« Tu viens d’oublier ton nom pour continuer à vivre »

Et si c’était la seule solution pour avancer, passer les frontières, arriver au pays de l’espoir et des vivants ?
Et si c’était la seule solution lorsque l’on a quitté Haïti, son île embrasée par la violence, les gangs, la mort, le feu.
Jonas Dorléon est professeur d’histoire-géographie à Port-au-Prince.
Le jour où son quartier s’embrase sous les tirs des gangs, il n’a qu’une issue, fuir, avec quelques maigres possessions, une photo de sa mère et l’espoir chevillé au corps. Et il en faut de l’espoir pour avancer lorsque vous n’avez plus rien et que vous vivez du mauvais côté de la frontière.
République Dominicaine, Brésil Pérou Équateur Guatemala, il parcours des milliers de kilomètres et de nombreux pays avant d’atteindre le Canada, enfin…
Il en aura fait des rencontres,
Celle de menteurs qui vous volent le peu d’argent ou de bien que vous avez sauvé du désastre.
Ceux qui vous promettent des visa, des passages, des solutions qui n’arriveront jamais.
Des étrangers comme lui qui fuient la misère et trouvent le danger, la mort, le désespoir sur les routes à la merci des passeurs, des douaniers, des personnels froids et rigoureux de l’immigration.
Des hommes, des femmes, des enfants, à rencontrer et à perdre sur un chemin long et difficile, des formulaires à remplir, des heures, des jours, des mois à attendre. Et peut-être au bout une lueur d’espoir.
Il y a une urgence dans ces mots, dans ce texte, dans ces phrases, qui rythment le chemin, l’espoir parfois vain, les refus, les retour arrière, et enfin, le bout d’un chemin, l’arrivée dans un pays qui ouvre enfin sa porte.
Une grande partie du roman est écrite avec ce rythme sec, phrases courtes et hachées qui m’ont paru refléter l’urgence, la fuite, le passage d’un pays à l’autre, les rencontres et les pertes tout au long de ce difficile parcours.
Puis la fin reflète une sorte de douceur, presque de sérénité apaisée qui va de pair avec l’accueil enfin possible, avec cette humanité dont font preuve ceux qui accueillent, et qui a tant fait défaut tout au long de ces milliers de kilomètres.
Avec ce sentiment d’être enfin arrivé, loin de Haïti mais auprès des siens, de ceux qui l’accompagnent dans ses rêves et sa fuite d’un pays qui se meurt.
Une lecture dont on ne sort pas tout à fait le même, un texte marquant et important de cette rentrée littéraire.
Ce roman est le lauréat du Prix du Roman FNAC 2026
Catalogue éditeur : Grasset
Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Lire la suite…
Date de parution 19/08/2026 / pages 272 / EAN 9782246847069 / Prix 21,50 €








