L’air de rien, Aude Picault

Dur, dur d’être un… trentenaire ! Quand les trentenaires citadins s’interrogent et que L’air de rien, Aude Picault révèle leurs travers avec talent.

Domi_C_Lire_l_air_de_rien_dargaud.jpgDes strip en quasi monochromie, jaune, mauve, vert, bleu qui alternent sur une demi page et quelques illustration en double page, pour raconter la vie, celle des femmes, des hommes, d’une ville. Pour dire les angoisses, la solitude, l’amitié, les copines plus ou moins sympa, les vacances, la vie des trentenaires, les enfants, de parisiens presque caricaturaux, mais avouons tout de même que nous les avons déjà rencontrés, à Paris ou ailleurs, dans les grandes villes ou les moins grandes.

Il y est question d’âge, de plaire, de liberté, de politique un peu, d’interrogations sociétales, de vie et interrogations de parents, d’image des femmes et de harcèlement de rue. Le tout est dit de façon assez soft, parfois mordante, mais tout de même assez réaliste pour interroger et interpeler le lecteur. Mais également pour nous faire sourire ou qui sait rire un peu jaune quand on réalise l’incongruité des scènes que l’on a soi-même vécues ou dont on a été témoin sans réagir.

Virilitude, Panoplie, Changer, Procrastination, Dévotion, LOL, Style, Vernissage, Yogi… Tout est prétexte à nous montrer nos petits travers au quotidien, à pointer du doigt nos habitudes de citadins… avec ironie et gentillesse.

L’air de rien est une compilation de chroniques qui avaient été publiées dans le supplément week-end de Libération pendant deux ans.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Dargaud   

L’Air de rien est un album entièrement consacré aux relations sociales dans un univers urbain – Paris. À travers cent strips et une quinzaine de grandes illustrations, Aude Picault, auteure trentenaire, croque avec tendresse et une ironie délicatement distanciée ses contemporains et notre société moderne et urbaine. Indispensable et remarquable !

Dessinateur, Scénariste, Coloriste :  Aude Picault
Ado-adulte – à partir de 12 ans / 72 pages / Format : 240×320 / EAN : 9782205077377

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L’inventaire de la terre : La Polynésie française. Tahiti- Bora Bora – Les Marquises

Jacques Brel les a chantées, ces iles-là font toujours rêver… Et s’il est impossible de prendre un avion pour s’y poser là, tout de suite, alors partons ! Partons vite dans les magnifiques pages de ce beau livre édité par Guide Bleu évasion et The Explorers, pour le plus grand bonheur de tous.

DomiCLire_linventaire_de_la_terre.jpgCe que l’on apprécie tout d’abord, parce que avouons-le, nous ne sommes pas vraiment familiers de ce territoire, c’est une carte pour situer et mieux comprendre la multitude d’îles des différents archipels : Tuamotu, Marquise, Gambier, Australes, et Société. Un code couleur pour se repérer, que l’on va retrouver à chaque page, pour bien faire la distinction entre chaque archipel, et nous voilà partis pour l’aventure. Ensuite, lors des premières pages de chaque chapitre –archipel, une carte d’identité, pour mieux s’approprier ces îles et leurs spécificités : les îles, superficie, climats, population, etc…. Petit plus, vous pouvez Shazamer la couverture ou les pages d’introduction de chaque chapitre, et découvrir des extraits vidéos du reportage.

Embarquons donc sur le Tahiti Nui, pour aller à la rencontre des îles, des habitants, d’une culture, de la faune et de la flore, et des eaux bleues du pacifique sud. Les paysages sont splendides, et les photos nous font rêver. Que l’on arpente les forêts, les plages ou les montagnes, que l’on côtoie les pêcheurs, les danseurs, les artisans qui produisent encore de magnifiques bijoux en coquillages, ou qui cultivent des perles dont la renommée mondiale n’est plus à faire, on s’émerveille et on découvre.

