompagner dans ses derniers instants, car en Sardaigne comme ailleurs, une grand-mère, et la famille, c’est sacré.

Depuis son départ, lui le « français » – comprenez le traitre, celui qui est parti vivre en France !- est chaleureusement accueilli par tous chaque fois qu’il revient au pays, même par ceux qui pensent que ses retours sont un peu trop rapides, comme en coup de vent. Parce qu’il sait que revenir est indispensable, mais que partir l’est tout autant.

Pourtant, là, il quitte tout, le roman inédit qu’il doit traduire en urgence, son quotidien à Marseille, les exigences et les attentes de son boss, pour accourir au chevet de la figure tutélaire de cette étrange famille. Car dans la famille de Giacomo, chaque personne compte. Il y a cette mère qui a encore ses crises et part « chez maman » quand elle se fâche avec son mari (facile, c’est à côté !) un mari plus que taiseux, qui est peintre en bâtiment, sans doute parce qu’il n’a jamais cru qu’il pourrait être plus artiste que peintre, lui qui barbouille comme tous les autres les murs des maisons du village avec de grandes fresques qui racontent la vie, qui colorent la vie, qui étonnent les touristes autant que les habitants par leur luminosité et les sujets variés abordés. Il y a aussi Manuella, l’épicière, qui a accompagné l’enfance des gamins du village lors des déplacements de l’équipe de foot, cette troupe de garçons absolument pas doués, Giacomo en tête, qui perdaient chaque match mais revenaient sourire aux lèvres de leur sortie du dimanche. Fabrizio, le copain d’école, de foot, d’enfance, resté sur le bas-côté, affaibli par cette maladie qui le vieillit avant l’heure et qui éloigne les possibles dulcinées qui auraient pu ensoleiller son quotidien. Enfin, le capitaine, revenu vainqueur et auréolé de gloire de la guerre, mais vite oublié tant par l’état que par les hommes, car le poids de médailles, s’il brille et fait le vainqueur, rappelle aussi sans doute de bien mauvais souvenirs à ceux qui sont revenus, ou jamais partis.

Alors Giacomo chaque jour va à l’hôpital, et raconte sa vie à Nonna, sa grand-mère. Il nous entraine dans son enfance, ses souvenirs, son présent pas aussi limpide ni heureux qu’il veut bien l’avouer. Le lecteur découvre des iliens particulièrement attachants et pittoresques. Quel plaisir de voir autrement cette ile à travers les habitudes, les douceurs, car entre deux bouchées de formagelle fait maison – ou pas ! – les langues se délient, les amitiés se retrouvent, les espoirs se fondent. L’avenir comme le passé trouvent leur place dans les vies ordinaires mais tellement touchantes des différents personnages. Ici, il faut dire que principal ou secondaire, tous ont leur place.

Une grande humanité se dégage de ces lignes, une belle dose d’amour et d’espoir aussi. La vie n’est pas toujours un beau cadeau entouré d’un joli ruban, les relations entre les humains ne sont pas toujours évidentes au quotidien, mais le seul fait d’en parler les rend vivantes, présentes, émouvantes. Et surtout, ce roman nous permet d’envisager la Sardaigne autrement. Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a donné envie de découvrir les Domo de Jana, les criques ensoleillées et les fresques colorées sur les murs !

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Lire également la chronique enthousiaste de Nath du blog Eirenamg


Catalogue éditeur : Préludes

« Giacomo, ne tarde pas. Les médecins sont formels, la fin est proche. »
C’est ainsi que notre héros, un jeune traducteur espiègle et rêveur, retourne sur l’île de son enfance, où sa grand-mère est au plus mal. Et alors qu’il doit rendre un travail sans tarder, soudain, c’est toute la Sardaigne qui le retient : Maria, sa mère, qui n’a jamais vraiment compris pourquoi son fils adoré l’avait quitté, Mario le père taiseux, l’envahissant oncle Gavino, Manuella l’épicière du village, dont Giacomo était secrètement amoureux quand il était enfant, la jolie dottoresse Alessandra, qui s’occupe de la nonna à l’hôpital, Fabrizio, l’ami d’enfance au corps cabossé et au grand cœur, et, surtout, le mystérieux Capitaine, figure tutélaire et énigmatique…
D’une crique perdue aux ruelles pittoresques que bordent les maisons de couleur, entre une bouchée de dolci et les pastilles miraculeuses du docteur Ignazio, pas de doute, la maison de Giacomo est une île. Mais pourra-t-il en repartir ?

Parution : 28/02/2018 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 320 / EAN : 9782253107903  / Livre 15.90 €