Notre-Dame-des-Anges, Célia Houdart

Deux mille trois cent deux lettres, des papiers divers, écrits et envoyés entre 1935 et 1944 par Marcelle et Henri, voilà la matière de ce roman.
Célia Houdart y reconstitue le puzzle que compose la rencontre et la vie de ses grands-parents.
Ce roman, c’est donc aussi entre les lignes, entre les pages son histoire, celle de leur petite fille qui les raconte et se raconte parfois. Parce que sans eux elle ne serait pas là sans doute.

Lui, Henri, marié à Rachel, femme qu’il aime et qui se meurt peu à peu d’une sclérose en plaque dans la clinique Notre-Dame-des-Anges en Belgique.
Marcelle, pianiste de talent, qui aime d’un amour fou cet Henri déjà pris mais qu’elle attendra aussi longtemps que nécessaire.

Après la folle rencontre, l’amour fou à vivre cachés, les milliers de lettres pour combler les vides de l’absence, viendront les années passées ensemble au milieu de la guerre, des amis, entre les tournées, les cours de piano, les concerts.

Si l’intrigue est basé sur leurs vies, elle est cependant tout à fait romanesque et les personnages rendus attachants par la force de cet amour qui les unis par delà toutes les difficultés qu’ils auront à affronter pour être enfin réunis.

L’autrice alterne des éléments de sa propre vie, de sa relation à sa mère et sa grand-mère mais ce n’est jamais pesant ou déplacé.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Prix du Roman FNAC 2026

Catalogue éditeur : P.O.L

Notre-Dame-des-Anges est un roman sur l’amour et la montée des ténèbres, entre 1938 et 1944. Il est composé à partir de deux mille lettres conservées dans un grand carton. Henri et Marcelle, les grands-parents de la narratrice, s’écrivent plusieurs fois par jour des mots brûlants. Marcelle est pianiste. Henri est directeur artistique d’une firme américaine de pianos mécaniques. Henri est marié à Rachel, une chanteuse. Mais Rachel est malade. Il vit avec elle dans une clinique : Notre-Dame-des-Anges. Henri aime Rachel. Il aime aussi Marcelle. Deux évidences pour lui qui, certains jours, l’aveuglent au point qu’il n’y voit plus rien….

Après des études de lettres et de philosophie et dix années dédiées à la mise en scène de théâtre, Célia Houdart se consacre à l’écriture. Elle est l’auteure de huit romans et deux récits, tous parus aux éditions P.O.L.
Son œuvre comprend des textes pour la danse, le théâtre et l’opéra. Elle est lauréate de la fondation Simone et Cino Del Duca-Institut de France (2024), et a reçu le prix Françoise-Sagan pour son roman Carrare (2011).

août 2026 / 240 pages / 20,5 € / ISBN : 978-2-8180-6607-2

Les derniers jours de Harry Yuan, Arbon

Un premier roman bien ficelé au style impeccable

Dans le milieu de la tech, du côté de la Silicon Valley, mais aussi en France, les informaticiens cherchent à contourner les habitudes des lecteurs pour leur proposer un livre numérique qui prendrait le pas sur tout ce qui a été fait jusqu’alors.

Harry Yuan est un chef d’entreprise qui a la côte et qui attire les regards de Arbon et de son acolyte lorsqu’ils souhaitent vendre leur maison d’éditions 2.0, maison d’éditions qu’ils ont nommée 00h00.

Ça sera donc sa première rencontre avec ce Harry qui va connaître des sommets de fortune, reconnaissance, pouvoir et dégringoler au plus bas, trahi entre autre par ses associés.

Après bien des péripéties il disparaît, et depuis vingt-cinq ans personne ne sait ce qu’il est devenu.
Mais un jour Harry contacte celui avec qui il avait été en affaires et lui demande de venir le rejoindre sur une petite île grecque.

C’est dans cette île, pendant ses derniers jours, que Harry Yuan lui révèle ce qu’ont réellement été sa vie, ses affaires, sa chute, ses amours, ses trahisons et ce qu’est devenu son quotidien sur cette île quasi déserte.

