Helena. Jeremy Fel

Quand Jeremy Fel nous plonge avec Helena dans un univers noir qui parle de filiation et de détresse, un roman où la normalité bascule dans la violence et tient ses lecteurs en haleine.

Helena, mais qui est Helena ? Tourner les pages avec avidité – et un soupçon d’inquiétude – pour plonger dans l’univers noir, très noir de Tommy, Norma et Hayley, puis chercher à comprendre, savoir qui est cette Helena que l’on attend, que l’on espère dans cette ambiance particulièrement sombre et pesante.

Au Kansas, hors du temps, dans une région qui semble à l’écart du monde, là où les hommes peuvent se noyer ou mourir à la chasse, là où les abattoirs fermés depuis longtemps abritent SDF et jeunes en mal de repères, là où tous les repères de la normalité éclatent en morceaux, l’auteur a réuni ses protagonistes pour une rencontre totalement improbable.

Tommy, au lourd secret d’enfance et à l’esprit qui disjoncte, rêve de monstres ; Norma veuve soulagée mais culpabilisée, est éblouie par la beauté de sa petite Cindy ; Graham, le grand frère si raisonnable est amoureux et rêve d’évasion et de liberté ; Healey, jeune femme de 17 ans orpheline de mère, est insouciante et trop spontanée pour réfléchir et ne pas se flanquer dans les plus mauvaises situations. Tous campent des caractères tellement normaux, tellement classiques même et pourtant, tous sont à un moment ou un autre sur le fil du rasoir, au risque de franchir la frontière entre normalité et folie…

Helena est un roman émouvant et bouleversant, sanglant et angoissant ! Oui, tout à la fois, mais en fait, une fois dépassées les premières impressions, on n’a qu’une seule envie, aller au bout de ce lourd pavé !

L’auteur aborde dans ce roman noir de nombreux thèmes difficiles. On y trouvera la pédophilie et le viol, avec le silence des victimes comme des témoins, la dépression qui ronge des vies et l’abandon, et surtout, prépondérant, l’amour maternel, qui n’est pas toujours une évidence, mais qui peut aussi être porté à son paroxysme avec cette louve qui protège ses petits, parfois un peu trop tard, parfois à cause d’une culpabilité qui la ronge, enfin, l’ambivalence des personnalités, où le bien et le mal cohabitent et luttent pour savoir lequel des deux va prendre le lead sur la vie, les actions de chacun… Le tout avec des personnages poussés à l’extrême, qui malgré tous leurs défauts, et c’est un doux euphémisme, sont pourtant difficile à détester.

Il me semble enfin que Jeremy Fel approfondit la complexité des relations intrafamiliales, et le fait qu’elles sont normales ou au contraire à quel point elles peuvent être parfois totalement ambiguës, ici entre parents et enfants, frère et sœurs ou entre sœurs.

Avec Helena, Jeremy Fel nous offre un grand classique digne du thriller américain, son écriture est d’ailleurs totalement cinématographique. C’est à la fois lourd, sombre et addictif au possible, une réussite !

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Catalogue éditeur : Rivages

Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire.
Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.
Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial.
Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres…
Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire.
Et il y a Helena… 

ISBN : 978-2-7436-4467-3 / EAN : 9782743644673 / Parution : août, 2018 / 800 pages / Format : 14.0 x 20.5 / Prix : 23,00€

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Une prière à la mer. Khaled Hosseini

Ce livre n‘est pas une bouée, mais bien « Une prière à la mer », comme un cri d’amour lancé par Khaled Hosseini.

Domi_C_Lire_une_priere_a_la_mer_khaled_hosseini_1Une prière pour ces hommes que l’on espère saufs lorsqu’ils traversent la méditerranée pour trouver refuge loin des terres hostiles de leurs pays d’origine. Afghanistan ou Syrie, là-bas la guerre fait rage et la vie des civils n’est plus depuis longtemps un bien précieux à protéger.

De cet auteur, j’avais aimé Les cerfs-volants de Kaboul, ce roman bouleversant et éclatant de vie et de douleur adapté à l’écran avec grande justesse, qui nous transportait dans cet autre monde, de l’autre côté de la mer. Puis Mille soleils splendides, digne successeur du premier roman.

