La drôle de vie de Bibow Bradley. Nicolaï Pinheiro

Cette adaptation BD très réussie du roman d’Axl Cendres nous entraine dans les années 60 à la suite de Bebow Bradley, de la guerre du Vietnam au mémorable concert de Woodstock.

domiclire_la_drole_de_vie_de_bebow_bradleyDans un bar de l’Illinois, Bebow Bradley se souvient. Et le lecteur de revivre avec lui ses souvenirs en partant de son enfance dans le bar des parents. Aucun de ses parents n’ayant pensé à l’inscrire à l’école, il y arrive en ayant appris la vie, mais pas la moindre lettre de l’alphabet…totalement décalé par rapport aux autres enfants, il va bien sûr se faire renvoyer de l’école. Puis vient le temps de partir à l’armée, pour aller tuer du Vietminh avec les jeunes de son âge qui meurent bien trop nombreux au Vietnam. Là, Bebow pète un câble et risque gros, très gros. Mais son cas  intéresse la CIA car il souffre d’un mal rare : il ne connait pas la peur !

Rapidement recruté, il est envoyé en mission sur tous les fronts, en URSS  mais aussi pour infiltrer les bandes de jeunes Hippies. D’abord parce que la CIA a le soucis de mieux les cerner et les comprendre, puis lorsque leurs doléances se propagent à travers le pays, quand ils contestent un peu trop bruyamment le bienfondé de la guerre au Vietnam et jusqu’au mémorable festival de Woodstock. On va donc suivre Bebow de son enfance au présent, à l’image d’un Forest Gump il est aussi le reflet d’une Amérique qui se cherche.

On plonge avec plaisir dans cette vision moins superficielle qu’il n’y parait de l’Amérique des années 60/70 , de la guerre froide avec l’URSS, de la vague hippy  et de ses revendications et contestations non-violentes pour l’arrêt de la guerre au Vietnam. On se souvient d’ailleurs de la comédie musicale « Hair » qui affirmait ces mêmes revendications … Le récit est superbement adapté, porté par le graphisme et les couleurs très seventies, on s’y immerge totalement… c’est un très agréable moment de lecture.


Catalogue éditeur : Sarbacane

Bibow Bradley : l’homme qui ne connaissait pas la peur !

USA, début des 60’s. Né dans un trou paumé de l’Illinois, le jeune Bibow Bradley est destiné à finir, comme son père et son grand-père avant lui, derrière le comptoir du Bradley’s and son, le bar des tocards ! Mais la guerre du Vietnam éclate, et à 18 ans, le voilà parachuté au cœur de la jungle !
Sauf que Bibow a une particularité, un don qui s’avérera très utile aux yeux de la CIA : il n’a jamais peur. Les balles peuvent bien siffler à ses oreilles, lui, il s’en moque !! Mais de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock, Bibow découvrira une chose qu’on ne lui a jamais enseignée : le facteur humain.

Format: 21,5 x 29 cm / Nombre de pages: 112 /Parution: 7 septembre 2016 / ISBN: 9782848659152 / Prix: 19,50 €

 

Transcolorado. Catherine Gucher

Quand une jeune fille un peu paumée traverse les plaines dans le Transcolorado cela donne un beau premier roman dans lequel Catherine Gucher allie avec bonheur nature et humanité.

domiclire_transcoloradoLe Transcolorado, c’est un bus qui fait la route jusqu’au montagnes, dans un coin perdu de l’Oregon. Là, au milieu des plaines hostiles, sans travail, sans domicile, un jeune fille étrange, paumée, attachante, traine sa vie de champs de récoltes en bureau des postes, pour y glaner de quoi se chauffer, ou pour y retirer sa pension, son seul moyen de subsistance dans ce pays par trop inhospitalier. Chaque jour elle va au bar de la route et là, Joe lui sert un café-whisky, le seul moyen qu’elle a trouvé pour oublier ce quotidien morne, sombre et sans avenir. Et quand elle peut, elle grimpe à bord du bus, et parcourt le trajet aller-retour, pour l’espoir, les rêves, l’illusion d’un ailleurs plus souriant. Pour oublier cette vie dans laquelle depuis si longtemps il ne se passe rien, pour oublier aussi les araignées de la peur qui s’infiltrent dans sa tête, et ses dents noires qui l’empêchent de sourire.

