L’ange de Munich, Fabiano Massimi

Enfin lever le voile sur le décès mystérieux de la nièce d’Hitler

En 1931, à Munich, Angela Raubal est retrouvée morte dans sa chambre fermée à clé de l’intérieur, avec un pistolet Walther PPK tombé à ses côtés. Tout semble prouver qu’il s’agit d’un suicide. Mais le commissaire Siegfried Sauer et son adjoint Helmut Forster sont sommés de mener l’enquête, enquête confidentielle qu’ils se doivent de boucler en 8 heures chrono.

Pourquoi ?
Parce qu’Angela Raubal n’est pas simplement une belle jeune femme dynamique et lumineuse. C’est aussi et dans ce cas on pourrait même dire c’est avant tout la nièce d’Adolf Hitler, la personnalité montante de ces années 30. Sa petite protégée dont il est le tuteur, mais dont il semble être bien trop proche pour que ce soit tout à fait honnête. Il ne faut donc pas que cette mort fasse des vagues pour ne pas interférer dans l’ascension du parti.

Mais l’enquête va s’avérer bien plus complexe et délicate que prévu. Les témoins sont bien silencieux, ou suspicieux. Les amis et les collègues ne sont pas très fiables, et durant cette période si particulière de l’après première guerre mondiale et d’ascension sournoise du nazisme, il faut se méfier de tout le monde. Car le parti fait de plus en plus d’adeptes et le sentiments sont parfois très divergents y compris au sein des familles.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman est un excellent rappel de cet entre deux guerres si caractéristique qui a vu l’ascension inexorable du parti Nazi sans que personne en Allemagne ou en Europe ne bouge le petit doigt. Différents personnages, les Hess, Goering, Himmler ou encore Heydrich dont on sait que la plupart ont réellement existé, apparaissent froids, déterminés, calculateurs et déjà fidèles au Furher. Pourtant, j’avoue avoir été parfois déstabilisée par le côté presque humain que l’auteur a donné à ces hommes dont chacun a compris depuis la puissance dévastatrice, à travers les douleurs qu’ils ont engendrées et les horreurs dont qu’ils ont pu commettre par la suite. Difficile alors de les considérer comme de simples hommes au service d’une cause, fidèles à un parti, soucieux du bonheur d’Hitler ou de sa nièce.

Comme souvent je n’avais regardé ni les chroniques, ni la 4e de couverture avant d’écouter ce roman. Et je ne connaissais pas ce fait divers. Aussi mes interrogations ont-elles été nombreuses, fiction, réalité ? Fabiano Massimi a bel et bien déterré une histoire vraie avec le décès brutal et inexpliqué de cette jeune femme de vingt trois ans. En bibliothécaire averti, il a su où chercher, et trouver, les documents indispensables à son enquête. Du coup j’aurais presque aimé un peu pus d’informations historiques à la fin du roman, même si celles qui sont données permettent déjà de mieux comprendre les mentalités de l’époque.

J’ai trouvé cette lecture tout à fait passionnante, avec un lecteur convaincant et à la hauteur du rôle qui lui est attribué. Celui de Sauer, le commissaire sincère, juste, mais tellement seul face au pouvoir qui peu à peu occupe toute la place.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Audiolib

À Munich, en 1931, Angela Raubal, 23 ans, est retrouvée morte dans la chambre d’un appartement de Prinzregentenplatz. À côté de son corps inerte, un pistolet Walther. Tout indique un suicide et pousse à classer l’affaire.
Sauf qu’Angela n’est pas n’importe qui. Son oncle et tuteur légal est le leader du Parti national-socialiste des travailleurs, Adolf Hitler, alors en pleine ascension. Les liens troubles qui les unissent font d’ailleurs l’objet de rumeurs.
Détail troublant : l’arme qui a tué Angela appartient à Hitler.
Entre pressions politiques, peur du scandale et secrets sulfureux, cet événement, s’il éclatait au grand jour, pourrait mettre un terme à la carrière d’Hitler. Et faire du commissaire Sauer, chargé de l’enquête, un témoin très gênant.

Lu par Nicolas Matthys Traduit par Laura Brignon

EAN 9791035406530 / durée 14h04 / Prix du format cd 25,90 € / Date de parution 15/09/2021

Enfant de salaud, Sorj Chalandon

Enfin, trouver le père

Depuis toujours Sorj Chalandon cherche son père, ses vérités, ce qu’il a été avant lui, et en parle dans ses romans. Cette image tutélaire qui permet en général de se construire a été totalement brouillée par la mythomanie du père.

