Les mains lâchées. Anaïs Llobet

Avec « Les mains lâchées » d’Anaïs Llobet, se pose cette question terrible : comment ressort-on d’une catastrophe ? Pas le même qu’avant, forcément ? Pas intact, même si aucune séquelle physique n’est visible, meurtri, blessé … changé, oui, certainement. Mais alors ?

DomiCLire_les_mains_lacheesAvec ce premier roman d’Anaïs Llobet, c’est ce chemin là que nous faisons , et c’est prenant, émouvant, surprenant de justesse et de réalisme dans la description non morbide de l’évolution des sentiments face à l’irréalité d’une situation extra- ordinaire.

Madel est journaliste à Manille, amoureuse de Jan, elle le suit dans sa ville des Philippines.. Un ouragan est annoncé, dans ces pays-là on a plutôt l’habitude et l’on connait un certain nombre de gestes à accomplir pour se protéger, protéger ses biens, se mettre à l’abri. Chacun s’exécute, et attend que la tempête passe. Mais Haiyan / Yolanda n’est pas un ouragan comme les autres, c’est le typhon le plus terrible qu’aient connu les Philippines jusqu’à présent… 10 morts ? 100 morts ? 7000 morts au moins…impossible d’imaginer, de visualiser ce que représente un tel cataclysme. Les dégâts sont énormes, mais surtout, on trouvera des corps encore pendant des mois après le passage du typhon.

Madel prend Yolanda, comme on l’appelle là-bas, de plein fouet, dans la belle et solide maison de Jan, qui ne résiste pas au tsunami qui suit le typhon. Jan, l’enfant qu’il lui avait confié, et tant d’autres, disparaissent. Madel doit continuer à vivre, à chercher les survivants, à aider les médecins dépassés par la catastrophe, et avant tout, à faire son métier de journaliste dans le feu de l‘action, devenant à la fois voyeur et acteur du drame.

Le livre est construit en alternance de récits, celui de Madel, son expérience, ses doutes, ses atermoiements, ses questionnements.. et celui des Philippins dont elle recueille les témoignages, tous plus terribles les uns que les autres, sur cette fatalité devant un drame qui aurait pu être minimisé si les autorités avaient pris la juste mesure de ce qu’il se passait et protégé les populations dans les zones adaptées. Il se lit comme un récit journalistique, précis, concret sans être morbide, réaliste et parfois dur mais tellement juste, dans la description des sentiments aussi, de ceux qui ont subi et de ceux qui les assistent ensuite.. et comment ne pas craquer, ne pas lâcher, devenir fou, devant les morts qui s’amoncellent, les blessés, les ruines… Premier roman sur un sujet difficile, mais roman indispensable que je vous recommande vivement de lire !

Citation :

Voilà, c’est ça, le fond de l’horreur. Cette petite flamme d’espoir qui vous lacère le cœur et n’en finit pas de vous ronger l’âme. Et quand on décide de l’éteindre, en la pinçant de nos deux doigts, c’est au prix d’une brûlure qui ne nous quittera jamais. La brûlure de l’oubli.


Catalogue éditeur : Plon

Une vague monstrueuse, soulevée par un typhon meurtrier, dévaste les Philippines en quelques minutes et ravage sa myriade d’îles.
Sur l’une d’elles, Madel reprend connaissance, seule au milieu du chaos. Jan, l’homme qu’elle aime, a disparu. Et elle a lâché la main de l’enfant qu’il lui avait confié.
Au prix d’une difficile anesthésie des sentiments, la jeune journaliste se plonge dans son travail, en équilibre entre information et voyeurisme, quand tous les médias du monde se tournent vers les Philippines.
Recueillir la parole survivante, nouer des liens avec les rescapés, c’est conjurer la mort. Mais un typhon de cette violence ne laisse jamais en paix ceux qu’il a épargnés.

Date de parution : 18/08/2016 / EAN : 9782259249683

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