La terre invisible, Hubert Mingarelli

Un texte court d’une étonnante sobriété, La terre invisible d’Hubert Mingarelli, le roman que l’on ne lâche pas avant la fin

Dans l’Allemagne de 1945 un photographe de l’armée britannique assiste à la libération des camps de concentration. Choqué, il n’arrive pas à quitter le pays et décide de partir photographier les habitants dans la campagne environnante. En faisant cela, sans savoir ni comment ni pourquoi, il tente de déceler sous leur banalité une raison à leur comportement. Car comment des hommes ordinaires ont-ils laissé faire les horreurs qu’il vient de découvrir. Hanté tout au long du récit par les visions d’horreur qu’il a eues à la découverte des camps de concentration, le photographe cherche des réponses au pourquoi et comment tant de monstruosité, à cette complicité passive de tout un peuple.

Il sera accompagné par O’Leary, un jeune soldat anglais arrivé sur le front à la fin de la guerre et dont on comprend rapidement qu’il porte lui aussi ses propres failles intérieures. Ils partent au hasard, à la recherche de réponses à la fois à ces interrogations et à leurs propres traumatismes, à la recherche de la terre invisible.

Avec des personnages qui ont tout de l’anti héros et sans aucun évènement marquant pour émailler leur route, malgré des conditions historiques exceptionnelles et propices aux agissements extra-ordinnaires Hubert Mingarelli propose un récit à la fois épuré, presque silencieux, et absolument émouvant. Cette écriture d’une grande sobriété interroge sur la nature humaine et sur les incompréhensions que provoquent certains actes dans des circonstances exceptionnelles.  La terre invisible est par essence de ces romans qui infusent lentement et restent en mémoire longtemps après avoir refermé le livre.

citation :

« Attendez, on na pas tout vu. Ça commence à arriver. Dans des fosses à la mitrailleuse, des milliers. L’Ukraine, c’est un cimetière. Et qui les creusait ces fosses ? « 
Il se tut, et dans un murmure :
« Alors pendant qu’ils creusaient à quelle vitesse battaient leurs cœurs ? »

D’Hubert Mingarelli, lire également L’homme qui avait soif.

Des romans de cette rentrée littéraire qui évoquent la seconde guerre mondiale, je retiens en particulier Le temps des orphelins, de Laurent Sagalovitsch

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande ne parvient pas à rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté.
Il est logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp. Ayant vu les mêmes choses qui les ont marqués, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idée de partir à travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espère ainsi peut-être découvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C’est un très jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre.
Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hanté par ce qu’il a vu, et le second est hanté par des évènements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

Parution : 15/08/2019 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 192 p. / 15,00 € / ISBN 978-2-283-03224-4

Le temps des orphelins, Laurent Sagalovitsch

Avec un point de vue singulier, Laurent Sagalovitsch explore la profondeur de l’âme humaine à travers les horreurs de la seconde guerre mondiale. Le temps des orphelins, un roman qui interroge sur la foi en l’homme comme en Dieu.

Photo Domi C Lire couverture du roman le temps des orphelins Laurent Sagalovitsch

Le narrateur est Daniel, un jeune rabbin qui malgré son mariage récent avec Ethel s’est engagé comme aumônier dans l’armée américaine. Il souhaite aider les soldats et tenter d’apporter un peu de sa foi sur les champs de bataille. Débarqué en France, il tente d’aider les soldats, même s’il fait plus souvent qu’il ne l’avait seulement imaginé  la prière des morts pour tous ces jeunes gens tombés en Normandie.

Puis au sien de l’armée de libération, son chemin l’emmène jusqu’à l’indicible, du camp d’Ohrdruf à Weimar puis à Buchenwald. Là il découvre la réalité des camps de concentration et ces survivants qui n’en finissent pas de mourir. Avec les autres militaires, il entrevoit, en même temps que son esprit le rejette, l’absolue souffrance, le mal inexprimable.

A son départ pour Buchenwald, il prend avec lui un enfant juif totalement décharné et mutique qu’il tentera d’aider à tout prix. La main de cet enfant dans la sienne lui insufflera cet élan d’humanité qu’il a peur de perdre au milieu de tant d’horreurs inacceptables. Et de se demander : mais où est passé Dieu ! Car comment continuer à croire en un Dieu omnipotent et aimant lorsque l’on est témoin de cette barbarie, comment conserver la foi, voilà bien la grande question posée par Daniel et par l’auteur.