L’auteur a été reporter de guerre, correspondant judiciaire et a en particulier suivi le procès de Klaus Barbie en 1987, reportage pour lequel il a reçu le prix Albert-Londres. Ces deux éléments étaient déjà en eux même assez forts pour donner un sens à l’écriture d’un roman.
Si Sorj Chalandon joue avec les dates pour construire son roman, la réalité du père qu’il évoque est bien celle qu’il a découvert en 2020. Un père qui n’était pas du bon côté, qui a porté l’uniforme allemand, mais pas seulement. Un homme qui a eu mille vies, porté cinq uniformes différents, s’est évadé, a risqué le peloton d’exécution, a terminé sa guerre en prison.

Celui qu’il avait déjà décrit comme fantasque dans Profession du père se révèle ici imprévisible, saltimbanque, manipulateur, affabulateur. Un véritable chat qui retombe sur les pattes quelle que soit l’aventure tordue dans laquelle il s’est embarqué.

Il y a de nombreuses questions dans cette quête du père, mais aussi beaucoup d’amour pour celui qui pourtant n’a jamais su parler à son fils, lui dire qui il était, l’aider à se construire, échanger, dialoguer, dire vrai.
Que d’émotion lors des chapitres qui évoquent le procès Barbie, les enfants d’Ysieux, les noms des disparus, la visite de l’auteur à la maison qui a abrité cette colonie d’enfants juifs avant la rafle. Une intensité douloureuse, un devoir de dire ce qui a été, ce que les derniers témoins ont exprimé lors du procès, dire encore une fois avant l’oubli, pour l’Histoire.

La voix de Féodor Atkine a une tonalité parfois dure, parfois douloureuse, une personnalité qui donne envie de faire silence pour écouter, pour entendre, pour participer plus intensément à cette quête et à ce devoir de mémoire.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue éditeur : Grasset

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :
– Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père.
Parce qu’il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu’au jour où le grand-père de l’enfant s’est emporté  : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »
En mai 1987, alors que s’ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d’un «  collabo  », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face à l’épopée d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.

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Format : 140 x 205 mm / Pages : 336 / EAN : 9782246828150 / Parution : 18 Août 2021

Quand sonne l’heure, Kirby Williams

De l’Amérique ségrégationniste à la France occupée, suivre Urby, un talentueux jazzman

Alors que les Allemands entrent dans Paris, en ce mois de juin 1940, les habitants tentent par tous les moyens de quitter la ville. C’est aussi ce que veulent faire Urby Brown, un jazzman noir qui avait déjà quitté La Nouvelle-Orléans pour échapper à la ségrégation raciale quelques années auparavant, et Hannah Korngold, une pianiste juive, sa compagne. Ils n’ont qu’un seul et même but, échapper aux nazis. Musiciens en sursit, ils doivent trouver un moyen de quitter la capitale, et c’est Stanley, l’ami de toujours qui va pouvoir les aider.

Urby Brown a été abandonné à sa naissance dans un foyer pour jeune noirs à La Nouvelle-Orléans. Son parcours a été suivi en secret par les hommes de main de son père, un aristocrate français qui avait abandonné sa mère au moment de sa naissance. Urby l’a découvert lorsqu’il est arrivé en France, mais ce dernier est un activiste fasciste aux idéaux et aux actions bien éloignées de celles d’Urby et Hannah. La relation entre les deux hommes est complexe et malsaine. Pourtant, fort de sa puissance malfaisante, il tient sous sa coupe ce fils qui ne veut pas de lui, en le menaçant de faire disparaître Hannah.

Fort heureusement, le vieux Stanley, un musicien de jazz qui a prêté à Urby ses premiers instruments et lui a permis de faire ses premiers pas de jazzman à la nouvelle-Orléans est toujours là, à Paris, pour protéger le jeune couple. Ses nombreuses connections lui permettent de les aider de loin sur le chemin semé d’embûches et de trahisons pour rejoindre le sud de la France et échapper à la déportation.

Un roman qui promettait de beaux moments de lecture, suspense, amour, intrigue complexe à souhait dans la relation entre les différents personnages en ces périodes d’avant-guerre et de débâcle, et un rappel de ces périodes troubles de notre Histoire. Pourtant, sans doute du fait des invraisemblances un peu trop nombreuses, il m’a manqué un petit quelque chose en plus pour être totalement emballée. Peut être faut-il lire avant Les enragés de Paris ce roman précédent dans lequel l’auteur plante le décor et fait connaître à ses lecteurs son personnage principal.