Jusqu’au jour où dans le bar de Joe, Tommy, un balafré,  un apache sans doute, lui propose « on se fait un Transcolorado. » Et ce n’est même pas une question, juste un proposition, comme une évidence, un espoir, une connivence entre deux paumés que la vie pourrait bien rassembler. Alors ils montent, ils roulent, vers un peu d’espoir, vers des lendemains plus faciles peut-être. Car au bout de la route, il y a les pins Douglas, les billets de la chance à gratter, les Amish, leurs chapeaux et leurs règles contraignantes et sectaires, rassurants peut-être, enfin un temps seulement. Elle quitte Tommy, elle s’installe chez les Amish, soigne les chevaux, émerveillée par la majesté et l’indépendance des Appaloosa, puis elle grandit, évolue, retrouve Tommy et le bar du vieux Joe….

Roman de la solitude et de l’espoir, de la nature et de ces contrées où les hommes vivent à la dure, mais où les rêves sont possibles malgré tout. L’auteur nous entraine dans les hautes plaines, au plus près de la misère, des doutes, des vies cabossées. C’est un roman étonnant par ce qu’il dégage sur la difficulté de la vie, mais aussi par la délicatesse de l’écriture et par l’optimisme des personnages qui bien que meurtris par la vie ne perdent pas l’espoir d’un avenir meilleur.


Catalogue éditeur : éditions Gaïa

Au-dessus des grandes plaines, quand le ciel immense est trop bleu, une fille un peu cabossée par la vie monte dans le bus. Le Transcolorado l’emmène jusqu’à l’arrêt des quatre montagnes, et puis elle rentre. Le jour où Tommy avec sa balafre passe la porte du bar du bout de la route, elle sait que quelque chose s’avance qui peut changer un bout de son existence.

Roman français / Littérature générale / ISBN 978-2-84720-745-3 / 176 pages – 17 € / format 13×22 / Janvier 2017

La Peinture américaine des années 1930 « tHe AgE of aNxiEty » Musée de l’Orangerie

Plus que quelques jours pour aller découvrir les grands peintres américains du XXe siècle. L’exposition se termine le 30 janvier.

domi_c_lire_expo_peinture_americaine_1Si nous connaissons parfois bien nos peintres majeurs français, et au moins quelques peintres européens, pour l’art des États-Unis, il est souvent plus difficile de citer des noms lorsque l’on se pose la question.
Le musée de l’orangerie nous permet donc de faire un tour d’horizon  des artistes qui ont émergé sur le nouveau continent à la période difficile de la grande crise.  Après la chute de la bourse à Wall Street en 1929, le pays plonge dans La Grande Dépression, elle aura des effets jusqu’en Europe. Tous les artistes présentés dans cette exposition témoignent à leur façon de la réalité de ces années anxiogènes, où il était peut-être parfois compliqué de croire en l’avenir, où le paysage se transforme. De rurale, l’Amérique devient urbaine avec les migrations des ouvriers agricoles vers les grandes villes.  Mais dans les années 30, on assiste également à l’émergence de l’industrie et de sa puissance, en parallèle la misère sociale entraine cette migration des campagnes vers les villes, ces dernières prennent alors une grande importance dans le paysage national. Tout cela n’empêche pas d’avoir le goût de la fête, de la danse et de la musique, d’ailleurs un magnifique tableau nous rappelle le roman de Horace Mac Coy, on achève bien les chevaux, quand on pratiquait des marathons de danse, sur plusieurs jours, pour un gain misérable.

C’est également l’époque de la naissance du jazz dans les villes et à Harlem, mais aussi des inégalités, des discriminations et des violences raciales, perpétrées en particulier dans les états du sud. Période encore où les artistes réinventent un passé, celui des colons et de Thanksgiving, celui des austères sœurs de la révolution, celui beaucoup moins glorieux de l’esclavagisme. S’ils réinventent leur passé, ils sont toujours attentifs au présent, on retrouve dans les œuvres présentées des évocations du drame de Guernica qui, s’il a largement inspiré une œuvre majeure de Picasso, est également évoqué dans les toiles présentées ici, tout comme la montée du fascisme en Italie ou en Espagne.

