Le goéland qui fait miaou, Jérôme Attal, Sylvie Serpix, Constance Amiot

Au détour d’une allée du salon du livre de Boulogne, échanger avec Jérôme Attal, et découvrir ce livre/disque aussi bienveillant que poétique destiné aux enfants

J’aurai presque envie de dire, à la manière de Desnos, un goéland qui fait miaou, ça n’existe pas, ça n’existe pas. Mais le contexte n’étant pas celui du poème de Desnos, je ne le dirais pas. Et après tout, oui, un goéland qui fait miaou, ça existe, la preuve !

Kino vit sur le toit de la maison de Cordélia, au bord de la mer. Ses parents, comme les parents de Cordélia, sont partis faire un tour, les uns au restaurant, les autres pour chercher à manger pour leur petit goéland qui ne peut pas encore voler de ses propres ailes.

Mais un coup de vent, et vlan, voilà bébé goéland tombé dans le jardin. Heureusement sain et sauf. Occasion inespérée pour lui de faire la connaissance de tous les animaux qui vivent au ras du sol. Ce que ne peut pas faire un goéland en temps normal, vous en conviendrez. Et de suivre leurs conseils, les écouter parler de leurs vies, de l’entre aide, du soutien bienveillant que l’on peut s’apporter.

Le voisin de Cordélia, est un monsieur acariâtre qui déteste et chasse les goélands. Il lui semble bien avoir entendu Kino. Alors, comment va-t-il pouvoir s’en sortir ? Lisez vite ce joli recueil à vos petits et vous le saurez !

Le texte peut être découvert avec le CD joint, cela permet de laisser les enfants profiter de l’histoire et des chansons. Voilà des situations, un vocabulaire, des personnages à la fois attachants et réalistes avec toute leur magie et leur esprit de solidarité (ou pas !). De jolis dessins accompagnent ces textes absolument charmants. C’est joli, émouvant, instructif et très poétique, j’ai particulièrement aimé le niveau du vocabulaire, ni trop, ni trop peu.

Catalogue éditeur : Le label dans la forêt

Récit et paroles par Jérôme Attal | Musique et chant par Constance Amiot | Illustrations par Sylvie Serprix | Raconté par Robinson Stevenin

Sur un bord de mer, où les toits des maisons sont le terrain de chant des goélands, avec les vents marins comme complices, Kino, bébé Goéland, va vivre une aventure-road-trip à pattes – à travers un jardin.
Kino ne sait pas encore voler, c’est comme ça qu’il va d’abord apprendre à faire miaou ! Il doit échapper au vilain voisin monsieur Orbide, qui en veut aux goélands. Il va rencontrer certains habitants du jardin qui lui démontreront « qu’on apprend toujours beaucoup des autres » : un ver universaliste, une tortue individualiste, un hérisson amoureux, et surtout une géante prénommée Cordélia, l’enfant qu’il n’oubliera jamais.

Le récit de Jérôme Attal est narré par le comédien Robinson Stevenin dans un décor mêlant sons de bord de mer et instruments « imitateurs ». Les chansons, interprétées et composées par Constance Amiot, sont des petits portraits des habitants du jardin : folk, accents jazzy, swing, western et même hip-hop avec le featuring de Yoshi Di Original. Ecoutez-lisez-regardez en simultané, c’est l’expérience du livre disque, l’aventure du Goéland qui fait miaou… Miaou.

A partir de 4 ans / Prix : 19,90 euros / Format : 23x24cm / 36 Pages / CD : 34 minutes / Sortie le : 12/10/2017

Les reins et les cœurs, Nathalie Rheims

Quand la vie ne tient plus qu’à un fil, la résurrection est parfois au bout du chemin, découvrir « Les reins et les cœurs » le récit de Nathalie Rheims

couv du récit les reins et les cœurs de Nathalie Rheims photo Domi C Lire

« Les reins et les cœurs » le récit témoignage de Nathalie Rheims paru aux éditions Léo Scheer est le vingtième livre de l’auteur. Mais pour celui-ci elle n’a pas eu besoin d’imagination, ni de personnages fictifs, mais bien d’une réalité qui poursuit les femmes de sa famille de génération en génération. Jusqu’au jour où cette maladie héréditaire la frappe à son tour. Jusqu’au jour où ses reins s’arrêtent de fonctionner.