Toute l’horreur des camps est contrebalancée par les lettres d’Ethel, qui espère, attend son mari et lui parle d’un quotidien bien banal. Comme sans doute de nombreux civils aux États-Unis ou ailleurs, elle ne peut à aucun moment imaginer ce que son mari découvre, ce que les soldats de l’armée de libération ont eu à affronter, les regards de ces hommes, ces femmes et ces enfants qui les ont hantés sans doute pendant toute leur vie.

Cela devient presque une habitude, mais Laurent Sagalovitsch écrit l’un après l’autre des romans sur l’holocauste. Ici il interroge sur le silence de Dieu, car comment et pourquoi avoir laissé perpétrer un tel massacre. Comment, s’il existe, laisse-t-il les hommes propager le mal et infliger tant d’horreurs à leur contemporains. Que croire, et comment croire face à l’horreur absolue ?

Retrouvez également ma chronique de son précédent roman Vera Kaplan.

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Avril 1945. Daniel, jeune rabbin venu d’Amérique, s’est engagé auprès des troupes alliées pour libérer l’Europe. En Allemagne, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald et à y découvrir l’horreur absolue. Sa descente aux enfers aurait été sans retour s’il n’avait croisé le regard de cet enfant de quatre ou cinq ans, qui attend, dans un silence obstiné, celui qui l’aidera à retrouver ses parents.
Quand un homme de foi, confronté au vertige du silence de Dieu, est ramené parmi les vivants par un petit être aux yeux trop grands.

Laurent Sagalovitsch est né en 1967.

Date de parution : 15/08/2019 / Format : 14 x 18 cm, 224 p./ 16,00 € / ISBN 9782283033234

Pamela, Stéphanie des Horts

Pamela est si belle que tous les hommes succombent à son charme, et l’écriture de Stéphanie des Horts nous enchante en nous faisant découvrir la belle-fille de Churchill.

photo roman "Pamela" de Stephanie des Horts, blog Domi C Lire

Pamela est une jeune et belle femme bien décidée à se faire une place dans la société. Les  hommes succombent à son charme, elle n’a que l’embarras du choix pour réussir.  Elle aime l’amour autant que les hommes, et ce sera son moteur pour avancer malgré les embûches.

A 19 ans, elle épouse le fils de Winston Churchill. Sa relation avec le père sera bien plus profonde et sincère qu’avec son mari. Si elle divorce rapidement après lui avoir donné un fils, elle gardera néanmoins ce nom prestigieux toute sa vie ou presque.

Ensuite, elle va collectionner avec toujours beaucoup de passion et de sincérité des amants tous plus prestigieux les uns que les autres, Ali Khan, Gianni Agnelli, Harriman, Druon, Rothschild, Sinatra, Maurice Druon, pour ne citer qu’eux. Mais bien souvent, elle qui sait ce que représente l’argent et le confort que lui procure ces hommes n’arrivera pas à les épouser. Il lui manque toujours quelque chose, le nom, la lignée aristocratique, la position sociale. Ils lui resteront cependant fidèles en amitié et ne la lâcheront pas lorsqu’elle se retrouve dans l’adversité. Jusqu’à son mariage avec Harriman. Bien plus âgé qu’elle, il lui permet d’entrer en politique et  d’assoir une « respectabilité » qui la mènera jusqu’au titre d’ambassadrice des États-Unis en France.

Elle mène une vie flamboyante. Souvent traitée de putain par ses détracteurs, elle avance jusqu’au bout dans le sillon qu’elle s’est tracé, fidèle en amitié mais aussi à ses amours le temps qu’ils veulent bien durer. Quand elle aime, elle aime vraiment, de toutes ses forces, et les ruptures n’en sont que plus douloureuses.

