Vous aimez les dystopies, imaginer le sort d’un pays lorsque le pouvoir tourne à la dictature, ce livre est pour vous !

Il m’aura fallu beaucoup de temps pour le terminer, n’étant pas toujours disponible pour l’écouter seule (en général c’est lorsque je suis en voiture) mais il était impossible de ne pas le finir.
Cette version audio était quasiment hypnotique.
Il faut s’habituer à ces longues phrases qui passent d’un personnage à l’autre. D’un dialogue à une description, sans point ni virgule. Enfin du moins c’est ce que j’ai ressenti.
Une dystopie qui nous entraîne en Irlande dans un futur qui semble dramatiquement actuel, et c’est bien ce qui inquiète le plus.
À Dublin donc, lorsque deux hommes frappent à la porte d’Eilish Stack, elle est loin de se douter de tout ce qui va arriver.
La vie est normale, mais on sent déjà qu’il est mal vu de contester quoi que ce soit.
On réclame son mari, alors se dernier se présente le lendemain auprès des autorités et disparaît sans laisser de traces.
Viendront alors des journées d’attente. De recherche, de silence, d’angoisse.
La perte du travail pour Eilish, les terreurs de ses enfants, l’engagement de l’aîné qui disparaît à son tour, le temps et l’aide quelle doit à son père qui semble ne rien comprendre et a perdu la mémoire, le petit dernier dont il faut s’occuper, l’argent a trouver, nourrir, protéger, aimer, sécuriser, entretenir, aider sa famille, lui prennent tout son temps et son énergie.
C’est par sa voix seule que nous sentons la montée d’un fascisme qui ne dit pas son nom, d’une dictature violente et autoritaire qui emprisonne sans condamnation, qui détient sans information, toute puissante et secrète.
Alors bien sûr une partie du peuple tente de se soulever, d’affronter les armes, les silences, les arrestations arbitraires.
C’est un long texte qui ne reprend jamais son souffle, tout comme Eilish tout au long de ces jours, ces semaines, ces mois. Comme tous ceux qui tentent d’échapper l’autorité destructrice, secrète, violente, elle essaye tant bien que mal de vivre et de survivre avec sa famille.
Ce texte est tout simplement étouffant, stressant, violent par ce qu’il dit plus que par les actes qu’il décrit, même si parfois certaines scènes sont violentes et difficiles à supporter, je pense en particulier à cette scène où elle répète « pas mon fils, pas mon fils, etc. » Que je vous laisse découvrir lorsque vous lirez ou écouterez ce livre.
J’ai aimé la voix de Pierre-François Garel, qui met l’intonation, la froideur, le stress qu’il faut pour faire passer toute l’horreur des situations et de l’époque décrites par Paul Linch.
Il fait passer tout au long de sa lecture une tension croissante, un sentiment d’inéluctable qui montre toute la violence, l’absurdité et l’implacable marche en avant du système dans lequel les personnages sont pris, sans aucun espoir de s’en sortir.
Une lecture pas du tout légère, prenante et qui marque le lecteur.
Si vous aimez les dystopies, vous poser des questions sur le sort des nations lorsque le pouvoir tourne à la dictature, ce livre est pour vous.
Catalogue éditeur : Audiolib, Albin-Michel, Le Livre de Poche
À Dublin, un soir de pluie, deux hommes frappent à la porte d’Eilish Stack. Membres d’une toute nouvelle police secrète – le GNSB –, ils demandent à s’entretenir avec son mari, enseignant et syndicaliste, mais celui-ci est absent. Larry se rend au commissariat dès le lendemain, puis disparaît dans des circonstances troublantes.
Tandis que le malaise s’installe peu à peu, Eilish voit son quotidien et celui de ses quatre enfants amputés d’une liberté qu’elle tenait pour acquise. Bientôt l’état d’urgence est déclaré, les rumeurs parlent de camps d’internement… Prisonnière d’une logique cauchemardesque, jusqu’où devra aller Eilish pour protéger les siens ?
Prix des Libraires Roman étranger 2025 – Booker Prize 2023
Traduit par Marina Boraso
Lu par Pierre-François Garel
Parution : 13/08/2025 / Durée : 7h15