Bien sûr au départ il y a le déni – pas moi, je ne suis pas de cette famille-là-, le doute –et si c’était vrai- puis la révolte, la faiblesse et l’abandon, faut-il rendre les armes ou accepter l’inéluctable, ce par quoi sont passées les autres femmes, mère, tantes, grand-mère…

Alors que son corps abdique et que la mort semble si proche, il en aura fallu de la volonté, du courage, et l’aide et le travail de la médecine et des personnels soignants pour remonter la pente vertigineuse qui mène à la mort, puis le don absolu pour parvenir à l’impossible, le reins d’un autre, pour retrouver la vie au bout de ce tunnel de souffrance inimaginable.

J’ai fait cette lecture en apnée, impossible à lâcher, c’est un témoignage particulièrement émouvant, mais aussi tellement positif. Moi qui vit avec une mère malade des reins depuis tant d’années, avec un père décédé d’un cancer du rein, comment-dire, je suis émue, touchée, bouleversée par ce livre.

En lisant ce récit, impossible de ne pas penser également au roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants.

Catalogue éditeur : Léo Scheer

« J’avais fini par imaginer que les reins, parce qu’ils fonctionnent sans qu’on puisse rien en savoir, sont le véritable siège de l’inconscient. J’avais opté pour les maintenir dans cette sphère de mon ignorance. Inutile de fouiller dans ces zones d’ombre, je savais très précisément où cela me conduirait. Qui étais-je pour me croire l’égale de celui qui, seul, peut sonder les reins et les cœurs ? »
Pour écrire ce texte, Nathalie Rheims n’a pas été guidée par son imagination. Confrontée à une réalité implacable, elle raconte une année de lutte contre un mal singulier, qui, de génération en génération, frappe toutes les femmes de sa famille. Arrivée aux limites de ce que le corps et la conscience sont capables d’endurer, elle doit faire un choix, auquel elle n’aurait jamais cru devoir faire face, un choix sublimé par le don, mais rongé par le sentiment de culpabilité.

Parution 21 août 2019 / 216 pages / 18 euros / EAN 9782756112909

Et si c’était lui ? Jean-Loup Felicioli

Pourquoi on aime ce conte de Noël tellement humain qui invite au partage.

Alors que toute la famille est en balade en direction du parc, sous la neige quel plaisir de pouvoir faire bonhomme de neige et bataille de boules, le chien de la famille trouve un homme allongé sur le sol, seulement protégé par une mine couverture bleue…

Vite, les secours, l’hôpital… et voilà une petite fille qui se pose des questions, pourquoi cet homme était-il là sous la neige, il n’a pas de maison ? Est-il est seul ? Abandonné ?

Après quelques négociations, la petite fille réussi à convaincre ses parents d’aller le voir à l’hôpital… Elle a très envie de l‘inviter pour Noël, car il ne saurait passer les fêtes seul n’est-ce pas ? Mais cet homme-là est bien mystérieux, et le soir de Noël il a tant de travail…

Voilà une jolie histoire, comme un conte magique où malgré le thème difficile des sans-abris abordé par l’auteur avec infiniment de finesse, l’humanité et la bonté dont savent faire preuve naturellement les enfants et la magie de Noël opèrent une fois de plus des miracles. Le décor et les couleurs un peu surannés sont assez jolis et de grandes illustrations pleine page en format paysages donnent toute sa splendeur au graphisme.

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Catalogue éditeur : Syros

Cette nuit, il a neigé. Tout est blanc et calme sur le chemin qui mène au parc. Chloé et son chien Zorro découvrent, derrière un banc,un vieux monsieur endormi sous une couverture bleue… Qui peut-il bien être ?

Après le succès des films d’animation Une vie de chat et Phantom Boy, le somptueux premier album de Jean-Loup Felicioli.

Éditions Syros Jeunesse / Octobre 2018 / 48 pages / 15,95euros / Album Jeunesse dès 4 ans

Une prière à la mer. Khaled Hosseini

Ce livre n‘est pas une bouée, mais bien « Une prière à la mer », comme un cri d’amour lancé par Khaled Hosseini.

