Quand sonne l’heure, Kirby Williams

De l’Amérique ségrégationniste à la France occupée, suivre Urby, un talentueux jazzman

Alors que les Allemands entrent dans Paris, en ce mois de juin 1940, les habitants tentent par tous les moyens de quitter la ville. C’est aussi ce que veulent faire Urby Brown, un jazzman noir qui avait déjà quitté La Nouvelle-Orléans pour échapper à la ségrégation raciale quelques années auparavant, et Hannah Korngold, une pianiste juive, sa compagne. Ils n’ont qu’un seul et même but, échapper aux nazis. Musiciens en sursit, ils doivent trouver un moyen de quitter la capitale, et c’est Stanley, l’ami de toujours qui va pouvoir les aider.

Urby Brown a été abandonné à sa naissance dans un foyer pour jeune noirs à La Nouvelle-Orléans. Son parcours a été suivi en secret par les hommes de main de son père, un aristocrate français qui avait abandonné sa mère au moment de sa naissance. Urby l’a découvert lorsqu’il est arrivé en France, mais ce dernier est un activiste fasciste aux idéaux et aux actions bien éloignées de celles d’Urby et Hannah. La relation entre les deux hommes est complexe et malsaine. Pourtant, fort de sa puissance malfaisante, il tient sous sa coupe ce fils qui ne veut pas de lui, en le menaçant de faire disparaître Hannah.

Fort heureusement, le vieux Stanley, un musicien de jazz qui a prêté à Urby ses premiers instruments et lui a permis de faire ses premiers pas de jazzman à la nouvelle-Orléans est toujours là, à Paris, pour protéger le jeune couple. Ses nombreuses connections lui permettent de les aider de loin sur le chemin semé d’embûches et de trahisons pour rejoindre le sud de la France et échapper à la déportation.

Un roman qui promettait de beaux moments de lecture, suspense, amour, intrigue complexe à souhait dans la relation entre les différents personnages en ces périodes d’avant-guerre et de débâcle, et un rappel de ces périodes troubles de notre Histoire. Pourtant, sans doute du fait des invraisemblances un peu trop nombreuses, il m’a manqué un petit quelque chose en plus pour être totalement emballée. Peut être faut-il lire avant Les enragés de Paris ce roman précédent dans lequel l’auteur plante le décor et fait connaître à ses lecteurs son personnage principal.

Catalogue éditeur : Baker Street

Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. En quelques jours, ils posent leur empreinte sur une ville déjà désertée de près de deux tiers de ses habitants. Parmi ceux-ci, le jazzman noir Urby Brown, exilé quelques années plus tôt de La Nouvelle-Orléans, et sa compagne juive Hannah Korngold qui s’efforcent eux aussi par tous les moyens d’échapper à l’oppression nazie.
Confrontés à l’antisémitisme et au racisme, poursuivis par un groupe de néo-fascistes, ils se lancent dans un périple qui manque à plusieurs reprises de leur être fatal. Il leur réserve, de Paris à Bordeaux, d’étonnantes rencontres, jusqu’à un éphémère échange avec le général de Gaulle qui leur propose de les embarquer dans son avion pour Londres…
Thriller historique et politique haletant, aux multiples péripéties, ce roman inventif nous offre, à travers une chronique saisissante de la période précédant l’arrivée des Allemands dans Paris et de la panique qui s’ensuit, précipitant sur les routes des milliers de gens, l’occasion d’une réflexion sur l’intolérance et la haine raciales.

Traduction SOPHIE GUYON  / parution 18 Janvier 2022 / 21.00 €

Belle Greene, Alexandra Lapierre

Découvrir l’incroyable bibliothécaire de la Morgan Librairy de New-York

En 1900, dans une Amérique profondément raciste et ségrégationniste, une seule goutte de sang noir suffisait à faire de vous un paria au même titre que pour tous les Afro-américain du pays. Si vous n’aviez pas la bonne couleur de peau, et qu’importe d’ailleurs si vous étiez aussi blanc qu’un blanc, vous étiez soumis aux lois iniques, Jim Crow, règle de l’unique goutte de sang, divisant la population entre white or colored.
C’est dans ces conditions que la jeune Belle Greener décide, avec toute sa famille alors abandonnée par le père, de transgresser les lois et de faire leur « passing » c’est-à-dire de franchir la frontière invisible mais quasiment infranchissable qui faisait d’eux des blancs.