Aujourd’hui Khaled Hossein nous revient avec ce court livre illustré par Dan Williams. En s’adressant à son fils Marwan, il s’adresse à tous ces enfants, ces hommes et femmes, migrants contraints à fuir leur pays en guerre pour le calme rêvé d’un pays d’accueil. Ils traversent tant de mers et tant de pièges que nul d’entre eux n’est certain d’atteindre l’autre rive, celle du salut, celle de l’espoir. Espoir irrémédiablement anéanti pour tous ceux qui sombrent en mer. Morts en mer pour ne pas mourir sur place, pour ne pas mourir sans espérer.

Ce livre est un hommage poignant et sincère à tous ces migrants qui cherchent le chemin de la liberté. Publié par les éditions Albin Michel, pour chaque livre vendu 1€ sera versé à l’association La Cimade.

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Catalogue éditeur : Albin-Michel

Marwan, mon cher enfant, je contemple ton profil éclairé par la lune, tes cils que l’on dirait calligraphiés, tes paupières closes dans ton sommeil innocent. Et je te dis : « Donne-moi la main. Tout ira bien. »

Né en 1965 à Kaboul, Khaled Hosseini est un auteur américain d’origine afghane. Il a écrit Les Cerfs-volants de Kaboul (Belfond, 2005), Mille soleils splendides (Belfond, 2007) et Ainsi résonne l’écho infini des montagnes (Belfond, 2013). En 2006, il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). (Source la Cimade)

Édition cartonnée 12.00 € / 12 Septembre 2018 / 160mm x 247mm / EAN13 : 9782226437594

La du Barry. Edmond et Jules de Goncourt

La légende de la dernière grande courtisane royale déflorée par Edmond et Jules de Goncourt, ou grandeur et décadence à la cour des Rois de France.

Domi_C_Lire_la_du_barry_edmond_et_jules_goncourt_rivages_pocheUne très jeune femme poussée dans les bras d’un riche homme d’un âge certain, par des messieurs qui ne voient là que leur intérêt, comment appelle-t-on cela ? Proxénétisme peut-être ? Mais non, nous sommes à la cour du Roi Louis quinzième du nom, et les gentilshommes qui souhaitent placer au mieux leurs intérêts le font par l’entremise de ces jeunes, jolies et parfois ingénues jeunes femmes qu’ils espèrent voir accéder rapidement au rang de favorite du Roi.

C’est le sort qui est réservé à cette mademoiselle Jeanne Bécu qui vient au monde en août 1743, à Vaucouleurs, en Champagne. Élevée au couvent de Sainte-Aure elle y développe un goût certain pour la lecture, une piété sincère qui la portera vers une grande générosité envers les pauvres et les nécessiteux, ainsi qu’un réel talent pour le chant et le dessin. Cette orpheline de père, gaie, un brin vulgaire dans son parler familier, mais une beauté que certains qualifieraient d’étourdissante, est tellement jolie que, comme nombre d’autres demoiselles de sa condition, elle va servir de divertissement à ces hommes que l’on dits « de qualité ».

Elle a à peine vingt ans en 1763 lorsqu’elle rencontre le comte Jean du Barry. Subjugué par ses charmes et certain que ses appâts lui ouvriront les portes qu’il convoite, il décide de la proposer aux plus grands à la cour de Versailles – quand je vous disais qu’on n’est pas loin du proxénétisme ! – certain qu’une telle beauté ne pourra que plaire au roi.

En 1768, Louis XV a 58 ans, il pleure encore la marquise de Pompadour. Lorsqu’il rencontre la du Barry il se sent littéralement revivre. Les présentations sont faites en prétextant que la donzelle est déjà mariée… quelle chance, elle plait donc au roi ! Il est donc de bon ton maintenant de lui trouver un mari officiel. Puis pour qu’elle apparaisse après du roi, il faut la « présenter à la Cour ». Elle sera mariée très vite à Guillaume du Barry, le frère de l’autre… et dès le printemps 1769, c’est une comtesse qui arrive à Versailles et s’installe tout près du roi.

De détractions en amours sincères, la cour qui tout d’abord la repousse va céder au charme et à la grâce de la du Barry. Mais la cour de Versailles est déjà cet « univers impitoyable » dans lequel les jalousies et les ambitions poussent certains aux pires bassesses. La disgrâce du duc de Choiseul en 1770 et le désamour de Marie-Antoinette amplifieront sa chute.