Dans un milieu totalement cerné par le numérique et la tech, que l’on retrouve tout au long du roman, l’auteur nous propose un premier roman bien ficelé, bien écrit, au style impeccable et aux personnages intéressants, mais que je n’ai a aucun moment trouvés passionnants ou attachants.
Si j’ai apprécie la qualité de l’écriture, la fluidité du passage d’une époque à l’autre, j’ai eu du mal à m’investir totalement dans ce roman. Je l’ai cependant lu jusqu’au bout car j’avais envie de découvrir à mon tour toutes les faces cachées de ce mystérieux Harry.

Un roman de la sélection 2026 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Au diable Vauvert

Depuis 2006, Harry Yuan a disparu. Inventeur de génie, il était devenu milliardaire en anticipant les bouleversements de la révolution numérique, avant de connaître la ruine et de se volatiliser. Plus aucune trace de lui, ni dans le monde réel, ni sur les réseaux.
Or un jour, le narrateur de ce roman est mystérieusement invité à se rendre sur une île grecque. Dans une incroyable demeure, il y retrouve Harry Yuan qui va lui dévoiler la folle odyssée qu’a été sa vie. Argent, pouvoir, amour, chute, vengeance : le lecteur va aller de surprise en surprise, jusqu’à une stupéfiante révélation.

Né à Paris, auteur-compositeur interprète, Arbon a publié cinq albums, écrit et interprété un spectacle sur La Fontaine et Brassens, et présidé un festival. Dans une autre vie, il a même été éditeur. Les Derniers Jours de Harry Yuan est son premier roman.

Les arbres de Nagasaki, Véronique Brindeau

Il y a eu le 6 août 1945 le bombardement à Hiroshima, puis le 9 août à Nagasaki.
La bombe, son épicentre, les morts, les blessés, les bâtiments détruits et quelques arbres rescapés.

Ce sont ces arbres que vient célébrer Véronique Brindeau dans ce court livre

Des arbres répertoriés, célébrés, protégés car symboles vivants de l’horreur, rescapés eux aussi de l’horreur atomique.

Pins, magnolias, chênes, camphrier, houx, azalée, aussi dissemblables que les humains rescapés, certains tiennent encore debout malgré les blessures, l’amputation d’une partie de leur tronc, ramures, branches.

Ils sont dans des lieux emblématiques, école, temple, ou chez des particuliers, toujours vivants ou déjà morts, mais célébrés pour ce qu’ils sont, des survivants, des symboles de ce que l’homme peut produire de plus dramatique et de ce que la nature est capable de lui opposer.

Et après tout, n’était il pas écrit que rien ne repousserait avant au moins soixante-quinze ans ? Pourtant par endroits la vie a repris et du moins a continué vaille que vaille.

L’autrice fait un état des lieux, et des arbres qui correspondent, à la fois précis et détaillé.

J’imagine les nombreux touristes qui viennent les voir, pour ne pas oublier, pour l’exemple et le souvenir.

Ces hibaku jumoku, les arbres victimes de la bombe, sont la preuve aussi de la force du vivant, comme les trop nombreux blessés ils ont survécu au pire que l’homme ait imaginé, et démontrent l’ampleur de leur résilience.

Catalogue éditeur : Arléa

Ce sont des pins, des magnolias, un chêne bleu du Japon. Et puis aussi : un grenadier, un frêne épineux. Quelques plaqueminiers à nouveau chargés de kakis, écarlates dans le ciel d’automne. Un buisson d’azalée qui a refleuri. Ce sont deux camphriers immenses, marquant le seuil d’un sanctuaire dont il ne reste rien.

Collection : La rencontre / mars 2026 / 88 pages / 13 € / ISBN : 9782363084347

La ballerine de Kiev, Stéphanie Perez

Elle danse Svitlana, dans les bras Dmytro,  de son mari et danseur étoile, elle s’envole aux notes de Tchaïkovski pour la danse et pour la vie.
Car tous deux sont des danseurs du ballet de l’opéra de Kiev.
Ce soir là aussi elle danse, mais elle ne le sait pas encore, plus jamais ils ne danseront ensemble.

