Oublier Klara, Isabelle Autissier

Oublier Klara ? Un avis de tempête émotionnelle dans les eaux glacées de la Russie soviétique.

Dans la Russie d’aujourd’hui, à Mourmansk, un port situé sur la mer de Barents au bord de l’océan glacial Arctique, Iouri retrouve son père Rubin,un capitaine de chalutier qui se meurt d’un cancer. Rubin veut à tout prix retrouver la trace de Klara, cette mère qu’il s’est efforcé d’oublier toute sa vie, évinçant d’office tout souvenir de celle qui lui a donné le jour. Car cette femme géologue qui menait des recherches scientifiques stratégiques a été arrêtée un beau matin à son domicile par les sbires de Staline et envoyée au goulag. Des années durant, son époux, le père de Rubin, et son fils font tout pour l’oublier. Au seuil de la mort, ce fils orphelin veut comprendre pourquoi cette femme qui a refusé de se soumettre a payé de sa liberté sa rébellion assumée.

Là, dans cet univers glacé qu’il avait tout fait pour fuir, tous les souvenirs et la requête de son père entraînent Iouri dans l’URSS de Staline et de Gorbachev. Aujourd’hui installé aux États-Unis ce spécialiste des oiseaux se souvient enfin de son enfance. Les années de jeunesse à observer les oiseaux, l’enfance difficile, l’adolescence sur le fil du rasoir, et cette forme de liberté qu’il a enfin  trouvée en Amérique.

Isabelle Autissier signe ici un véritable roman d’aventures qui nous fait redécouvrir les heures les plus sombres de la Russie soviétique. Le récit alterne entre la vie de Rubin et celle de Iouri, dans ce pays où les secrets, la suspicion et les trahisons sont le quotidien de tous. Avec comme un élément indispensable pour quitter ce monde sereinement, la recherche désespérée de ses racines, de ses origines et l’envie de comprendre pour enfin lâcher prise.
Le côté aventurier de l’auteur se retrouve avec plaisir dans ce récit où la nature est omniprésente, les oiseaux, la nature et une mer forte et généreuse, mais parfois également violente et menaçante.

Oublier Klara est un beau roman de transmission et d’aventure sur fond d’oppression et de secret de famille. Une lecture rafraichissante pour les chaudes journées de cette fin d’été, mais pas seulement.

Catalogue éditeur : Stock

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintien en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.
Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?
Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.

Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l’auteur de romans, de contes et d’essais. Elle préside la fondation WWF France. Son dernier roman Soudain, seuls a été un véritable succès. Il s’est vendu dans dix pays, et est en cours d’adaptation cinématographique.

Parution : 02/05/2019 / 320 pages / Format : 140 x 220 mm / EAN : 9782234083134 / Prix : 20.00 €

La succession. Jean-Paul Dubois

Comment vit-on le départ de ses proches, de ses parents, lorsque l’on ne rêve que de pratiquer son sport de prédilection sous le soleil de Miami. Dans « La succession », son dernier roman, Jean-Paul Dubois explore avec beaucoup de légèreté et d’ironie en apparence, les relations familiales, la transmission et l’héritage moral.

DomiCLire_la_succession.jpgPaul Katrakilis a laissé à Toulouse son père médecin, seul rescapé d’une famille où de grand-père en belle fille, d’épouse en beau-frère, comme une tare indélébile et génétiquement transmissible, le suicide est la seule porte de sortie. Paul a été initié jeune à la cesta punta au pays basque. Tout juste achevées ses études de médecine, il part pratiquer la chistera sous le soleil de la Floride. Là, il s’entoure de très peu d’amis, d’une femme qu’il aime sans espoir, et d’un chien qu’il sauve des eaux. Jusqu’au jour où le décès brutal de son père le contraint à revenir à Toulouse.
C’est alors le difficile retour dans la maison lourde des départs mais également de la présence toujours prégnante des défunts. Il est délicat de se réadapter, de changer de métier, d’affronter les souvenirs, de vider la maison, et sans doute de comprendre enfin qui était ce quasi inconnu, son propre père. La découverte sera pour Paul bouleversement, sidération, interrogation, puis compréhension et acceptation. C’est aussi un long cheminement vers la famille, l’héritage, la fatalité, la recherche d‘un bonheur parfois si difficile à trouver.

De cet auteur, J’avais adoré Une vie française dans lequel l’ironie piquante cède le pas à une grande sensibilité et à une vision particulièrement corrosive de toute une époque. On retrouve ici cette plume à la fois critique, mordante, et sensible.  Comme toujours dans les romans de Jean-Paul Dubois, la légèreté n’est qu’apparente. Les sentiments émergent et ont finalement la part belle. Les questionnements sont bien plus profonds qu’il n’y parait de prime abord, le destin, le choix que l’on a ou pas, la vie que l’on choisit, autant de questions auxquelles il est bien compliqué de savoir répondre. Tragique, comique, sensible, ironique, un brin désespéré et certainement désabusé, voilà du grand Jean-Paul Dubois.

Envie de suivre Paul de Toulouse à Miami…


Catalogue éditeur : Editions de l’Olivier

Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Jamais il n’a connu un tel bonheur. Pourtant, il se sent toujours inadapté au monde. Même la cesta punta, ce sport dont la beauté le transporte et qu’il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasserle poids qui pèse sur ses épaules.
Quand le consulat de France l’appelle pour lui annoncer la mort de son père, il se décide enfin à affronter le souvenir d’une famille qu’il a tenté en vain de laisser derrière lui.
Car les Katrakilis n’ont rien de banal: le grand-père, Spyridon, médecin de Staline, a fui autrefois l’URSS avec dans ses bagages une lamelle du cerveau du dictateur; le père, Adrian, médecin lui aussi, est un homme étrange, apparemment insensible; la mère, Anna, et son propre frère ont vécu comme mari et femme dans la grande maison commune. C’est toute une dynastie qui semble, d’une manière ou d’une autre, vouée passionnément à sa propre extinction.
Paul doit maintenant rentrer en France pour vider la demeure. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage.

Parution 18 août 2016 / Livre 140 × 205 mm 240 pages / EAN : 9782823610253 / 19,00 €