Ceux qui sont restés là-bas, Jeanne Truong

Le récit poignant de survivants du Cambodge de Pol Pot

Cambodge, 1978. Son époux et sa fille ont été tués par les Khmers Rouges. Elle n’a qu’une issue, fuir le pays avec Narang, son fils de six ans, jusqu’à la frontière avec la Thaïlande.

Si Narang est devenu muet suite à la mort des siens, sa mère quant à elle n’arrivera jamais à surmonter la douleur de leur perte. Car c’est aussi celle de milliers de cambodgiens qui ont perdu la vie par la folie et la volonté d’un homme. Au milieu de la jungle, dans une nature hostile et sauvage, sur les sentiers piégés par les Khmers Rouge, à la merci des passeurs indélicats, des profiteurs, des voleurs et des violeurs, leurs chances de survie sont infimes.

Ce seront des jours de marche et d’angoisse, de faim et de soif, de terreur, entourés de morts et d’appels à l’aide, de cris et de pleurs, pour arriver enfin jusqu’aux camps situés à la frontière. Là, les rescapés sont parqués, isolés, en marge du pays voisin qui hélas n’a rien d’ami en cette période pour le moins trouble. Car si certains parmi eux savent tant les exactions perpétrées par Pol Pot et ses armées que les massacres envers une population dont il faut anéantir la moindre racine, à ce moment-là, les thaïlandais ne font rien pour aider les rescapés.

Comment revivre, comment simplement survivre quand on a tout perdu, que l’on est conscient des horreurs que peuvent commettre les hommes et surtout de la fragilité de la vie. Comment vouloir continuer, même pour l’amour d’un enfant, quand face à tant d’atrocités on sait que l’on a tout perdu. Comment enfin grandir et vivre quand son enfance est synonyme de peur et de mort. Les questions sont posées, le contexte est enfin révélé, mais aucune réponse n’est donnée, comment cela serait-il possible d’ailleurs.

Le texte est profond, terrible aussi lorsqu’il ose dire ces massacres dont on n’avait si peu entendu parler, la traîtrise du pays voisin, le manque d’action des associations, puisque très peu de rescapés seront sauvés par la croix rouge ou les instituions internationales. Mais il y a aussi ces moments d’entraide et de partage, rares mais réels, qui permettent de rester en vie. Il en aura fallu du temps pour que le monde se réveille en réalisant les atrocités commises au Cambodge contre son peuple par son peuple.

Un roman qui remue et bouleverse, et nous dit une fois de plus qu’il ne faut jamais oublier ce dont l’homme est capable. La nature luxuriante et pourtant si dangereuse y tient une place prépondérante, et la terreur exercée par Pol Pot sur son peuple se ressent dans chaque fibre, chaque brin d’herbe, chaque mouvement et chaque pleur. J’ai souffert avec Narang, cet enfant bien seul qui a si mal débuté sa vie, incapable d’aimer ou de s’ouvrir à l’autre.

Impossible de ne pas penser en le lisant au roman de Guillaume Sire Avant la longue flamme rouge.

Catalogue éditeur : Gallimard

Il aurait fallu rester jusqu’à la fin. Il aurait fallu mourir. Avoir quitté les lieux avant les autres, c’est être coupé de l’Histoire. Je suis entré dans le noir qu’on appelle la survie. Je n’ai pas vu de mes yeux jusqu’au bout, je n’ai pas payé de ma vie comme les autres. Cependant, si l’enfance détermine tout, alors je suis un enfant des camps.
1978. Narang a six ans. Il fuit le Cambodge avec sa mère. Comme une foule d’autres rescapés, tous deux tentent de rejoindre la Thaïlande. Épuisés par des jours de marche, harassés par la faim et la soif, ils sont parqués dans un camp à leur arrivée. Cela aurait pu être la fin de leur tragédie. Mais ça ne sera que le début d’une autre. Fulgurante, celle-ci.
Jeanne Truong restitue avec force et pudeur l’horreur du cauchemar cambodgien. Elle revient sur un épisode méconnu de cette période sanglante. Le récit de Narang, habité par les obsessions qui hantent les survivants, est saisissant de vérité et d’humanité.

Parution : 14-01-2021 / 272 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072888045 / 20,00 €

Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Jusqu’à quel point peut-on fuir lorsque les certitudes s’effondrent ?

Joanne est une femme, une mère et une épouse comblée. Elle a rencontré son mari alors qu’elle était encore étudiante, et le mariage a été un peu précipité par la naissance de leur fille, mais le couple qu’elle forme avec Thomas est toujours aussi fusionnel.

