Une voix dans l’ombre. Andrea Camilleri

Découvrir Andrea Camilleri  c’est embarquer avec bonheur dans une enquête du commissaire Montalbano et prendre la mesure du risque : faire jaillir la vérité au pays de la mafia !

Domi_C_Lire_une_voix_dans_l_ombreIl était temps ! Je viens de faire la connaissance de la Sicile et du commissaire Montalbano. Avec « Une voix dans l’ombre », je découvre, via une traduction à sa mesure, la langue et la gouaille, la plume et l’imagination d’Andrea Camilleri.
Un cambriolage nocturne dans un supermarché étonne autant le directeur que les équipes de Montalbano à qui il est venu se confier. Quasiment en même temps, un jeune chauffard tente de s’attaquer au commissaire à coups de clé à molette. Peu de temps après, ce même homme vient révéler la découverte du sordide assassinat de sa jeune fiancée.

Le décor est planté, Montalbano va avoir fort à faire avec ces différentes enquêtes qui se bousculent. D’autant que le supermarché cambriolé est, c’est bien connu,  la propriété d’une famille de mafieux, les Cuffaro, et que le jeune homme n’est autre que le fils d’un homme tout puissant qu’il ne faut pas trop contrarier. Montalbano commence ses enquêtes, mais il va très vite comprendre qu’il y a anguille sous roche. De fait, lui qui est plutôt enclin à braver juges et procédures va tout faire pour rester dans les clous, du moins tant qu’il n’aura pas élucidé le fin mot de ces histoires.

Me voilà plongée dans un univers à la San Antonio. Je découvre la verve et le style d’Andrea Camilleri qui décrit les manières bien peu orthodoxes de la mafia, malversations, manipulations, chantage, assassinats, tout est permis. Il montre bien les craintes, les subtilités de détournement et les ruses que doivent mettre en œuvre la police et la justice siciliennes pour s’en sortir au pays des corrompus et des puissants, et ce qu’il doivent faire pour aller contre les puissants et parfois même les faibles qui leur obéissent ou se soumettent.
Mais surtout je découvre un style unique, imagé, des situations comiques, un commissaire au caractère bien trempé à qui il ne faut pas en remontrer. C’est un bon vivant amateur de cette bonne chère préparée par sa cuisinière Adelina, qui s’occupe également de sa maison. Il est souvent agacé par un de ses fidèles enquêteurs qui arrive à lui mettre les nerf en pelote avec ses « déjà fait », mais il est épaulé par une équipe soudée composée de personnalités bien campées, le tout se passe dans un heureux mélange de différents niveaux de langages, qui intègre un dialecte sicilien très particulier. La traduction arrive à restituer cette dimension au roman. Une belle expérience à renouveler.


Catalogue éditeur : Fleuve Noir

Traduit par : Serge QUADRUPPANI

Rude journée pour le commissaire Montalbano : d’abord agressé dans sa cuisine par un poulpe haineux, il l’est ensuite dans sa voiture, à coups de clé à molette, par un jeune chauffard. Étrange coïncidence, la compagne de son agresseur est retrouvée assassinée peu après.
Pendant ce temps, un directeur de supermarché est victime d’un cambriolage, mais ce dernier paraît surtout terrorisé par la possible réaction de ses propriétaires – en l’occurrence la mafia.
Derrière ces deux affaires que rien ne réunit, de puissants hommes politiques semblent vouloir la peau du Maigret sicilien. Malgré l’aide de toute la tribu du commissariat de Vigàta, et celle d’une mystérieuse voix dans la nuit, Montalbano parviendra-t-il à venir à bout des pièges qu’on lui tend ?

Date de parution 08 Juin 2017 / Fleuve noir / 256 pages / Format : BROCHE /  9782265098763

Publicités

La tresse. Lætitia Colombani

Dans son premier roman « La tresse » Lætitia Colombani nous fait découvrir trois femmes, Sarah au Canada, Guilia en Sicile, Smita en Inde, trois destins, qui se tissent loin l’un de l’autre pour un final étonnant.

DomiCLire_la_tresseVoilà le pari audacieux mais réussi de Lætitia Colombani, qui nous séduit et nous emporte avec ses rêves de femmes fortes, issues de minorités, où elles sont souvent mal considérées. Elles ont assez de courage pour contrer leur destin et réussir leur vie à leur façon, loin des règles imposées par une société souvent gérée par des hommes, société qui refuse de les comprendre, de les voir, de leur laisser une chance. Ce roman n’est ni accusateur, ni revanchard, ni triste ni sombre, il apporte la lumière, l’espoir, la vie.

Smita l’indienne appartient à la caste des intouchables, pour elle aucun espoir de vie meilleure dans une société où elle et ses pairs sont rejetés et ignorés par tous. Une société où toute fuite et ou désir de liberté sont également horriblement punis, souvent via le viol des femmes de la famille. Mais Smita rêve d’un avenir meilleur pour sa fille, elle veut qu’elle aille à l’école pour apprendre à lire et écrire. Le chemin vers la liberté est long et difficile.

En Sicile, Guilia doit reprendre l’entreprise familiale transmise de père en fils, à la suite d’un accident de son père. Mais dans cette société-là, pourtant situé dans un contient dit évolué et moderne, le poids des traditions et l’habitude ont la vie belle, Guilia devra se battre pour atteindre le but qu’elle s’est fixé.

Enfin, au Canada, Sarah a le vent en poupe, et vient juste d’être intronisée associée dans son cabinet d’avocat. Pourtant, la maladie vient la frapper, insidieuse, la faisant basculer du jour au lendemain dans le camp des faibles, des vaincus, de ceux que l’ont fui et que l’on craint, sans se soucier d’agir envers eux en toute impunité et surtout en totale discrimination. Elle aussi va devoir apprendre à vivre autrement.

Trois destins, mais trois femmes qui chacune à sa façon va de l’avant. Toutes ne sont pas immédiatement aussi attachantes, mais toutes sauront vite happer l’intérêt du lecteur, par une démonstration de vie, d’espoir, de volonté, qui leur permettent d’atteindre leurs rêves, ceux qui font le quotidien moins banal, moins triste, plus magique, même et surtout dans sa vie de tous les jours.

Un beau premier roman, qui se lit dans un souffle, et qui uni les vies, comme un impossible pont entre deux mondes, fait de courage et d’optimisme. A lire, assurément !


Catalogue éditeur : Grasset

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Parution : 10/05/2017 / Pages : 224 / Format : 143 x 207 mm / Prix : 18.00 € / EAN : 9782246813880