Catalogue éditeur : Baker Street

Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. En quelques jours, ils posent leur empreinte sur une ville déjà désertée de près de deux tiers de ses habitants. Parmi ceux-ci, le jazzman noir Urby Brown, exilé quelques années plus tôt de La Nouvelle-Orléans, et sa compagne juive Hannah Korngold qui s’efforcent eux aussi par tous les moyens d’échapper à l’oppression nazie.
Confrontés à l’antisémitisme et au racisme, poursuivis par un groupe de néo-fascistes, ils se lancent dans un périple qui manque à plusieurs reprises de leur être fatal. Il leur réserve, de Paris à Bordeaux, d’étonnantes rencontres, jusqu’à un éphémère échange avec le général de Gaulle qui leur propose de les embarquer dans son avion pour Londres…
Thriller historique et politique haletant, aux multiples péripéties, ce roman inventif nous offre, à travers une chronique saisissante de la période précédant l’arrivée des Allemands dans Paris et de la panique qui s’ensuit, précipitant sur les routes des milliers de gens, l’occasion d’une réflexion sur l’intolérance et la haine raciales.

Traduction SOPHIE GUYON  / parution 18 Janvier 2022 / 21.00 €

Opération Napoléon, Arnaldur Indridason

Embarquer pour le plus grand glacier d’Europe à la recherche d’un bombardier de la seconde guerre mondiale

Voilà un polar Islandais qui hésite entre roman noir, roman contemporain ou historique. Et surtout, une fois n’est pas coutume, Arnaldur Indridason ne nous fait pas vivre les états d’âme de son flic fétiche. En effet, ici point d’Erlendur mais au contraire de nouveaux personnages dont on sent qu’ils ne seront là que le temps de cette intrigue.

L’action se concentre sur cette petite île du nord de l’Europe dans laquelle l’auteur n’a pas hésité à imaginer une histoire retentissante capable de secouer le monde. Ce n’est pas l’Islande de glace et de feux qui attire les touristes en été qui nous est décrite mais ce pays plongé dans le froid et la nuit polaire dans lequel les habitants sont capables d’affronter les pires situations.

En 1945, alors qu’un avion allemand survole l’Islande, il est pris dans une tempête et s’écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe. Il y a des survivants, des officiers allemands et américains. L’un d’eux décide de chercher de l’aide et disparaît dans l’immensité glacée. Deux frères sont témoins du crash. Pendant les dizaines d’années qui suivent, les Américains vont lancer des expéditions pour tenter de retrouver la carcasse de l’avion et guetter sans relâche les photos satellites de la zone. En 1999, alors que le glacier fond, ils repèrent une carcasse et envoient les forces spéciales américaines sur place, tout en souhaitant garder le plus grand secret sur leurs manœuvres. Il faut dire que pendant de longues années, les américains possédaient une base militaire en Islande, point stratégique du nord de l’Europe, et que leur présence ne semble pas toujours bien acceptée.

Vouloir agir dans la discrétion, c’est sans compter sur l’apparition de deux jeunes hommes, Elias et un de ses amis, qui font partie d’une équipe de sauveteurs qui s’entrainent sur le glacier... mais leur curiosité déplaît aux militaires qui vont tout faire pour ne pas ébruiter l’objet de leur soit-disant exercice. Elias a cependant eu le temps de prévenir sa sœur Kristin de ce qui se trame.

À partir de là, les actions plus ou moins violentes et les mauvaises rencontres vont s’enchaîner sur fond d’hiver islandais, de glace et de tempête, mais aussi de mort et de violence.

L’intrigue est bien ficelée, le style incisif évite de s’ennuyer. Les personnages ne font pas dans la dentelle, Kristin, l’héroïne Islandaise semble tout droit sortie d’une série TV à épisodes, les méchants sont vraiment méchants et la situation géostratégique est décrite avec un semblant de réalisme. Enfin le rythme, avec une action qui se situe sur quatre jours à peine, donne du piquant et de l’attrait à cette histoire.
Ce roman pêche cependant sur deux points : un furieux sentiment anti-américain que l’auteur veut plaquer à l’ensemble du peuple Islandais, en particulier par la voix de Kristin, et que l’on ressent tout au long du roman. Et pour les puristes et les spécialistes, une construction historique qui rend la fin de cette histoire quelque peu farfelue. Il m’aura permis néanmoins de me poser des questions sur les alliances géostratégiques des alliés à la fin de la seconde guerre mondiale, mais aussi sur le rôle et la place de américains en Islande pendant de nombreuses années après la fin de la guerre.

