Paris-Venise, Florent Oiseau

Paris-Venise, de Florent Oiseau est le roman très actuel d’un trentenaire qui travaille à bord d’un train de nuit et découvre l’envers d’un décor par forcément idyllique. Ou comment une expérience vécue peut inspirer un bon roman ?

Domi_C_Lire_florent_oiseau_paris_veniseLa vie de Roman est une galère sympathique, sa banquière a de plus en plus de mal à accepter ses découverts, aussi lorsqu’il trouve un emploi de couchettiste sur le train de nuit Paris-Venise, il prend, même si le tarif horaire est tout sauf honnête. Pour ce trentenaire pas super dynamique et qui pour l’instant n’a pas vraiment d’avenir, ce job  est une aubaine ! Surtout lorsqu’il rencontre la jolie Juliette, une future collègue qui fera peut-être quelques allers-retours avec lui, qui sait ?

Mais dans les trains de nuit, comme souvent dans les villes la nuit, les rencontres sont interlopes, les passagers parfois clandestins, les caisses falsifiables. Quelques pickpockets expérimentés qui investissent les wagons lors des arrêts en gare, quelques employés prêts à rendre de menus services contre quelques billets, voilà un joli échantillon de cette vie nocturne et pour Roman la rencontre inattendue avec tout un univers de gagne-petit et de traficoteurs qu’il va d’abord rejeter… enfin, dans un premier temps, car les fins de mois difficiles, la paye au lance pierre, c’est bien lui qui les subit, tout comme ses partenaires d’une nuit, qui ont compris depuis longtemps où et quand pouvaient se réaliser les combines et les entourloupes.

Paris-Venise est un roman à la fois rafraichissant et rythmé, vif et très humoristique, c’est aussi une jolie satire de nos vies moderne, où le plus voleur n’est pas toujours celui qu’on croit, où le plus sincère et le plus innocent n’est pas toujours celui qui en a l’air. Reflet dérisoire et satirique de nos sociétés modernes, de nos banlieues et de nos villes, de nos vies ? Un auteur à suivre …

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Catalogue éditeur : Allary éditions

« – C’est Milan ?
Pris de court, Demba a regardé par la fenêtre et s’est contenté de lire ce qu’il avait aperçu sur un panneau à fond bleu.
– Non, monsieur, bientôt, pour le moment nous sommes à Sottopassaggio, dans la banlieue proche.
– Oui, c’est vraiment très proche, j’ai ajouté, pour avoir l’air d’un mec qui connaissait sur le bout de ses doigts la province lombarde.
Le type s’est fendu d’un rire discret et nous a expliqué avec un brin de condescendance que “sottopassaggio” voulait dire “passage souterrain”, mais que le grand panneau “Milano Centrale” qu’on pouvait désormais apercevoir signifiait que nous étions bien à Milan. Demba a répondu que c’était une vanne, le passager s’est senti con et s’est avancé vers l’autre porte, au bout du couloir.
– Bonne vanne, j’ai vraiment cru que c’était un nom de ville.
– Pareil. »

Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d’Europe. Un signe. Lui non plus n’est pas très en avance dans sa vie. À presque trente ans, décrocher ce poste de couchettiste ressemble à une consécration… Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.
Inspiré de faits réels, Paris-Venise confirme le talent de Florent Oiseau qui mêle admirablement humour et sensibilité.

240 pages | 17,90€ / En librairie le 11 janvier 2018 / EAN : 978-2-37073-158-6

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Quand Dieu apprenait le dessin. Patrick Rambaud

Dans son dernier roman « Quand Dieu apprenait le dessin » Patrick Rambaud nous conte l’histoire abracadabrantesque et passionnante de la quête des reliques de saint Marc par Venise, en 828.

DomiCLire_quand_dieu_apprenait_le_dessin.jpegLe tout début des années 800, en France et à Venise, est une période d’obscurantisme. Louis le Pieux est empereur des Francs. Il n’est autre que le fils du grand Charlemagne, on comprend qu’il lui est difficile de s’imposer en passant après un père aussi emblématique. L’empire connaît une très grande instabilité politique et religieuse.

Au même moment, à Venise, la ville souhaite assurer son indépendance face à la suprématie d’autres villes prospères et établies. A cette époque, tous les moyens sont bons pour affirmer sa place,  pourquoi pas par exemple l’idée totalement saugrenue d’aller chercher la sainte relique de saint Marc, alors conservée jalousement à Alexandrie, pour en faire le protecteur de la cité des doges ?

