La promesse de l’océan. Françoise Bourdin

« La promesse de l’océan », un roman aux saveurs d’embruns et de feu de cheminée, avec en fond le quotidien des marins-pêcheurs en Bretagne.

En passant devant le stand Belfond du salon du livre de paris il y a deux ans, j’avais été impressionnée par le rayon de romans de Françoise Bourdin, aussi n’ai-je pas hésité lorsque Babelio a proposé de découvrir ce livre, moi qui n’en avais encore lu aucun.

J’aime énormément la Bretagne, assister à l’arrivée des bateaux de pêche et faire un tour au marché aux poissons quand c’est possible. Mahé, l’héroïne de « la promesse de l’océan » m’a emmenée y faire un tour. Patron pécheur, elle a repris l’entreprise familiale lorsque son père s’est retrouvé diminué par une attaque cérébrale. On découvre au fil du récit un monde bien décrit par l’auteur, la dure vie des marins, la difficulté pour les professionnels de la pêche d’entretenir une flotte de petits bateaux, la mécanique des bateaux qui vieillit, les contraintes liées aux horaires, aux quotas, aux réglementations, etc. Le roman est bien documenté sans être rébarbatif.

En parallèle à cette vie, Mahé est une belle jeune femme de trente ans qui, comme sa meilleure amie, est encore célibataire. Son fiancé a « disparu » en mer et elle a du mal à s’en remettre. Même si celui-ci n’était peut-être pas l’homme honnête et aimant qu’elle imaginait. Jean-Marie, son plus fiable pêcheur est aussi amoureux d’elle, mais elle ne voit en lui qu’un ami et soutien fidèle. Elle va croiser la route d’un beau dentiste, revenu lui aussi des amours malheureuses et qui ne souhaite pas se fixer de nouveau. De malentendus en rencontres, ils se cherchent et se fuient, pour le plaisir du lecteur qui devine forcément un peu la fin de l’histoire mais qui se laisse emporter.

C’est un roman très agréable à lire, bien écrit, bien documenté, et qui malgré un côté parfois un peu fleur bleue fait passer un excellent moment entre deux lectures peut être plus ardues. C’est comme une promesse de plaisir à tourner les pages, pour entrer dans l’univers de Mahé et la vie de son petit port de pêche. On s’y laisse prendre et on savoure cette gourmandise aux saveurs d’embruns et de feu de cheminée.


Catalogue éditeur

Trentenaire belle et dynamique, Mahé est patron pêcheur à Erquy, dans la magnifique baie de Saint-Brieuc. Depuis la mort tragique de son père, elle ne vit que pour son travail, ses bateaux et ses marins et a mis de côté son existence personnelle après la brutale disparition en mer de son fiancé.
Armelle, son amie et confidente, fait tout pour l’encourager à profiter de la vie et à y reprendre goût. En vain. Certaines blessures sont si difficiles à refermer. Cependant, la chance pourrait enfin lui sourire…
« Françoise Bourdin dépeint les beaux paysages bretons et livre un joli tableau des Côtes d’Armor. »L’Hebdomadaire d’Armor

Page d'accueil des éditions Pocket au format pocheDate de parution : 17 Septembre 2015  / Collection(s) : Romans français

Nombre de pages  : 320 p. / Format : 108 x 177 mm / EAN : 9782266255486

Dandy. Richard Krawiec

Découvert dans le cadre du Prix du Meilleur Polar des Lecteurs de Points, Dandy est un roman noir sur les dérives d’une société qui oublie certains des siens sur le bas-côté de la route.

Richard Krawiec situe son roman, « Dandy » dans l’Amérique des laissés pour compte, celle où l’opulence, la richesse et l’espoir existent, mais manifestement pas pour tout le monde. L’autre face du rêve américain en somme. Le décor est planté, et les deux acteurs principaux sont désarmants de sincérité et sans doute de naïveté, mais ils voudraient tant s’en sortir malgré tout. Artie, est un quasi SDF qui traine dans les bars les soirs de grand froid, voleur à la tire à ses heures, il cherche des combines ou des cambriolages faciles pour subsister. Jolene ne sait plus comment faire pour nourrir Dandy, son bébé de deux ans, elle n’a jamais travaillé et vivote comme elle peut. Chacun pense que sa vie est plutôt ratée, mais ne sait pas comment faire pour que ça s’arrange.