Après la mort du roi, celle qui a tant pleuré l’homme qu’elle a sincèrement aimé, refuse de quitter la France. Pourtant, la Révolution, puis la Terreur sont aux portes de son cher château de Louveciennes, à l’ouest de Paris, cadeau du roi Louis XV. Elle refuse de fuir, sera arrêtée, jugée, puis condamnée. Le 8 décembre 1793, guillotinée avec tant d’autres sur l’hôtel d’une justice assassine, ses cris déchirants alors qu’elle monte à l’échafaud sont comme un acte ultime de désespoir absolu, de révolte et d’incompréhension. Elle qui osera dire, dans un dernier souffle « Encore un instant, monsieur le bourreau« …  Ce manque de dignité va finalement donner à sa mort l’image d’une femme assassinée, et plus seulement celle de l’anéantissement d’un symbole de la royauté.

Ce livre retrace habilement et avec moult détails la vie de la du Barry, et l’adjonction de documents, pièces d’inventaires, courriers, notes précises en rend la lecture plus riche encore. A conseiller à tous ceux qui aiment l’Histoire, en connaître les détails et en comprendre les subtilités.

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Catalogue éditeur : Rivages poche

Le nom de Mme Du Barry est souvent synonyme de scandale. Quelle fut la vie de la favorite ? Sur un mode souvent grivois, comme il se doit, et avec beaucoup de verve, les frères Goncourt décrivent l’arrivée à la cour, les intrigues, les années fastes et le « luxe de la femme galante » dont témoignent ses comptes et ses factures. La chute n’en est que plus grande : les arrestations, les interrogatoires, la prison puis l’échafaud. Cette biographie est complétée par plusieurs documents, souvent inédits : mémoires des « marchands, ouvriers et fournisseurs », réponses de la Du Barry devant le tribunal révolutionnaire, perquisitions, inventaire des biens. Avec leur sens du détail et leur plume de romanciers, les Goncourt campent un personnage pittoresque et attachant qui a inspiré plusieurs films importants de Lubitsch à Christian-Jaque.

Collection: Rivages Poche Petite Bibliothèque / Genre : Art et Littérature / Numéros poche : 907 / ISBN : 978-2-7436-4414-7 / EAN : 9782743644147 / Parution : juin, 2018 / 480 pages / Format : 11.0 x 17.0 / Prix : 10,00€

Silencios. Claudio Fava

Indispensable, le roman de Claudio Fava « Silencios » retrace un évènement oublié de la dictature argentine, à lire !

Domi_C_Lire_silencios_claudio_fava_jai_lu1978 en argentine, à La Plata. De jeunes hommes s’entrainent pour le championnat de rugby, ils doivent participer au mondial qui aura lieu dans quelques mois.
Ils sont jeunes, très efficaces, ce sont même de très bons joueurs, mais ils ne vivent pas à la bonne époque…

Car en Argentine à ce moment-là, le général Videla a pris le pouvoir et les disparitions, les assassinats, sont devenus monnaie courante. Le jour où le jeune Momo est enlevé, puis assassiné, le monde de Raul et de ses coéquipiers s’écroule, ils entrent de plain-pied dans la terreur et dans l’horreur.

Au match suivant, l’équipe refuse de jouer si une minute de silence n’est pas respectée en l’honneur de Momo, une minute qui s’éternise, les joueurs, les spectateurs, tous respectent, tous se taisent, tous protestent en silence face au fracas des bottes et des armes. Mais la contestation doit être brisée  dans l’œuf… et les sportifs vont disparaitre les uns après les autres…

Desaparecidos, vols de la mort, l’Esma (École Supérieure de Mécanique de la Marine), autant de mots, de noms qui ont une connotation de terreur forte lorsque l’on évoque les années noires de la dictature Argentine.

Un très court roman, mais une lecture forte et émouvante qui interroge sur les dictatures, et sur le silence et l’oubli par les peuples…

Je ne connaissais pas cet épisode, mis en lumière par l’auteur Claudio Fava, à la suite du témoignage Raul Barandiaran, unique survivant de l’équipe de rugby de La Plata. L’auteur a été touché également par la relation entre cette dictature et les années noires qu’a également connu l’Italie avec la mainmise de la mafia sicilienne.