Manipulation politiques et religieuses ne font pas peur aux régnants. Et quand la cité des Doges décide qu’elle doit s’affranchir de la tutelle des autres villes, en particulier de celle très menaçante de Rome, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Y compris de laisser carte blanche à ses plus emblématiques commerçants. Car les commerçants ont l’habitude d’aller d’un pays à l’autre pour y échanger esclaves et soieries contre métaux et objets manufacturés, ils seront les meilleurs messagers et les seuls à même de négocier et de transporter les restes du saint.  Mais l’aventure s’avère  aussi intrépide que rocambolesque.

C’est en tout cas l’objet de ce très étonnant roman. Patrick Rambaud nous conte l’histoire abracadabrantesque mais passionnante de ce voyage, de cette quête et des différents personnages qui vont réaliser ce voyage. Il nous parle surtout de cette époque fort complexe pendant laquelle le christianisme s’étend de part et d’autre de la méditerranée. A l’arrivé de la relique, le Doge de Venise dédie une église à saint Marc l’évangéliste puis les reliques rapportées par les marchands seront conservées dans la basilique éponyme, toute de marbre, mosaïques, pierres précieuses, comme pour mieux assoir la magnificence de la ville.

Quand Dieu apprenait le dessin est un roman qui se lit d’une traite, tant l’écriture, le rythme, l’intrigue sont fascinants et prenants. Un roman qui fait passer un excellent moment, et qui plus est, une lecture dont on a l’impression de sortir un peu plus savant.

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Catalogue éditeur : Grasset

Au début du IXe  siècle, «  nous étions à l’âge des ténèbres. Le palais des doges n’avait pas encore remplacé la lourde forteresse où s’enfermaient les ducs. Les Vénitiens étaient ce peuple de marchands réfugiés dans les lagunes, pour se protéger des barbares. Ils ne voulaient pas affronter des ennemis mais cherchaient des clients  : aux uns, ils vendaient des esclaves, aux autres du poivre ou de la soie. Leur force, c’étaient les bateaux – dans une Europe encore aux mains des évêques et des Papes.  »
Venise la récalcitrante excite les convoitises et s’exaspère du pouvoir de Rome. Le 31 janvier 828, le doge de Rialto envoie deux tribuns en mission à Alexandrie pour ramener par tous les moyens la dépouille momifiée de saint Marc… Lire la suite

Parution : 10/01/2018 / Pages : 288 / Format : 130 x 205 mm / Prix : 19.00 € / EAN : 9782246814863

La sonate oubliée. Christiana Moreau

Premier roman sensible et musical, « La sonate oubliée » de Christiana Moreau nous entraine dans les pas de Vivaldi, de la Belgique d’aujourd’hui à la Venise du XVIIIe.

DomiCLire_la_sonate_oubliee.jpegA Seraing, en Belgique, la vie est monotone et difficile depuis que les grandes aciéries ont fermé. Lionella a 17 ans, cette jeune fille d’origine italienne se distingue du reste des adolescents de cette ville un peu sordide. Elle ne vit que pour la musique et son rêve de participer au grand concours international de violoncelle.  Mais elle doit trouver le morceau de musique qui la rendra différente et la fera remarquer. Par le plus grand des hasards, son ami Kevin déniche une partition dans une brocante. S’il n’est pas musicien, il est cependant sous le charme de Lionella et lui offre le coffret qu’il a découvert, quelques partitions, un carnet…

Lionella déchiffre le carnet, puis la musique et décide, aidée par son professeur de musique, de la jouer au concours. Avec Ada, elle part également à la rencontre de Vivaldi, le « prêtre roux » qui enseignait au 18e siècle la musique aux jeunes orphelines de l’Ospedale della Pietà, à Venise. Elles devaient passer presque toute leur vie dans cette Ospedale, n’ayant aucun espoir de se marier. Dans leur quotidien confiné entre ces murs, la musique, même jouée derrière des grilles, était un merveilleux échappatoire.

L’auteur nous emmène dans la vie de ces deux jeunes filles, nous fait connaitre cette Ospedale où les enfants abandonnés, pauvres, orphelins ou bâtards de grands seigneurs, étaient pris en charge par une société qui attendait en retour fidélité et travail. Les chapitres alternent entre Lionella et Ada, entre le présent et le passé et nous plongent avec bonheur dans la mélodie et la vie de Vivaldi. L’intrigue est intéressante, bien que les deux histoires d’amour soient d’une part à peine esquissée dans le présent et d’autre part trop clairement désespérée dans le passé pour être tout à fait crédibles… S’il lui manque un petit supplément d’âme, voilà un livre qui vous fera passer un bon moment même s’il laisse parfois une impression de pas assez.


Catalogue éditeur : Préludes

À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et… une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel « le prêtre roux », Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Parution : 04/01/2017 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 256 / EAN : 9782253107811