Au milieu de tant de violence et dans ce froid polaire, Thierry Janssen nous fait bien ressentir le doute et la détermination, les questionnements et l’inquiétude des différents personnages. En leur donnant corps il apporte un peu de chaleur à une intrigue qui nous entraîne au cœur des étendues glacées.

Catalogue éditeur : Audiolib et Métailie

1945. Un bombardier allemand s’écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, qui l’engloutit. Parmi les survivants, étrangement, des officiers allemands et américains. Vont-ils mourir gelés, emportant un des plus lourds secrets du XXe siècle ?
1999. Le glacier fond et les forces spéciales de l’armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajökull et tentent en secret de dégager l’avion. Deux jeunes randonneurs surprennent ces manœuvres et sont rapidement réduits au silence. Kristin, la sœur de l’un d’eux, se lance sur les traces de son frère dans une course poursuite au cœur d’une nature glaçante. Les hypothèses historiques déconcertantes, parfois dérangeantes, et la séduction inoubliable qu’exerce cette héroïne à la fois tenace et perspicace, font de ce texte un formidable roman à suspense.

Lu par Thierry Janssen / Traduit par David Fauquemberg

Durée 10h08 / EAN 9782367623085 Prix du format cd 23,40 € / EAN numérique 9782367623597 Prix du format numérique 20,95 € Date de parution 22/03/2017

Une ascension, Stefan Hertmans

Passionnant, instructif, émouvant, révoltant. Une lecture pour comprendre

En 1979, alors qu’il se promenait à Gand, en Belgique, l’auteur est tombé sous le charme d’une maison qu’il décide aussitôt d’habiter. Il y passera vingt ans avec sa famille. Alors qu’il a déjà quitté cette maison, il découvre qu’un certain Willem Werhulst a vécu là avec toute sa famille, des années auparavant. Mais ce qui le frappe à lui en donner le vertige, c’est que cet homme à priori ordinaire a intégré la SS et a été très fortement impliqué dans une collaboration intense avec le IIIe Reich.

S’ensuit alors pour Stefan Hertmans une période d’enquête, de recherches, de rencontres pour tenter de comprendre qui était Willem Werhulst. Et pourquoi n’a t-il lui-même rien senti, imaginé, compris, lorsqu’il a vécu entre ces murs.

Qui étaient Mientje, l’épouse et Letta, Adri et Suzy les enfants de cet homme ? Des complices aussi pervers que lui, des victimes qui n’avaient d’autre choix que se plier à ses exigences à une époque où il était plus sûr de se taire. Comment femme et enfants ont ils supporté le mal, en adoptant la même attitude, en l’ignorant. Les enfants étaient-ils au courant des agissements du père. Leur mère était-elle elle aussi soumise, consentante, ou forcée à vivre sous le même toit sans accepter ses dérives.

Comment ce père de famille est devenu celui qui espionne, fait des listes, note les noms de ceux qui pourront être ensuite arrêtés, avec autant de régularité et d’assiduité. Comment autant de noirceur n’a t-elle pas laissé de traces dans cette maison? Les maisons sont elles porteuses des actes et des mots qui se déroulent entre leurs murs ?

Autant de questions auxquelles l’auteur tente de répondre. En nous présentant un homme ordinaire, un mari, un père, mais aussi un SS convaincu et zélé. Peu à peu, à travers une somme d’actions bénignes à priori, dans le contexte sombre de la seconde guerre mondiale, il nous montre les changements qui s’opèrent en Willems.

À côté des faits, textes, lettres, écrits des enfants, témoignages qu’il a longuement consultés, l’auteur recrée un contexte, des mots, des attitudes, des relations dans le couple, avec la communauté autour, c’est tout l’art de l’écrivain de nous faire vivre le passé comme si nous y assistions.

Catalogue éditeur : Gallimard

Trad. du néerlandais par Isabelle Rosselin

Se promenant dans sa ville natale de Gand un jour de 1979, le narrateur tombe en arrêt devant une maison : visiblement à l’abandon derrière une grille ornée de glycines, cette demeure l’appelle. Il l’achète aussitôt et va y vivre près de vingt ans.
Ce n’est qu’au moment de la quitter qu’il mesure que ce toit fut également celui d’un SS flamand, profondément impliqué dans la collaboration avec le Troisième Reich. Le lieu intime se pare soudain d’une dimension historique vertigineuse : qui était cet homme incarnant le mal, qui étaient son épouse pacifiste et leurs enfants ? Comment raconter l’histoire d’un foyer habité par l’abomination, l’adultère et le mensonge ?
À l’aide de documents et de témoignages, le grand romancier belge Stefan Hertmans nous entraîne dans une enquête passionnante qui entrelace rigueur des faits et imagination propre à l’écrivain. Examen d’un lieu et d’une époque, portrait d’un intérieur où résonnent les échos de l’Histoire, Une ascension est aussi une saisissante plongée dans l’âme humaine.