Belle devient alors une « da Costa Greene » descendante d’une hypothétique famille sud-américaine légèrement typée. Elle qui adore les livres va réussir ses études de bibliothécaire et entrer dans la très prestigieuse famille J. P. Morgan pour s’occuper de la bibliothèque et des collections de John Pierpont.

Toute sa vie sera consacrée aux livres rares, devenant cette grande spécialiste qui a su se faire une place parmi les marchands internationaux et les spécialistes reconnus de par le monde.

Un roman et un destin fabuleux, celui d’une héroïne qui a tout osé pour vivre sa passion. Une femme moderne, forte, énergique et insoumise, ambitieuse, amoureuse, au caractère bien trempé qui dénotait auprès de ses contemporains. Critiquée, aimée, adulée, vilipendée, celle qui s’est imposée comme la directrice incontournable de la Morgan Librairy de New-York est un personnage romanesque à découvrir sans faute.

Vous l’aurez compris j’ai adoré Belle, et j’ai aimé arpenter grâce à Alexandra Lapierre les salles de la Morgan Librairy que j’avais tant apprécié lors de ma visite à New-York. Enfin, mieux comprendre la passion pour les livres anciens. Et retrouver quelques unes de mes photos à la Morgan Librairy, en particulier ces livres en cage qui sont justement la photo que j’ai choisie pour être le bandeau du blog.

Catalogue éditeur : Pocket, Flammarion

« En 1900, au cœur d’une Amérique puritaine et ségrégationniste, elle fume, boit, choisit ses
amants et réussit une carrière dont aucune autre femme de sa génération ne pouvait rêver. Elle est d’une modernité inouïe ! Et toute sa vie est bâtie sur un mensonge explosif… »

Date de parution : 06/01/2022 / 9.50 € /EAN : 9782266311090 / pages : 624

Pour rien au monde, Ken Follett

Un engrenage diabolique et effrayant !

Comme le dit Ken Follett, les dirigeants qui ont participé à la Première guerre mondiale ont avoué s’être laissé entraîner dans un engrenage qui ne pouvait déboucher que sur une guerre, ce qu’aucun d’entre eux n’avait souhaité ou anticipé. Fort de ce constat, dans son dernier roman Pour rien au monde il entraîne ses lecteurs alternativement sur trois terrains sur lesquels il situe les décisions stratégiques et géopolitiques contemporaines :

Le Sahel pour illustrer un conflit qui oppose les belligérants par procuration des grandes puissances, et révèle un certain « effet papillon ».
Washington et la Maison blanche avec une présidente Américaine Républicaine très loin d’une caricature Trumpiste.
Pékin et le pouvoir Chinois confrontés en interne à des tensions idéologiques et en externe à un allié Nord Coréen imprévisible.

Les situations géostratégiques décrites sont assez réalistes pour permettre au lecteur de rentrer dans le roman sans se poser trop de questions. Les personnages fictifs sont attachants et donnent envie de les suivre au quotidien.

Au Sahel, Kiah la jeune veuve tchadienne et Abdul, l’espion de la CIA, puis Tamara la conseillère de la CIA et Tabdar son homologue de la DGSE ; En Amérique, Pauline Green est à la fois présidente des États Unis, épouse et mère ; En Chine, Kai est un époux comblé, un fils de, un membre du gouvernement à la position convoitée. Si l’auteur ajoute une intrigue amoureuse sur chacun de ces terrains, ce que j’ai trouvé inutile et redondant à priori, je l’ai rapidement senti non plus comme un artifice mais bien indispensable pour rendre les protagonistes humains et presque ordinaires.

La description des exactions des Djihadistes au Sahel rendent presque jouissives les réactions violentes des occidentaux. Comme dans ces films caricaturaux tournés à la gloire de l’armée Américaine dans lesquels le héro se sort de toutes les situations. Par contre les réactions aux différentes situations de Washington et Pékin sont décrites de manière intelligente, positives et même réalistes. L’auteur bascule d’un camp à l’autre sans parti pris idéologique et cela donne d’autant plus de force à son propos.

Les incursions dans les coulisses du pouvoir Américain et Chinois sont tout à fait crédibles. Pourtant, les capacités des belligérants à observer en temps réel n’importe quel coin de la planète avec une précision millimétrique me semblent en décalage avec le réel, mais elles donnent au roman le punch nécessaire à l’action.

Le futur de l’humanité reste incertain et l’auteur réussit à construire un scénario qui permet de le démontrer. L’apocalypse est dans la main de gouvernants animés par ailleurs des meilleures intentions. Pour ce faire l’auteur nous fait entrer dans l’intimité d’une Présidente Américaine dont la vie familiale et émotionnelle ressemble tellement à Madame tout le monde. Ce roman parfois un peu long lorsqu’il nous entraîne dans les arcanes des pouvoirs ou au plus près des relations amoureuses des différents protagonistes, est une réussite quant au message délivré.