Car demain, c’est la guerre qui éclate. Violente, fratricide, sans fin.
Fini les ballets, fini la vie normale. Sont arrivées les heures sombres où la normalité n’a plus sa place.

Dmytro s’engage sur le front pour défendre son pays.
Svitlana ne reste pas sans réagir et va aider au service de santé, ambulancière secouriste auprès de Yaroslav, musicien. Lui aussi est engagé dans ce conflit dont aucun d’eux n’a voulu mais qu’ils ne peuvent pas ignorer au risque de voir leur pays, leur identité, disparaître sous les bombes russes.

C’est leurs parcours que va nous faire suivre l’autrice, avec ce même talent qu’elle avait démontré dans son précédent roman, le gardien de Téhéran.
Le parcours de ces hommes et ces femmes qui n’avaient rien demandé et vivaient dans un pays en paix mais qui sont plongés dans cette guerre meurtrière depuis plus de 4 ans déjà.

J’ai aimé découvrir ces personnalités différentes, leur façon d’affronter le malheur, le deuil, la violence, de rester fidèles à un pays, une famille, un idéal.

Mais aussi voir que tout compte lorsque l’oppresseur veut faire disparaître un pays, l’armée bien sûr, la résistance, mais aussi d’affirmer la beauté de la danse et de la musique pour la diffuser ailleurs, prouver que l’on est vivant aussi par sa culture, démontrer son indispensable utilité.

Catalogue éditeur : Récamier, Pocket

Février 2022, comme toute l’Ukraine, aux premiers jours du conflit, les danseurs du ballet de l’Opéra national de Kiev sont happés par la guerre. Dmytro, danseur étoile, s’engage dans l’armée sans hésiter. Une fois la terreur dépassée, Svitlana, sa femme également étoile, devient secouriste. Eux qui menaient une existence centrée sur leur corps et leur art découvrent la solidarité, la résistance, mais aussi la peur et la mort. Les corps parfaits sont mutilés, les amitiés qui semblaient solides sont brisées par la trahison.

La guerre bouleverse les certitudes et pousse à faire des choix impossibles. Comment remonter sur scène ? Danser a-t-il encore du sens face à la barbarie ? L’art est-il un moyen de résister et de se reconstruire ? Une seule certitude : Svitlana ne dansera plus jamais comme avant…

Date de parution : 29/08/2024

Prix du Roman Fnac 2026

Quels sont les livres que j’ai découvert lors de ma participation à ce jury ?

D’abord, il y a eu ce message :
Félicitations, vous faites partie des 400 adhérents qui vont découvrir, lire et noter en avant-première les romans de la rentrée littéraire ! Vos lectures vont nous permettre d’identifier les 30 meilleurs livres de la rentrée. Dans cette sélection, se trouvera le Prix du Roman Fnac 2026.

Participer à la sélection des 30 titres de cette 25e édition, quel plaisir ! Nous sommes 400 jurés, et nous recevons chacun entre 5 et 6 livres en avant-première. Ce sont nos retours de lecture, et ceux des 400 libraires également jurés, qui permettront de proposer la liste des 30 livres sélectionnés.

Ensuite, il y a eu la réception des livres, à découvrir et commenter, noter, apprécier ou pas.

Voici les livres que j’ai découvert dans le cadre de ma participation à ce jury :

  • New-York Mosaïc, Bertrand Dal Vecchio
  • Possédés, Laetitia Faure
  • à voix haute, Polina Pannassenko
  • Spectres, Thomas Gunzig
  • Notre-Dames-des-Anges, Célia Houdart
  • Je suis né dans la tempête, Jérôme Colin

Enfin il y a eu l’annonce, par la FNAC, des 30 romans sélectionnés, parmi lesquels figure un de ceux que j’avais reçu.

Les finalistes seront annoncés le 27 août et le nom du lauréat sera connu le 21 septembre.

Je vous parlerai de ces titres au moment de leur parution à partir du mois d’août.

Merci à la fnac pour cette belle expérience !