On mourait en Argentine comme en Sicile, à Buenos Aire comme à Catane

Sur cette période, et l’Argentine en particulier, on ne manquera pas de lire également le roman de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit, Frédéric Couderc a également répondu à mes questions, interview à retrouver ici.

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Catalogue éditeur : J’ai Lu, inédit

L’histoire vraie du club de rugby qui défia la dictature argentine…

Argentine, 1978. L’assassinat politique d’un jeune joueur de rugby de La Plata met le feu aux poudres : la guerre est déclarée entre l’équipe et la dictature. Chaque match du petit club est un défi, chaque hommage aux victimes une provocation adressée au pouvoir, qui répond par un bain de sang. Et pourtant, l’équipe, de plus en plus décimée, gagne ses matchs…
Traduction (Italien) : Alexandre Bilous, Dominique Manotti.
Thriller (n° 12419) / Paru le 07/11/2018 / Prix : 5,00€

Six nouvelles pour le Prix Clara 2018

Six regards, six aventures, six ados : un recueil de nouvelles à découvrir !

Domi_C_Lire_prix_clara_2018_heloise_dormessonLe Prix Clara récompense chaque année des adolescents pour des nouvelles écrites sur une thématique précise. Six nouvelles sont retenues, dont les auteurs ont moins de 18 ans, le recueil est publié par les Éditions Héloïse d’Ormesson, avec le soutien de différents organismes tels que la fondation La Poste, la fondation Orange, la SNCF, et l’accueil de la mairie de Paris pour la soirée de remise du prix. Comme chaque année, cette remise de prix avait lieu à la mairie de Paris. Dans le cadre somptueux des salons de l’hôtel de ville, les jeunes talents de 2018 étaient accueilli par ceux des années précédentes.

Le recueil de nouvelles est vendu au bénéfice de l’ARCFA, Association pour la Recherche en Cardiologie du Fœtus à l’Adulte.

Le Prix Clara 2018 est un recueil qui va encore vous surprendre et vous étonner par la qualité des écrits, tout comme je le suis chaque année d’ailleurs.

Thomas Carré : La nuit venait de tomber
Une dystopie… dans un avenir incertain, les couples ont le droits de faire des enfants, mais pas celui de les élever. Face au trop grand nombre de divorces, causés pour la plupart par des soucis domestiques, comme par exemple la fatigue et les tracas liés à l’éducation des enfants, le gouvernement a pris des mesure coercitives.. mais la population est-elle prête à tout accepter ?

Rémi Courtois : La cabane
Un jeune garçon aime se promener dans la forêt, là il tombe sur une cabane, ni extraordinaire, ni somptueuse, mais qui va lui permettre de s’évader de son quotidien… mais est-il le seul à connaître cette cabane ? Et si ce n’était pas le cas ?

Salomé Fabry : Le chant des pierres
Palmyre… la cité aujourd’hui détruite a un jour était la somptueuse citée romaine, puis syrienne.. à présent cité en ruine, ses pierres se souviennent, ses pierres chantent les jours passés, la beauté et la destruction.

John Levy : Rêveries au large
James aime la voile, depuis toujours, et aujourd’hui il part faire le tour du monde, assisté par des grands noms des traversées en solitaire… à bord, une carte postale représentant un tableau de Balthus, et une liste qu’il a établie alors qu’il était lycéen, la liste de ses vœux … de voyages en rêveries, qu’est-il advenu de ces rêves de jeunesse ?

Alexis Notarianni : Le souffleur de verre
Dans le village où il passe ses vacances, l’enfant admire le travail patient et solitaire du souffleur de verre. La grâce du geste, la finesse du travail, la force du feu et la beauté des billes de verre tombées au sol.. mais va-t-il un jour oser lui parler ?

Timothée Peraldi : Influenceuse
Au collège où elle est une élève plutôt brillante, Audrey se trouve isolée car elle est la seule à ne pas surfer sur les réseaux sociaux.. jusqu’au jour où elle s’inscrit, écrit, surfe, poste, influence des centaines de followers… mais la vie, la vrai vie, où est-elle ? Du côté des smartphones ou du côté des vivants ?