Exposition intéressante qui nous fait découvrir de grands noms d’artistes très peu connus, qui préfigurent le réalisme, l’expressionnisme abstrait ou le pop art, qu’importe car ce qui est sûr, c’est que l’art moderne américain prend son envol à cette époque. Exposition ponctuée de deux superbes toiles de Hopper, dont j’avais particulièrement aimé la rétrospective au Grand Palais.


Exposition du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017

The Age of Anxiety

Les années 1930 sont, à plus d’un titre, décisives dans l’affirmation d’une scène artistique moderne aux États-Unis, à un moment particulièrement complexe de son histoire où la définition d’un art moderne américain ne peut être univoque. De l’abstraction au réalisme « social » en passant par le régionalisme, les univers esthétiques de peintres tels que Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe, ou Edward Hopper cohabitent et se confrontent dans les mêmes foyers de création.
Organisée en collaboration avec l’Art Institute de Chicago, cette exposition présente un ensemble d’une cinquantaine de toiles issues de prestigieuses collections publiques américaines (l’Art Institute à Chicago, le Whitney Museum, le Museum of Modern Art à New-York…) et de collections particulières, dont la diversité reflète toute la richesse de cette période précédant la Seconde Guerre mondiale.

Ma semaine aux USA pendant les élections présidentielles américaines…

C’était le 8 novembre, journée d’élections pour des millions d’américains. J’ai assisté en direct à cette soirée pour le moins inhabituelle si on la compare à celles de nos élections présidentielles et à leurs résultats quasi instantanés. Quelques impressions de cette journée, semaine devrais-je dire.

Soirée en famille devant le poste. Et quelle soirée ! Commencée vers 16h, terminée (par ko) à 1h du matin. Étrange veillée électorale où les résultats s’engainent pendant des heures à partir de 20h ET (Eastern Time, ne pas oublier que les bureaux de vote ferment parfois d’un côté du pays quand les résultats sont déjà en partie annoncés de l’autre !) et se finissent tard le lendemain. Deux états ont un système à la proportionnelle, pas les autres, ce qui fait que celui qui a la majorité des voix emporte l’ensemble des grands électeurs de l’état. Il y a également en plus de Hillary Clinton et Donald Trump, deux autres candidats dont on ne parle quasiment pas.
Toute la journée du lendemain, et pendant des jours, les résultats arrivent mais l’élection se joue avec le décompte des grands électeurs, même si le vote populaire peut être différent. Pour en avoir une idée Hillary a environ plus de 200.000 votes de plus dès le lendemain des résultats. D’ailleurs les gens protestent dans les rues de plusieurs grandes villes dès le 9 novembre au soir ! (Ce qui est très inhabituel ici !)
Les derniers résultats ne sont toujours pas validés quand je pars dormir.

Pour info, à Miami le temps moyen pour remplir un bulletin de vote est de 25 à 30 minutes car il y a 3 pages de sujets différents à élire, choisir, décider le même jour ! Une réglementation sur l’énergie solaire, changer les juges, etc. et accessoirement voter pour le président… Ils sont écrits en trois langues, anglais, espagnol et créole. Et les bureaux de vote étaient ouverts pendant les 15 jours précédant le 8 novembre, vous pouviez donc aller voter au moment qui vous convenait le plus. Ce n’est pas forcément pareil dans tous les états.

domiclire_electionsusa37 novembre : Élections Last Hours…#ClintonVsTrump ambiance #USA2016 demain on sera devant le poste pour une drôle de soirée !

8 novembre : Dans l’après-midi, ballade du côté de Winwod (un quartier de Miami) je tombe par hasard sur un bureau de mobilisation des volontaires pour la campagne démocrates. Ambiance ! Ils sont motivés et ils y croient.