L’ivresse de la violence, Gabor Zoltan

A Budapest, de 1944 à 1945, dans une période aussi sombre que trouble …

De 1944 à 1945, la plus grande partie des juifs de Hongrie qui avaient miraculeusement été épargnés jusque là ont été exécutés dans le pays ou envoyés dans les camps de concentration pour y être exécutés par les nazis.

Renner, le personnage principal, est arrêté car il a protégé des juifs, de plus, sa femme et sa maîtresse sont juives.

Tous trois vont subir les pires atrocités, immergés au milieu de prisonniers des milices hongroises proches du parti nazi, faisant pour la plupart partie des milices Les Croix-Fléchées.

Pour eux un seul credo, rendre la Hongrie aux Hongrois.
Par la violence, le sang, les viols, les exécutions, tout est bon pour assouvir sur l’autre ses pires envies.

Alors Renner suit les ordres. Craint pour sa vie et celle de ses femmes, mais obéit pour rester vivant.
Obéit et on sent bien que petit à petit il lui est de plus en plus facile et évident de suivre la violence, pas seulement pour sauver sa vie. Comme si s’insinuait en lui le désir d’être comme les autres.

Qui sait, d’ailleurs comment nous aurions réagit tous autant que nous sommes, si nous avions vécu a cette époque.

Un roman difficile à lire par la violence qu’il décrit, qui montre jusqu’où les hommes ont été capables d’aller dans l’horreur et le mal absolu. Tuer, violer, torturer, y prendre plaisir, humilier, violenter, blesser, assassiner, sans jamais se poser la question de l’humanité de l’homme, la femme ou l’enfant qui est leur victime, de la vie qu’ils ottaient sans aucun scrupule, et en y prenant plaisir.

Aujourd’hui, une sculpture faite de chaussures abandonnées montre le lieu où des milliers de Juifs, d’hommes et de femmes ont été emmenés et noyés dans le Danube, à Budapest.

C’est très difficile d’imaginer et d’accepter le fait que des humains soient capables d’autant de violence envers d’autres humains, et pourtant c’est aussi la sombre réalité de certaines époques et de celle ci en particulier.

Je suis allée voir ce que recouvrait cette réalité en allant chercher plus avant la réalité de ces Croix-Fléchées et la nausée n’était pas loin de me submerger. Tout comme cela est arrivé en lisant ce roman.

Roman difficile mais utile pour savoir, connaître, comprendre et se dire que jamais plus. Et pourtant, j’ai souvent l’impression que ce « jamais plus » n’est qu’un vœux pieux, une parole en l’air, tant l’humain et ce qu’il est capable de faire est parfois une telle déception.

Catalogue éditeur : Belfond

S’appuyant sur des faits historiques réels, porté par le rythme haletant d’une écriture expiatoire, un premier roman stupéfiant, qui dévoile le passé fasciste de la Hongrie et éclaire les montées de l’extrême droite en Europe.
Jusqu’ici, Renner était un petit patron d’usine à Budapest. Profitant de son statut de notable, il avait réussi à se soustraire à ses obligations militaires.
Mais nous sommes en 1944. Les nazis ont laissé la ville aux mains des miliciens des Croix-Fléchées. Ces derniers, ivres de violence et assoiffés de pouvoir, jurent de rendre la Hongrie aux Hongrois. Or Renner est marié à une Juive. Et il a caché de nombreux Juifs de son personnel. La torture et la mort l’attendent.
Sauf que Renner possède un bien précieux dont les miliciens ont grand besoin : son camion.
Commence alors pour Renner, étroitement surveillé par son geôlier Robi, un atroce périple au cœur de la capitale exsangue, un chemin de croix morbide sur les traces des corps martyrisés des victimes des Croix-Fléchées.

Date de parution : 08/01/2026 / 23,00 € / 368 pages

Les dames de Marlow enquêtent, tome 5, le mystère Judith Pots, Robert Thorogood

Un livre pour tous ceux qui aiment les enquêtes au charme anglais et les mots croisés du Times !

C’est avec ce dernier tome de la série que nous disons adieu à Judith, Beck et Suzie.