Alors c’est vrai, cette vie-là peut sembler un peu futile et légère, tournée vers un but, l’amour d’un homme assez riche pour vivre dans un réel confort. Mais cette femme est passionnante et bouleversante. Sa façon de traverser le siècle et de s’y faire une véritable place au soleil est bluffante. Elle aura su s’adapter, rebondir, assoir sa position, en particulier auprès de Churchill mais aussi de Clinton. Elle qui sait rester fidèle le sera toute sa vie à « dear Papa » (Winston Churchill) avec qui elle refaisait le monde et s’entendait très bien, excusez du peu !

Elle croise la route de tant de monde ! La maîtresse de Malaparte n’est autre que la mère de Gianni Agnelli, son grand amour. Malaparte que l’on retrouve dans l’excellent roman Amour propre de Sylvie Le Bihan. Elle croise la route d’Emerald Cunard dans ses salons littéraires à Londres. Emerald Cunard que l’on retrouve dans Avec toute ma colère d’Alexandra Lapierre. Puis de Louise de Vilmorin, que l’on retrouve dans Edmonde, là aussi passionnant roman de Dominique de Saint-Pern sur une femme singulière et attachante.

Pamela m’a fait voyager dans le temps et dans la vie de cette femme dont j’ignorai tout, c’est envolé, subtilement écrit, alerte, vivant. Un véritable plaisir de lecture.

En parcourant le XXe siècle, les historiens trouveront partout des traces du rouge à lèvres de Pamela Churchill. Daily Mail.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et Albin Michel

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans. Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? La ravissante Anglaise à la réputation sulfureuse, morte comme une légende dans la piscine du Ritz à Paris où elle était ambassadrice des États-Unis, a emporté ses secrets. Stéphanie des Horts en recherche les parfums et nous révèle l’existence flamboyante d’une séductrice hors norme.

288 pages / Date de parution : 27/02/2019 / EAN : 9782253237990

Boris Vian, le sourire créateur, Valère-Marie Marchand

Dans « Boris Vian. Le sourire créateur » Valère-Marie Marchand retrace la vie de Boris Vian alias Vernon Sullivan, sublime artiste talentueux et singulier disparu en 1959.

Chanteur, polémiste, libertaire mais pas contestataire, scénariste, traducteur, interprète, auteur, trompettiste, et passionné, Boris Vian est un touche-à-tout de talent.

Né en mars 1920 à Ville d’Avray, banlieue chic de Paris, ce pilier du saint Germain des Près de l’après-guerre va connaître la seconde guerre mondiale et fera ses études et ses débuts sous l’Occupation. Ce génie des mots et des notes est avant tout un être singulier. Ingénieur de formation et de métier, c’est un artiste à la créativité débordante. C’est un littéraire aussi éclectique que talentueux, un timide pourtant contestataire, un amoureux toujours passionné, un traducteur de génie, un musicien en sursit puisqu’une malformation cardiaque aurait dû l’empêcher de jouer de la trompette.

Boudé par les professionnels et les critiques en particulier, il écrit « des histoires que personne n’a songé à écrire » et produit de nombreux textes et romans, poésies, essais, chansons. Il touche même au cinéma. Il écrit et joue contre le temps, contre la maladie qui l’emportera comme il l’avait prédit à l’aube de ses quarante ans.

Bien sûr ici aucune surprise, l’homme, sa passion du jazz, ses chansons, ses écrits, sont connus. Mais voilà assurément un document complet et dense, foisonnant de témoignages, qui éclaire l’image que l’on a de lui et va permettre de le faire découvrir au plus grand nombre.

Boris Vian ou Vernon Sullivan, un auteur que j’ai aimé passionnément dans ma jeunesse et dont j’ai lu quasiment toute l’œuvre, aussi bien les romans que les différents textes et chansons. Je ne pouvais donc qu’être intéressée et intriguée par un nouveau texte sur cet auteur emblématique d’une époque qui nous a quittés il y a soixante ans.

Boris Vian, le sourire créateur est un livre dense, hyper documenté parfois jusqu’à saturation pour un lecteur qui ne serait pas passionné. Mais tellement complet qu’il est indispensable pour bien comprendre l’homme et l’artiste qui se cachent derrière ce nom connu de tous : Boris Vian. Et pour compléter le tout, on trouve à la fin du livre un lexique des mots et expressions emblématiques de l’auteur, sa biographie en quelques dates, ses différentes adresses, sa bibliographie, les titres des principales chansons qu’il a écrites, ses apparitions au cinéma, et un index qui répertorie les noms de ceux qui l’on côtoyé… toute une époque défile dans ces quelques pages.