De combines en espoirs inutiles, ils vont finir par se rencontrer et tenter de vivre ensemble. Et après tout si c’était la solution, ne pas être seul ou mal accompagné, mais trouver dans celui qui vous ressemble un espoir de vie meilleure, à partager les galères, se tenir chaud et se comprendre, se parler, se réchauffer avec quelques verres de whisky qui rendent parfois la vie meilleure. C’est ce qu’ils essayent de faire, mais après des enfances difficiles et des débuts dans la vie complétement ratés, ils sont totalement inadaptés face aux bases même d’une vie de famille : avoir un travail, élever un enfant, entretenir une maison. Jusqu’au jour où dans la boite à lettre arrive une proposition de vente en time-sharing, et avec ce courrier l’espoir suscité par les cadeaux donnés à chaque visiteur. Dans leur grande naïveté, Jolene et Artie vont rêver l’impossible. Mais tout ne va pas se passer comme ils rêvaient et les évènements vont s’enchainer pour le pire plus que pour le meilleur.

Ecrit dans les années 80, « Dandy » aborde de nombreux thèmes toujours d’actualité : l’inceste, l’abandon par le père, la prostitution, le manque d’éducation, l’alcool comme seul soutient, la rue pour seul repère, l’assurance maladie qui ne prend pas en charge les soins des plus pauvres, enfin, le sort qui s’acharne parfois sur ceux qui démarrent aussi mal dans la vie. De magouilles en défaites, il y a bien peu d’espoir pour Artie et Jolene. C’est noir et sombre. Les scènes sont parfois très visuelles, décrites dans leur moindre détail, comme un film que l’on verrait se dérouler sous nos yeux. Le lecteur assiste impuissant à l’inexorable descente vers le néant.


Catalogue éditeur

Artie, voleur à la tire, sans toit ni loi, est un invisible, un laissé-pour-compte dont la vie tourne à vide. Un jour, il croise le chemin de Jolene, mère d’un petit Dandy de deux ans, bientôt aveugle et qui ne tient pas sur ses jambes. Pour son fils, elle s’efforce de gagner sa vie dignement, tout en le nourrissant de beurre de cacahuètes. Ensemble, Artie et Jolene vont s’unir et tenter de s’en sortir.

Né en 1952 à Brockton, Massachusetts, Richard Krawiec se fait connaître en 1986 avec Dandy (Time Sharing en anglais), salué par la critique. Il se consacre depuis à la poesie, au théâtre, et donne des cours d’écriture dans des centres d’accueil de SDF, des prisons ou des cités défavorisées.

« Une énergie vitale magistrale, une combativité hors du commun. Un couple quasi mythique… » Mediapart

Prix du meilleur polar des lecteurs de points 2014Traduit de l’anglais (États-Unis) par Charles Recoursé

Préface de Larry Fondation

6,7€ / 240 pages / Paru le 17/09/2015 / EAN : 9782757843369

Les échoués Pascal Manoukian

Un premier roman d’une grande sensibilité sur un sujet criant d’actualité, l’immigration vue par Pascal Manoukian dans « Les échoués »


Pascal Manoukian est journaliste et connaît bien les zones de conflits, pourvoyeuses de nombreux candidats à l’émigration.  Il en parle magnifiquement bien dans son premier roman « Les échoués ».