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Une prière pour ces hommes que l’on espère saufs lorsqu’ils traversent la méditerranée pour trouver refuge loin des terres hostiles de leurs pays d’origine. Afghanistan ou Syrie, là-bas la guerre fait rage et la vie des civils n’est plus depuis longtemps un bien précieux à protéger.

De cet auteur, j’avais aimé Les cerfs-volants de Kaboul, ce roman bouleversant et éclatant de vie et de douleur adapté à l’écran avec grande justesse, qui nous transportait dans cet autre monde, de l’autre côté de la mer. Puis Mille soleils splendides, digne successeur du premier roman.

Aujourd’hui Khaled Hossein nous revient avec ce court livre illustré par Dan Williams. En s’adressant à son fils Marwan, il s’adresse à tous ces enfants, ces hommes et femmes, migrants contraints à fuir leur pays en guerre pour le calme rêvé d’un pays d’accueil. Ils traversent tant de mers et tant de pièges que nul d’entre eux n’est certain d’atteindre l’autre rive, celle du salut, celle de l’espoir. Espoir irrémédiablement anéanti pour tous ceux qui sombrent en mer. Morts en mer pour ne pas mourir sur place, pour ne pas mourir sans espérer.

Ce livre est un hommage poignant et sincère à tous ces migrants qui cherchent le chemin de la liberté. Publié par les éditions Albin Michel, pour chaque livre vendu 1€ sera versé à l’association La Cimade.

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Catalogue éditeur : Albin-Michel

Marwan, mon cher enfant, je contemple ton profil éclairé par la lune, tes cils que l’on dirait calligraphiés, tes paupières closes dans ton sommeil innocent. Et je te dis : « Donne-moi la main. Tout ira bien. »

Né en 1965 à Kaboul, Khaled Hosseini est un auteur américain d’origine afghane. Il a écrit Les Cerfs-volants de Kaboul (Belfond, 2005), Mille soleils splendides (Belfond, 2007) et Ainsi résonne l’écho infini des montagnes (Belfond, 2013). En 2006, il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). (Source la Cimade)

Édition cartonnée 12.00 € / 12 Septembre 2018 / 160mm x 247mm / EAN13 : 9782226437594

Ne m’appelle pas Capitaine. Lyonel Trouillot

Quand deux mondes que tout oppose se rencontrent. Dans « Ne m’appelle pas Capitaine », Lyonel Troulliot nous fait découvrir une nouvelle facette de cet Haïti intime qu’il connait si bien.

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Aude est élève journaliste. Le prochain devoir de ce futur grand reporter ? Enquêter sur des faits, des lieux, des dates, de préférence dans un milieu qu’elle ne connait pas. Elle choisit Morne Dédé à Port-au-Prince, ce quartier connu pour avoir abrité les opposants au régime des Duvalier, quartier en tous points à l’opposé de celui où elle vit. Car Aude est une jeune fille issue de la grande bourgeoisie de Port au Prince. Née du bon côté, elle possède une voiture, des robes fabuleuses, jouit pleinement du confort moderne de la luxueuse maison familiale, dans cette société Haïtienne qui vit à l’abri dans des résidences sécurisées.

Elle choisit d’aller dans ce quartier pauvre dont elle ne sait rien où elle va rencontrer Capitaine, un survivant des années de dictature. Lui le résistant, le maitre en arts martiaux qui rêvait de créer une maison comme un lieu d’apprentissage où chacun pourrait tisser des liens pour faire vivre ce quartier déshérité, ne vit plus désormais que dans le regret et le rêve de ses amours perdues.

Peu à peu, de rencontre en monologue, de discussion en échange, Aude se révèle à elle-même. Ces visites à Capitaine agissent sur elle comme un révélateur. Car tout coup elle n’appartient plus à une famille mais elle pense enfin en son nom. Elle a des idées, des opinions et c’est nouveau pour elle. Elle qui vit depuis toujours dans une certaine opulence et d’un seul côté de la barrière se réveille aux autres. A ces autres à qui elle s’adresse d’abord maladroitement, car pour une fois ils ne sont pas là pour la servir mais au contraire ils sont ses égaux et c’est nouveau pour elle.

