Comme elle l’imagine, Stéphanie Dupays

Comme elle l’imagine il pourrait même être celui qui sera l’homme que j’aime … ainsi le chantait Véronique Samson, ainsi le rêve l’héroïne du roman de Stéphanie Dupays.

photo couverture roman comme elle l'imagine de Stéphanie Dupays

Laure est professeur de lettres, satisfaite de son métier, entourée d’amis, elle vit seule et se sent bien ainsi, bien mieux que si elle était mal accompagnée comme on l’affirme si souvent. Pourtant, lorsqu’elle tombe sur Vincent, rencontré à la suite de quelques échanges sur Facebook, échanges qui montraient leur communion d’idées et de point de vue, rapidement l’envie d’en savoir plus, de le connaitre et surtout de le rencontrer va se faire de plus en plus prégnante.

Habituée à sa solitude ordinaire, celle du bonheur de se retrouver avec un livre chez elle par exemple, elle va désormais sombrer dans la solitude forcée, celle qui la pousse à attendre près de l’ordinateur la petite lumière verte qui lui dit qu’il est là, qu’il va lui parler…Ah le piège des échanges virtuels, ceux qui permettent de tout dire sans risque, sans le regard de l’autre, sans s’impliquer dangereusement. Piège également de l’immédiateté, qui fait se poser mille et une questions lorsqu’il n’y a pas de réponses mais que la présence est avérée…Laure a besoin de ces échanges, autant pour découvrir Vincent que pour se révéler à elle-même, différente, plus libre peut-être ? Pourtant Laure examine, détaille, décortique chaque mot, photo, réaction de Vincent, pour tenter de le comprendre mais au risque aussi d’interpréter à sa façon et de s’imaginer ce qui n’est pas.

Lorsqu’elle provoque la rencontre avec celui dont elle est tombée amoureuse par écran interposé, le résultat ne sera pas forcément identique pour chacun d’eux. Alors, passion qui ébloui, amour qui rend aveugle, solitude trompée dans un échange fragile et sans lendemain ? Et si l’amour, le vrai, était plutôt celui d’à côté, concret, réel, vivant ?

Voilà une intéressante analyse de l’influence des réseaux sociaux sur notre vie au quotidien, addiction, vérité ou faux-semblants, par le biais de son héroïne, l’auteur fait une fois de plus une analyse brillante de notre société. Ou quand le virtuel change les codes, mais utilise toutes les phases de la relation amoureuse, en particulier épistolaire, même si le rapport au temps, en particulier l’attente, n’existe plus et modifie ces codes de la relation amoureuse, pour le meilleur mais certainement aussi pour le pire !

Je ne peux m’empêcher de penser à (et de vous conseiller également !) la lecture du roman de Philippe Annocque que j’avais vraiment beaucoup aimé : Seule la nuit tombe dans ses bras.

Catalogue éditeur : Mercure de France

Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l’imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s’inquiète, s’agace, glisse de l’incertitude à l’obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d’une histoire d’amour ou bien une illusion qui se brise ?  
Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d’aimer et signe aussi un roman d’amour intemporel sur l’éveil du désir, l’attente, le doute, le ravissement.

Paru le 07/03/2019 / 160 pages – 140 x 205 mm / EAN : 9782715249882 / ISBN : 978271524988 / Prix : 16€

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Un été. Vincent Almendros.

un été
© DCL-DS2015

Jean et Jeanne invitent Pierre et Lone sur leur bateau le temps d’un été pour une croisière de rêve en Italie. Jeanne est l’ancienne petite amie de Pierre, disparue de sa vie sans explication sept ans auparavant, depuis elle vit avec Jean, le frère de Pierre. Lone, belle jeune femme scandinave, ne sait rien des liens qui relient ces trois-là.
Dans ce court roman, la force de l’auteur tient essentiellement par une sorte de huis clos en pleine mer, dans l’univers à la fois ouvert et clos d’un petit  voilier, bercé par le clapotis de vagues, par le scintillement du plancton la nuit en surface de l’eau, par la chaleur qui fait remonter à fleur de peau les souvenirs de Pierre, le narrateur. Le gout de la peau sucrée de Jeanne, son corps de rêve, celui des baisers volés et des étreintes folles de ces deux anciens amants qui se frôlent, se caressent, leurs non-dits puis leur étreinte, pour un final pour le moins étonnant.

Mais en fait, le jeu de la séduction n’est pas toujours le fait du hasard, qui sait réellement de qui  vient la manipulation, Jeanne, Jean,  quel est le plus trompé des deux frères, Jean, Pierre ? Voilà un texte qui en mots choisis sait nous décrire tous ces riens qui font la vie, ces gestes quotidiens, ces moments où il ne se passe pas grand-chose, ces instants faits de non-dits et de supputations, avares de mots, où seuls les regards des protagonistes opèrent une reconnaissance mutuelle. D’espoirs en contrariétés, l’histoire se déroule sur fond de méditerranée, pour le plaisir du lecteur qui en aurait peut-être souhaité un tout petit peu plus. C’est un court roman qui a tout d’une nouvelle comme on les aime, à lire par une journée de grand soleil.

Sélection du prix Orange du livre 2015

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Les éditions de Minuit

Domi_C_Lire_un_ete_vincent_almendros.jpgJean, mon frère, venait d’acheter un voilier et m’invitait à passer quelques jours en mer. Je n’étais pas certain que ce soit une bonne idée que nous partions en vacances ensemble.Quand je dis « nous », je ne pensais pas à Jean.
Je pensais à Jeanne.
À Jeanne et moi.

2015 / 96 p. / 11,50 € / ISBN : 9782707328120