Signac, les harmonies colorées

Paul Signac (1863 – 1935) maître du paysage et théoricien du néo-impressionnisme.

J’ai eu le plaisir de visiter cette belle exposition au Musée Jacquemart-André et de mieux connaître l’œuvre et les évolutions du style de Paul Signac (1863 – 1935).

En parallèle aux 25 toiles de l’artiste, avec par exemple Avant du Tub (1888), Saint-Briac. Les Balises (1890), Saint-Tropez. Après l’orage (1895), Avignon. Matin (1909) ou Juan-les-Pins, Soir (1914) et ses superbes aquarelles, l’exposition proposait aussi des œuvres de ses contemporains, Georges Seurat, Camille Pissarro, Maximilen Luce, Théo Van Rysselberghe, Henri-Edmond Cross, Louis Hayet, Achille Laugé, Georges Lacombe et Georges Lemmen.

Le visiteur pouvait suivre un parcours chronologique qui lui permettait de retrouver les premiers tableaux impressionnistes de Signac et l’influence évidente de Claude Monet, puis la rencontre avec Georges Seurat en 1884 et son changement de style, enfin ses œuvres très colorées du XXe siècle.

À travers la vie et l’œuvre de Signac on comprend mieux son travail de libération de la couleur, et l’histoire du néo-impressionnisme.

L’heure bleue, Peder Severin Krøyer musée Marmottan Monet

Profiter des plus de soixante chefs-d’œuvre de cette première exposition monographique consacrée à l’un des plus grands maîtres de la peinture danoise Peder Severin Krøyer (1851-1909). Ce successeur de Købke et prédécesseur d’Hammershøi tient une place majeure dans l’art de son temps. Ce peintre prolifique et excellent dessinateur est aussi un photographe au regard humaniste et bienveillant.

S’il est un contemporain de Vilhelm Hammershøi (1864-1916) dont je vous avais parlé ici Hammershøi, le maître de la peinture danoise, musée Jacquemart André, Peder Severin Krøyer est au plein air ce que Hammershøi fut à la scène d’intérieur. C’est aussi un extraordinaire interprète de l’heure bleue, ce phénomène météorologique qui précède le crépuscule et se déploie surtout aux lointains bords de mer septentrionaux. Formé à l’Académie des Beaux-arts de Copenhague et à l’atelier de Léon Bonnat, à Paris, on peut le qualifier plus certainement de peintre naturaliste qu’impressionniste.

De nombreuses œuvres dont j’ai apprécié la beauté, les couleurs, les paysages, mais aussi les thèmes, avec ces scènes de pêcheurs, réunions de famille, portraits ou rencontres avec les amis, donnent une image chaleureuse et réaliste de son époque.

Le double portrait de son épouse Marie et de leur amie, l’artiste Anna Ancher, seules, cheminant, entre mer et plage, sur une étroite bande de sable qui traverse la toile pour s’élever très haut dans l’horizon clôt le parcours. Intitulé Soirée calme sur la plage de Skagen, Sønderstrand (Anna Ancher et Marie Krøyer marchant) (1893, Skagen, Skagens Kunsmuseer) ce chef-d’œuvre est incontestablement la toile la plus illustre de Peder Severin Krøyer et sans doute la plus poétique.

Une très belle exposition à savourer grâce à la jauge réduite dans le respect des mesures sanitaires. Exposition placée sous le haut patronage de la Reine Margrethe II du Danemark.

 : musée Marmottan Monet 2, Rue Louis Boilly Paris
Quand : jusqu’au 26 septembre 2021

Gabrielle Chanel. Manifeste de Mode, Palais Galliera

Dans les magnifiques espaces du Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, c’est un bonheur de voir la grande rétrospective de cette couturière hors normes qu’a été Gabrielle Chanel (1883-1971).

Sur près de 1 500 m2 et plus de 350 pièces, Gabrielle Chanel. Manifeste de mode nous invite à découvrir ou redécouvrir ce qui a fait l’univers de la créatrice et du style Chanel à l’allure chic.

Organisée de façon chronologique pour permettre aux visiteurs de mieux suivre l’évolution de ces créations emblématiques dont nous avons tous entendu parler. Depuis sa fameuse marinière en jersey de 1916, on passe ensuite par ses petites robes noires et ses modèles sport des Années folles pour arriver jusqu’aux somptueuses robes sophistiquées des années 30.