En 1976 à Modesto, en Californie, la vie s’écoule paisiblement lorsque l’on n’a aucun soucis d’argent, un mari attentionné et des enfants que l’on aime et qui vous le rendent bien. Même si sa fille est entrée dans sa période d’ado contestataire et critique souvent sa mère, l’entente dans la famille est forte et l’ambiance y est sereine.

Un jour Joanne est violemment agressée par homme qui lui dérobe son sac. Les insultes, les coups qu’elle reçoit sont un choc. Son monde de bisounours s’effondre, la vie en rose prend des airs noirs et menaçants. La violence est à sa porte et la pousse à se remettre en question. Très choquée et blessée, et malgré le fait que son mari tente de l’aider, Joanne se mure dans le silence. La perte de confiance en elle prend peu à peu toute la place. Elle dérive, seule, muette, terrassée par cette violence gratuite qui fait voler en éclat toutes ses certitudes.

Le temps de se ressaisir viendra, c’est du moins ce que l’on pense autour d’elle. Mais son mutisme, son refus d’accepter sa situation, l’entraînent loin de sa famille aimante et protectrice. Jusqu’au jour où elle disjoncte et s’enfuit sans donner de nouvelles.

Voilà une intrigue étonnamment bien construite. Si au début j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans la tête de Joanne, à comprendre ses réactions pour le moins inattendues et excessives, peu à peu, je me suis glissée auprès d’elle avec l’envie de la consoler, de la rassurer, de l’aider. Bien qu’elle refuse obstinément les mains tendues… Mais jusqu’à quel point peut-on fuir les siens, abandonner ses enfants lorsque l’on est une mère, se réfugier dans le déni…

Une fois de plus, Laurence Peyrin campe un personnage de femme forte qui se bat seule contre les obstacles qui viennent se mettre en travers de sa route jusqu’à retrouver sa propre intégrité. Un récit au final lumineux et positif.

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

À 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection.
Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur.
Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?

EAN : 9782702165645 / Prix : 20.50 € / Pages : 324 / Format : 136 x 216 mm / Parution : 27/05/2020

Taqawan, Eric Plamondon

Prise de vue à focale multiple sur la politique du Québec envers ses peuples autochtones

Du côté de la Gaspésie, en ce 11 juin 1981, les policiers ont investi la réserve de Restigouche. Ils s’en prennent violemment aux indiens Micmac qui tentent de se rebeller alors qu’une loi veut leur imposer des quotas de pêche. Il faut rappeler que les indiens Mig’maq sont les Premières Nations du Québec, cette région du Canada où ils vivent désormais cantonnés dans les réserves. Alors qu’ils comptent uniquement sur leur environnement pour survivre, cette nouvelle loi totalement inique veut leur faire abandonner la pêche au saumon qu’ils pratiquent depuis toujours.

Océane disparaît ce jour-là. La jeune indienne vient de subir un viol, mais craint de revenir dans sa tribu. Elle est découverte quelques jours après par Yves, un agent de conservation de la faune. Yves vient de donner sa démission, écœuré par la politique menée par le gouvernement et par la violence gratuite exercée par les policiers ce 11 juin. Il va se faire aider par l’institutrice française en poste dans le coin pour s’occuper d’Océane, même si cela s’avère très risqué lorsqu’il découvre le profil des agresseurs.

Tout au long de cette intrigue noire mais relativement classique, viennent s’intercaler de nombreux autres récits. La vie et la mort du saumon, son parcours migratoire et ses différents noms. L’histoire indienne avec la vie et les origines des Micmac, les discriminations subies pendant des années pour leur faire perdre leur singularité, leurs rites et leurs légendes. Puis la politique du Canada des années 80, avec ce mémorable référendum pour l’indépendance du Québec.

Ce que j’ai aimé ?

Taqawan est un livre passionnant qui avec des airs de ne pas y toucher englobe tant de sujets. Écologie, économie, politique, social, et légendes se mêlent avec une grande justesse non dénuée de profondeur. Le tout donne au lecteur une vue panoramique de l’histoire et de la complexité des effets de la politique du Canada envers ses peuples autochtones. Un livre plaidoyer pour la cause amérindienne qui se lit (ou s’écoute!) d’une traite et se savoure pour ce qu’il est, éclectique, politique, et novateur dans sa construction. A se demander d’ailleurs quel est le texte qui draine l’autre, l’intrigue ou tout le reste ?