Catalogue éditeur : Écriture, éditions de L’Archipel

Le 23 juin 1959, Boris Vian est terrassé par une attaque pendant la projection de J’irai cracher sur vos tombes, film tiré de son roman. Il disparaît avant d’avoir eu 40 ans, comme il l’avait lui-même prédit.

« Né sous le signe du poisson-volant », l’inventeur de la roue élastique était imprévisible. Chanteur et polémiste, libertaire mais non contestataire, classique sans cesser d’être d’avant-garde. Mais aussi scénariste, traducteur, bricoleur, peintre, trompettiste, amateur de cylindrées, interprète, fabuliste, acteur, pataphysicien, objecteur de conscience, poète… Et, bien sûr, romancier : le prince de Saint- Germain-des-Prés, alias Vernon Sullivan, avait autant d’identités que de pseudonymes.
Fuyant le « grelot funèbre des prophètes », les musiciens à théories comme les romanciers à  thèses, que pouvait bien cacher l’énigmatique Bison Ravi, ingénieur du verbe, du swing et de la vie ? Quatre-vingts de ses proches, à commencer par Michelle Vian, répondent dans ce livre, dont certains n’avaient jamais témoigné : Guy Béart, Claude Bolling, Juliette Gréco, le maquettiste Massin, Georges Moustaki, J.-B. Pontalis, Jean-Jacques Pauvert, Nadine de Rothschild…
Enrichie de documents rares ou inédits, cette biographie est aussi le portrait d’une époque. Jamais le singulier auteur de L’Ecume des jours et de L’Arrache-cœur n’avait paru si pluriel.

22.00 € / EAN : 9782359052992 / juin 2019

Je n’ai pas trahi, Frédéric Couderc

Quand le passé et le présent entrent en collision, est-ce pour le pire ou pour le meilleur ? Pourquoi il faut lire « Je n’ai pas trahi », premier roman jeunesse de Frédéric Courderc.

L’intrigue alterne entre la seconde guerre mondiale, essentiellement de 1942 à 1948, et les années 1980. On y fait la connaissance du jeune Salomon et de sa sœur Francette, puis de Luna et Mattéo, camarades de classe au collège.

Luna et sa mère viennent de s’installer près d’Ajaccio, les parents se sont séparés. Luna a du mal à s’intégrer à sa nouvelle classe. Mattéo, un solitaire atypique est lui aussi à l’écart des autres, mais l’arrivée de Luna vient le chambouler.

Pendant qu’elle fait des recherches en vue d’un exposé sur la situation des juifs en Corse pendant la guerre, Luna fait une découverte stupéfiante qui, si elle est avérée, pourrait perturber la cohésion de sa famille. Quant à Mattéo, un incident qui l’implique juste devant son lycée lui fait croiser la route de Salomon. Même s’il est aujourd’hui âgé, celui-ci sait se faire respecter y compris par de gros bras. Alors qu’ils se promènent, Luna et Mattéo sont témoins d’un assassinat …situation pour le moins inextricable, en Corse comme ailleurs. Mattéo se voit contraint de demander l’aide de Salomon…

Confrontés à la violence des hommes, ils vont apprendre la solidarité et l’amitié. Et découvrir les événements et la mémoire souvent effacée de l’histoire de leur pays et de la Corse en particulier. Évènements heureux, actes d’héroïsme, mais aussi lâcheté, violence, collaboration avec l’occupation de la Corse par les troupes de Mussolini et le sort méconnu des Juifs de Corse.

Comme pour ses précédents romans qui se situaient alternativement à Cuba et en Argentine, Frédéric Couderc connait les lieux dont il parle et l’atmosphère qui s’en dégage. Cela se sent et c’est peut-être pour cela que ses romans sont aussi réussis. Même s’il confronte le passé et un présent pas tout à fait immédiat, le roman est très actuel dans son approche de la jeunesse et de son langage. L’auteur s’est également imprégné de la vie, des histoires familiales et des événements historiques du passé Corse pour planter son intrigue. En particulier, la place souvent méconnue des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Si l’Histoire est sombre, l’amitié entre les deux adolescents est riche d’espoir. Un beau moment de lecture.