Dans le joli village de Marlow, ces trois drôles de dames prennent un malin plaisir à enquêter et surtout à résoudre les enquêtes qu’elles s’approprient sans demander l’autorisation des autorités compétentes, et de la police en particulier. Bien que l’inspectrice Tanika ait enfin compris toute leur utilité. Mise à l’écart pour d’obscures raisons, elle tente autant qu’elle le peut de les aider.

Pour cette nouvelle investigation elles vont devoir comprendre ce qui lie deux hommes célèbres, deux meurtres, un maître chanteur, et des secrets bien gardés.

Et l’on va aussi faire la connaissance d’Eleni, une jeune femme que Judith se serait bien passée de revoir, car elle l’accuse du meurtre de son père, Philippos Demetriou. Ce dernier n’était autre que le mari de Judith, décédé 49 ans plus tôt. Elle vient interférer dans la vie et l’enquête, et qui sait si Judith ne va pas devoir se remettre elle aussi en question.

Et ce sera donc le moment choisi par l’auteur pour nous informer des circonstances de la mort du mari de Judith, décédé alors qu’ils étaient encore jeunes mariés sur l’île de Corfou.

Comme à chaque nouvel opus, j’ai aimé la légèreté et la pugnacité des trois femmes, et l’amitié qui les lient. On retrouve bien chaque personnage avec ses habitudes, son caractère, ses défauts et qualités et on a quelque regrets à se dire que ce sera notre dernière rencontre avec la fine équipe.

Retrouvez mes chroniques des précédents tomes Les dames de Marlow enquêtent, Meurtre sur la Tamise, Il suffira d’un cygne

Catalogue éditeur : La Martinière Traduction Bertrand Larcher

Dans la petite ville de Marlow en Angleterre, Judith, Becks et Suzie ont résolu bien des enquêtes. Mais sur les bords de la Tamise, les mystères n’ont pas fini d’éclore. Judith Potts, l’intrépide octogénaire adepte de whisky et de mots croisés, est mise au pied du mur lorsqu’une femme se présente à sa porte… pour l’accuser de meurtre.
Et voilà que deux célébrités de la ville sont retrouvées assassinées. Le point commun entre les deux victimes ? Un mystérieux maître-chanteur qui semble déterrer les cadavres de tous les placards. Les Dames de Marlow parviendront-elles à résoudre leur dernière enquête, et à délivrer Judith de son passé ?
Date de parution 29/05/2026 / EAN 9791040126386 / pages 400

Un avenir radieux, Pierre Lemaitre

Retrouver avec plaisir les enfants de la famille Pelletier pendant les trente glorieuses

Jean, François et Hélène ont désormais eux aussi des enfants. Les retrouver avec leurs parents, et tous ceux qui gravitent depuis déjà quelques années autour d’eux.

Colette, la fille de Jean et Geneviève vit chez Louis et Angèle, ses grands-parents. Et même si ces derniers ont quitté Beyrouth et résident maintenant au Plessis-sur-Marne, elle est heureuse de vivre loin de sa mère.

Elle a 10 ans, un sacré caractère et une belle indépendance. Mais sa vie prend déjà un tournant dramatique lorsqu’elle est victime d’une agression sexuelle, et que pour couronner le tout, sa mère abusive et violente exige qu’elle revienne chez eux.

De retour à la maison, elle subit l’indifférence de Geneviève et celle de Philippe, le fils adoré. Mais la roue tourne pour tout le monde, et Philippe subit à son tour les affres de la violence et de l’indifférence maternelle. Les deux enfants se rapprochent peu à peu. Avec Colette et Philippe, l’auteur aborde le difficile sujet des violences faites aux enfants, aux filles en particulier, et toute la difficulté qu’il y a à se soustraire aux diktats des parents lorsque ceux-ci sont tout puissants.

Autre sujet majeur du roman, la Tchécoslovaquie et la guerre froide. Une délégation d’industriels français est invitée à Prague. C’est l’occasion rêvée pour les services secrets français qui doivent exfiltrer l’un de leurs espions dont la couverture a été découverte et qui risque gros.