J’ai apprécié la lecture de Thierry Blanc qui sait nous transporter sur chaque continent avec une égale maîtrise de chacun des personnages. Un roman qui souffre parfois de quelques longueurs, mais une écoute passionnante qui donne envie d’avancer et d’en savoir plus. Avec ce sentiment de frustration et de « déjà fini » lorsque l’on referme la dernière page, quelle soit papier ou en audio !

Catalogue éditeur : Audiolib, Robert-Laffont

De nos jours, dans le désert du Sahara, deux agents secrets français et américain pistent des terroristes trafiquants de drogue, risquant leur vie à chaque instant. Une jeune veuve tente de rejoindre l’Europe et se bat contre des passeurs. Elle est aidée par un homme mystérieux qui cache sa véritable identité.
En Chine, un membre du gouvernement lutte contre de vieux faucons communistes qui poussent le pays vers un point de non-retour.
Aux États-Unis, la première femme élue Présidente doit manœuvrer entre des attaques au Sahel, le commerce illégal d’armes et les bassesses d’un rival politique.
 
Alors que des actions violentes se succèdent un peu partout dans le monde, les grandes puissances se débattent dans des alliances complexes. Une fois les pièces du sinistre puzzle en place, pourront-elles empêcher l’inévitable ?
 
Il ne faudrait Pour rien au monde que ce qu’a imaginé Ken Follett n’arrive…

Ken Follett connaît son plus grand succès avec Les Piliers de la Terre, paru en 1989. C’est le début de la saga Kingsbridge, poursuivie avec Un monde sans fin, Une colonne de feu et Le Crépuscule et l’Aube (Robert Laffont, 2008, 2017 et 2020), et vendue à plus de quarante-trois millions d’exemplaires dans le monde.

Lu par Thierry Blanc Traduit par Jean-Daniel Breque, Odile Demange, Nathalie Gouyé Guilbert, Dominique Haas, Christel Gaillard-Paris

Parution : 08/12/2021Durée : 24h52 / EAN 9791035406912 Prix du format physique 31,50  € / EAN numérique 9791035406820 Prix du format numérique 28,45  €

Un mexicain sur son vélo, Roger Price

Connaissez vous les droodles ? Ces drôles de dessins réalisés par Roger Price et édités par les éditions de la Table Ronde.
Inventés dans les années 50 ils n’ont pas pris une ride et vont vous dérouiller les zygomatiques, c’est sûr.

Roger Price était dans les années 50 une figure populaire des jeux et talks-shows à la télévision américaine. On apprécie grâce à ses droodles son humour totalement décalé.
Les droodles sont à la fois absurdes et loufoques, réalisés à base de dessins minimalistes, c’est le moins qu’on puisse dire. Et surtout, grâce à la légende qu’il leur donne ils prennent vie sous nos yeux.

Droodle, une combinaison entre drawing (dessin) et doodle (gribouillage) ou peut-être entre doodle et riddle (devinette/énigme) …. Mais qu’importe, ces drôles de droodles nous font passer un excellent moment
Ici, 120 droodles pour s’amuser en famille ou seul, qu’importe pourvu que l’on s’amuse.

Catalogue éditeur : La Table Ronde

Traduction (Anglais) : Jean-Christophe Napias

Paru le 15/10/2015 / 168 pages – 150 x 160 mm / EAN : 9782710377214

Le Doorman, Madeleine Assas

Une vie pour découvrir NewYork, la ville qui ne dort jamais

Ray est le Doorman du 10 Park avenue, à Manhattan. Ce juif d’Oran quitte l’Algérie dans les années 60. Il s’installe aux États-Unis après un bref passage dans le sud de la France puis à Paris. Après un emploi particulièrement pénible à décharger le poisson au marché, il rencontre Hannah Belamitz qui lui propose de devenir Doorman dans son immeuble. Il y passera quarante ans de sa vie vêtu de son bel uniforme à boutons dorés.

Quarante années debout à accueillir, aider, recevoir, chacun des habitants du 10 Park Avenue, à découvrir leurs habitudes, leurs familles, leurs visiteurs, leurs qualités et leurs petits défauts, comme leurs secrets les plus inavouables. Un microcosme qui reflète si bien la diversité de la ville.

Avec Salah le compagnon de balade, il parcourt les rues et les quartiers de la grosse pomme, du seuil des années 70 jusqu’à effondrement des tours du World Trade Center.