Retrouvez mes billets sur les deux précédents romans de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit et Le Jour se lève et ce n’est pas le tien, ainsi que mon interview de l’auteur à retrouver  ici : A la rencontre de Frédéric Couderc.

Catalogue éditeur : PKJ Pocket Jeunesse

Luna, seize ans, vient d’emménager à Ajaccio où sa mère a décidé de refaire sa vie. Seule comme jamais, elle se plonge dans les études et décide de préparer le Concours national de la résistance. En remontant le fil de l’Histoire, elle découvre le sort méconnu des Juifs de Corse. Ce qui n’était pour elle qu’un devoir de classe lui permet, contre toute attente, de lever un lourd secret familial. Son destin de lycéenne d’aujourd’hui se mêle à celui de Salomon, jeune résistant d’hier, au gré d’une vendetta sans limites et sans âge.

Frédéric Couderc est l’auteur de plusieurs romans. Enquêteur littéraire, il aime ancrer ses fictions dans un contexte historique et place ses intrigues dans des pays meurtris tels que le Cap, où il a longtemps vécu, mais aussi La Havane et, plus récemment, l’Argentine avec son roman Aucune pierre ne brise la nuit (2018), chez Héloïse d’Ormesson. Son cinquième roman, Un été blanc et noir (2013), a reçu le Prix de littérature populaire. En parallèle de ses activités de romancier, il enseigne l’écriture auprès de différents publics, dont des jeunes en difficulté au Labo des Histoires. Je n’ai pas trahi est son premier roman jeunesse.

EAN : 9782266287975 / Nombre de pages : 320 / Format : 140 x 225 mm / Prix : 17,90€

Edmonde, Dominique de Saint-Pern

Edmonde, ou le roman d’une vie. Dominique de Saint-Pern  nous offre un roman d’aventure aux personnages emblématiques et des histoires d’amour flamboyantes sur fond de seconde guerre mondiale.

Fille de diplomate, issue d’une famille intellectuelle aisée, Edmonde Charles-Roux est promise à un bel avenir sans nuage. Son amour de jeunesse Camillo Caetani est duc et prince italien, leur mariage s’annonce heureux. Pur produit des ambassades et de la diplomatie française, en 1938 elle à 18 ans et vit à Rome. Les bals, la vie fastueuse, les relations mondaines, une excellente éducation, une sœur qu’elle adore, tout semble parfait dans la vie d’Edmonde, mais c’est sans compter les revers de l’Histoire. L’entrée en guerre des pays européens et la puissance destructrice d’Hitler en Allemagne et de Mussolini en Italie.

Engagée dans la croix rouge, puis dans la résistance, Edmonde portera une fidélité sans faille à sa famille. Malgré quelques dissensions avec Cyprienne, sa sœur par trop futile qui vit en Italie, proche de Ciano, le gendre de Mussolini. Cyprienne arrêtée par les chemises noires avec sa famille en Belgique.

Alors ce sera Vichy pour François Charles-Roux, mais son père refuse la collaboration et démissionne. Puis viennent vite les années d’engagement, Edmonde sera infirmière sur le front, puis à Marseille où elle vécut ensuite, elle sera passeur d’informations dans la résistance, amoureuse indécise et depuis toujours poussée par l’envie de devenir écrivain.

Voilà un roman familial habilement mené qui s’inscrit directement dans l’histoire de l’Europe. Cette Europe détruite qui doit se recomposer tant bien que mal. Une saga à la façon d’autant en emporte le vent, avec une héroïne prise dans le feu de l’histoire, peut-être contre son gré, mais qui saura révéler le meilleur d’elle-même.

J’ai aimé la façon dont l’auteur nous parle d’Edmonde en choisissant cette courte période entre 1938 et 1945, car comme elle le disait souvent La guerre a fait de moi celle que je suis. Ce sont dans ces années difficiles que se construisent les fondations d’une vie. C’est un roman biographique dense, superbement écrit, foisonnant d’informations non seulement sur les Charles-Roux mais aussi sur le contexte de la guerre, l’ambigüité des différents gouvernements, français, italien, et le rôle de chacun. C’est une période propice à favoriser l’éclosion de caractères forts, courageux et déterminées. Edmonde sera l’un de ceux-là.