J’ai apprécié ces chapitres courts et si différents de l’un à l’autre mais qui bizarrement ne perdent pas le lecteur. François-Eric Gendron donne tout le sérieux nécessaire au roman, à son sujet et à l’intrigue. Et ce, même si sa voix n’est pas toujours convaincante quand elle prend des intonations québécoises qui ne me semblent jamais aussi réussies que lorsque j’écoute mes cousins canadiens.

Pour aller plus loin : Premières Nations est le terme utilisé pour désigner les peuples autochtones du Canada autres que les Métis et les Inuits. Les membres des Premières Nations sont les premiers occupants des territoires qui constituent aujourd’hui le Canada et ce sont les premiers Autochtones à être entrés en contact soutenu avec les Européens. (L’encyclopédie canadienne)

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2021

Catalogue éditeur : Quidam et Audiolib

Un livre audio lu par François-Éric Gendron

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé dans la communication. Il a publié au Quartanier (Canada) le recueil de nouvelles Donnacona et la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, publiée aussi en France aux éditions Phébus. 
Taqawan (Quidam 2018) reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le prix France-Québec 2018 et le prix des chroniqueurs Toulouse Polars du Sud.

Retrouvez ici le blog d’Eric Plamondon

Quidam janv. 2018 /140 x 210mm / ISBN : 978-2-37491-078-9 / 208 pages 20€
Audiolib Date de parution : 14 Octobre 2020 / Durée : 4h08 / Prix public conseillé: 21.90 € / Format: Livre audio 1 CD MP3 Poids (Mo): 569 / EAN Physique: 9791035401245

Âme stram gram, Christiane Legris-Desportes

Une comptine populaire pour parler d’amour, de vengeance, d’oubli et de pardon

Alors qu’il reçoit un appel lui annonçant le décès imminent de sa sœur, François comprend qu’il va être enfin libéré de ce poids qui l’oppresse depuis tant d’années. Car après le décès brutal de Marie, le seul véritable amour de sa vie, et parce que selon lui sa sœur en a été l’instigatrice, il a pris ses distances avec la famille, avec sa sœur, ses nièces. Et même l’annonce de ce deuil ne saurait le faire revenir sur sa décision de couper les ponts.

Pourtant, un courrier envoyé peu de temps après par la mère de Marie va bouleverser l’équilibre instable qu’il a instauré pour survivre à la douleur. Et cette révélation vient mettre à mal ses certitudes. Et si le décès de Marie avait une autre origine, et si, et si…

Chaque chapitre alterne les voix de différents personnages, sans jamais les faire interagir, chacun s’adresse à nous à la première personne du singulier pour nous dire le silence, les secrets, les difficultés à écouter et se comprendre, quand chacun, et François en particulier, s’enlise dans son incompréhension jusqu’au point de non retour. Où et comment trouver le pardon quand ceux que l’on a rejeté sont morts, quand le dialogue n’est plus possible. Pourtant, le bonheur, ou du moins une forme de sérénité et de résilience peuvent être au bout du chemin pour qui ouvre enfin son cœur et son esprit au pardon et à l’oubli, même après des années de silence et de ressentiment.

Sous une forme très singulière, ces différents textes, lettres, mails, post-it parlent au lecteur et à lui seul pour lui révéler les moments de vie, d’hésitation, de rancœur, de pardon, de résilience et de rechute face à la complexité des sentiments et des émotions qui surviennent lorsque François comprend qu’il s’est fourvoyé à jamais et n’a aucune possibilité de retour arrière.

Un roman court mais dense, qui est construit avec une précision et une économie de mots qui touchent au cœur par leur justesse et leur vérité. Et si l’on ne devait retenir que ça, Christiane Legris-Desportes nous montre à quel point il faut toujours communiquer, parler, s’ouvrir aux autres, au dialogue, ne jamais s’enliser dans le silence et l’incompréhension… Que l’on peut mettre en œuvre le pardon, la confiance en l’autre et en soi-même, l’écoute et le soutien. Tous ces mots que l’on oublie trop souvent et derrière lesquels il y a des actes et des sentiments si importants. Âme Stram Gram est une véritable leçon de vie.

J’avais lu ce roman une première fois en 2014, je le lis de nouveau avec plaisir dans cette version retravaillée par l’autrice et publiée par Les éditions d’Avallon.

Catalogue éditeur : Les éditions d’Avallon

Lorsque Marie, l’amour de sa vie, meurt dans des circonstances dramatiques, François rompt avec son passé, son milieu, sa famille, et surtout avec sa sœur qu’il tient pour responsable de cette disparition.
Persuadé qu’aucune femme ne pourra jamais remplacer Marie, François se jette à corps perdu dans les études. Il devient écrivain. Marie hante chacun de ses romans.
Un jour, une lettre lui parvient et le plonge dans l’incompréhension. Ses certitudes vacillent. Se serait-il trompé ?