Les vagues mythiques de Bora Bora,  le monoï de Tahiti, la perle noire des Gambier, la pierre fleurie et l’artisanat des Marquises, les couleurs chatoyantes et incroyables du Lori de Kuhl, oiseaux sacré des Australes,  ou les poissons perroquet des Tuamotu, il y a tant à voir, à découvrir, dans ce livre absolument magnifique.


Catalogue éditeur : Guides évasion

Les guides Evasion s’associent à « the explorers network ».
« The Explorers » , ce sont les aventuriers du XXIe siècle : une équipe d’hommes et de femmes passionnés (reporters, photographes, dessinateurs, scientifiques) qui se sont donnés pour objectif de dresser l’inventaire du patrimoine naturel, culturel et humain de la planète.
En Polynésie, ils nous font découvrir les merveilles naturelles des cinq archipels : l’exceptionnelle faune sous-marine, les atolls fragiles des Tuamutu, mais aussi la culture ancestrale des Marquises ou la vie quotidienne des pêcheurs de Tahiti.
Cet ouvrage rassemble les plus belles photos de leur expédition, commentées par ses membres.
Des liens renvoient vers les extraits vidéos des moments les plus forts de leurs reportages.

192 pages

Meursault, contre-enquête. Kamel Daoud

Qui n’a pas lu « L’étranger » de Camus  ? C’est indiscutablement un roman qui a eu de très nombreux lecteurs. Mais qui s’est posé la question de l’homme derrière celui qui meurt sur une plage à Alger, à 2 heures de l’après-midi en plein soleil. Est-ce à cette question que Kamel Daoud veut donner une réponse ? Ou souhaite-t-il nous mener plus loin encore dans la réflexion ?

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Faut-il relire L’Étranger avant de découvrir Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud ? Certainement, car pour beaucoup d’entre nous cette lecture date de nombreuses années et la perception que l’on peut avoir à sa relecture est différente de celle que l’on a connue dans sa jeunesse (en particulier lorsqu’un livre est imposé par un programme scolaire !) de même il est intéressant de se souvenir précisément du roman d’Albert Camus avant d’aborder le roman de Kamel Daoud. Voilà, j’ai lu les deux, l’histoire est complète… L’histoire ? Mais laquelle ?

Celle de « l’Arabe », cet inconnu tué sur une plage, simplement parce que Meursault était ébloui de soleil, aveuglé par les quelques gouttes de sueurs qui perlaient à son front, un jour de désœuvrement trop ordinaire ?
Celle de Haroun, le narrateur, le frère de « l’Arabe », de celui qui depuis tant d’années n’a jamais eu de prénom ni de nom, jamais eu de vie, de famille, d’emploi, de rêves à accomplir, car personne ne s’y est intéressé ?
Celle de « l’Arabe », qui pourrait être n’importe quel inconnu ou simplement ce frère qui vit dans un pays dont il a du mal à comprendre et à accepter les évolutions, la fin de la colonisation et les dégâts irréparables de la guerre dans la population, la place qui est aujourd’hui faite aux femmes, l’importance grandissante de la religion dans la vie de chacun, l’alcool ou le vin qu’on ne boit plus, les cafés où l’on avait l’habitude de se retrouver et qui ferment les uns après les autres ; celui qui vit dans la solitude, qui a connu le désintérêt et la manque d’amour d’une mère, celle qui a perdu un fils, le vrai, le seul qui compte ; celui enfin qui cherche une identité dans un pays qui n’est plus le sien, comme il peut parfois l’exprimer ?

Alors, oui, la boucle est bouclée, car « l’Arabe » a enfin une identité, mais à la lecture de ce  Meursault, contre-enquête on tourne la dernière page avec une certaine frustration et une grande interrogation. Car Kamel Daoud est un auteur qui dit et qui ose, avec des mots qui marquent et interpellent, même si parfois le style et l’approche peuvent dérouter le lecteur. On sent en filigrane les reproches, l’héritage dont on veut se défaire, les critiques exprimées sans complaisance et surtout les attentes de l’auteur envers un pays qui change et qui trop souvent contraint.