 

Je suis donc à Miami, un des états clé, qui est pronostiqué devant basculer dans le camp Clinton. On est prêts. Et le verre de vin est indispensable pour attaquer cette longue soirée. Le amis et la famille réunis pour vivre en direct les longs, très longs décomptes et résultats…
Tout au long de la soirée, je prendrai des photos de l’écran de télé, pour me faire expliquer ensuite. Et je tenterai de comprendre les subtilités du système fédéral, qui accorde un nombre d’électeurs par état qui n’est pas forcément proportionnel au nombre de votants. Ceci pour respecter et permettre un certain équilibre dans la représentation des états moins peuplés, mais qui peut faire basculer les résultats dans un sens ou dans l’autre, à l’encontre parfois du vote populaire. Enfin, ça c’est si j’ai bien compris !

Premiers résultats on attend les résultats de la Floride ! Va-t-elle basculer ou pas ?
Si vous êtes à New York, l’Empire States qui s’éclaire aux couleurs du pays annonce les résultats. C’est parfois serré. Les électeurs s’ajoutent  en bas à gauche de l’écran quand l’état est gagné …
On arrive au bout de quelques heures aux résultats des états du centre des USA, largement républicains, mais ça ‘était prévu… beaucoup d’incertitudes…Pour moi, il est absolument étonnant de voir comment un État malgré les différences dans chaque conté (zones plus ou moins peuplées) passe d’un côté ou de l’autre.

 

Alors, à partir d’une certains heure, c’est pas bon, non ? Enfin ça dépend pour qui !
On voit souvent sur l’écran : « Too early to call », ça veut dire que pour certains états, on ne peut pas encore dire, c’est trop serré ! Les heures passent. les résultats changent parfois d’une minute à l’autre !

 

Ok ! Au bout d’un moment, sur la carte, c’est rouge de chez rouge non ?

 

domiclire_electionsusa149 novembre : au matin, le discours de Clinton. Intéressant, en particulier son passage pour les jeunes filles et les femmes.
Se dire qu’au final, elle a quand même gagné en nombre de voix du « popular vote » ! Et malgré tout perdu ! Elle aura environ plus de 2 millions de votes populaire de plus ! On assiste à des manifs dans quelques villes (mais pour le début, c’est bien plus calme qu’en France) pour réclamer le résultat du vote populaire. Le lendemain soir. Les votes montrent déjà la différence : Clinton a davantage de voix que Trump !

Au dernier décompte (22 novembre) elle est à 48,1% avec 64,227,373 voix et Trump à 46,6% avec 62,212,752 voix !

Voilà, c’était mes impressions d’une étonnante soirée, semaine, expérience…

Deux semaines après l’élection présidentielle américaine, remportée par Donald Trump, Hillary Clinton n’en finit plus de creuser l’écart : le nombre total de voix en faveur de l’ancienne candidate démocrate (64 223 958) dépasse désormais de plus de deux millions (soit 1,5 point de pourcentage) celui en faveur du président élu (62 206 395), après un dernier décompte réalisé dans les États du New Jersey, de l’Illinois, du Maryland et de Californie, selon le New York Times, qui rapporte les données compilées par le site Cook Political Report.

Certaines n’avaient jamais vu la mer Julie Otsuka

Espoir, illusion, déception : dans le très beau roman « Certaines n’avaient jamais vu la mer », Julie Otsuka nous fait entendre les voix multiples de ces jeunes japonaises qui ont traversé l’océan pour un rêve de vie meilleure.

