Hommage à Jaune Quick-to-See Smith
Un essai qui nous parle des indiens d’Amérique, qu’on les appelle native american, premières nations, ou autochtones, de ces peuples quasiment éradiqués par les colons blanc européens venus conquérir leurs terres.
Le texte est aussi un rappel de notre façon d’appréhender ces indiens pendant des décennies.
Exhibés sur le vieux continent comme des bêtes curieuses à la cour des rois et des princes, ou dans des foires, expositions, musées.
Racontés dans les livres- « de la démocratie en Amérique » « le dernier des Mohicans »- décrits dans des films comme des sauvages qu’il est bon de chasser de leurs terres puisqu’ils ne savent pas les faire prospérer.
Parqués dans des réserves sans avoir accès à leurs traditions, leur langue, leurs terres sacrées.
Exhibés à Paris, Osages, Iowas, Okibwés, Omahas, et sans doute d’autres, séjournent dans divers lieux, jardin d’acclimatation, dans un appartement, dans une galerie du Louvre où chacun peut venir les voir.
Car pour être là, eux qui étaient pourtant alors éduqués devaient vivre dans leurs habits traditionnels et jouer aux indiens sauvages tel que l’on se plaisait à les imaginer.
Un texte écrit avec beaucoup d’intelligence, d’humanité, de précision qui m’a beaucoup plus.
J’y ai retrouvé de nombreux noms des États, villes, rues américains et leur signification dans les langues des différentes tribus.
Par exemple Seneca, une rue que je connais bien…(Ceux qui me connaissent savent pourquoi !)
Les Senecas, « peuple de la grande montagne » en Seneca, appartiennent à la nation iroquoise, qui avait baptisé cette partie du territoire américain Ohio.
Ohio, qui signifie « grand torrent » en Seneca
Un livre qui mérite d’être lu et relu, tant il y contient d’informations intéressantes.
Catalogue éditeur : Arléa
Dans un musée de l’Arizona, Martine Reid s’immobilise devant un siège de coiffeur couvert de cheveux d’enfants indiens, victimes d’enlèvements massifs dans les réserves. Une violence parmi d’autres sous prétexte d’éducation.
Que savons-nous de ceux que l’on appelle sans distinction « les Indiens », et à quelle fable de plumes et de tipis racontée par leurs oppresseurs continuons-nous de croire ?
Voir rouge, c’est l’histoire d’une colère partagée. Celle de Jaune Quick-to-See Smith (1940-2025), artiste amérindienne engagée dans un travail exceptionnel de mémoire et de reconnaissance, et celle de l’autrice qui lui rend ici un bel hommage.
Martine Reid est spécialiste de littérature française du XIXe siècle et de la place des femmes en littérature. Elle a publié Être Cary Grant, chez Gallimard en 2021.
Illustré de reproductions de Jaune Quick-to-See Smith
Dans l’excellente collection : La rencontre parution septembre 2025 / 176 pages / 22 € / ISBN : 9782363084170