Catalogue éditeur : Actes Sud

Il est le frère de “l’Arabe” tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l’enfance a vécu dans l’ombre et le souvenir de l’absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l’anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée.
Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d’Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d’un dieu, son désarroi face à un pays qui l’a déçu. Étranger parmi les siens, il voudrait mourir enfin…
Hommage en forme de contrepoint rendu à L’Étranger d’Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l’identité. En appliquant cette réflexion à l’Algérie contemporaine, Kamel Daoud, connu pour ses articles polémiques, choisit cette fois la littérature pour traduire la complexité des héritages qui conditionnent le présent.

Mai, 2014 / 11,5 x 21,7 / 160 pages / ISBN 978-2-330-03372-9 / prix : 19, 00€

Une saison blanche et sèche. André Brink

Afrique du Sud dans les années 70. Le monde est séparé en deux parties inégales : les Afrikaners et les noirs. Quand une partie de la population s’éveille, tout n’est pas aussi simple, c’est ce que nous montre André Brink dans son superbe roman « Une saison blanche et sèche »

DomiCLire_une_saison_blanche_et_seche.jpgNous suivons le récit d’un éveil, celui de Ben Du Toit, professeur à l’existence banale d’un blanc à cette époque. Existence classique jusqu’au jour où sa vie bascule, où il se rend compte que tout n’est sans doute pas aussi simple, aussi clair, dans le partage du monde et surtout de son pays.

Il va mener une enquête sur les circonstances de la mort de Jonathan et surtout de Gordon, un employé de son école et son fils, circonstances bien confuses et pour lesquelles il va chercher à établir la vérité. Mais rien n’est simple ni évident dans l’Afrique du Sud des années de l’apartheid.
Un roman étonnant, où un simple fait divers, des sentiments très humains et en apparence banals, quotidiens, amènent le lecteur à se poser des questions bien plus profondes sur le drame de ce pays. A replacer l’année où il est paru, un roman très intéressant et particulièrement bien écrit.

à propos de l’auteur :

André Brink avait 79 ans, il s’est éteint hier vendredi, de retour de Belgique où il venait de recevoir un doctorat d’honneur de l’université catholique de Louvain. André Brink était un blanc, afrikaner, descendant d’une famille de colons boers, arrivés en Afrique depuis trois siècles. Ami de Nelson Mandela, défenseur des droits de l’homme noir. 

Son dernier roman, Philidia, est paru en 2014.


Catalogue éditeur : éditions Stock / Livre de poche

Ben Du Toit est un Afrikaner bien tranquille – un père de famille sans histoire que rien ne distinguerait de ses quatre millions de frères et soeurs bien tranquilles, sûrs d’eux-mêmes et de leur supériorité. Jusqu’au jour où Ben veut savoir. Savoir pourquoi le jeune fils de Gordon, le jardinier noir de l’école où il enseigne, a disparu sans laisser de trace dans les locaux de la police sud-africaine. Savoir pourquoi Gordon va disparaître à son tour, qui cherchait à connaître la vérité sur la mort de son fils. Savoir ce qui se cache sous les versions officielles. Savoir, par exemple, ce qui s’est vraiment passé à Soweto. Savoir au fond ce qu’est la vie de ces millions de Noirs qu’il a côtoyés toute sa vie sans les voir. Mais au pays de l’apartheid, il ne fait pas bon vouloir trop en savoir. Le long de son douloureux chemin de Damas, Ben va peu à peu le découvrir. Et l’amour de Mélanie, engagée dans le même combat que lui, ne le protégera pas de la machine infernale qui s’est mise en marche. Implacablement.
André Brink est né en Afrique du Sud en 1935. Il est professeur de littérature contemporaine à Rhodes University. Toute son œuvre est publiée en France aux Éditions Stock. Une saison blanche et sèche avait été couronné par le Prix Médicis étranger en 1980. Ce roman est aujourd’hui porté à l’écran par Euzhan Palcy, avec parmi les acteurs principaux, Donald Sutherland et Marlon Brando.

416 pages / Date de parution: 12/05/ 1982 / Français / EAN / ISBN: 9782253029465