Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel, musée Jean-Jacques Henner

Partir à la découverte de ce musée parisien lors de la visite de l’exposition Roux !

Les reflets d’incendie de ces chevelures rousses en ont fait des sources de préjugés, rouge du démon et des enfers, des sorcières et de la trahison. Le musée Jean-Jacques Henner réhabilite cette couleur flamboyante, aujourd’hui souvent affirmée et choisie. Il permet d’apporter un regard neuf sur l’œuvre de cet artiste en particulier, et de nombreux autres également présentés dans les différentes salles du musée.

Depuis la flûtiste d’Idylle, son premier tableau en 187, le roux va jouer un rôle primordial dans sa créativité artistique et signer sa singularité. De nombreux croquis et esquisses, ainsi que des tableaux qui représentent ses modèles posant pour lui sont présentés dans les salles de ce bel hôtel particulier. Peindre des cheveux roux lui permet de donner à ses toiles une plus grande sensualité.

Enfin, si la rousseur est le plus souvent associée au traître Judas, Jean-Jacques Henner quant à lui décide de peindre Le Christ roux.

Aux côtés des tableaux de Jean-Jacques Henner, le visiteur découvre des œuvres de Renoir, Maurin, Carolus-Duran ou Maxence, qui ont su à leur tour magnifier des femmes aux chevelures rousses qui affichent la couleur sur la toile des maîtres coloristes.

La force d’une couleur : Couleur qui se voit et qui fait écart avec les autres, Michel Pastoureau. « Le roux est une véritable couleur qu’il utilise soit en camaïeu sur toute sa toile, soit uniquement pour les cheveux afin de capter le regard dans un tableau aux ombres très présentes. Le rouge-orangé est alors renforcé par la présence du bleu-vert, sa couleur complémentaire.« 

Quelques traits de sanguine : la sanguine permet de mettre en lumière l’importance de cette couleur, c’est l’outil idéal du peintre. « Parce qu’ils sont peu nombreux, les roux peuvent susciter des réactions ambiguës mêlant fascination et répulsion. Les préjugés à leur égard sont nombreux et veulent que les roux soient des traîtres violents et les rousses des sorcières luxurieuses. »

Rousseur et préjugés : Ils attirent l’attention par leur singularité, peuvent être l’objet de moqueries ou de sévices, comme pour Poil de Carotte, le héros de Jules Renard, mais lorsqu’elle est un choix totalement assumé cette couleur renforce la personnalité, on pense par exemple à David Bowie ou même Axel Red.

Comme le rappellent si justement les informations de cette exposition, les rousses sont également nombreuses dans la poésie et le roman. Avec son célèbre poème À une mendiante rousse, publié dans le recueil Les Fleurs du mal en 1857, Charles Baudelaire associe la rousseur à la prostitution et à la pauvreté.

Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous,
Laisse voir la pauvreté,
Et la beauté,
Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Le Musée Jean-Jacques Henner situé 43, avenue de Villiers 75017 Paris est ouvert du lundi au dimanche de 11h à 18h.

Fermeture mardi et jours fériés (1er janvier, 1er mai, 25 décembre). Nocturne jusqu’à 21h le deuxième jeudi de chaque mois.

Écoute-moi bien. Nathalie Rykiel

« Écoute-moi bien » publié chez Stock, est le récit émouvant d’un amour fusionnel et d’une entente hors du commun entre une fille et sa mère, récit porté par l’écriture sobre et délicate de Nathalie Rykiel.

DomiCLire_ecoute_moi_bien.jpegNathalie Rykiel publie ici un bel hymne à Sonia Rykiel, cette mère avec qui elle a vécu un amour fusionnel et qu’elle a accompagné tout au long de ses belles années comme dans les plus terribles, celles de la maladie.

Il y aura dans la vie de Sonia, la jeunesse, le mariage, les amants, les enfants, la créativité débordante et assumée, qui en font une femme unique et indépendante. Et l’on comprend vite que tant la mère que la fille ne peuvent vivre l’une sans l’autre, même si la fille a besoin de se différencier de cette mère envahissante et aimante à la fois, unique et inventive, merveilleuse et exigeante.

Puis il y aura aussi les années de travail en commun, où chacune va trouver sa place, création, organisation, créativité foisonnante. Enfin, il y aura la maladie, celle qui vous transforme, qui détruit tout, même les plus belles personnes. Cette maladie qui démunit même les plus forts, qui vous fait devenir dépendant, enfant, soumis, alors que vous étiez si rebelle, libre, magnifique.

En peu de pages, peu de mots, mais avec tellement d’émotion et de justesse, de sobriété et d’élégance, Nathalie Rykiel dit tout, les années de jeunesse, puis les années du succès, de la créativité, enfin les années où cette P de P (Parkinson) vient tout détruire. Il y a tellement d’amour, de reconnaissance, de fidélité à cette mère unique et flamboyante dans ces pages que ce très beau récit ne peut que nous toucher.


Catalogue éditeur : Stock

« Je souris, j’y pense, tu te voyais peut-être l’héroïne de mon roman, le roman de ma vie…
En voici une version. C’est ton cadeau. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot maman. On partage. Mon sujet ce n’est pas toi, c’est nous. Nous deux. »

Collection : La Bleue / Parution : 10/05/2017 / 144 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234083264 / Prix : 17.00 €