Cet homme souvent invisible pour les autres découvre la vie des quartiers, de Little Italy à Chinatown, du Lower East Side à TriBeCa, de Harlem à Staten Island, de Brooklyn jusqu’au Bronx, il arpente chaque recoin de la grande ville et nous la fait découvrir par son regard. Les commerces, les cafés et les restaurants, les bars et leurs habitués, rien ne lui échappe. Le lecteur marche dans les pas de Ray, déambule avec lui et voit l’évolution, les bouleversements, les transformations de ces rues qui font rêver le monde entier. Quarante an, presque une vie, c’est très long et pourtant cela passe si vite. Même si le rythme alerte et vif du jeune homme a laissé la place aux pas plus hésitants du sexagénaire, son regard est toujours aussi affûté et empathique envers ses congénères, d’un côté ceux qu’il rencontre lorsqu’il tombe le costume, d’un autre ceux qu’il côtoie lorsqu’il revêt son habit de Doorman.

Je suis allée la première fois à New-York en 1976, pour le bicentenaire des USA, la ville grouillait de monde. Pour la provinciale qui débarquait là-bas après avoir vu la veille le film Taxi driver, tout cela avait un côté irréel et festif. J’y suis retournée depuis à maintes reprises. J’ai retrouvé dans les mots de Ray mes impressions d’alors et celles plus récentes de mes dernières visites. Cette différence entre les quartiers, du plus chic au plus populaire, l’anachronisme entre le gigantisme et la beauté des buildings tous plus splendides les uns que les autres et le coté vieillot et archaïque du métro ou de certaines boutiques par exemple. Le réservoirs d’eau sur les toits des buildings, les écureuils dans les parcs,, les hommes d’affaires pressés de Wall Street, les touristes émerveillés de Time Square ou les joggeurs de Central Parc, tant de quartiers si différents qui font pourtant l’unité de cette ville, en particulier de Manhattan. Les populations d’origines très diverses qui se croisent mais ne se mêlent pas. Enfin, Ray a réveillé en moi le sentiment fort et l’émotion qui m’avaient saisie en entrant à Elis Island, dans les pas des migrants venus chercher leur rêve américain au fil des décennies. Quand un roman éveille autant de souvenirs et d’émotions, c’est sans doute qu’il a atteint son but.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Actes Sud

Le Doorman est le roman d’un homme secret vêtu d’un costume noir à boutons dorés. Un étranger devenu le portier d’un immeuble de Park Avenue puis, avec le temps, le complice discret de plusieurs dizaines de résidents qui comme lui sont un jour venus d’ailleurs. À New York depuis 1965, ce personnage poétique et solitaire est aussi un contemplatif qui arpente à travers ce livre et au fil de quatre décennies l’incomparable mégapole. Humble, la plupart du temps invisible, il est fidèle en amitié, prudent en amour et parfois mélancolique alors que la ville change autour de lui et que l’urbanisme érode les communautés de fraternité.

Toute une vie professionnelle, le Doorman passe ainsi quarante années protégées par son uniforme, à ouvrir des portes monumentales sur le monde extérieur et à observer, à écouter, avec empathie et intégrité ceux qui les franchissent comme autant de visages inoubliables. Jusqu’au jour où il repart pour une autre ville, matrice de son imaginaire.

Ce livre est le théâtre intemporel d’une cartographie intime confrontée à la mythologie d’un lieu. Il convoque l’imaginaire de tout voyageur, qu’il s’agisse du rêveur immobile ou de ces inconditionnels piétons de Manhattan, marcheurs d’hier et d’aujourd’hui aux accents d’ailleurs.

février, 2021 / 11.50 x 21.70 cm / 384 pages / ISBN : 978-2-330-14427-2 / Prix indicatif : 22.00€

Santa Muerte, Gabino Iglesias

Pourquoi il faut lire Santa Muerte, cet étonnant road trip sanglant en pays mafieux. Le thriller noir revisité par Gabino Iglesias

Quand Fernando débarque à Austin, Texas, on se doute que les choses ne sont pas tout à fait claires et qu’il a connu des jours meilleurs sous le soleil. En effet, ce clandestin arrive tout droit du Mexique, là-bas il risque sa peau. Il faut dire que lorsque sa petite sœur lui a dit qu’elle était harcelée par deux hommes, il n’a écouté que son cœur et sa force… mais dans certains milieux, on ne s’attaque pas à n’importe qui.

