Le souffle de la nuit, Alexandre Galien

Une plongée en eaux troubles, entre réseaux de prostitution et poupées vaudou

Dès les premières pages, plusieurs intrigues s’écrivent en parallèle. D’abord Valmy et ses cauchemars. Depuis la disparition de sa femme et l’arrestation d’un tueur en série, le flic s’est mis en retrait de la police. Il vit désormais à Lagos, au Nigeria où il est l’adjoint de l’attaché de sécurité intérieure à l’ambassade de France.

Au Nigeria, l’envoûtement d’une jeune femme a qui on fait miroiter une belle vie en France, mais que la Madam prépare pour qu’elle soit soumise aux pires réseaux de prostitution, sans espoir de retour.

Dans le bois de Vincennes, le meurtre sordide d’un flic de la mondaine met en alerte toutes les force de PJ du 36 Bastion. Alors que Philippe Valmy est parti depuis un an, ce meurtre interpelle ses anciens acolytes qui vont avoir besoin de ses lumières.

L’enquête, difficile, va faire plonger le lecteur dans la vie de la nuit, des réseaux de prostitution, des poupées Vaudou et des moyens de pression exercés envers ces filles qui n’ont aucune chance de s’en sortir tant le poids des croyances impacte leurs réactions.

L’auteur vient du sérail, c’est un ancien policier de la direction régionale de PJ, ce mythique 36 qui a déménagé du quai des orfèvres vers les rives du Bastion. On ne s’étonnera pas dès lors qu’il maîtrise parfaitement tant les rouages des enquêtes que les tensions entre les différents services ou chefs de services. Tout comme les mentalités des flics, des enquêteurs, de ceux dont le métier implique souvent de se blinder psychologiquement pour affronter les pires scènes, mais aussi de résister à la pression de la hiérarchie ou du politique.

Guerre des polices et des services, tension entre pays, petits arrangements et immunités diplomatiques, chantage aux grands groupes internationaux, de nombreux sujets sont ici abordés. Le tout sous couvert d’une enquête palpitante qui nous fait courir à cent à l’heure entre les différents site de polices, les personnages, les intrigues qui s’intriquent habilement et judicieusement.

Une écriture concise, factuelle, documentée, crédible et percutante. Un roman très actuel, qui pulse et que l’on n’a pas envie de finir trop vite. Ou alors dites nous que le prochain arrive vite ! Ah, mais il me reste à découvrir Les cicatrices de la nuit, le roman d’Alexandre Galien lauréat du Prix du Quai des orfèvres 2020.

Pour aller plus loin et mieux comprendre les réseaux de prostitution africains et leur pouvoir sur les filles, on ne manquera pas de lire aussi l’excellent thriller Les sirènes noires de Jean-Marc Souvira.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

« Les silences de Valmy, au bout du fil, avaient résonné dans leurs oreilles comme le sifflement d’un corps qui tombe droit dans l’abîme. Pourtant quand le chef de la Crim’ avait prononcé les mots « meurtre », « poupée criblée de cicatrices », « vaudou » et « bois de Vincennes », une tension inhabituelle avait envahi la pièce. Jean et le commissaire ne surent dire si c’était sa respiration qui avait changé, ou s’il était habité d’une force inconnue, mais le Valmy qu’ils connaissaient avait repris le dessus. »

Des faubourgs de Barbès aux dorures des ambassades, entre prostitution et magie noire, le groupe de Philippe Valmy se reforme pour traquer un tueur sanguinaire qui met à vif les cicatrices du passé.

Après des études de droit et de sciences criminelles, Alexandre Galien a intégré la direction régionale de la police judiciaire. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Trente ans, du talent à revendre, il est le plus jeune lauréat du prix du Quai des Orfèvres, obtenu pour Les Cicatrices de la nuit. Depuis septembre 2020, il enseigne le cours « Roman noir , époque sombre » à la chaire d’écriture et de rhétorique de Sciences Po Paris. Un profil hors normes à suivre de près !

Parution : 24/09/20 / Prix :18.95 € / ISBN : 9782749944159

La crypte du diable. Dominique Faget

Avec « La crypte du diable », je découvre l’écriture de Dominique Faget, sa passion évidente pour l’histoire – ici nous allons faire une incursion au XVIIe siècle – et son habileté à nous plonger dans son histoire !

DomiCLire_la_crypte_du_diable

C’est un véritable plaisir de savoir que nos auteurs régionaux écrivent et parlent aussi bien de leurs régions et des villes qu’ils connaissent parfaitement. Avec Dominique Faget, nous embarquons pour Bordeaux. Ici, l’auteur mêle habilement deux époques, 1628 et aujourd’hui. Si la ville est aujourd’hui prospère et magnifique, elle a également connu des temps tout aussi glorieux mais où les croyances, la maladie, la bêtise, étaient monnaie courante.

1628, c’est une époque sombre où les sorcières étaient brulées sur les bûchers, où les prêtres avaient un vrai pouvoir, et où les pères pouvaient décider de l’avenir de leurs enfants, de leurs filles en particulier. Nous découvrons le sieur Chantecaille, riche marchand bordelais et sa famille. Fabrizzio, un jeune peintre italien, doit réaliser le portrait de Catherine, l’ainée de ses filles. Il tombe immédiatement sous le charme…

Aujourd’hui à Bordeaux, les cadavres d’hommes plus ou moins connus dans le bordelais s’amoncellent, on en découvre presque chaque jour dans les eaux glacées de la Garonne, atrocement mutilés, et porteurs de signes religieux étranges. Les services de la PJ ne chôment pas et l’enquête s’avère difficile.

Dans l’église saint Pierre, le prêtre héberge Marie, une ex SDF. Elle tente de revenir à la vie, et l’on comprend vite qu’un évènement particulièrement douloureux de son passé lui a laissé d’importantes séquelles.

Une mystérieuse crypte et le tableau d’une Madone caché dans l’église semblent être le fil conducteur de l’intrigue. Mais quel lien entre chacun des évènements, des personnages… en dire plus serait certainement en dévoiler trop !

L’alternance entre les deux époques est assez facile à suivre car elle est parfaitement introduite dans chaque chapitre, le lecteur est pris par la main… enfin, pas tant que ça, il est aussi plongé en plein mystère ! Mais grâce à une écriture savamment maitrisée et un soucis de la vérité historique évident, l’auteur, par une grande précision dans ses descriptions en particulier des détails, de l’architecture, des arts et de la vie de la société, mais aussi des relations entre les personnages et de leurs psychologies parfois complexes, nous embarque dans une intrigue menée tambour battant. Dominique Faget tient son lecteur en haleine et vous le verrez, nos plus grandes certitudes s’effondrent à mesure et le suspense est tenu jusqu’au bout, mêlant une véritable intrigue policière actuelle à un récit historique haletant. Tout est là pour vous donner envie de tourner les pages, et qui sait, d’aller vite visiter cette belle ville qu’est Bordeaux ?

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Catalogue éditeur : Vents Salés

Une sulfureuse affaire au cœur du Vieux Bordeaux !

Pourquoi le tableau d’une Madone peint durant l’épidémie de peste de 1628 a-t-il été dissimulé dans l’église St Pierre ?
Pourquoi ces cadavres repêchés dans la Garonne, ont-ils des symboles religieux fichés dans les chairs ?
Quel rôle a joué cette crypte inexplorée qui plonge sous le quartier St Pierre ?

Une longue et difficile enquête commence pour la P.J. de Bordeaux qui affrontera l’incompréhensible, avec une énigme dont la solution se trouvera dans le passé.

Éditons Vents Salés. ISBN : 978 2 35452 145 5