Certaines n’avaient jamais vu la mer -

Dans les années 1900, de nombreuses jeunes filles japonaises ont traversé l’océan pour se marier aux états unis. Leurs famille avaient besoin de ce mariage, d’autres sœurs à marier, des familles pauvres qu’il faudrait aider, une hypothétique vie plus facile par-delà la mer, des lettres de leurs futurs maris tellement jolies et rassurantes. Expérience si difficile pour celles dont on sait que « certaines n’avaient jamais vu la mer »… où l’on comprend que partir du Japon, cette constellation d’Iles, ne pouvait être qu’un long et difficile voyage vers l’inconnu.
Le rêve était tentant. La réalité l’était souvent beaucoup moins, photos d’un autre, mensonges sur le véritable métier exercé et sur la réalité de la vie du futur époux, solitude, abandon des familles vers lesquelles on ne peut plus retourner sans honte, il faut donc rester sur le continent, et apprendre un autre vie, d’autres mœurs, d’autres coutumes.
Les japonaises seront ouvrières agricoles, dure à la tâche, silencieuses, fiables, aidant les maris bien peu fortunés, mariage, enfants, deuils, travail difficile et mal payé, puis la guerre avec le japon qui éclate, et les japonais accusés d’être des espions, enfermés et déportés dans des camps, abandonnées par une population autochtone qu’ils servaient et avec qui ils cohabitaient, mais qui ne les avait jamais vraiment acceptés ni intégrés.

Instantané de l’histoire décrit avec un style très particulier, la narratrice prend les voix de ces jeunes filles, de ces épouses, de ces femmes et de ces veuves, montrant chaque étape de leur vie, le voyage, l’arrivée, les futurs époux, les mariages, les enfants, la vie dans toutes ses étapes, englobant dans un « nous », en exemples multiples et lancinants, la réalité de toutes ces vies. Ce style parfois déroutant m’a gênée par moments, car il m’a semblé difficile de m’attacher à un personnage en particulier puisque aucun n’est réellement suivi. Mais quel beau livre malgré tout !


Catalogue éditeur : Phébus ; 10/18

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. Lire la suite

Littérature étrangère / Date de parution : 30/08/2012 / Format : 14 x 20,5 cm, 144 p., 15.00 € / ISBN 978-2-7529-0670-0

Big Daddy, Chahdrott Djavann

Big Daddy, de Chahdortt Djavann alterne entre thriller, roman intimiste et roman noir avec une grande subtilité

Big daddy

Big Daddy, c’est l’archétype de l’homme qu’on souhaite ne jamais rencontrer. Pourtant, lorsqu’il se prend d’amitié pour un adolescent d’origine latino, c’est pour Rody comme un rêve. Rodrigues est un enfant paumé des rues et des quartiers pauvres de l’Amérique profonde, celle des malfrats et de la drogue, des petits boulots et de la prostitution, des obèses et des tueurs en série.

Condamné pour un triple meurtre Rody est emprisonné à vie sans aucun espoir de remise de peine. Son avocate vient le retrouver chaque semaine sans faillir pendant quatorze ans. Elle va progressivement l’éduquer, puis obtenir des confidences qui auraient pu faire changer l’issue de son procès. Enfin et surtout, elle va éprouver des sentiments très singuliers pour cet adolescent, elle qui se sent certainement protégée de toutes conséquences préjudiciable à son équilibre par la réclusion définitive de Rody. Les chapitres alternent la vision de l’adolescent, la vie de Big Daddy, puis celle de son avocate.

L’auteur aborde le difficile thème des condamnés à la réclusion à perpétuité sans aucun espoir de liberté conditionnelle, peine définitive et irrémédiable comme les états Unis sont capables d’en prononcer, y compris pour de jeunes adolescents. Peut-être aussi l’inquiétant équilibre qui se crée entre un détenu et son visiteur de prison, en abordant les liens subtils et occasionnellement risqués qui se tissent alors. C’est sombre, violent, attachant, singulier, très surprenant même et l’issue est également tout à fait inattendue. Je découvre Chahdortt Djavann et j’ai l’impression qu’elle sort ici de son genre habituel. Son écriture est prenante et malgré le fait qu’il soit aussi violent je n’avais aucune envie de lâcher ce roman inclassable. Big Daddy alterne entre thriller, roman intimiste et roman noir avec une grande subtilité.

