Le bonheur n’a pas de rides, Anne-Gaëlle Huon

Lire « Le bonheur n’a pas de rides » de Anne-Gaëlle Huon, un véritable hymne à la vie qui donne envie de manger les petits Lu en commençant par les coins !

Mais qui est Paulette, une vielle dame revêche et bougonne, ou une gentille octogénaire qui attend la fin de sa vie ? Elle est très désagréable avec sa belle-fille, surtout depuis qu’elle vit chez son fils. Elle rêve d’une maison de retraite grand luxe dans le sud de la France. Mais c’est dans un petit village francilien, dans une auberge improbable choisie par sa belle-fille qu’elle est lâchement déposée au début des vacances. Un peu comme on abandonnerait son chien !

Paulette a décidé d’être désagréable. Avec son caractère bien trempé et son côté acariâtre, elle s’y entend pour embêter son monde. D’abord le propriétaire de l’auberge, qui ne sait plus comment la gérer, puis les autres pensionnaires. Elle ne leur trouve que des défauts et refuse de s’intégrer. Pire, elle fait tout pour les provoquer.

Pourtant, sa perspicacité, son bon cœur, et le caractère attachant de ses compagnons d’infortune dans cette auberge improvisée maison de retraite auront raison de son mauvais caractère. En cherchant bien sous les carapaces de chacun – et en fouinant un peu dans les affaires des autres il faut l’avouer – l’aventure est au bout du couloir, l’amour et l’amitié aussi.

Plein de bons sentiments, pétillant d’humour et non dépourvu de réalisme parfois, voilà un roman qui se lit avec bonheur, sans se poser de question. Léger mais pas simpliste, rempli de bons sentiments pas toujours évidents, c’est le roman idéal sur la plage ou pour les longues soirées d’été.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

Prix : 7,90€ / Pages : 352 : Date de parution : 03/04/2019 / EAN : 9782253906803

Editeur d’origine : City Edition

Les confidences, Marie Nimier

Pourquoi se confier à un auteur dans l’anonymat ? Pour qu’il sublime vos révélations ? Les confidences, comme autant de tranches de vies recueillies par Marie Nimier.

photo de la couverture du roman de Marie Nimier "Les confidences" blog Domi C Lire

Avec des airs de recueil de nouvelles qui seraient parfois, rarement pourtant, ponctuées de quelques mots et remarques de l’auteur, ces 48 textes sont comme autant d’instants de vies cachés, enfin révélés pour se faire du bien, se soulager, se souvenir, à celle qui les a recueillies dans l’anonymat le plus complet, un bandeau blanc sur les yeux, dans un appartement vide seulement peuplé de deux chaises, d’une table, d’un portemanteau et d’un grand philodendron.

Hommes ou femmes, jeunes ou plus âgés, chacun raconte, dévoile, l’intime ou le banal, le violent ou le tendre, caché et pourtant si commun à chacun de nous pour la plupart. Culpabilité, prostitution ou soumission, vengeance ou pardon, lâcheté, violence ou silence, rêve ou cauchemar, ces étapes de vies restent à jamais en mémoire, importantes ou pas, ces parenthèses font que vous devenez autre ou que vous restez le même.

Se confier à quelqu’un qui ne vous voit pas, c’est un peu comme échanger sur les réseaux sociaux avec ceux qu’on n’a jamais rencontré et à qui on ose dire tant de secrets, dévoiler tant d’intime, tout ce que l’on ne dirait sans doute jamais à ceux que l’on côtoie chaque jour.

Chaque confidence est personnelle, différente, banale souvent. Chacune annonce, dénonce, déculpabilise, espère, promet, surprend, regrette. Dans ces mots attribués à des inconnus tout est dit sur la nature humaine, avec pudeur ou sans retenue, avec douleur ou soulagement.

Le roman (c’en est un ?) s’intitule Les confidences, ce pourrait être Tranches de vies, instants furtifs ou souvenirs. Le lecteur découvre chaque témoignage avec avidité mais sans voyeurisme, porté par l’écriture et la sensibilité de l’auteur. J’avais découvert Marie Nimier avec son précédent roman La plage, je retrouve avec plaisir son style et sa délicatesse.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix des lecteurs BFM l’Express

Catalogue éditeur : Gallimard

Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences.
Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la chaise libre et racontent ce qu’ils ont choisi de partager, souvent pour la première fois.
Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves, fantasmes se dévoilent ; les confidences se succèdent, toujours plus troublantes.

192 pages / 140 x 205 mm / ISBN : 9782072843136 / Parution : 07-03-2019

Les vieux fourneaux. Tome 1 Ceux qui restent

Qui a dit que les vieux c’est ringard ! Attention, avec « les vieux fourneaux », c’est le décollage immédiat pour une bonne tranche de rigolade

mais aussi de critiques et de vérités pas toujours bonnes à dire mais tellement réjouissantes à lire. Pierrot, Mimile  et Antoine ont bourlingués et sont toujours restés proches, l’enterrement de Lucette est le prétexte à des retrouvailles qui loin d’être tristes sont aussi le reflet de ce que peuvent être ces réunions qui, si elles ont pour objet un deuil, permettent aussi aux familles et aux amis de se retrouver.