Parution : 13-01-2022 / 480 pages / ISBN : 9782072940996 / 23,00 €

Le pain perdu, Édith Bruck

Trouver les mots pour dire l’innommable, écrire pour ne jamais oublier

Parce qu’elle a senti que sa mémoire allait être bientôt défaillante, à 90 ans Édith Bruck a décidé d’écrire, pas un simple texte à ajouter à ses déjà nombreux écrits, non, mais un récit unique. Le récit impossible d’une vie, celle d’une des dernières grande voix, d’un des derniers témoins de la Shoah. Édith Bruck est née en Hongrie, et a vécu en Italie la plus grande partie de sa vie.

Le pain perdu, c’est celui que la famille n’a jamais pu manger car les soldats sont arrivés pour leur faire prendre le train qui devait les emmener dans le camp de concentration.

Le pain perdu, c’est la famille disloquée, la mère qui part à gauche, là où est le feu, les filles à droite, et Édith qui s’accroche à sa mère mais que le soldat fait changer de file, Édith qui ne finira pas dans la fumée du camp comme tant d’autres femmes, enfants, vieillards, hommes, arrivés là en même temps, avant ou après elle.

C’est une enfant née le 3 mai 1931 dans une famille juive pauvre, l’enfance heureuse d’une fillette qui travaille bien à l’école ; ce sont les premières manifestations de racisme contre les juifs dans son petit village de Tiszabercel, près de la frontière ukrainienne, un village jusque là plutôt tranquille ; puis a 13 ans en avril 1944, c’est la déportation, le matricule 11152, Birkena, Auschwitz, Kaufering, Dachau, Bergen-Belsen, les camps d’extermination, les privations, la faim, l’épuisement, les morts, les longues marches dans le froid ; la libération en 1945 ; l’exil en Israël, et toujours, ensuite, tenter de vivre après ça.

C’est n’avoir aucun mot pour dire, pas d’échange possible avec ceux qui n’ont pas connu cette horreur, et tant de questions, tant de pourquoi, tant de douleur. C’est le rêve fou d’aller en Israël, la désillusion, puis la vie en Italie, et les mots, toujours, pour dire.

C’est un récit autobiographique à la lecture nécessaire, douloureuse, indispensable. Le témoignage des survivants, ceux qui bientôt ne seront plus là, ceux qui encore peuvent nous dire, à nous les générations suivantes ce que fut le mal absolu.

On ne peut que penser aux témoignages de Primo Levi, Marceline Loridan, Charlotte Delbo et tant d’autres en lisant ce livre qui se termine sur une lettre à Dieu, mais quel Dieu, celui qui a laissé faire tout cela ? Le pain perdu, à faire lire, encore et encore, pour ne jamais oublier.

« Je t’écris à Toi qui ne liras jamais mes gribouillis, ne répondras jamais à mes questions, à mes pensées ruminées pendant toute une vie. »

Édith Bruck a publié une trentaine d’ouvrages en six décennies d’écriture, mais Le pain perdu, publié aux Éditions du sous-sol, lui a valu, à 90 ans, une aussi soudaine que tardive notoriété en Italie. Le livre a remporté le prix Strega Giovani, équivalent du Goncourt des lycéens, le prix Viareggio.

Catalogue éditeur : éditions du Sous-Sol

Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle.”

En moins de deux cents pages vibrantes de vie, de lucidité implacable et d’amour, Edith Bruck revient sur son destin : de son enfance hongroise à son crépuscule. Tout commence dans un petit village où la communauté juive à laquelle sa famille nombreuse appartient est persécutée avant d’être fauchée par la déportation nazie. L’auteur raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie en Hongrie, en Tchécoslovaquie, puis en Israël. Elle n’a que seize ans quand elle retrouve le monde des vivants. Elle commence une existence aventureuse, traversée d’espoirs, de désillusions, d’éclairs sentimentaux, de débuts artistiques dans des cabarets à travers l’Europe et l’Orient, et enfin, à vingt-trois ans, trouve refuge en Italie, se sentant chargée du devoir de mémoire, à l’image de son ami Primo Levi.