Alors il se planque aux USA. Fernando est dealer, il travaille pour Guillermo, le chef du gang qui règne sur une partie de la ville. Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Il se fait enlever par le gang adverse. Les hommes de la Salvatrucha sont féroces et n’hésitent pas à montrer à quel point en torturant devant ses yeux un comparse de Fernando. Et Indio, le plus féroce d’entre eux, est un véritable cauchemar ambulant. Fernando a  la mission de prévenir Guillermo, celui-ci doit céder une partie de son territoire.

La leçon est particulièrement sanglante, on ne compte plus les morts et Fernando va devoir jouer fin pour s’en sortir. Quitte à demander l’aide de la Santa Muerte, en s’appuyant sur les croyances et le mysticisme le plus incongru, ou même à plus méchant ou tordu que lui.

Un étonnant road trip sanglant en pays mafieux, où le plus malin n’est pas le plus méchant, où l’on plaint vite ce pauvre clandestin plus faible que violent à priori. C’est sanglant donc, mais aussi décalé, le personnage de Fernando est à la fois atypique et perdu entre les deux cultures de ces deux pays, cultures auxquelles il doit adhérer pour être accepté et survivre. La fatalité, la violence, les morts, les prières, les peurs et les croyances ancestrales se succèdent dans ce thriller noir revisité à la sauce Santa Muerte. Tout en maintenant une progression dans l’intrigue et dans la violence, Gabino Iglesias propose une analyse fine du contexte social et culturel, de cette double appartenance, de la difficulté d’être clandestin dans un pays qui vous rejette, et une évocation intéressante des croyances et de l’étrange qui régissent certains cultures. Un excellent moment de lecture, à ne pas mettre entre toutes les mains, lecteurs sensibles s’abstenir !

Catalogue éditeur : Sonatine

Pierre SZCZECINER (Traducteur)

Santa Muerte, protegeme…
Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l’aide d’une prêtresse de la Santería, d’un Portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, là oui, il est prêt à déchaîner l’enfer !

Originaire de Porto Rico, Gabino Iglesias vit à Austin. Il est culturiste et dort quatre heures par nuit. Santa Muerte est son premier roman publié en France.

Date de parution : 20/02/2020 / 20.00 € /  EAN : 9782355847769 / Pages : 192

Le Cherokee, Richard Morgiève

Uthah, 1954…. Des martiens, des tueurs en série, mais on ne le sait pas encore, des hommes amoureux, mais ils ne le savent pas encore, avec Le Cherokee, Richard Morgiève nous balade dans un roman noir aux accents terriblement américains.

Corey était coi, Myrtle Tate l’avait chloroformé. Apache et deux fois orphelin, ça faisait beaucoup pour un shérif de l’an mille neuf cent cinquante-quatre.

Dans les années 50 aux USA, l’idée de martiens fait son chemin dans la population et c’est bien connu, on en voit régulièrement. La guerre de Corée vient de s’achever, Hiroshima n’est pas loin, le maccarthysme non plus, les communistes sont chassés partout dans le pays, en pleine guerre froide on craint la riposte Russe.

Nick Corey est envoyé sur la piste d’une soucoupe volante, quand l’avion militaire Sabre atterri, le shérif en lui n’est pas sûr de ce qu’il voit, mais l’homme ouvert à toutes les possibilités comprend qu’il n’y a aucun pilote et que l’affaire est sérieuse. Et il découvre incidemment sur les même lieux une voiture volée. Le FBI et l’armée sont rapidement prévenus.

Le shérif est hanté depuis vingt ans par le double meurtre de ses parents adoptifs. Affaire non résolue, même si la culpabilité lui a d’abord incombé avant d’être disculpé. Les années de prison et de guerre l’ont rendu à la fois sensible et attentif, prêt à écouter et à appréhender toutes les possibilités, doté d’une mémoire fabuleuse, sur une scène de crime, il est ouvert à toutes les éventualités. D’ailleurs, il vient de découvrir une nouvelle théorie issue d’Allemagne qui évoque la possibilité de tueur en série.

Le voilà lancé sur la piste de meurtres multiples et particulièrement cruels. Nick Corey comprend rapidement que ces meurtres sont liés à ceux de ses parents, survenus 20 ans avant. De meurtre sordide en résolution d’énigme, Corey va avancer à la fois dans sa quête du Dindon, ainsi qu’il a surnommé le tueur qu’il traque, et dans celle du mystère de l’avion sans pilote, complot terroriste fomenté par des militaires en mal de conflit. Ses pas le mènent dans ceux de l’agent du FBI White – il  comprend alors que l’amour se cache où il veut- mais surtout vers sa quête intérieure. D’où vient-il, est-il ce que ses parents, l’éducation, la religion,  ont fait de lui, est-il forgé par la violence de ses années de prison ou de guerre, ou par l’amour qui se révèle en lui au contact de White ?