Christiane Legris-Desportes, sémiologue et linguiste, est spécialisée dans l’analyse des tendances sociétales. Elle dirige une collection de sciences humaines et collabore à un magazine culturel. Elle a publié de nombreux articles universitaires et plusieurs essais.
Âme Stram Gram est son premier roman. Il a été, lors de sa première sortie, sélectionné au Salon du Livre et du Premier Roman de Draveil.

142 pages / ISBN : 9782491996277 / Date de parution : 11/02/2021 / 12,00 €

Le petit seigneur, Antonio Ferrara

Rêver sa vie n’est pas toujours une option et dépend parfois de sa naissance…

Tonino est un gamin comme tant d’autres, enfin, presque. Pour ses parents, l’école n’est pas une priorité, bien au contraire. A l’âge où les gamins apprennent et jouent comme des enfants, Tonino comme ses sœurs aident à faire fonctionner l’entreprise familiale. Et l’entreprise familiale n’a rien de banal. Enfin, peut-être l’est-elle finalement, puisque après tout on est à Naples, dans le pays où les mafieux règnent en maîtres.

Si les petites sœurs ont la dextérité voulue pour empaqueter les grammes de blanche, Tonino est, à treize ans à peine, déjà passé maître dans l’art du commerce de la neige. Vendre des doses au seuil de l’appartement ou dealer dans la rue, avec son revolver dans la poche, est devenu son ordinaire chaque jour à partir de dix-huit heures et jusque tard dans la nuit.

Impossible de se lever pour aller au collège. Pourtant, son professeur d’italien s’obstine, Tonino est un excellent élève qui rêve de devenir journaliste. Mais en bon napolitain, le père veille, et saura agir si nécessaire pour garder son fils dans l’entreprise. Car dans la ville de Naples, point de salut pour les enfants en dehors de la famille et du milieu.

Antonio Ferrara pointe du doigt ces milieux où les jeunes ont pour avenir celui que leur aînés leur ont assigné, sans possibilité de tracer leur route comme ils l’entendent. L’auteur le dit bien en exergue de son roman, avoir des rêves, des choix de vies, cela n’est pas donné à tous les enfants. Et ceux qui le dénoncent le payent souvent de leur vie.

Un livre jeunesse à faire lire à tous les adolescents mais qui peut aussi être lu par tous. Une lecture importante qui montre que la liberté et le rêve ne sont pas donnés à tous de façon semblable dans le monde, et pour reconnaître le privilège de recevoir une éducation familiale et scolaire enrichissante et égalitaire. l’écriture est agréable et l’on se met facilement dans la peau de Tonino, ses rêves, ses amitiés, ses doutes et ses désillusions.

Catalogue éditeur : Bayard

Tonino suit la voie que son père a tracée pour lui. Celle des seigneurs, pour qui les codes d’honneur sont une question de vie ou de mort.
Chaque soir, il descend sur la place. Adossé au mur, il attend les clients qui viennent lui acheter ses petits sachets.
La drogue, c’est une histoire de famille.
À treize ans, Tonino n’a peur de rien.
Sa vie lui convient telle qu’elle est. Remplie d’adrénaline.
De toute façon, il n’a pas le choix. Dans certains quartiers de Naples, le rêve n’est pas une option.
Pourtant, quand la loi du silence se brise, la nuit laisse aussi parfois entrevoir une lueur d’espoir.

À partir de 12 ans / Parution : 06/01/2021 / Prix : 12,90 € / Pages 144 / EAN 9791036304736

Instagrammable, Éliette Abecassis

Un roman léger qui aborde un sujet grave et contemporain

Les liaisons dangereuses des temps modernes. Quand les outils numériques ne servent plus seulement à communiquer mais aussi à paraître, être, vivre, regarder, sublimer, valoriser, vendre, promouvoir, jalouser, désirer, démolir, détruire, anéantir…

Dans la ronde des instagrammeuses, il y a Jade, et sa ribambelle de followers, Jade qui fait la pluie et le beau temps autour d’elle, que tous rêvent d’imiter, de rencontrer, qui fait votre réussite ou votre bannissement sur ces réseaux sociaux indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.
Autour de Jade, on trouve Léo l’ami ex amoureux qui doit son succès aux stories et posts de Jade et lui est donc totalement redevable.
Sacha qui rêve d’être comme elle, ne plus être transparente, avoir autant de suiveurs, au risque d’en oublier sa vie.
Ariane, la mère de Sacha, qui malgré son métier dans la communication est vite dépassée par les événements.
Et quelques autres…