Au fil des pages, le lecteur suit les pérégrinations de quatre personnages, Virgil le moldave, Assan le somalien qui fuit son pays avec Iman, sa fille de 17 ans, et Chanchal le bengalais. L’auteur décrit avec sans doute beaucoup de justesse et de réalisme le long chemin parfois mortel vers la liberté, celle pour laquelle on devient clandestin, et cette envie inextinguible qui fait que l‘on quitte son pays à jamais pour se presser  aux portes de l’Europe, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Pourtant l’auteur situe son roman au début de 1992. Chacun a déjà à cette époque une excellente raison de quitter son pays, ruiné, meurtri, en guerre, de fuir la misère, la barbarie pour arriver dans ce pays de rêve qui, même s’il ne souhaite pas vraiment les accueillir les attire et leur fait espérer une vie meilleure, loin des souffrances qu’ils ont fui.

Car rien n’est simple et rien n’est rose en France, mais liberté et travail sont possibles. Au fil des pages, on découvre par les yeux de Virgil une population pas vraiment prête à accueillir ces immigrants, des patrons qui exploitent des ouvriers, des conditions de vie qui impliquent l’organisation d’un monde parallèle, en dehors de tout circuit normal, où les solidarités entre coreligionnaires, venus d’un même pays, s’affirment.

C’est un roman d’une grande sensibilité et très étonnant par son actualité, qui force le lecteur à penser autrement et à s’interroger : que ferais-je à leur place ? La question est posée, mais la réponse n’est pas donnée.

Rentrée littéraire 2015


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« Le chien était revenu. De son trou, Virgil sentait son haleine humide. Une odeur de lait tourné, de poulet, d’épluchures de légumes et de restes de jambon. Un repas de poubelle comme il en disputait chaque jour à d’autres chiens depuis son arrivée en France. Ici, tout s’était inversé, il construisait des maisons et habitait dehors. Se cassait le dos pour nourrir ses enfants sans pouvoir les serrer contre lui et se privait de médicaments pour offrir des parfums à une femme dont il avait oublié jusqu’à l’odeur… »
1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.
Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

304 pages / Taille : 140*205 / Prix : 18,90 euros / ISBN : 978-2-35949-434-1

Kokoro. Delphine Roux.

Kokoro, de Delphine Roux est empreint d’une grande poésie, c’est un premier roman qui fait du bien à l’âme.

https://i0.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/110/9782809711110_1_75.jpgSi j’ai parfois senti ce roman « Kokoro » porteur d’une grande tristesse, il émane également de ces lignes beaucoup de joie et d’espoir. Koichi, le narrateur, décrit la vie en courts chapitres, certains font parfois simplement quelques lignes, tous sont ponctués de quelques mots mis en exergue, évoquant un mot du vocabulaire japonais, comme une invitation dans le monde de Koichi.

Koichi et sa sœur Seki ont perdu leurs parents quand ils étaient enfants. Si sa sœur à malgré tout continué à vivre, Koichi lui, a décidé de s’arrêter là, du moins, dans sa tête. Il a cependant des sentiments envers sa grand-mère, celle qui l’a élevé. Il va la voir régulièrement à la maison de retraite. Mais depuis la disparition de ses parents, la vie n’intéresse pas Koichi. Il n’est que le spectateur passif de sa propre existence et refuse d’en être acteur. Jusqu’au jour où sa sœur à des problèmes.  Elle ne va pas bien, il est impératif de l’aider, et personne dans son entourage ne peut rien pour elle. Ce jour-là, contre toute attente, koichi va rattraper le temps perdu pour tenter de la sauver.

Kokoro, c’est un étrange roman, fin et délicat comme les fleurs de cerisiers au printemps, travaillé comme un Ikebana, doux, subtil et amer comme un goût du japon que j’imagine tout en finesse et retenue. Il se lit très vite mais laisse une impression subtile et délicate qui trotte dans la tête longtemps après.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

Delphine ROUX
Logo Picquier128 pages / 12,50 € / ISBN : 2.8097.1111.0 / Sortie en août 2015

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.
Koichi et sa sœur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie.

Djibouti. Pierre Deram.