Richard Morgiève a situé son intrigue dans les années 50. Il interroge le lecteur sur ce que l’homme fait de sa planète, abordant de grands thèmes universels, désertification des campagnes, même si celles des USA sont gigantesques, pollution aux métaux lourds, industrialisation outrancière, guerre atomique, place des indiens natifs des grandes plaines, homosexualité, religion, pouvoir de l’argent, par exemple.

J’ai aimé cette écriture, étonnante, singulière, digne d’un grand roman noir américain, qui laisse souvent poindre à la fois humour et un brin de dérision dans un univers particulièrement noir, sanglant et violent. Phrases et chapitres courts donnent le rythme. J’ai suivi ce personnage attachant, désarmant et mélancolique avec intérêt et tourné les pages avec avidité… même si la fin m’a laissée un peu sur ma faim justement. Mais qu’est-ce qui est le plus important, la quête, le chemin, ou l’arrivée ?

Photo Domi C Lire Richard Morgiéve Manosque 2017

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix des lecteurs BFM l’Express

Catalogue éditeur : Joëlle Losfeld, Gallimard

1954, USA : alors qu’il fait sa tournée de nuit à la première neige, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l’Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un chasseur Sabre, sans aucune lumière. Et sans pilote. C’est le branle-bas de combat. L’armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il se retrouve confronté à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure… Et on peut tomber amoureux d’un agent du FBI.

480 pages / 150 x 220 mm  / ISBN : 9782072829321 / Parution : 17-01-2019

L’envol du moineau, Amy Belding Brown

L’envol du moineau, une grande fresque historique dont le personnage principal captive et émeut par son courage et son caractère. Quand une histoire vraie devient un récit totalement romanesque…

Baie du Massachussetts, en 1672. Les territoires sont habités par les puritains aux règles rigides et strictes. Mary est la fille de John White, un riche propriétaire terrien du Lancaster. C’est l’épouse de Joseph Rowlandson, pasteur de l’église de cette même communauté. Ils vivent relativement aisément pour l’époque, femme au foyer, mère attentive, chrétienne convaincue, Mary respecte les règles imposées par l’église et par son mari. A cette époque et dans cette église pour le moins austère, une femme reste à la maison, n’en sort qu’accompagnée de son mari, prend bien soin de cacher ses cheveux sous son bonnet et peut être punie pour insolence, y compris envers son époux.

Mary et sa famille se conforment aux règles, sans trop y penser. Mais un jour de 1675, leur village est attaqué par les indiens, Mary et ses enfants sont faits prisonniers, puis menés vers les grandes plaines où se regroupent les tribus. C’est vivre alors l’abomination la plus terrible que de tomber ainsi aux mains des barbares, des sauvages, et être asservie. Mary devient l’esclave de Weetamoo, la femme du chef Qinnapin.

Totalement choquée et apeurée dans un premier temps, Mary va pourtant rapidement déceler chez ces indiens des valeurs humaines qu’elle découvre avec étonnement. Ces sauvages qui ont dévasté son village et tué sans pitié les habitants sont capables de compassion, d’empathie, d’entraide, d’amour envers leurs enfants. Elle apprend à leur contact la liberté de mouvement, le bonheur de l’oisiveté, la possibilité dont jouissent les femmes de s’exprimer et de commander, alors qu’elle-même n’était qu’autorisée qu’à se taire dans sa propre communauté.

A leur contact, pendant plusieurs mois de souffrance, contrainte à des déplacements permanent à travers différents États, tenaillée par la faim et le froid au même titre que ses ravisseurs, aidée par James, un indien converti, elle va vivre avec les tribus et remettre en question les fondements de son existence passée. Questions encore plus prégnantes lors de son retour, car tel le moineau prisonnier de sa cage, Mary ne chante plus et rêve de liberté.

Elle doute, qui sont les vrais sauvages ? Qui est le plus cruel, et qui est dans son droit. Est-il vrai que les saintes écritures valident l’esclavage, et de quel droit ? Pourquoi les blancs s’arrogent-ils le droit de traiter les noirs en esclaves et réfutent-ils ce droit aux indiens ? Lorsqu’elle aura recouvré sa liberté, ces interrogations en avance sur son temps la mettront au ban de la société.