Une mise en situation extrême mais pourtant contemporaine, intéressante à la fois pour mieux envisager les jeunes d’aujourd’hui mais aussi le décalage et l’incompréhension de leurs parents.
Un roman qui se lit tout seul, qui est à la fois léger et grave. Un roman que j’aurais peut-être destiné à un lectorat de jeunes adultes ou d’adolescents, car il parle d’eux. Pour preuve tous les problèmes de harcèlement, destruction de certains jeunes à la suite de propos ou de photos diffusés sur les réseaux. Et pour rappeler à tous qu’il est important d’avoir toujours en tête que l’oubli numérique n’est absolument pas garanti.

Personnages inventés qui nous semblent plus que réels dans ce monde factice que pourtant nous suivons pour certains d’entre nous de près chaque jour. Qui ne passe pas du temps chaque jour sur ce téléphone qui nous relie au monde qui nous entoure ? En tout cas j’avoue y passer quelques heures par semaine… Mais le risque pour ces jeunes accros à Instagram, Facebook, Tiktok, Whatsapp et autres, est de passer plus d’heures sur leur téléphone que dans leur vraie vie.

Catalogue éditeur : Grasset

«  A la terrasse des cafés, seuls ou avec des amis, ils sont sur le qui-vive. À l’affût d’une nouvelle, dans une attente fébrile, constante, ils ont toujours leur téléphone à portée de main. Le soir, ils ne s’endorment pas sans l’avoir consulté, le matin le saisissent avant même d’avoir ouvert l’œil, pour savoir ce qui est arrivé. Mais quoi, au juste ?  » 
 
Dans ces  Liaisons dangereuses  à l’ère d’Instagram, Éliette Abécassis  décrit de façon inédite une génération née au début des années 2000,  en proie à la dépendance et la violence induites par les réseaux sociaux. 
Un roman incisif qui sonde notre époque, et tout ce qui, en elle, nous interroge et nous dépasse.

Format : 133 x 206 mm / Pages : 180 / Parution : 10 Mars 2021 / 17.00 €

Le passeur, Stéphanie Coste

Passeur de rêves, passeur de vie, un roman bouleversant et indispensable

Ce sera la dernière traversée de l’année, ensuite, il faudra attendre le printemps. Aussi les candidats au départ sont-ils particulièrement nombreux, cantonnés sous de fortes chaleurs dans les entrepôts de Seyoum, sur la côte libyenne. Car loin d’être un voyage d’agrément, cette traversée est le dernier espoir de ceux qui tentent d’atteindre les côtes de l’Europe, et tout d’abord Lampedusa, pour quitter cette terre d’Afrique trop inhospitalière.

Ils ont payé le prix fort aux hommes qui les ont conduit jusque ici depuis l’Éthiopie, le Soudan ou l’Érythrée. Et Seyoum est comme tant d’autres, un passeur de vies. De ces hommes qui font fortune sur la misère des autres. Sans hésiter, il sait user de violence pour se faire respecter. Est-il sans pitié, cet homme qui s’enrichit sur la peur et le désespoir de ses congénères ? D’où viennent ces angoisses qu’il calme avec des doses de Khat et de gin dans cette chambre où il traîne sa misère dans la profondeur et la noirceur de la nuit.

Peu à peu, alors que le dernier chargement d’érythréens vient d’arriver, le passé de Seyoum se dévoile, sombre et meurtri. Car lui aussi est arrivé de ce pays voilà déjà dix ans. La vie familiale heureuse à Asmara, son amour naissant pour Madiha, puis la révolution, la peur, les arrestations et les exécutions, l’embrigadement dans les camps de travail, les tortures, et la fuite, seul. Il se nourrit aujourd’hui de son propre passé, de ses peurs les plus profondes, de ses plaies à vif qui se réveillent en cette ultime nuit.

En deux époques pour conter la vie et la misère de ses différents protagonistes, Libye 2015, Érythrée, de 1993 à 2005, Stéphanie Coste déroule une partie infime de l’histoire politique de l’Afrique. Le désespoir de ceux qui donnent tout, en prenant le risque assumé de perdre leur vie en mer, pour quitter leurs terres et vivre leur rêve de l’autre côté de la méditerranée. Cette mer devenue le tombeau de trop nombreux candidats à l’exil.

