Que faire à Rouen ?

Partir sur les traces de Pierre Corneille ! Visiter deux maisons, l’une est la maison natale de Pierre Corneille, l’autre, l’ancienne métairie de la famille Corneille.

La maison natale de Pierre Corneille est située au 4, rue de la Pie à Rouen.

C’est dans cette maison qu’est né Pierre Corneille en 1606, qu’il a vécu et écrit en particulier sa pièce la plus célèbre, Le Cid. Il ne reste aucun meuble, si ce n’est un superbe coffre clouté au rez-de-chaussée, mais dans certaines pièces, l’ameublement a été reconstitué pour donner au visiteur une idée de ce que devait être la maison à l’époque, meubles du XVIIe et superbe bibliothèque.

A l’étage, de belles photos des acteurs les plus emblématiques du répertoire classique de Corneille, Gérard Philippe, Francis Huster, etc. et un rappel pas du tout inutile des différentes œuvres.

Le Musée Pierre Corneille est situé au 502, rue Pierre Corneille à Petit-Couronne, dans la banlieue proche de Rouen.

Si Pierre Corneille reçoit en héritage à la mort de son père, en 1639, la maison manante de Petit-Couronne, cette propriété était depuis un demi-siècle dans sa famille. Ce domaine était à l’origine constitué d’une ferme, d’un verger et de nombreux hectares de métairie. il sera vendu en 1686 par le fils de Pierre Corneille. En 1874, le Département fait l’acquisition de la propriété et installe ce musée-manoir cornélien. Dans les années 1956, la ville de Petit-Couronne connait un développement industriel important, on réalise alors qu’il faut sauvegarder l’aspect agreste de la ferme. Le potager date des années 1990, on y trouve seulement des espèces cultivées au 17e siècle.

On peut y visiter quelques salles. En passant tout d’abord par l’entrée, dont l’existence est attestée dès le début de la demeure en 1608, puis sur les cartes postales des 19e et 20e  siècles.

Vient ensuite une salle à manger, même si les pièces à l’époque de Corneille n’avaient pas de destination précise (on se souvient que l’on « dressait la table » dans la pièce dans laquelle le roi par exemple avait décidé de manger…).  On a donc imaginé que c’est au rez-de-chaussée que se préparaient et se prenaient les repas.

Un cabinet de travail, là sont surtout présentées des œuvres originales, peintures, sculptures représentant Pierre Corneille. Une belle armoire, originaire de la région de Rouen, date du milieu du 17e siècle.

Si l’on ne trouve pas vraiment de meubles ou d’objets ayant appartenu au célèbre écrivain rouennais, les deux visites sont très agréables et nous replongent dans l’univers du 17e siècle. De plus, à Rouen, les musées sont gratuits pour tous, il faut savoir en profiter !

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Quand Dieu boxait en amateur. Guy Boley

Dans son nouveau roman Guy Boley évoque son père forgeron et boxeur, artiste et comédien amateur. « Quand Dieu boxait en amateur », le roman d’amour d’un fils pour son père.

Domi_C_Lire_guy_boley_quand_dieu_boxait_en_amateur_grassetJ’avais découvert Guy Boley avec son premier roman Fils du feu, et particulièrement apprécié le style de cet auteur, unique et singulier, pour évoquer un homme, son père. J’avais aimé la puissance évocatrice de son écriture.

Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley part à nouveau à la rencontre de son père. Mais d’un père séducteur, un père qui s’est construit dans une misère relative. René est orphelin, élevé par une mère peu éduquée et qui a peur des livres, il devient forgeron puisqu’il faut bien vivre, et boxeur, car ça fait du bien de se sortir la tête des livres ! Devenu père de famille il sera également un temps comédien amateur.

La famille vit quelque part au bord du Doubs, du côté de Besançon. L’ami Pierrot, l’ami d’enfance, appelé par Dieu, est entré dans les ordres. Revenu au pays il devient l’Abbé de ce Dieu en qui ne croit pas René, mais dont il va lui parler toute sa vie. A tel point que pendant des années René va tenir le rôle de Jésus à la fête paroissiale … Jusqu’au drame, déjà évoqué dans le premier roman, dense et destructeur, la mort d’un enfant, d’un petit, repris par un Dieu inhumain…

On entre avec ce roman comme dans un autre temps, pourtant les années 50 ne sont pas si loin. Mais ici c’est le monde de la forge et de la cure, du théâtre amateur et de Luis Mariano, le monde des ouvriers et des Abbés, des femmes qui viennent voir ce bel athlète qui incarne Jésus, toutes sans doute secrètement amoureuses du beau René. C’est nostalgique à souhait d’une époque révolue, parfois triste et souvent belle, celle de l’enfance insouciante, celle plus difficile de la famille désunie à la suite de la perte d’un enfant, une fois de trop et de la famille anéantie par un Dieu qui n’est ni bonté ni amour.
Ce sont les souvenirs d’un fils pour cet homme taiseux qui n’avoue jamais son amour, puis d’un homme affaibli, alcoolique, solitaire et abandonné y compris par ce fils qui pourtant le glorifie aujourd’hui par ses mots et son amour révélé.