Djibouti, le premier roman de Pierre Deram, nous fait sentir à chaque page la puissance du désert qui nous happe et nous transforme.

Immédiatement, en lisant Djibouti, me voilà plongée dans l’enfer et la fournaise des territoires des Affars et des Issas, et donc dans les années 70. Quand des militaires peu aguerris aux conditions climatiques extrêmes de ces zones désertiques étaient confrontés à cet autre monde, celui des mendiants, des femmes qui se prostituent pour un peu de pain ou quelques gâteaux, de la chaleur extrême qui rend fou et qui brûle le corps et l’âme à jamais.

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© DCL-DS2015

Il y a eu de pages dans ce roman, mais une telle intensité dans ces lignes. Nous suivons Markus, il vient de passer six mois dans ce qui deviendra la république de Djibouti. Tout proche se profile le désert de Somalie et l’Ethiopie. L’auteur utilise le paysage extrême de ce désert implacable, pour évoquer une situation qui a peu en commun avec la vie en métropole. Les conditions poussent ces hommes à un comportement souvent au-delà des limites acceptables, mais qui semblent pourtant acceptées. Pour  Markus, c’est la dernière nuit sur le territoire, sa dernière nuit africaine.  Les souvenirs remontent, souvent difficiles, des soldats confrontés à la violence, à la solitude entre hommes, aux filles à qui on ose tout demander, sans se préoccuper de leur humanité, même si au fond de soi on avoue avoir eu des sentiments pour elles, pour se déculpabiliser peut être ?

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© DCL-DS2015

Ici, le soleil brûle et détruit, plus qu’il n’est symbole de lumière et de vie. Les pages sont le  reflet de ces instants où l’on ose tout, même le pire. Court roman, intense et réaliste qui nous plonge dans un passé peu honorable où les soldats rentrent dans le confort de leur pays, mais y rentrent-ils intacts ? Rien n’est moins sûr.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

« C’est demain, se répète Markus, que je rentre à Paris… » Pour sa dernière nuit africaine, le jeune militaire se jette à corps perdu dans Djibouti, son implacable désert, son désordre étourdissant, ses putains redoutables, et sa faune de soldats fous d’ivresse et de solitude. Entre violence brute et errance onirique dans les bas-fonds de la ville, Pierre Deram met à nu la bouleversante férocité des rapports humains.
À Djibouti, berceau de l’humanité et barque de perdition, prostituées et légionnaires sont les mêmes enfants de la violence et de la beauté

Pierre Deram est né en 1989.

« Soudain ils ne furent plus rien, pas même un soldat et une putain, mais deux enfants perdus au milieu du monde, serrés l’un contre l’autre sur ce matelas sale, roulant à moitié inconscients, le sang rapide, les yeux brillants, roulant si loin de tout, roulant à n’en plus finir au fond de l’indicible comme deux bagnards sautant d’un train en marche. »

Buchet/Chastel Qui Vive / Date de parution : 20/08/2015 / Format : 14 x 18 cm, 128 p., 11.00 €  /ISBN 978-2-283-02844-5

Kuessipan. Naomi Fontaine.

 Kuessipan, le roman poème de Naomi Fontaine, un livre indispensable.

Que ce livre est étrange. Il ne ressemble pas tout à fait à un roman, dans le sens où il ne raconte pas une seule histoire, et pourtant il est comme une succession de poèmes qui viendraient nous parler de la vie. L’auteur évoque en quelques mots, quelques lignes, la vie de ces femmes ou ces hommes, ces enfants, ces jeunes et ces vieux de sa tribu indienne. Naomi Fontaine, jeune femme Innue, est  originaire de la communauté de Uashat parquée dans une réserve tout au nord-est  du Québec, près de Tadoussac, dans ces paysages qui malgré leur modernité gardent le côté sauvage des terres du nord, celles des tribus nomades d’autrefois.