François doit les accompagner, il est recruté à son corps défendant, mais il n’ose pas refuser. Il est le journaliste de la première émission télévisée d’information, c’est donc l’élément idoine pour réussir cette mission. Mission simple en apparence, mais les fils à tirer s’avèrent bien plus complexes que prévu pour le régal des lecteurs.

Pendant ce temps, Hélène est devenue l’animatrice d’une émission radiophonique, la nuit. Elle a une idée géniale jamais encore expérimentée, faire intervenir les auditeurs à l’antenne. On pense bien sûr à Allô Macha. (Créée bien plus tard mais qu’importe, le 5 avril 1977, cette émission radiophonique quotidienne française était diffusée chaque nuit sur France Inter entre minuit et une heure du matin).

C’est là tout le talent de l’auteur, qui nous fait vivre de façon très romanesque les tribulations de la famille Pelletier, en mettant en avant à tour de rôle l’un des enfants. Mais qui insère adroitement et de façon très précise et documentée sans que cela ne soit jamais lourd, les événements emblématiques de l’époque concernée. Je pense en particulier aux deux catastrophes nucléaires de Kychtym et de Windscale, de la guerre d’Algérie, mais aussi comme je l’ai déjà évoqué, de la guerre froide. Le tout en portant un hommage sincère et adroit à cet ancien agent secret de sa majesté, le romancier britannique John le Carré.

J’ai écouté une fois encore ce roman dans sa version audio. Cette fois-ci la lecture était faite par Philippe Sollier qui a su insuffler à l’ensemble toute la force et le suspense voulus par l’auteur. J’ai apprécié sa façon d’interpréter les personnages, et je me sus demandé si ce changement de lecteurs était dû aux nombreux mots et phrases en langue tchèque. Dans tous les cas c’était un changement très agréable et bienvenu.

Hâte de connaître la suite ! Vous aussi ?

Retrouvez mes chroniques des tomes précédents Le Grand Monde, Le silence et la colère.

Catalogue éditeur : Calmann-Levy, Audiolib

Une échappée belle de Paris à Prague, d’un studio de radio à des ruelles hostiles, d’un cachot glacé à une académie de  billard, d’une école de bonnes sœurs aux bureaux obscurs de la République.
Chacun des Pelletier, à son heure, devra choisir entre son intérêt et son devoir, et pour certains entre la raison du cœur et  la raison d’État.
Un dilemme parfois déchirant, sauf pour le chat Joseph, qui lui a choisi depuis longtemps.

Parution : 12/03/2025 / Durée : 12h37 / EAN 9791035416928

Dernier sanglot, Danielle Thiéry

Quand Danielle et Marion se séparent !

Depuis quelques années et quelques polars, Danielle Thiéry nous fait vivre aux côtés d’Edwige Marion, sa commissaire emblématique.
Marion a évolué, progressé, vécu mille vies, mille enquêtes et aventures et à laquelle nous nous sommes tous attachés et que nous avons l’impression de si bien connaître.
Mais voilà, Danielle et Marion se séparent avec cet ultime opus qui je l’espère ne sera pas le dernier de l’autrice.

Une enquête à tiroirs, nombreux les tiroirs, avec des personnages, nombreux eux aussi, aux personnalités complexes, qu’il faut découvrir, écouter, comprendre et détester aussi parfois.

Dans cette enquête vont arriver pêle-mêle…
Une maison à l’abandon que son propriétaire doit faire nettoyer par une entreprise spécialisée car les derniers occupants avaient la maladie de Diogéne, mais pas seulement, et ça le lecteur va vite le découvrir.
Un jeune homme meurtri qui va faire une sombre découverte.
Une éditrice désespérée de la disparition de sa sœur jumelle, une sœur qui semble-t-il souffrait du hikikomori, cette maladie dont souffrent des gens qui s’isolent de tout et restent enfermés chez eux.
L’auteur mystérieux d’un polar sombre et bien noir, au regard trouble et au passé impossible à cerner, qui vient perturber la commissaire par son attitude étrange et suspecte.
Une maison envahie d’animaux, habitée par des personnes ayant certainement la maladie de Noé, qui pousse certains personnes à s’entourer d’animaux en nombre bien au delà du raisonnable.