Une lecture particulièrement intéressante qui nous donne une vision depuis l’intérieur du monde des passeurs, de ces guerres d’intérêts financiers qui règnent sur les rives libyennes, pour amener jusqu’à nos côtes les migrants qui tentent de réaliser leurs rêves de vie meilleure. Mais lecture émouvante et dérangeante aussi quand elle nous présente des hommes qui ne sont pas des héros, ni totalement bons ni totalement mauvais. La malchance, le sort, le passé, le destin, sont venus se mettre en travers de leur route pour contrecarrer leurs rêves d’avenir et les obliger à en avoir d’autres, plus loin, plus compliqués, plus aléatoires. La détresse, la violence, l’espoir, sont là pour nous dire les drames qui se nouent à quelques encablures de nos côtes, pas bien loin de notre confort quotidien, confinés mais en toute sécurité.

En lisant Le passeur on ne peut s’empêcher de penser au roman magistral d’Olivier Norek Entre deux mondes mais aussi au court recueil de Khaled Hosseini publié pour venir en aide aux migrants Une prière à la mer

Catalogue éditeur : Gallimard

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l’espoir son fonds de commerce », qu’on est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu’on a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool, est-on encore capable d’humanité ?
C’est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l’embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l’emprisonnement, son amour perdu…
À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l’histoire d’un continent meurtri. Son écriture d’une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

136 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072904240 / Parution : 07-01-2021 / prix 12,50 €

Taches rousses, Morgane Montoriol

Qui est la proie, qui est le prédateur dans ce premier roman aussi noir que violent

Beck a fuit sa ville natale pour réaliser son rêve et devenir comédienne en Californie. Aujourd’hui, elle vit sans passion mais par intérêt avec un homme bien plus âgé qui pourra lui ouvrir les portes des studios. Mais ce rêve n’était-il pas celui de sa grande sœur ? Car des années auparavant, dans la petite ville de Muskogee, Leah Westbrook, à peine quatorze ans et la vie devant elle, a disparu. Depuis, aucune enquête n’a jamais réussi à déterminer ce qu’il s’est passé, fugue, meurtre, disparition inquiétante, nul ne le sait, et la blessure reste profonde pour Beck et son père. Beck se souvient, son enfance, ses parents, sa sœur qui avait un teint si parfait, sans ces taches de rousseur qu’elle déteste et tente désespérément de cacher sous son maquillage.

Pendant ce temps là, la ville est frappée par de dramatiques meurtres de jeunes femmes. Abordée par Wes, un homme aussi étrange qu’envoûtant, elle découvre son talent morbide d’artiste peintre lors d’une exposition d’art. Fascinée autant qu’inquiète devant ses toiles, elle n’a qu’une crainte, que ce dernier soit le tueur en série qui fait trembler la ville.

Wes le prédateur, et Beck la proie, jouent alors un jeu du chat et de la souris terriblement noir et à la tension grandissante. Chacun est hanté par ses démons et fort étrangement, la disparition de Leah semble être leur point commun.

Qui est la proie, qui est le prédateur ? Le jeu sanglant et morbide qu’ils jouent chacun à leur tour entraîne le lecteur dans des profondeur d’incertitudes et de questionnements. Leur passé, leurs démons, leurs secrets seront peu à peu révélés. Et le lecteur de se demander au fil des pages qui est qui et qui veut quoi. Des personnages noirs et sombres à souhait que l’on tente de comprendre, dont on a beaucoup de mal à discerner le but, et que l’on sent hantés par un passé inavouable.

Un premier roman noir adroitement mené, même si c’est parfois avec un peu trop de détails ou certaines longueurs qui à mon avis cassent le rythme. De fait, il m’a manqué de tempo pour m’embarquer vraiment. Même si je reconnais la force d’une intrigue qui nous mène par le bout du nez quasiment jusqu’au dénouement.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Le Livre de Poche

Leah Westbrook a disparu un après-midi de septembre, à Muskogee, en Oklahoma. Elle avait quatorze ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Depuis, sa sœur, Beck, a quitté la ville pour s’installer à Los Angeles. Elle vit par procuration le rêve de Leah, en tentant une carrière de comédienne. Sans conviction. À la différence de Leah, dont la peau était parfaitement unie, Beck a le visage couvert de taches de rousseur. Des taches qu’elle abhorre et qu’elle camoufle sous des couches de fond de teint.
Bientôt, des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans un quartier d’Hollywood où Beck a vécu. L’œuvre d’un tueur en série que la police peine à attraper. Peut-être cet homme aux yeux terribles, qui la suit partout…

Le Livre de Poche Prix : 8,20€ / Date de parution : 03/02/2021 / 408 pages / EAN : 9782253079286
Albin-Michel 21.90 € / 29 Janvier 2020 / 150mm x 220mm / 368 pages / EAN13 : 9782226446824

Les grandes occasions, Alexandra Matine

Famille je vous hais, famille je vous aime. Peut-on recréer le lien d’un famille désunie ?