Lyonel Trouillot nous offre ici une étonnante vision humaine et solidaire d’Haïti, l’ile aux multiples visages. Toute la beauté de ce roman tient dans cet échange, dans ces deux voix qui se craignent, se repoussent, puis se mêlent et se rejoignent. Celle d’Aude et celle de Capitaine, chacun méfiant, chacun si loin de l’autre, puis d’une certaine façon de plus en plus proche. Le lecteur assiste à l’éveil d’une conscience, non pas tant du mal vers le bien mais plutôt de la richesse qui isole vers la conscience qui rapproche et qui révèle. C’est la rencontre de deux personnes que tout oppose, qui n’ont rien en commun mais qui vont se découvrir, s’éveiller l’un à l’autre, par ce chemin improbable qu’ils vont faire l’un vers l’autre, alors que rien ne pouvait le laisser présager !

💙💙💙💙

A propos d’Haïti, vous pouvez retrouver également mes chroniques des romans de Louis-Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent, ou de Yanick Lahens, Douces déroutes.

Catalogue éditeur : Actes Sud

Quand Aude, aspirante journaliste, décide de frapper à la porte de Capitaine pour enquêter sur le Morne Dédé, elle n’est rien d’autre aux yeux du vieil homme qu’une jeune bourgeoise qui n’a connu que “des souffrances de contes de fées”, l’héritière d’une longue tradition de familles opulentes ayant bâti leur fortune sur le dos des pauvres gens.
Mais à ce vieillard acariâtre figé dans son fauteuil, la jeune fille offre également l’occasion de déchirer le silence, provoquant d’abord sa colère, puis parvenant peu à peu à ressusciter le grand maître d’arts martiaux qu’il a autrefois été, du temps où il se battait pour faire vivre son club, un lieu d’apprentissage, du temps où une mystérieuse élève l’avait ensorcelé et enjoint à servir “la cause”, une femme dont il était tombé fou amoureux avant de la haïr.
Parce qu’elle apprend à poser un regard critique sur le milieu protégé dont elle est issue, qu’elle sait, dès lors, voir plus loin que le bout de son portail sécurisé, Aude commence à faire sa place dans cet ailleurs. En la personne du vieil homme et de quelques jeunes “échoués”, elle identifie un autre monde, une nouvelle humanité et, avec elle, le chemin pour faire de la vie une cause commune.

Août, 2018 / 11,5 x 21,7 / 160 pages / ISBN 978-2-330-10875-5 / prix indicatif : 17, 50€

L’archipel du Chien. Philippe Claudel

L’archipel du Chien, de Philippe Claudel, un conte moderne pour décrire un territoire qui rassemble tous les mondes, tous les humains, pour un étrange panorama de l’humanité dans ce qu’elle a de plus banalement inhumain peut-être…

Domi_C_Lire_l_archipel_du_chien.jpgSur cet archipel du Chien, un volcan menace de se réveiller, les autres iles de l’archipel sont désertes, l’activité manque, la pêche reste la seule ressource, et Oh miracle, un consortium propose de créer un centre balnéaire qui va enfin pouvoir faire vivre la communauté… Mais c’est compter sans le hasard…
L’auteur a choisi un lieu imaginaire pour planter son décor. S’il n’existe pas vraiment, nous pourrions cependant le situer en de nombreux endroits de ces mers et océans qui nous entourent, sur ces terres que nous connaissons bien. On peut l’associer par exemple aux Iles Canaries, où pendant de nombreuses années les  migrants venus d’Afrique se sont échoués sur les rives de l’archipel.

Ici, on ne sait pas d’où ils arrivent, mais ils sont là… Par un petit matin pareil à tous les autres, le chien de la Vieille, une ancienne institutrice acariâtre, découvre trois cadavres échoués sur la plage. Que faire, qu’en faire, comment faire ?