Dans cette grande fresque romanesque, pourtant basée sur une histoire vraie et des faits vérifiés, Amy Belding Brown nous plonge dans l’Amérique puritaine du XVIIe siècle où Dieu est le seul maître, le seul refuge, il dicte aux hommes, et par eux, aux femmes, leur rôle et leur mission. Et l’on se demande alors qui des puritains de la Nouvelle Angleterre ou des indiens natifs de ces terres sont les véritables sauvages ? Amy Belding Brown pose les questions de l’extrémisme religieux, de l’esclavage, de l’égalité des races, et soulève une fois encore la question de l’extermination des indiens d’Amérique du Nord chassés de leur terre par les colons.

J’ai vraiment  aimé ce roman qui décrit à la fois l’intime et l’Histoire, qui exprime à la fois les sentiments et la violence, l’amour et la haine, la foi et le doute, et qui est superbement traduit par Cindy Colin Kapen. S’il est largement conseillé par Jim Fergus, il me fait penser au thème de son bestseller « Mille femmes blanches », que j’avais également apprécié lors de sa sortie.

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Cherche-Midi

Cindy COLIN KAPEN (Traducteur)

Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
 
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la « civilisation » s’est efforcée d’anéantir.

EAN : 9782749160924 / Nombre de pages : 464 / Format : 140 x 220 mm / Prix : 22€

Manuel à l’usage des femmes de ménage, Lucia Berlin

Une découverte littéraire rare. Un bonheur de lecture, tout simplement. Mais pourquoi avons-nous attendu aussi longtemps pour en entendre parler !

Couverture du roman "Manuel à l'usage des femmes de ménage" de Lucia Berlin édition Le Livre de poche

S’il est vrai que j’aime beaucoup lire des nouvelles, là, c’est tout simplement autre chose. Il y a tout dans cette écriture, le style, les mots, les émotions, la vie, les douleurs et les joies, la famille et la société, les villes parcourues, les évènements vécus. Lucia Berlin est née dans les années 30 et nous transporte tout au long de ces quelques dizaines d’années de sa vie en 600 pages.

Lucia Berlin est un auteur fabuleux, qui a su m’embarquer dans ses histoires, vraies, puisqu’elle les raconte et ne ment jamais, c’est elle qui le dit. J’ai eu l’impression de la suivre partout, et de la comprendre. Les personnages sont autres, les noms aussi, mais on la retrouve, ainsi que sa mère, sa sœur, ses maris, ses fils, ses amours, ses collègues et ses patrons, ses voisins et ses amis…

Elle parle de son enfance, abusée par un grand-père, aux côtés d’une grand-mère qui n’intervient pas, élevée par une mère alcoolique qui ne montre jamais le moindre signe de tendresse ou d’intérêt pour sa fille, et un père absent, il part à la guerre en 1941, de New York au Chili, du Texas à Oakland. Puis c’est la rencontre avec son premier mari, si jeune, rejeté par ses parents. Trois mariages et quatre fils plus tard, elle aura connu des métiers à la pelle, artiste bohème avec ses maris poète ou sculpteur, mais aussi enseignante, elle parle anglais et espagnol, standardiste, femme de ménage, elle connait des hauts et surtout des bas, alcoolique, seule, abandonnée, amoureuse, trahie, mais souvent entourée, accompagnée, elle aura tout vécu et tout surmonté.

Cette écriture est magique, en quarante-trois nouvelles, j’ai été plongée dans toute époque. Rien n’est lassant, on tourne les pages et on avance avec bonheur dans cette vie si singulière, si atypique. Il y a de l’émotion, de la tendresse, de l’espoir, c’est à la fois critique et violent, sensuel et poignant, et ce n’est jamais amer. Il  y a des descriptions, imagées, émouvantes, vibrantes. Les couleurs, les sons, les gestes, sont là pour dire la vie ou la mort. La maladie est présente mais magnifiée par l’amour des deux sœurs, leur complicité, leurs souvenirs, leurs arrangements aussi avec ces souvenirs, ceux de la mère en particulier, avec ses suicides à répétition et son désamour pour sa seconde fille. C’est aussi gai que mélancolique, c’est cruel et intime, incisif et tendre, bluffant de justesse et de vérité, le tout porté par un rythme, un souffle, une maitrise de l’écriture assez unique. Alors si vous hésitez encore, allez-y, vous ne serez pas déçus !