C’est assurément un beau roman, même si je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme que j’avais ressenti à la lecture de Fils du feu. Lors des rencontres de Manosque, Guy Boley expliquait qu’il souhaite écrire une trilogie. Espérons qu’il saura innover, se renouveler, et nous intéresser, le pari est lancé…

C’est un artiste mon père, il est né comme ça et il n’y est pour rien :
sensible, créateur, naïf, orgueilleux, entêté, innocent, fragile et responsable.

💙💙💙💙

Quelques photos des rencontres avec l’auteur au Correspondances de Manosque

 

Catalogue éditeur : Grasset

Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l’abbé propose à son ami d’enfance d’interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.
Ce boxeur atypique et forgeron flamboyant était le père du narrateur. Après sa mort, ce dernier décide de prendre la plume pour lui rendre sa couronne de gloire, tressée de lettres et de phrases splendides, en lui écrivant le grand roman qu’il mérite. Un uppercut littéraire.

Parution : 29/08/2018 / Pages : 180 / Format : 135 x 207 mm / Prix : 17.00 € / EAN : 9782246818168

Mère Teresa Ombre et Lumière, au Théâtre le lucernaire

Mère Teresa Ombre et Lumière, sur un texte de  Joëlle Fossier et une mise en scène Pascal Vitiello, avec une actrice magistrale, Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie-Française

 

Je suis allée voir cette pièce avec deux amies, l’une d’elle a travaillé plusieurs mois avec Mère Teresa et ses équipes et l’a rencontrée. Ce fut un grand moment d’émotion de retrouver dans le jeu de Catherine Salviat ce personnage magnifique dont chacun a entendu parler, quelles que soient nos croyances, ou pas d’ailleurs. Mère Teresa, une femme hors du commun, qui a su très tôt ce qu’elle voulait être, ce qu’elle voulait faire, aider, donner, sans limite qui aura connu la foi, mais aussi le doute, qui croyait au miracle, celui de la providence qui lui a toujours apporté ce qu’il manquait quand il le fallait.

Une belle représentation, dans le cadre intime de cette toute petite salle, puisqu’il faut monter « au paradis » pour une heure magique portée par le jeu magistral de Catherine Salviat, lumineuse et habitée par son personnage.

Cette pièce est montée par le Lucernaire dans le cadre d’un triptyque : « Femmes d’exception, mes seules en scène » : Comtesse de Ségur, née Rostopchine, Mère Teresa, Ombre et Lumière, Inoubliable Sarah Bernhardt. Pour Joëlle Fossier, l’auteur, ce sont « Trois destins hautement maîtrisés malgré les périls. De ces trois destins se dégagent une telle force, une telle vitalité, un tel rayonnement, un tel encouragement moral qu’il m’a semblé important de les rendre au théâtre. Une manière originale de leur manifester mon admiration. »

C’est au Théâtre le lucernaire, 53 Rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris, jusqu’au 4 novembre.

 


Ce qu’en dit le Théâtre du Lucernaire :

En toile de fond, la misère. Pour la combattre, Mère Teresa aura soulevé des montagnes. Soldat de l’Église, elle aura fait preuve d’une incroyable capacité d’« Executive Woman » au service de Dieu, pour surmonter les obstacles et remplir sa mission : s’engager corps et âme auprès « des plus pauvres d’entre les pauvres ». L’Inde, qui fut aussi son pays d’adoption, fait partie intégrante de son destin. Icône universelle, elle nous prouve par l’exemple de sa vie qu’une sainte n’est pas un pur esprit, mais une femme qui n’a de cesse de donner le meilleur d’elle-même au quotidien.
Une magnifique figure d’amour, d’humour et d’autorité. Sans complaisance ni réticence, elle nous raconte son pas de deux ombrageux avec Dieu et les hommes…
Mère Teresa ! Que de lucidité chez cette religieuse consciente des manques et des défauts de chacun à commencer par les siens. Humble servante de Dieu, professeur zélée, elle aurait pu s’installer dans un confort tranquille. Mais, fidèle à ses convictions, elle s’en arrache, une seule tâche comptant à ses yeux : combattre la misère. Comment elle s’est employée de toutes ses forces à faire basculer sa vie pour la combattre !
Sans compter un cœur immense si prompt à aimer, si douloureux quand il doute, quand il s’abîme dans une incommensurable détresse… La foi perdue mais heureusement retrouvée. Le « miracle » fut la substance même de son être. Sa personne en elle-même est un miracle. Un legs inépuisable.

Tous les vendredis soir, le Lucernaire vous donne rendez-vous pour prolonger votre expérience de spectateur autour d’un verre. Rencontre avec l’équipe artistique le vendredi 22 septembre 2017 à l’issue de la représentation.

L’agenda des rendez-vous du vendredi : http://www.lucernaire.fr