Au milieu de tout cela, Marion, Cara, Alix, Dabadie et les tous autres vont devoir tirer les fils de ces pelotes inextricables pour tenter de résoudre leur enquête.

Une fois de plus je me suis laissée embarquer par Marion, Nina, et tous les personnages de ce « Dernier sanglot ».

Alors si vous aussi vous aimez les enquêtes complexes, les personnages attachants et forts, vous allez aimer ce polar qui n’a pas dit son dernier mot avant la toute fin de l’histoire, et c’est tant mieux !

Retrouvez ma rencontre avec Danielle Thiery, et mes chroniques de romans précédents Tabous, La souricière, Cannibale, Sex Doll, Dérapages

Catalogue éditeur : Rivages

Jimmy Liergue travaille pour la société Clean Total Services, chargée de nettoyer des scènes de crime ou des lieux laissés à l’abandon, envahis d’objets de toute sorte entassés pathologiquement par des occupants atteints du syndrome de Diogène. Un matin, il se rend à Blainville, en banlieue parisienne, dans une maison à déblayer. Comme prévu, la bâtisse est dans un état indescriptible, mais c’est l’appentis de jardin qui va lui réserver un choc. Le spectacle qu’il a sous les yeux résonne en lui avec violence, faisant remonter une vague de souvenirs qu’il croyait enfouis.

ISBN 9782743670023 / paru le 11/03/2026 / 21€ / 304 pages

Que faire à Coarraze lors des Journées Européennes des Métiers d’Art ?

Visiter le Tissage Larrousse, dernier témoignage de l’activité textile locale

Des visites guidées étaient proposées pendant ces Journées Européennes des Métiers d’Art.

Le Tissage Larrousse a été fondé en 1911 par un ancien contremaître de filature de coton, Valérien Larrousse, dans un premier temps qualifié de colporteur puis de tisserand en 1914. À son décès en 1939, l’atelier est repris par son fils, Gaston dit « Joseph », qui l’exploite jusqu’en 1984. 

Malgré la fabrication de linge de table et de torchons, le Tissage Larrousse restera en marge de la vogue du linge basque par la fabrication, en particulier des vêtements de travail en coton.

Cette configuration de « ferme-usine », la dernière dans tout le département des Pyrénées-Atlantiques, reste l’unique témoin de l’époque textile du « Petit Manchester ».

À cette époque, de nombreux ateliers de tissages étaient installés dans le département, puisant une ressource locale, l’eau des Pyrénées.

L’entrepôt de stocks, l’extension la plus récente, a été construit entre 1947 et 1950. Il est initialement destiné à accueillir un nouvel atelier de tissage. 

Sa construction est assurée par un certain Léopold Bignalet, entrepreneur en bâtiment.

En 1950, une séparation entre les associés intervient avant l’aménagement des locaux en atelier de tissage. Une partie des associés récupère une partie du matériel du Tissage Larrousse et part fonder son propre établissement à Bénéjacq, une commune voisine.

Le tissage recentre alors la fabrication sur le matériel contenu dans l’ancienne grange et stocke dans la nouvelle les rouleaux de tissus au mètre sorti de son atelier et les articles prêts à être commercialisés. 

Dans le village de Coarraze comme dans de nombreux autres dans la région, les femmes travaillaient souvent à l’atelier de tissage. Et dans chaque famille restent encore aujourd’hui des serviettes ou torchons fait par les grands-mères, comme ceux que j’ai d’ailleurs chez moi, faits par la grand-mère de mon mari.

C’était très intéressant de voir les différents métiers à tisser utilisés à l’époque et de voir qu’ils peuvent encore fonctionner aujourd’hui grâce à l’énergie et la passion des amis de l’association du Tissage Larousse.

La visite était très complète et intéressante aussi pour comprendre la structure de ces multiples ateliers qui faisaient vivre les territoires et tous ces métiers qui avaient leur place dans les villages et les familles.

Retrouvez une partie de mes photos ICI