Nous voilà embarqués dans une course poursuite  sur fond de jalousie posthume, de vengeance et de rencontres, pour le plaisir des lecteurs. L’amitié, l’amour, la contradiction et les contestataires post soixante-huitards, tout y passe et on se régale. Les dialogues sont d’une saveur et d’un humour, pertinents, savamment dosés entre esprit critique, souvenirs attendris, et jeux de mots percutants. J’ai hâte de lire la suite des aventures de ces Vieux fourneaux tellement touchants dans leurs combats d’arrière-garde.

Les dialogues, les dessins, les couleurs qui changent en fonction de l’époque évoquée, tout est réussi dans cette BD, je ne peux que vous la conseiller.

Une petite remarque peut-être, comme c’est écrit petit et sur fond sombre, les dialogues ne sont pas toujours évidents à lire pour certains vieux fourneaux justement…

Catalogue éditeur : Dargaud

Dessinateur : Cauuet Paul / Scénariste : Lupano Wilfrid / Coloriste : Cauuet Paul

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d’enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un oeil tourné vers un passé qui fout le camp, l’autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le coeur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu’il n’y a pas d’âge pour commettre un crime passionnel.

56 pages : Prix. 12,00 € : Format. 225×298 : EAN. 9782505019930

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Un magnifique roman de Valérie Tong Cuong sur les secrets, l’amour ou la haine, et comment trouver sa place dans une famille

Pardonnable, impardonnable

Dans la famille de Milo, je demande :

La mère : Céleste, quel beau nom (telle la voute céleste qui éclaire chacun dans la famille, ou comme les étoiles sur le cadre du vélo de Milo) est une mère aimante, une sœur presque parfaite, a depuis toujours suppléé aux manques de sa propre mère envers sa sœur, est une épouse bien peu comblée, a souffert de la perte d’un premier enfant, vit une relation fusionnelle et étouffante avec sa propre mère.

Le père : Lino, issu d’une famille d’ouvrier, son père s’est suicidé quand il avait dix ans, a une famille qu’il a pratiquement reniée tant elle ne correspond plus à ses aspirations d’homme accompli, est très exigeant avec son fils, a du mal à se positionner dans son couple, vit une relation complexe avec sa magnifique belle-sœur, cherche en vain la reconnaissance de sa belle-mère.

La grand-mère : Jeanne, elle en veut à la vie, à son ex-mari (divorcé puis décédé depuis longtemps),  a une relation fusionnelle unique et exigeante avec sa fille Céleste, a sciemment occulté de ses sentiments, dès sa naissance, sa seconde fille, sans que l’on comprenne tout de suite pourquoi, est en conflit avec ce gendre qui lui a pris sa fille, lui qui n’est pas assez bien pour elle.

La tante : Marguerite, belle jeune femme, vit chez sa sœur, part régulèrent sur des sites de fouilles archéologiques dans le monde entier, a une relation forte avec son neveux Milo, souffre depuis toujours du peu d’amour que lui porte sa mère « je t’aime, un peu, beaucoup… pas du tout », s’est construit une vie qui la protège.

Une famille comme on en voit souvent en somme. Mais l’équilibre instable vole en éclats, Milo, victime d’une chute de vélo, se bat entre la vie et la mort. Et chacun le sait bien, lorsque les évènements dramatiques intenses surviennent, les rancœurs se révèlent, les tensions se renforcent, les sentiments s’exacerbent jusqu’à la rupture, ou jusqu’au pardon. Et vient le temps de la colère, de la haine, de la vengeance, de l’amertume, et celui du pardon.

Avec beaucoup de finesse et de justesse dans les propos, dans sa narration des sentiments, ses descriptions des personnages si tranchés et parfois si réalistes, Valérie Tong Cuong nous entraine à la suite de cette famille meurtrie, de ses incohérences, de ses errements, jusqu’à la déchirure, jusqu’aux révélations, jusqu’au pardon, jusqu’à la réconciliation. Alors bien sûr on peut trouver que cette famille cumule beaucoup, coupable, pas coupable, nombreux arrangements et révélations multiples, relation fusionnelle mère-fille, relation de couple, relation enfant-parent, relation incestueuse, au point d’en être à peine réaliste. Mais c’est bien écrit, les mots sont justes pour décrire des sentiments forts,  des situations complexes, on y croit et on a envie de suivre. Un très beau moment de lecture.

Catalogue éditeur : J.C Lattès

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?
Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?
Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.

Valérie Tong Cuong est romancière ; elle est l’auteur de onze romans, parmi lesquels Noir dehors (Grasset, 2006), L’Atelier des miracles (JC Lattès, 2013, prix Nice Baie des Anges) et Pardonnable, impardonnable (JC Lattès, 2015). Son dernier roman, Par amour (JC Lattès, 2017), a été couronné par de nombreux prix, dont le prix des lecteurs du Livre de Poche.
Son œuvre est traduite en dix-huit langues.

ISBN : 9782709646086 / Parution : 07/01/2015 / 300 pages / 19.00 €