Edmonde Charles-Roux, est née le 17 avril 1920 à Neuilly-sur-Seine et morte le 20 janvier 2016 à Marseille.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Stock

Nous sommes en 1938, et le bal tragique commence.
De Rome à Marseille, d’une alcôve l’autre, d’un palais l’autre, voici la fille de l’ambassadeur François Charles-Roux prête pour se marier, comme d’innombrables jeunes filles de son âge. Mais rien ne se passe comme prévu.
Arrachée à l’amour de son fiancé Camillo Caetani, dont le mariage ferait d’elle une duchesse et une princesse, mais qui sera tué sur le front albanais. Arrachée à la France de Vichy par l’intelligence d’un père qui sut déjouer les pièges de la collaboration, arrachée à la douceur du lien avec sa sœur, la belle Cyprienne, princesse del Drago, par l’Italie des Chemises noires, et le terrible secret qui unit celle-ci à Galeazzo Ciano, gendre de Mussolini.  Lire la suite

416 pages / Format : 140 x 220 mm / EAN : 9782234080935 / Prix : 21.50 € / Parution : 27/02/2019

Barbara, roman ; Julie Bonnie

De la petite fille à la longue dame brune, Julie Bonnie nous entraine dans le sillage de Monique Serf, celle qui deviendra Barbara.

photo couverture du roman Barbara, roman, éditions pocket

Barbara n’a pas toujours été cette femme à la silhouette longiligne et à la voix si caractéristique dont chacun d’entre nous a au moins une ou deux chansons en tête. De il pleut sur Nantes à l’aigle noir, deux titres et des paroles qui, si on n’en connaissait pas la genèse, prennent ici toute leur force, celle qui enfant jouait du piano sur une feuille de papier vite pliée et cachée, a poursuivi toute sa vie une obsession, la musique. Elle se rêve pianiste (rêve anéanti par une mauvaise opération à la main qui l’a handicapée à un doigt), puis se tourne vers le chant, quand elle comprend enfin qu’elle a un timbre de voix particulier.

Il y a d’abord la famille, une mère au foyer qui met au monde des enfants les uns après les autres, en silence et en soumission. Un père perpétuellement absent et fauché. Puis ce père qui vient la retrouver le soir dans son lit de petite fille, cet aigle noir effrayant qui la tient en lui déclarant son amour inconditionnel et secret. Une grand-mère qu’elle adore et qui lui dit de jouer du piano sur cette feuille de papier qui la sauve en lui permettant de matérialiser ainsi ce rêve fou. L’école, où une Monique qui ne rêve que de musique s’envole au loin sans rien retenir. Puis les fuites des enfants cachés et séparés de la famille, car juif pendant la guerre c’est si dangereux. Enfin les hommes, un mari en particulier qui lorsqu’elle fuit vers la Belgique s’occupe d’elle et lui trouve les lieux où se produire, amorçant ainsi la carrière de l’artiste en devenir.

Ce roman d’une vie est beau et mélancolique, imagé et sonore, car derrière les mots, c’est la violence du père, les amours désespérées, ce sont les notes du piano, les tonalités de la voix magique et mélancolique de Barbara que l’on entend. Plus qu’une simple lecture, Julie Bonnie fait vivre – et parfois s’exprimer – cette enfant qui devient femme, cette artiste qui saura si bien écrire et chanter les amours enfuies, les regrets, les chagrins et la solitude.

Catalogue éditeur : éditions Pocket et Grasset

Joue, piano, joue.
C’est un piano de papier, dessiné au crayon par sa grand-mère adorée. Dès que son soleil devient trop noir, la petite Monique y compose des cantates secrètes, des airs rien que pour elle, du bout des doigts. Quand la guerre jette sa famille dans la clandestinité… Quand un… Lire la suite

Pocket : EAN : 9782266286800 / Nombre de pages : 176 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 23/05/2019 / Prix : 6.40 €

Grasset : Parution : 13/09/2017 / Pages : 198 / Format : 133 x 205 mm / Prix : 17.50 € / EAN : 9782246860761