« Pitié, oui, envers n’importe qui, haine jamais, c’est pour ça que je suis saine et sauve, orpheline, libre. »

Édith Bruck, née Steinschreiber, voit le jour le 3 mai 1931 à Tiszabercel en Hongrie. À sa déportation, elle consacre à partir de 1959 plusieurs récits et poèmes dans la langue italienne qu’elle a adoptée en choisissant de vivre à Rome, dès 1954. Épouse du poète et cinéaste Nelo Risi, elle évoque souvent cette passion dans ses romans. Journaliste, scénariste, documentariste, comédienne, cinéaste, dramaturge, elle a multiplié les activités, sans jamais renoncer à témoigner de son expérience et sans jamais recourir à la haine.

Traduit de l’italien par René de Ceccatty / 176 p. / 16,50 euros / paru le 7 janvier 2022 / ISBN : 9782364686090

Simone Veil, Les combats d’une effrontée

Une pièce émouvante, un rôle qui sied à merveille à Cristiana Reali, qui incarne avec justesse et réalisme cette grande dame qui a traversé les épreuves et la vie avec autant de courage que de détermination.

Qui ne connaît pas cette date, le 1er juillet 2018. Simone Veil entre au Panthéon. Pas seule non, son mari Antoine l’accompagne.

Une jeune journaliste doit commenter la cérémonie à la radio. Prétexte à faire revivre avec brio celle qui a connu l’horreur des camps de concentration et la gloire des politiques et des élus.

Bien sur nous en avons tous plus ou moins entendu parler,. Nous la connaissons tous un peu, les camps de concentration avec sa mère adorée et sa sœur. Le mariage et les enfants, le travail qu’elle voulait faire et que le mari ne souhaitait pas. Puis la façon dont le président Giscard d’Estaing souhaitant faire voter la loi sur l’avortement lui demande de la porter à l’assemblée, les insultes, la violence subie alors, et cette femme digne et droite qui a su faire front face à une assemblée d’hommes bien peu compatissants ou compréhensifs, quel manque d’humanité dans les mots, les gestes qu’elle devra essuyer alors. Enfin, son combat pour la réconciliation et pour une Europe forte et unie.

Il y a tout ça, mais il y a surtout un rôle porté par Cristiana Reali avec réalisme, force et pudeur, avec une vérité qui émeut et qui convainc, dans un décor minimaliste qui donne toute leur ampleur aux deux actrices.

C’est jusqu’à fin décembre ! Alors vite, courrez au théâtre, vous ne le regretterez pas.

Quoi : Simone Veil « Les combats d’une effrontée » d’après Une vie de Simone Veil
Adaptation Cristiana Reali et Antoine Mory
Mise en scène Pauline Susini

Il y a d’abord cette étrange sensation, en cette chaude matinée d’été. Comme si le temps s’était brutalement figé.
Comme si l’Histoire reprenait ses droits. Simone Veil entre au Panthéon, avec son mari Antoine.
L’histoire de Camille, elle, ne fait que commencer. Appelée à prendre la parole sur Simone Veil dans une émission de radio, elle part à la recherche de ses souvenirs d’étudiante. A moins qu’il s’agisse des souvenirs de toute une génération, qui a grandi avec les combats de cette femme hors du commun.
A mesure que progresse l’émission de radio, une conversation voit le jour entre ces deux femmes, comme un dialogue entre deux générations.

Comment trouve-t-on la force de consacrer sa vie aux combats politiques ? Comment reçoit-on cet héritage?

 : Théâtre Antoine 14 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Quand : encore jusqu’au 30 décembre

Les promises, Jean-Christophe Grangé

Un roman historique sombre et glaçant sur fond de seconde guerre mondiale

Les belles dames du Reich aiment se réunir dans le confort ouaté de l’hôtel Adlon à Berlin, loin des tensions qui agitent l’Europe à l’aube de la seconde guerre mondiale. Pourtant, lorsque certaines d’entre elles disparaissent il s’avère nécessaire de mener l’enquête. Celle-ci est confiée en toute discrétion à Franz Beewen, gestapiste convaincu, qui rapidement ressent le besoin d’agir avec l’aide de Simon Kraus, psychanalyste, et de Minna von Hassel, psychiatre. Tous trois forment le trio d’enquêteurs le plus insolite de l’Allemagne nazi.

Grangé nous embarque dans un roman historique qui fait revivre le Berlin du début de la seconde guerre mondiale. L’intrigue m’a semblé n’être qu’un prétexte à nous rappeler l’horreur du nazisme. Elle passe d’ailleurs parfois d’un réalisme descriptif dense et pointu au surréalisme le plus déconcertant.

