Deux stations avant Concorde. Peire Aussane

Dans « Deux stations avant Concorde » Peire Aussane  évoque les questionnements du couple, l’amour, la fidélité, ces belles promesses que l’on a envie de tenir, et la nécessité de se délivrer des entraves du passé pour mieux vivre son avenir.

Eve est artiste peintre, elle semble porter le poids de blessures intimes anciennes et se cherche chaque jour dans sa peinture et dans sa vie de mère de famille, d’épouse, de femme. Antoine, son mari est un nez, il hume, détecte, crée, assemble ces parfums qui nous enivrent. Mais le train-train, les enfants, et une certaine instabilité font que la vie d’Eve n’est pas aussi heureuse ni sereine qu’elle le souhaite.

Lorsque Antoine, part quelques jours en Russie pour son travail, Eve court se ressourcer auprès de ses parents à Paris. Les enfants sont pris en charge par leur grands-parents, Eve jouit du bonheur de parcourir la capitale en toute liberté, quand deux stations avant Concorde, elle croise le regard d‘un homme, et ce regard l’électrise, la transporte, réveille ses sens et ses envies.

De péripétie en coup de tête, Eve va se retrouver à Tokyo, là où semble habiter cet homme, là où sa grand-mère est partie après son divorce, là où semble-t-il les amants se retrouvent, se découvrent, se transportent. Arrivée là, Eve va donc suivre les traces improbables non de cet inconnu du métro, mais bien de sa grand-mère et de la vie qu’elle a vécue là-bas.

Un roman qui nous parle d’amour et de la complexité des relations, de la vie à deux, de la difficulté à maintenir les liens amoureux. De la difficulté sans doute aussi de se réaliser en tant que femme… et de la peur de la rupture, la prise de conscience de l’amour, du couple, de sa solidité et sa fragilité, du bonheur de créer et de maintenir la cohésion d’une famille. Une bonne connaissance du Japon nous entraine vers des paysages et une ambiance exotique à souhait et plutôt poétique. Même si les situations paraissent pour le moins incohérentes, Deux stations avant Concorde est un roman qui se laisse lire agréablement.

💙💙💙

Catalogue éditeur : Michalon

« Le mouvement des passagers dans le wagon m’oblige à le frôler pour sortir de la rame. J’avance sans réfléchir. Rien d’autre que l’intensité de ce face-à-face encore vivant ne peut s’infiltrer jusqu’à mon cerveau. Je m’en remets au rythme de mes pas qui m’éloignent de lui. J’écoute cette musique pour éviter de penser.
Cette musique est celle de ma survie, ou de ma plus belle erreur. »

Poussée par le mystère d’une rencontre improbable et enchanteresse dans le métro parisien, une jeune femme s’envole pour le Japon, laissant pour un temps son compagnon et leurs enfants.
Seule au cœur de Tokyo, ses pas la conduiront malgré elle vers le passé, réveillant une mémoire restée trop longtemps silencieuse.
Sensuel, insondable, le roman d’un retour à la vie et du souffle retrouvé.

Peire Aussane vit à Paris. Deux stations avant Concorde est son premier roman.

Broché – format : 13 x 20 cm /  ISBN : 978-2-84186-894-0 / 30 août 2018 / 192 pages

Les mains dans les poches, Bernard Chenez

Quelques chapitres, quelques mots, quelques lignes pour retracer des instants, des rencontres, une vie … C’est la balade que nous propose Bernard Chenez dans « Les mains dans les poches ».

Domi_C_Lire_les_mains_dans_les_poches_bernard_chenez.jpgBernard Chenez se promène Les mains dans les poches et pense à son enfance, à sa vie, à son passé. Il  relate des événements posés çà et là, pas forcément de façon chronologique, mais qui semblent arriver au hasard des rencontres, des envies, des souvenirs.

Du gamin qui se lève tôt pour tenter de gagner quelques sous à l’homme d’aujourd’hui, de l’adolescent qui découvre l’amour sombre, romantique, clandestin, à celui qui découvre l’anarchie, la vraie, de l’étudiant sérieux à celui qui manifeste, une vie défile. Heureuse parfois, nostalgique parfois, belle souvent.

Il y a les souvenirs, il y a les parents, la famille et la vie, les batailles d’indiens,  imaginaires, le bord de mer, les barricades et les révoltes, le bleu de travail que l’on porte à l’usine, les chagrins et les amours. Mais il y a également une certaine nostalgie à se remémorer ceux qui ne sont plus, amis, amantes, parents. Et tout au long des pages une dose de tendresse pour l’enfant ou l’adolescent que l’homme a été un jour, pour celui qui n’est plus mais qui continue à vivre dans les réminiscences de ces instants de vie. Comme tout un chacun en somme, mais ici c’est joliment dit, avec une vraie poésie.

Car ce livre, qui n’est ni tout à fait un roman, ni vraiment un récit, est à lire au hasard. Juste ouvrir un chapitre, vivre avec l’auteur quelques instants, se souvenir de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qu’il a été, comprendre et aimer, la vie, la mort peut-être aussi…

J’ai aimé l’image de ce train que l’on prendrait à l’envers, comme pour remonter le temps de la vie… mais en partant dans tous les sens à la fois. Alors même si je ne me suis jamais vraiment attachée au personnage, j’ai aimé découvrir ses souvenirs et le témoignage qu’il nous donne d’une époque qui semble parfois révolue.

Quelques citations…

Ma mère n’est morte ni le jour, ni l’heure, ni même à  la seconde de son dernier souffle…
Les mères choisissent le moment. Elles nous ont donné le premier souffle de vie, elles nous confient le première heure de leur mort.

Les pères ne meurent pas, ils disparaissent de la mémoire en mer, fût-elle faite de tubes de couleur et de toile.

Être anarchiste, ce n’est pas être adhérent d’un parti, c’est un état d’esprit.

C’est la main qui voit, et l’œil qui dessine.

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Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Pour percevoir à nouveau l’odeur de l’encre et du plomb, pour sentir frémir le crayon sur le papier de son premier dessin, pour entendre ces rifs de guitare protestataires qui ont rythmé ses combats, il fallait partir à l’autre bout du monde et embrasser sa mémoire…  Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.

Paru le 16 août 2018 / ISBN : 978-2-35087-464-7 / Photo de couverture © Édouard Boubat/Rapho