Esther attend. Elle attend les enfants, les petits enfants pour un déjeuner de famille en ce samedi d’été. Car Vanessa la petite dernière, celle qui vit là-bas loin en Australie est de passage à Paris. Ce déjeuner, cette réunion de famille elle l’espère depuis si longtemps. Elle n’aime rien tant que de les voir tous, la fratrie, Reza son mari, et les petits enfants qui ont déjà bien grandi réunis pour les grandes occasions.

Pourtant, depuis le mariage de Bruno, plus jamais elle n’a réussi à les rassembler. Esther la silencieuse tente depuis toujours de tisser le fil qui rapprochera les membres de sa famille, les fera s’apprécier, s’aimer. Sans y parvenir car jour après jour les fils se défont, les nœuds se cassent, les sentiments se délitent. Aujourd’hui, dans la chaleur étouffante, elle finit d’arranger les fleurs sur la table, d’organiser les chaises tout autour. Alors qu’elle ressent une douleur terrible à la tête, elle se remémore sa vie.

La jeune femme qu’elle était, légère, joyeuse et bondissante sur ses jolis souliers ; l’infirmière qui a rencontré Reza, un jeune médecin iranien venu étudier puis soigner en France. Mais cet étranger à l’accent si prononcé dont personne ne veut devra soigner lui aussi les étrangers pour s’imposer dans ce milieu fermé. Il n’aura dès lors qu’une obsession, réussir sa vie, se faire une place, gagner assez pour permettre à ses enfants de vivre correctement. Comme une revanche à prendre sur la misère de son enfance.

Puis Carole, leur première fille, arrivée plus vite que prévu, Esther était encore bien jeune, avant que Reza n’ait réellement pris la dimension de son rôle de père. Puis Alexandre, le fils favori, petit chien savant exhibé avec fierté par son père. Alexandre n’aura jamais droit à l’amour de sa mère, trop occupée à compenser le manque d’intérêt paternel pour les autres, Bruno puis Vanessa la benjamine. Vanessa qu’elle imagine comme son dernier bonheur, son refuge, celle qui l’accompagnera dans sa vieillesse, qui la protégera et ne l’abandonnera jamais. Vanessa qui très vite, très jeune, la quitte pour aller vivre en Australie.

Reza est un mari peu attentionné, un homme dur qui n’a jamais ressenti l’amour d’un père pour ses enfants. Mais faut-il le lui reprocher, lui qui n’a jamais eu celui de ses parents ? Cet homme égoïste n’a ni les mots ni les gestes pour les siens. Esther non plus n’a jamais su unir cette grande famille qu’elle a pourtant désirée, dont les membres sont comme les maillons d’une chaîne concaténée au hasard des naissances mais jamais soudée par un amour quelconque, par les gestes ou les paroles qui soulagent, donnent, comprennent, protègent, expriment l’amour, la tendresse, l’attention.

Quelle est difficile et froide cette vie qui passe dans les souvenirs d’Esther, qu’elles sont violentes les rancœurs qui animent les membres de cette famille, les différences qui les séparent. Et pourtant elle les aime tous, ces enfants et ces petits enfants qui la délaissent, la craignent, l’ignorent. Elle les appelle de toute son âme, de tout son cœur, avec ses silences, ses gestes retenus, ses mots étouffés par la crainte du refus, de la méfiance, de la solitude.

Un premier roman étonnant, où les mots, les souvenirs s’égrènent, révoltants, émouvants, désespérants, pour dire une vie vécue, des amours manqués, des silences qui emprisonnent les sentiments plus sûrement que des chaînes ou des barreaux. Pour dire la famille désunie. L’auteur a su créer une ambiance si particulière que le lecteur s’attache à Esther, pris entre la chaleur étouffante de cette journée d’été et la froideur et l’absence d’amour de cette famille.

Dans la même collection, on ne manquera pas de découvrir le roman Tant qu’il reste des îles, de Martin Dumont,

Un premier roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Les Avrils, Delcourt

Sur la terrasse, la table est dressée. Esther attend ses enfants pour le déjeuner. Depuis quelques années, ça n’arrive plus. Mais aujourd’hui, elle va réussir : ils seront tous réunis. La chaleur de juillet est écrasante et l’heure tourne. Certains sont en retard, d’autres ne viendront pas. Alors, Esther comble les silences, fait revivre mille histoires. Celles de sa famille. Son œuvre inachevable.