Ce que j’aime ? L’écriture, déjà maitrisée, l’inspiration, si diverse, les mots, les sentiments, décrits par ces jeunes qui sont nos voix de demain… peut-être aussi avoir l’impression de mieux les connaître à travers ces mots qu’ils posent si justement sur les choses qui les entourent, sur leur quotidien, sur les sentiments, sur la vie, et qui parfois nous surprennent … nous faisant alors nous poser des questions sur ce que nous avons fait de ce monde-là !

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Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Avec eux, embarquez sur les océans, écoutez le chant des pierres de Palmyre, admirez le savoir-faire ancestral d’un souffleur de verre, laissez-vous porter par une correspondance amoureuse et refusez le diktat des réseaux sociaux.

Avec profondeur et subtilité, humour et légèreté, révolte et insouciance, ces récits sont les reflets d’un âge où l’affirmation de soi s’exprime à travers le questionnement de l’actualité, la créativité, l’originalité et la sensibilité. Ils ont entre 15 et 17 ans, rayonnent déjà par leur talent, et nous invitent à partager leurs doutes et leurs rêves.

128 pages / 10€ / Paru le 8 novembre 2018 / ISBN : 978-2-35087-480-7 / Anne-Marie Bourgeois

Au loin. Hernan Diaz

Quand la ruée vers l’ouest prend des chemins de traverse pour trappeur solitaire, « Au loin », le très surprenant roman d’Hernan Diaz, va certainement vous bouleverser et vous étonner !

Domi_C_Lire_hernan_diaz_au_loin_delcourtAlors qu’il débarque en Californie, seul et sans connaitre la langue, le jeune Håkan ne s’imagine pas qu’il va mettre tant d’années à rechercher son frère. Pourtant, l’Amérique que lui avait vantée ce dernier, alors qu’ils étaient encore dans leur famille en Suède s’avère bien plus périlleuse et dangereuse que prévu.

Acculé par la pauvreté, les parents avaient décidé que leurs deux fils partiraient ensemble pour trouver le bonheur sur la côte est des États-Unis… c’est en Californie que débarque le jeune Håkan, immédiatement repéré par une femme étrange qui l’entraine dans ses filets vénéneux. Quand il réussit à fuir, c’est d’Ouest en Est qu’il décide de marcher, pour rejoindre New-York, son rêve.

Traverser l’Amérique à pied dans les années de la ruée vers l’or n’est pas chose aisée. Sans travail, sans argent, sans pouvoir échanger quoi que ce soit, bientôt le jeune homme va s’isoler du reste des hommes. Même s’il accepte temporairement de travailler, puis de traverser avec un convoi de pionniers, la compagnie ne lui convient pas et il recherche rapidement la solitude. Un jour, comme dans tout western qui se respecte, le convoi est attaqué sauvagement par des indiens -ou pas- seul survivant, Håkan doit fuir pour garder la vie sauve, puis fuir car il sera injustement accusé …

Alors que tout un panthéon d’aventuriers tous plus pittoresques les uns que les autres vont croiser sa route, Håkan n’a qu’un seul but, retrouver ce frère Linus qu’il a perdu au départ de son pays. Mais la route est longue, la vie est faite de rencontres, de combats, d’apprentissages et de découvertes, de blessures et de victoires. Il va passer de longs mois, des années sans doute, loin des hommes et près de cette nature protectrice et parfois destructrice. Pourtant pendant ce temps, sa légende va grandir, car c’est un homme hors du commun. Étrange et de grande taille, il est si différent qu’il interroge et fait peur.

Peu à peu, il trace son sillon à travers ces vastes plaines qui ont forgé l’Amérique d’aujourd’hui. Celle des aventuriers, des chercheurs d’or, des paysans et des pionniers solitaires, de ces hommes forts ou faibles, mais qui vont de l’avant, qui essayent, gagnent, tombent et se relèvent, qui poursuivent la route vers le point qu’ils se sont fixés.

Voilà un roman très étonnant, quand on s’attend plus ou moins à un récit classique d‘émigration vers l’ouest, nous voilà transportés dans une autre dimension, pris dans les mots, le passé d’un solitaire taiseux et étranger à ceux qui l’approchent. Un roman surprenant mais envoûtant, qui nous entraine à travers cette épopée d’un homme seul, de déserts en étendues glacées, à l’image même de cette Amérique gigantesque et terrifiante par sa diversité et son immensité.