Catalogue éditeur : Grasset

Un gamin des rues, Rody, est condamné à perpétuité pour un triple meurtre dans un trou perdu de l’Amérique profonde.
Lors de ses tête-à-tête dominicaux avec l’avocate commise d’office, Rody lui raconte son intimité avec Big Daddy, grand pervers criminel qui avait fait de lui son « fiston ».
Argent, drogue, sexe et loi de la haine, blancs, noirs, obèses, prostituées: tout y passe…mais rien ne se passe comme on peut l’imaginer.
« Rody’s case », l’affaire Roddy, est médiatisée et devient un enjeu de la campagne politique du gouverneur : consentira-t-il à le relaxer ?
Trois voix, trois histoires tendent cette intrigue pour composer un suspense psychologique d’une rare efficacité où chaque chapitre recèle une surprise, un retournement ou un coup de théâtre.
Roman politique et social, roman intime, roman noir : âmes sensibles, s’abstenir !

Format : 140 x 205 mm / Pages : 288 / EAN : 9782246851783 / Prix : 18.00€

Elle & lui. Marc Lévy

Parce que Marc Lévy sera toujours Marc Lévy, Elle & Lui, où l’amour qu’on trouve quand on ne le cherche pas !

DomiCLire_elle_et_lui_marc_levy.JPGElle, c’est Mia. Melissa Barlow, actrice anglaise à succès, qui vient de terminer le tournage d’un film dans lequel elle tient la tête d’affiche avec son mari David. Elle souhaite faire un break avant la tournée de promotion du film et part à Paris rejoindre son amie Daisy qui tient un restaurant à Montmartre.
& Lui, c’est Paul. Paul Barton, écrivain américain venu chercher l’inspiration à Paris. Il en est à son sixième roman. Le succès fulgurant et inattendu de son premier roman ne s’est jamais renouvelé et bizarrement aujourd’hui, le pays dans lequel il a le plus de fans est la Corée du sud. Il est d’ailleurs vaguement amoureux de sa traductrice, Kyong, qui vient le voir à Paris deux fois par an. Relation pour le moins épistolaire et fugace, mais qui semble les contenter.
Le hasard, la curiosité de Mia, les bon copains de Marc, puisqu’on retrouve dans ce roman Arthur et Lauren, les héros de « et si c’était vrai », le premier roman de Marc Lévy, vont faire se rencontrer Mia et Paul. Première rencontre pour le moins cocasse qui démarre sous le signe du quiproquo et qui donne le ton au roman et à cette relation amicale entre Elle & Lui.
En trame de fond il y a quelques mentions au travail de l’écrivain, au travail difficile de recherche du sujet du prochain roman, au manque d’inspiration, au succès qui sera au rendez-vous ou pas. La complexité du monde de l’édition, de la traduction pour diffuser dans les pays « exotiques » sont également abordés, mais ces évocations ne prennent jamais le pas sur le côté léger du roman. Il y a de même un passage un peu étrange et décalé sur les affres de la vie en Corée, évoqués et quelque peu « survolés » et dont on peut se demander ce qu’ils viennent faire là.
Mais il me semble que ce n’est pas ce que l’on retient au final. C’est au contraire un moment de légèreté passé sur un petit nuage à lire un histoire d’amitié, d’amour, de rencontres, de fidélité dans l’amitié et où tout finit bien malgré quelques aléas. En un mot, un roman digne de Marc Lévy qui permet à ses lecteurs d’oublier le train-train quotidien sans trop se poser de questions. C’est un roman agréable et qui se lit facilement, juste ce qu’il faut pour passer un bon moment de détente.


Catalogue éditeur : éditions Robert Laffontéditions Robert Laffont / Versillo

Un site de rencontres les a réunis.
Ils ne sont pas devenus amants, mais amis.
Et ils comptent bien en rester là…

Elle est actrice. Lui écrivain.
Elle s’appelle Mia. Lui Paul.
Elle est anglaise. Lui américain.
Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais.
Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment.
Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas.
Elle se sent seule. Lui aussi.
Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses.
Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.

Dans ce roman, ou l’on retrouve les personnages de Et si c’était vrai…, Marc Levy nous entraîne dans une histoire d’amour irrésistible et totalement imprévisible.
Elle & lui marque le grand retour de Marc Lévy à la comédie.
« Magique. Jubilatoire. Un vrai bonheur. » Paul Barton

Parution : 5 Février 2015 / Format : 153 x 240 mm / Nombre de pages : 418 / Prix : 21,50 € / ISBN : 2-221-15783-4