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le livre de Poche & Grasset

Elle est une grande écrivaine injustement méconnue, une reine de la narration. Lucia Berlin (1936-2004), mariée trois fois, mère de quatre garçons, raconte ici ses multiples vies en quarante-trois épisodes. Élevée dans les camps miniers d’Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème dans le New York des années 1950 et une infirmière aux urgences d’Oakland. Elle a su saisir les miracles du quotidien jusque dans les centres de désintoxication du sud-ouest des États-Unis, égrenant ses conseils avisés et loufoques tirés de ses propres expériences d’enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage. Un destin exceptionnel.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Malfoy

Éditeur d’origine : Grasset / Date de parution : 26/09/2018 / EAN : 9782253071402 / 600 pages / Prix : 8,70€

Crédit photo 1963 Buddy Berlin © 2015 – 2018, Literary Estate of Lucia Berlin LP

L’Amérique derrière moi, Erwan Desplanques

Un roman lucide et tendre

Lui, c’est le père, fou de l’Amérique, toute sa vie il aura rêvé de s’y installer, toute sa vie il en parle, il s’en habille, s’en délecte, la savoure peut-être même plus que s’il avait réellement réussi à y vivre… Il a vécu avec son épouse, dans une relation de couple comme souvent tendue, puis plutôt sereine, avec des hauts et des bas…Jusqu’au jour où la maladie fait son apparition, cruelle, définitive.

Elle c’est la mère, celle qui quitte son mari, celle qui le reprend, celle qui l’accompagne, le soutien, le pleure…

Lui c’est le fils, narrateur, auteur, journaliste, celui qui pleure ce père qu’il a peut-être mal connu, celui qui devient père à son tour, et qui doit poursuivre seul cette route que les parents nous tracent comme ils peuvent, avec leurs rêves et leurs espoirs, leurs illusions et leurs défaites, leurs ambitions et leurs craintes.

Ce que j’ai aimé ? Cette double attente qui est la trame de fond du roman. D’abord celle des derniers jours d’un père qui a compris que rien ne pourra pas le sauver, qui peu à peu s’approprie sa mort prochaine avec une grande lucidité.

Ensuite celle de l’enfant qui bientôt va paraître, mais attente qui n’aura pas toute la latitude nécessaire pour prendre toute sa saveur, sa signification, laisser éclater sa joie, tant la mort du père est prégnante dans la vie du narrateur… alors il laisse sa femme dans sa bulle de future mère. Elle porte cet enfant qu’elle sent déjà vivre, seule, loin de ceux qui doivent affronter la fin, la mort, la séparation définitive d’avec ces êtres que l’on aime tant mais que l’on doit quitter, inexorablement.

Ce roman en partie autobiographique interroge ses lecteurs. Surtout lorsque l’on a vécu une expérience similaire, celle de la perte d’un de ses parents, ce dernier rempart protecteur avant d’accepter le fait qu’un jour cela soit logiquement son tour… L’écriture est fine, sensible, les mots expriment une grande pudeur, même lorsqu’ils extériorisent les sentiments les plus intimes. Comme si l’auteur, malgré son implication, réussissait à mettre de la distance pour laisser s’exprimer l’écrivain qui est en lui.

Catalogue éditeur : L’Olivier

« Parvenu à l’extrémité du Massachusetts, Thoreau avait écrit : Un homme doit s’asseoir ici et poser toute l’Amérique derrière lui.»

Le narrateur est désormais cet homme, conscient que l’attend en France une décision essentielle qui tiendra du courage et de l’abandon. Après avoir résisté aux excès passionnels de ses parents, arrêté la musique, quitté un journal, enterré son père comme un héros de l’armée américaine, peu avant la naissance de son propre fils, il décide de se réinventer loin de Paris.

L’Amérique derrière moi raconte cette période étrange pendant laquelle l’attente d’un «heureux événement» et l’imminence d’un grand malheur finissent par se confondre. Cette comédie qui mêle douceur, lucidité et humour, est surtout l’occasion pour son auteur de revenir sur l’histoire familiale et le vent de folie que le père faisait souffler dans la maison.

Né en 1980, Erwan Desplanques est écrivain et journaliste indépendant. Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, il a travaillé quinze ans à la rédaction de l’hebdomadaire Télérama. En 2013, il a publié son premier roman, Si j’y suis, suivi en 2016 par un recueil de nouvelles, Une Chance unique, sélectionné pour le prix Goncourt de la nouvelle et en cours d’adaptation au cinéma. L‘Amérique derrière moi est son troisième livre. Il vit et travaille aujourd’hui dans le Sud-Ouest de la France.

Parution : 03 janvier 2019 / 140 × 205 mm / 176 pages / EAN : 9782823614244 / 16,00 €