L’ambiance lourde, angoissante, nous plonge dans un décor particulièrement bien rendu. Elle est l’objet de descriptions et d’explications historiques souvent utiles mais également parfois longues et redondantes, au risque de ne pas rendre ce roman assez nerveux, rythmé ou même attachant, si tant est que la période s’y prête. Bon c’est un gros pavé mais je ne pense pas que le lecteur ait déjà tout oublié au fil de sa lecture.
L’excellent travail de documentation fait par Jean-Christophe Grangé se ressent à chaque chapitre tant il décrit et détaille à l’excès la période qu’il a choisie. Les personnages ne semblent être là que pour étayer le besoin qu’il a eu de balayer tous les crimes et les horreurs perpétrés par les nazis. Comme à son habitude, Grangé y décrit l’horreur avec une délectation poussée à l’extrême, jusqu’à vous donner la nausée.

Le point le plus positif de cette lecture est très certainement la qualité du lecteur. J’ai apprécié les intonations, le rythme, le souffle, les voix qu’il donne aux personnages, et la façon dont il maintient le mystère et l’horreur, qui se ressentent bien tout au long de l’écoute de ce roman.

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Audiolib

Lu par François-Éric Gendron

Les promises, ce sont ces grandes dames du Reich, belles et insouciantes, qui se retrouvent chaque après-midi à l’hôtel Adlon de Berlin, pour bavarder et boire du champagne, alors que l’Europe, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, est au bord d’imploser.
Ce sont aussi les victimes d’un tueur mystérieux, qui les surprend sur les rives de la Spree ou près des lacs, les soumettant à d’horribles mutilations…
Dans un Berlin incandescent, frémissant comme le cratère d’un volcan, trois êtres singuliers vont s’atteler à l’enquête. Simon Kraus, psychanalyste surdoué, gigolo sur les bords, toujours prêt à faire chanter ses patientes. Franz Beewen, colosse de la Gestapo, brutal et sans pitié, parti en guerre contre le monde. Minna von Hassel, riche héritière et psychiatre dévouée, s’efforçant de sauver les oubliés du Reich.
Ces enquêteurs que tout oppose vont suivre les traces du Monstre et découvrir une vérité stupéfiante. Le Mal n’est pas toujours là où on l’attend.

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’auteur du Vol des cigognes et des Rivières pourpres règne en maître sur le thriller français. Traduits dans une trentaine de langues, vendus à des millions d’exemplaires dans le monde, tous les romans de Jean-Christophe Grangé ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Les promises est son premier roman historique.

EAN 9791035406509 / Prix du format physique 25,90  € / EAN numérique 9791035406714 / Prix du format numérique 23,45  € / Date de parution 20/10/2021 / durée : 20h48

Passage de l’union, Christophe Jamin

Rencontre du troisième type avec Patrick Modiano dans ce roman écrit à l’encre sympathique

Alors qu’il est étudiant, le narrateur réside passage de l’union à Paris. Un jour il rencontre Patrick Modiano, cet écrivain si talentueux qui a pourtant tant de mal à s’exprimer à l’oral. Ils auront quelques échanges très limités.

Quelques années plus tard il est devenu avocat et, à l’instar de l’auteur, va régulièrement déposer une rose sur la tombe de Floriot, un célèbre pénaliste qu’il admire. Le jour où il doit défendre un criminel, il croise à nouveau Modiano lors du procès. Il faut dire que le prévenu a un parcours singulier, sa sœur aurait disparu dans les mêmes conditions que Dora Bruder, l’héroïne du roman de Modiano.

À partir de là, les routes des deux hommes se rejoignent à plusieurs reprises. Les mots, le pouvoir de l’écriture, les entraînent vers un univers parallèle dès qu’il s’engouffrent dans une station de métro, plongeant dans un passé récent jusqu’à la seconde guerre mondiale, la résistance, l’occupation de Paris.

Le narrateur met alors ses pas dans ceux de l’auteur devenu personnage de son roman, et part à la rencontre d’un monde bien plus vivable que celui dans lequel il évolue. Sur les traces d’un passé révolu mais qui parfois affleure à sa conscience, il rencontre ses propres personnages. Car eux aussi passent d’un monde à l’autre. La question est alors de savoir qui de François Yoannivitch ou de monsieur Joseph a le plus de réalité, le présent ou les protagonistes des romans de Modiano ? Grâce à l’écriture, à sa compréhension de certains situations, il peut enfin supporter la violence et le mal-être du présent.

