Djibouti. Pierre Deram.

Djibouti, le premier roman de Pierre Deram, nous fait sentir à chaque page la puissance du désert qui nous happe et nous transforme.

Immédiatement, en lisant Djibouti, me voilà plongée dans l’enfer et la fournaise des territoires des Affars et des Issas, et donc dans les années 70. Quand des militaires peu aguerris aux conditions climatiques extrêmes de ces zones désertiques étaient confrontés à cet autre monde, celui des mendiants, des femmes qui se prostituent pour un peu de pain ou quelques gâteaux, de la chaleur extrême qui rend fou et qui brûle le corps et l’âme à jamais.

desert
© DCL-DS2015

Il y a eu de pages dans ce roman, mais une telle intensité dans ces lignes. Nous suivons Markus, il vient de passer six mois dans ce qui deviendra la république de Djibouti. Tout proche se profile le désert de Somalie et l’Ethiopie. L’auteur utilise le paysage extrême de ce désert implacable, pour évoquer une situation qui a peu en commun avec la vie en métropole. Les conditions poussent ces hommes à un comportement souvent au-delà des limites acceptables, mais qui semblent pourtant acceptées. Pour  Markus, c’est la dernière nuit sur le territoire, sa dernière nuit africaine.  Les souvenirs remontent, souvent difficiles, des soldats confrontés à la violence, à la solitude entre hommes, aux filles à qui on ose tout demander, sans se préoccuper de leur humanité, même si au fond de soi on avoue avoir eu des sentiments pour elles, pour se déculpabiliser peut être ?

desert2
© DCL-DS2015

Ici, le soleil brûle et détruit, plus qu’il n’est symbole de lumière et de vie. Les pages sont le  reflet de ces instants où l’on ose tout, même le pire. Court roman, intense et réaliste qui nous plonge dans un passé peu honorable où les soldats rentrent dans le confort de leur pays, mais y rentrent-ils intacts ? Rien n’est moins sûr.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

« C’est demain, se répète Markus, que je rentre à Paris… » Pour sa dernière nuit africaine, le jeune militaire se jette à corps perdu dans Djibouti, son implacable désert, son désordre étourdissant, ses putains redoutables, et sa faune de soldats fous d’ivresse et de solitude. Entre violence brute et errance onirique dans les bas-fonds de la ville, Pierre Deram met à nu la bouleversante férocité des rapports humains.
À Djibouti, berceau de l’humanité et barque de perdition, prostituées et légionnaires sont les mêmes enfants de la violence et de la beauté

Pierre Deram est né en 1989.

« Soudain ils ne furent plus rien, pas même un soldat et une putain, mais deux enfants perdus au milieu du monde, serrés l’un contre l’autre sur ce matelas sale, roulant à moitié inconscients, le sang rapide, les yeux brillants, roulant si loin de tout, roulant à n’en plus finir au fond de l’indicible comme deux bagnards sautant d’un train en marche. »

Buchet/Chastel Qui Vive / Date de parution : 20/08/2015 / Format : 14 x 18 cm, 128 p., 11.00 €  /ISBN 978-2-283-02844-5

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s