Paru le 6 janvier 2021 / ISBN : 978-2-491521-04-2 / Pages : 256 / Prix : 19 €

Betty, Tiffany McDaniel

Betty, un grand roman, une héroïne inoubliable

Elle s’appelle Betty, mais son père aime l’appeler sa Petite Indienne, lui le cherokee se retrouve dans la peau brune, le regard et les cheveux noirs de sa petite fille. Betty est née dans une famille de huit enfants ; elle ne les connaîtra pas tous car des décès précoces dans la fratrie laisseront des blessures éternelles dans le cœur des parents.

Issue d’une famille aisée, sa mère Alka est blanche, belle, froide. Elle épouse Landon Carpenter, cet homme qu’elle s’est choisi presque par hasard et qui ne correspond pas aux rêves et aux exigences de ses parents. Mais si elle reste avec son époux, elle n’aura jamais un seul élan d’amour envers Betty, cette enfant qui lui ressemble si peu.

Landon Carpenter est un cherokee qui devra rouler sa bosse et faire de nombreux petits boulots qui vont entraîner sa famille à travers les États-Unis. Jusqu’à leur retour et leur installation dans la petite ville de Breathed en Ohio, où réside la famille d’Alka. Affaibli par le travail, souvent humilié du fait de sa couleur de peau, il est un père aimant et attentif. Landon a l’habitude de raconter de belles histoires féeriques, et les mythes du peuple amérindien cherokee, et cet homme bon qui connaît la nature, les plantes, et les légendes émerveille chaque jour ses enfants.

Elles sont trois sœurs, complices autant que rivales, soudées par une affection sincère. Très différentes l’une de l’autre, chacune avec ses rêves et ses espoirs de vie meilleure. L’une veut devenir actrice, l’autre être enfin libre à la ville. Betty écrit des poèmes, mais souvent aussi les événements qui surviennent dans la famille. Les moments difficiles, comme ces témoignages de maltraitance à peine soutenables, sont couchés sur le papier. Puis elle les enferme dans des bocaux qu’elle enterre sous la terrasse, comme pour les anéantir, les oublier à jamais. Et qui sait peut-être un jour les retrouver et pouvoir les dévoiler à tous.

Betty est la seule ayant les caractéristiques des indiens cherokee, ce qui en fait inlassablement le souffre douleur de son école. Mais quelle violence également entre la mère et cette fille qui attend et espère un peu d’amour, mais ne recevra que la douleur et le poids des secrets de sa mère, de sa sœur, de toute la famille.

Betty raconte essentiellement les années de l’enfance à l’âge adulte, dans la ruralité de l’Amérique de la moitié du XXe siècle. Ce roman ne peut absolument pas laisser indifférent. Il tient à la fois du conte magique et du plus noir et violent roman social. Car rien n’est épargné aux femmes de cette famille, inceste, viol, violence, suicide, haine, racisme, mais aussi déni, solitude et silence, sont le lot de chacune. Si l’auteur interroge sur la place des femmes dans la société américaine, elle nous donne aussi une belle leçon sur la nature, le pouvoir des plantes et des médecines naturelles trop souvent oubliées.

L’écriture, le rythme, l’intensité des sentiments déployés, tout m’a émue, embarquée, mais aussi choquée, attristée, parfois aussi fait sourire, comprendre, espérer. Plus de sept-cent pages qui se lisent sans même s’en rendre compte, tant on est porté par Betty, par les rêves et les histoires magiques de son père, par l’amour que l’on ressent au milieu de tant de haine et de souffrance. Et quel bel hommage au pouvoir de l’écriture.

L’auteure s’est inspirée de la vie de sa propre mère, elle-même métisse cherokee, pour construire ce roman qui prend aux tripes, sublime et difficile témoignage en particulier sur la place des femmes, fort et puissant, intemporel, aussi beau que dramatiquement triste.

Comment survit-on quand les personnes censées nous protéger le plus sont justement les monstres qui nous déchirent et nous mettent en pièces ? 

Catalogue éditeur : Gallmeister

Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.”

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Tiffany McDaniel vit dans l’Ohio, où elle est née. Son écriture se nourrit des paysages de collines ondulantes et de forêts luxuriantes de la terre qu’elle connaît. Elle est également poète et plasticienne. Son premier roman, L’Été où tout a fondu, est à paraître aux Éditions Gallmeister.

ISBN 978-2-35178-245-3 / Parution le 20 août 2020 / 720 pages / 26,00 Euros