Cette plongée dans la station de métro Varenne est là pour nous parler de tout cela, de l’écriture, du souvenir, de cette façon d’échapper à une actualité parfois difficile et sombre. De vivre sa vie autrement, dans un monde parallèle imaginaire. Avec ce côté magique parfois déroutant, ces personnages qui évoluent entre réalité et fiction, voilà un premier roman qui arrive à nous surprendre.

Catalogue éditeur : Grasset

L’ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser  : le narrateur, un écrivain, un criminel.
Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l’Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu’un dont on comprendra qu’il s’agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l’expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
Au cours d’un procès d’assises, le narrateur défend un homme dont le crime s’explique par un lointain passé  : une sœur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l’écrivain assiste au procès et accepte d’aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse sœur…
Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l’Union, dont l’écrivain apprend au narrateur qu’il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d’un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux «  Monsieur Joseph  »…
Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l’égard d’un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature.  Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les œuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons  ?

Parution : 25 Août 2021 / Pages : 140 / EAN : 9782246826750 prix 14.90€ / EAN numérique : 9782246826767 prix 10.99€

Les vulnérables, Mémona Hintermann

Revenir aux origines pour comprendre le combat sans fin pour la liberté des femmes

Momine n’a jamais compris le désamour de sa mère Amélie de Kerveguen envers elle et ses autres enfants. Issue d’une famille très pauvre, elle passe son enfance entourée de sept frères et sœurs vivants, d’autres enfants n’ayant pas survécu à la pauvreté et à la violence. Mais elle n’a jamais connu ni les bras ni les caresses de sa mère. Pour comprendre d’où vient cette indifférence elle revient sur son île de La Réunion interroger la mémoire des anciens. Ce sera le seul moyen de savoir et d’arrêter ces cauchemars peuplés de serpents qui la terrorisent.

Oskar son époux apprend un lourd secret au décès de Sybille, sa propre mère. Il doit découvrir qui est cette mystérieuse sœur dont Sybille lui parle dans une lettre posthume. Il part de son côté à la recherche des souvenirs dans cette Silésie qui a subit de plein fouet les horreurs de la débâcle allemande.

Si la vie de couple pèse autant à Momine, si Oskar ne sait pas comment lui dire à quel point elle compte pour lui, ils espèrent que ce retour vers leur passé pourra les aider à se retrouver et à enfin connaître la sérénité.

Ce que j’ai aimé ?

Découvrir et suivre deux mondes, deux familles, deux temporalités pour panser les plaies du présent. Deux univers, pour faire entendre la douleur des femmes premières victimes de la guerre ou de la pauvreté à travers leur seul bien inaliénable, leur corps. Par le viol, les tortures, les violences de toutes sortes, elles ont été et restent les premières à souffrir de ce que leur infligent les hommes. Des souffrances parfois bien trop intimes, cachées, qu’il faut arriver à déceler pour mieux comprendre l’histoire de celles qui ont également eut un rôle dans la grande Histoire.

Largement inspiré de la vie de l’autrice et de son mari, ce roman qui parle des femmes de leur enfance se lit d’une traite tant il y a de force dans ses personnages. Un roman très dense, parfois trop peut-être, tant il nous assène de vérités qu’ il faut entendre et enregistrer en se disant que la lutte est sans fin pour l’égalité et la liberté des femmes et des petits filles.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Sur Terre, la vie d’Amélie fut une histoire de silence qui hurle.

Sa fille, Momine, ne peut plus vivre sans savoir pourquoi sa mère ne la serrait jamais dans ses bras, pourquoi à ses yeux ses enfants portent une salissure que seule la mort peut effacer. Elle retourne sur son île, La Réunion, fait parler les anciens. Sa seule issue pour en finir avec ses cauchemars, et peut-être renouer avec son mari, Oskar, de qui elle s’est éloignée.
Hasard de la vie ? Oskar se retrouve confronté lui aussi à un terrible secret, celui que sa mère lui révèle dans un journal intime légué à son décès. Il remonte le temps, plonge en pleine débâcle allemande quand, adolescente, elle fuit la Silésie sous la menace des troupes russes.
Le couple résistera-t-il à la vérité qui surgit : la lumière n’est rien sans l’obscurité, et inversement…

Mémona Hintermann, journaliste, reporter de guerre et présentatrice de journal télévisé, livre dans ce roman un récit intime, inspiré de son propre parcours. Avec force et poésie, elle interroge le legs des générations qui nous précèdent et la place des femmes dans la grande Histoire.

Parution : 26/08/21 / Prix :18.95 € / ISBN : 9782749947167