Vasarely, le partage des formes au Centre Pompidou

Une rétrospective très complète de l’œuvre du maître de l’Op art. Hypnotique, cosmique, visionnaire, avec lui la 4e dimension entre sur la toile.

C’est la première grande rétrospective française consacrée au père de l’art optique, Victor Vasarely. Dans un parcours à la fois la chronologique et thématique, l’exposition présente près de trois cents œuvres de toutes tailles, souvent impressionnantes avouons-le, pour explorer le continent Vasarely,et aborder toutes les facettes de l’œuvre d’un artiste plus éclectique qu’il n’y parait.

De sa formation dans les traces du Bauhaus jusqu’aux ses dernières innovations formelles – peintures, sculptures, multiples, intégrations architecturales, publicités, études – il touche à tout.

De Budapest à Paris, de Belle ile en mer à Gordes, par ses géométries abstraites en noir et blanc qui exacerbent l’illusion optique ou par ses toiles pixellisés aux couleurs chatoyantes qui font perdre tous repères, approchant la science-fiction et l’imaginaire cosmique, on retrouve celui qui a marqué la culture populaire des années 1960-1970. Vasarely s’inscrit totalement dans un contexte scientifique, économique et social, qui met en exergue la place centrale de l’artiste dans l’imaginaire de ces Trente Glorieuses.

J’ai passé un moment magique, et vraiment eu un grand plaisir à voir différemment cet artiste que l’on croisait dans les années 70 à chaque coin de rue. Des œuvres majeures marquantes, des couleurs étonnantes, chaque grande toile, en particulier les séries énergies abstraites ou rêveries cosmiques, à regarder de près et de loin, en appréciant la scénographie et les éclairages de chaque salle d’expo. Une réussite.

Un artiste à redécouvrir absolument. L’exposition, organisée par le Centre Pompidou, Paris en collaboration avec le Städel Museum, Francfort, est à voir jusqu’au 6 mai.

Défaite des maîtres et possesseurs. Vincent Message

« Défaite des maîtres et possesseurs » de Vincent Message, voilà un livre étrange qui tient à la fois de George Orwell et de la planète des singes, où les hommes ont changé de place, et qui fait sérieusement poser questions à ses lecteurs.

Nous sommes dans un futur incertain. Iris vient d’avoir un accident grave, et Iris vit chez Malo Claeys. Il doit régulariser sa situation le plus rapidement possible pour qu’elle puisse être opérée… Tiens… « émigration, sans papiers, voilà donc le thème ? » Pense-t-on à la lecture des premières pages. Mais non, pas du tout. Car si Malo Claeys travaille au ministère, Iris est une humaine de compagnie, ou d’élevage ? Ou de… ? Et là vous plongez, comme moi, dans cette version de notre terre colonisée par des êtres supérieurs, dans laquelle les hommes, ces maitres et possesseurs, ont changé de place, où ils sont traités comme ils le faisaient avec le reste de la planète. Voilà donc prétexte à nous placer en condition d’infériorité, celle que nous donnons sans remords ni scrupules à tout être vivant et aux animaux que nous considérons comme inférieurs, utiles, de compagnie, ou d’élevage. Et pour lesquels nous avons bien peu de pitié ou même simplement d’humanité.

Et si un jour la terre et ses occupants se révoltaient contre le pillage éhonté des ressources de la planète bleue et l’égoïsme des Hommes ? Et si les Hommes devenaient animaux à leur tour ? Et si… on s’interroge vraiment à la lecture de « Défaite des maitres et possesseurs »

Mais quelle est la valeur réelle d’une vie, quel droit avons-nous sur les autres ? Les situations décrites mettent parfois le lecteur dans une position assez désagréable. On en vient à se poser des questions sur son propre comportement, sur cette acceptation que l’on peut avoir de ce qui parait évident juste parce qu’on n’a pas envie de réfléchir, de comprendre. Transposez un élevage, un abattoir, une simple grillade, et vous ne verrez plus les choses de la même façon. Si au départ la lecture est parfois gênante, stressante, dérangeante, l’écriture et le sujet donnent envie de continuer. Vincent Message a osé, et l’on se demande si l’on ne deviendrait pas un peu végétarien en fermant ces pages.

 domiclire_POL2016 Sélection 2016 du Prix Orange du livre


Catalogue éditeur : Seuil

Iris n’a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que Malo Claeys, avec qui elle habite, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment la tirer de ce piège alors que la vie qu’ils mènent ensemble est interdite, et qu’ils n’ont été protégés jusque-là que par la clandestinité ?
C’est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci notamment : nous n’y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus,…

Littérature française / Romans / Cadre rouge / Date de parution 07/01/2016 / 18.00 € TTC / 304 pages / EAN 9782021300147