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Catalogue éditeur : Delcourt littérature

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Barbaste.
Prix du roman Page/America 2018.

Jeune paysan suédois, Håkan débarque en Californie, seul et sans le sou. Il n’a qu’un but : retrouver son frère Linus à New York. Il va alors entreprendre la traversée du pays à pied, remontant à contre-courant le flux continu des pionniers qui se ruent vers l’Ouest. Les caravanes se succèdent et les embuches aussi. Trop souvent, la nature et les hommes essaieront de le tuer. Håkan croise ainsi la route de personnages truculents et souvent hostiles : une tenancière de saloon, un naturaliste original, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de loi…
Et, tandis que s’écrivent à distance les mythes fondateurs de l’Amérique, il devient un héros malgré lui. Peu à peu, sa légende grandit. Håkan n’a plus d’autre choix que de se réfugier loin des hommes, au cœur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres.

Auteur d’un essai sur Borges, Hernan Diaz est aujourd’hui directeur adjoint de l’Institut hispanique de la Columbia University. Finaliste du Prix Pulitzer et du Pen/Faulkner Award, Au loin est son premier roman.

Parution le 5 septembre 2018 / 334 pages / 21.50€

Des mirages plein les poches. Gilles Marchand

Il y avait l’inaccessible étoile, il y a aujourd’hui la quête vers l’inaccessible rêve selon Gilles Marchand. Alors lisez, rêvez, et vous aurez Des mirages plein les poches … Un recueil de nouvelles à découvrir d’urgence !

Domi_C_Lire_des_mirages_plein_les_poches_gilles_marchand_aux_forges_de_vulcain_Si la nouvelle est déjà un genre littéraire que j’affectionne, Gilles Marchand lui apporte ce brin de folie et de nostalgie, de douceur et de tendresse qui ne pouvait que me le faire apprécier encore d’avantage !

Bravo, mille fois bravo, de nous avoir embarqués au bout d’un fil qui se détricote et se retricote ; d’une soirée de noël en tous points semblable aux plus grands films, enfin, plutôt totalement dissemblable ; dans la tête d’un homme qui accumule les objets laissés par tous au bord du chemin ; dans celle de ces portions de truite, ou de demi-truite c’est selon ; dans la tête de ces enfants qui cherchent le vrai, le seul super-héros auquel s’identifier ; de ces rangements qui indiscutablement placent les Beach-Boys à côté des Beatles ; mais aussi dans le comment être bon en foot avec les bonnes chaussures, et comment être doué pour faire l’amour avec… Ah mais là je vous laisse découvrir la suite par vous-même !

Lisez Des mirages plein les poches pour savoir, comprendre, sourire, aimer, rire aux éclats ou avoir la larme à l’œil, devant tant de nostalgie déjantée, d’humour magique, de bonheur simple, d’humanité du quotidien, de fantaisie bouleversante comme sait si bien les écrire et les faire passer Gilles Marchand.

Ce recueil rassemble une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017, d’abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, et enfin rassemblées ici grâce à David Meulmans, éditeur des Forges de Vulcain. On y retrouve une belle unité malgré le temps qui est passé entre l’écriture des différents textes. Et surtout elles ont un point commun, le désenchantement et les rêves inaccessibles, qu’il nous parle de paternité, d’aventure, de football, d’un marin au long court ou d’amour, chacun de ses héros s’accroche à son rêve jusqu’au bout.

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Retrouvez mon avis sur le premier roman de Gilles Marchand Une bouche sans personne.

Lecture par Gilles Marchand lors du lancement à la librairie L’attrape Cœur

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit « Dans l’attente d’une réponse favorable » (24 lettres de motivation) et coécrit « Le Roman de Bolaño » avec Eric Bonnargent. « Une bouche sans personne » est son premier roman.


Catalogue éditeur : Aux Forges De Vulcain

Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d’un bateau qui coule, la phobie d’un père pour les manèges, un matelas pneumatique… On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine.

EAN 9782373050448 / Paru le 19 Octobre 2018