J’ai trouvé à la fois une grande simplicité et beaucoup de poésie dans ces lignes. En quelques mots, un paragraphe parfois, l’auteur fait passer des instants de vie, de réussite, de tristesse, de déchirure, le mari mort dans un accident de voiture, la jeune fille de 15 ans enceinte et heureuse de porter son enfant, le vieux qui bientôt ne sera plus mais qui transmet encore aux plus jeunes son savoir, la grand-mère qui tient encore sa tribu à plus de cent ans, et ce jeune homme détruit par la drogue et mort bien trop tôt. Drogue, alcool, ennui, tout ce qui détruit la   vie et l’honneur des hommes est également abordé. Car comment se réaliser, devenir un homme quand on vit dans ces réserves qui annihilent votre volonté et votre existence.

Il y a tout un monde dans ce court roman, j’ai vraiment aimé, il va droit au cœur et on imagine tout à fait les paysages, les odeurs, les parfums qui changent avec les saisons, la glace sur le lac, le renouveau des prairies, les animaux, les plantes, tout y est en si peu de mots. J’ai le sentiment de l’avoir lu presque trop vite, il a un goût d’ailleurs, d’enfance et de vie.

indiens, Amérique du nord
Indien Amérique du Nord © DCL-DS2015
tadoussac
A Tadoussac, près de la réserve innue de Uashats © DCL-DS2015

Catalogue éditeur

au bout du saint laurent, Tadoussac
A l’embouchure du saint Laurent, Québec © DCL-DS2015

Date de parution : 21/08/2015

Editeur : Serpent a plumes editions

EAN : 9791094680070 / 120 pages

La maladroite. Alexandre Seurat.

La maladroite d’Alexandre Seurat, un premier roman sur un sujet particuliérement difficile, mais sans doute nécessaire…
A l’heure où l’actualité évoque une affaire absolument sordide de maltraitance, j’ai beaucoup hésité à lire ce livre. Difficile d’évoquer la souffrance, la maltraitance des enfants, la disparition. Et pourtant Alexandre Seurat y réussit avec beaucoup de tact.

A tout de rôle, les intervenants de cette affaire ont la parole. Les institutrices qui se sont succédé, et qui ont tenté d’avertir leurs directions, les services sociaux, la justice, les enquêteurs, mais aussi la famille bien peu présente, la grand-mère, le frère. En fait tous ceux qui auraient pu observer et surtout agir, à un moment ou un autre de la courte vie de Diana.

Diana a bien mal débuté sa vie, une mère qui change de compagnon régulièrement, une grossesse non désirée, une enfant née sous X récupérée par sa mère le dernier jour possible avant l’abandon définitif. Puis une famille qui se recompose, le nouveau mari, le fils ainé, et les enfants qui viennent après. Une famille ordinaire en apparence. Mais tous les témoins un tant soit peu attentifs comprennent que la vie de Diana n’est pas un conte de fée. Mais est-ce si simple, quand le discours convenu des parents correspond au discours de Diana, quand à chaque bleu, à chaque coup, à chaque brulure, la gamine à une réponse à donner, expliquant à qui veut bien entendre qu’elle est si maladroite. A qui veut entendre, ou à qui ne veut pas comprendre ?

Si ce roman ne sert qu’à nous ouvrir les yeux, alors il est non seulement bien écrit, mais en plus utile. Avec une écriture assez sobre, chacun relate ce qu’il sait de l’histoire, ce qu’il a pensé ou essayé de faire, ses reniements aussi, ses abandons, par lâcheté, par fatigue, exaspération de voir que rien ne vient, ou en se retirant derrière la responsabilité de l’autre. Jusqu’au jour où…

Et là on s’interroge, qu’aurions nous fait ? Qu’auraient ils dû faire ? C’est terriblement triste mais nécessaire peut être ? Mais tant d’impuissance, tant d’injustice devant les souffrances de ces enfants que personne n’a pu sauver.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

Date de parution : 19/08/2015 / Editeur : Rouergue / EAN : 9782812609251 / Nombre de page : 128 / Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance / Collection : La brune (Le Rouergue)