Alors dans le village, tout ce qui compte comme autorité va avoir un mot à dire, le maire, qui n’a de nom que sa fonction de maire, représentant de l’autorité sur l’ile, le prêtre et ses abeilles, qui a l’air de planer au-dessus des contingences et ne montre pas beaucoup plus d’humanité que tous les autres, sauf pour ses abeilles, le commissaire, le docteur bien sûr, qui est l’aidant, le soignant, mais le sera-t-il dans ce cas ? Puis l’instituteur, le seul à se rebeller et à démontrer une forme d’humanité.
On le comprend vite, chaque protagoniste va à sa façon défendre l’ile, les habitants, leur futur tranquille et sans histoire, pensant qu’il a les meilleures raisons du monde tout en ayant à la fois tord et raison… Après avoir fait le nécessaire pour ne plus voir les corps des naufragés, ils vont devoir vivre avec le souvenir de ce drame et affronter la rébellion de l’instituteur. Mais tout ne se passera pas comme ils l’ont imaginé… là il est difficile d’en dévoiler davantage.

J’ai trouvé le parti pris de l’auteur intéressant. Il nous montre avec ses personnages caricaturaux, que l’on peut être dans le vrai et pourtant se fourvoyer, que chacun a ses raisons pour faire avancer le monde qui l’entoure, fort de ses attributions ou de son rôle, mais que la morale, la vérité, et le bien commun ne sont pas toujours pris en compte, et qu’il est parfois bien facile – ou difficile ? –  de ne pas basculer dans la peau d’un sauveur ou dans celle d’un malfaiteur.

Si j’ai trouvé parfois l’intrigue un peu inégale, il y a cependant dans L’archipel du Chien la morale et l’humanité, servis ou bafoués, la lâcheté et le courage, le mensonge et la fuite, des situations et des sentiments tellement communs et sans doute humains qu’ils semblent véridiques. Et qui confrontent le lecteur à ses propres sentiments, à ses propres questionnements : qu’aurions nous fait ? Voilà assurément un roman qui pousse à la réflexion, comme sait si bien nous les offrir Philippe Claudel et sa belle écriture.

Relire le compte rendu de la rencontre avec Philippe Claudel, avec les éditions Stock, lors de la sortie du roman.

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Catalogue éditeur : Stock

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que  quelque chose allait se produire.

Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans  brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île,  dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait  ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de  meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des  vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient  liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits.
On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur.
Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à  propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée,  ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche,  de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en  heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète,  pour tout dire clandestine. »

Parution : 14/03/2018 / 288 pages / Format : 138 x 215 mm / EAN : 9782234085954 / Prix : 19.50 €

Le loup en slip se les gèle méchamment. Mayana Itoiz, Wilfrid Lupano & Paul Cauet

On aime cette BD qui nous parle du loup, qui en parle aux petits, mais qui est tellement utile aussi pour les plus grands ! à consommer sans modération.

Domi_C_Lire_le_loup_en_slip_2Vous aussi vous avez lu Le loup en slip ? Alors vous savez déjà que depuis que la chouette lui a tricoté un chouette slip, il ne se les gèle plus, les fesses ! Du coup, il n’est plus aussi terrifiant qu’avant et il ne fait plus peur aux habitants du  village dans la forêt. Alors depuis que chacun peut vaquer à ses activités, certains ont prospéré bien plus que d’autres, et leurs affaires florissantes ont quelque peu envahi le territoire.

Mais voilà l’hiver qui se pointe, et il fait froid, très froid même.
Mais voilà aussi le loup qui se pointe au village, et il le dit et le répète, « On se les gèle ici ! ». Alors chacun d’avoir à nouveau peur, car lorsqu’il a froid, le regard du loup devient terrible et il fait très peur… et s’il se mettait à les manger tous ? On lui envoie des émissaires pour tenter de l’amadouer, mais ils ne reviennent pas, où sont-ils passés ?

C’est ce que vous allez découvrir, pour le régal de tous. Car la morale de l’histoire est une belle morale pour les petits autant que pour les grands… protéger les faibles, ce n’est pas seulement l’affaire de certains, mais bien plutôt l’affaire de tous.

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Catalogue éditeur : Dargaud

L’hiver arrive, il neige, il fait froid… Grognon, le loup répète sans cesse qu' »on se les gèle » ! Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ? Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Dessinateur : Mayana Itoïz / Scénariste : Wilfrid Lupano / Coloriste : Mayana Itoïz

/ Auteur : Paul Cauuet  / 40 pages / Format : 225×298 / EAN : 9782505070405