Sans oublier bien sûr son parfum emblématique lui aussi, le N°5 créé en 1921, quintessence de l’esprit de « Coco » Chanel. On pourra d’ailleurs lire également à ce propos le roman Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour, de Michelle Marly.

Quelques pièces de joaillerie et de bijoux fantaisie clôturent en beauté l’exposition.

J’ai particulièrement apprécié de regarder à loisir les détails, plis, fronces, coutures, tissus utilisés, plumes, soies, dentelles, broderies, perles ton sur ton, en admirer à la fois la simplicité apparente et la sophistication et voir le superbe rendu et l’allure finale.

Les pièces proposées sont issues des collections de Galliera, du Patrimoine de CHANEL, de musées internationaux (le Victoria & Albert Museum de Londres, le De Young Museum de San Francisco, le Museo de la Moda de Santiago du Chili, le MoMu d’Anvers…) et de collections particulières, comme les tailleurs de Grâce de Monaco par exemple.


Où :
Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris
10, Avenue Pierre Ier de Serbie 75116 Paris
Quand : jusqu’au 18.07.2021
Réservation obligatoire sur www.billetterie-parismusees.paris.fr

Nu avec Picasso, Enki Bilal

Passer une nuit avec Picasso, chacun en rêve, Enki Bilal l’a fait

C’est Nu avec Picasso qu’il a parcouru les salles de ce musée parisien qui rend un bel hommage à l’un des peintres les plus prolixes et novateurs de son temps. Un étonnant voyage intérieur dans les œuvres, l’imaginaire et les pensées de deux artistes.

A peine est-il entré qu’une main invisible propulse Enki Bilal dans les murs du musée Picasso, le jette sur le lit de camp dressé à son attention pour qu’il puisse se reposer pendant cette longue nuit aussi unique qu’artistique. Entouré des œuvres, dessins, sculptures du maitre, il rencontre la femme (au vase) de bronze. Elle lui parle et le pousse à entendre ses propres pulsations, son moi intérieur, ses pensées, pour entrer en communion avec Picasso. D’autres avant lui sont passés ici, Kamel Daoud, Lydie Salvayre, Adel Abdessemed et Christophe Ono-Dit-Biot ou encore Santiago Amigorena. Mais aucun n’aura vécu la même histoire, aucun n’aura senti les mêmes forces créatrices, car l’esprit du maître présent dans ses œuvres parle différemment à chacun d’entre nous.

Guernica a quitté le Museum of Modern Art (Moma) de New York le 10 septembre 1981, pour le Musée du Prado à Madrid, conformément à la volonté du peintre qui était mort huit ans plus tôt. Picasso voulait que son chef-d’œuvre rejoigne son pays natal uniquement lorsque l’Espagne serait devenue une démocratie. L’œuvre emblématique de Picasso ne quittera plus jamais le musée Reina Sofia à Madrid où elle est exposée aujourd’hui. Pourtant, cette nuit se passe pendant l’exposition Guernica du musée parisien. Enki Bilal l’évoque longuement. Ses portraits esquissés des collègues d’Hitler comme il les nomme, sont un émouvant rappel de cette période bien sombre de notre Histoire. Même en étant loin de son pays, Picasso a tenté de s’opposer à la dictature et à la guerre par le symbole, le trait, la force de ses toiles.

Tout au long de cette nuit, de Dora Maar à Goya son idole, ceux que Picasso a aimés viennent à la rencontre d’Enki Bilal, ainsi que ses œuvres ou leur évocation avec Guernica, La femme qui pleure, la femme au vase de bronze et l’assassinat de Marat par Charlotte Corday.

J’aurai tant aimé faire cette même déambulation à travers les salles, explorer les œuvres et surtout assister à la rencontre de ces deux artistes. Un plus bien agréable, les nombreux dessins d’Enki Bilal qui ponctuent les étapes de sa nuit au musée Picasso.

J’aime beaucoup cette collection Une nuit au musée proposée par Alina Gurdiel et Stock. Si vous la découvrez et si vous cherchez à en lire d’autres, n’hésitez pas à prendre Une leçon de ténèbres avec Léonor de Recondo.

Catalogue éditeur : Stock

Quelle est cette main inconnue et surpuissante qui attrape Enki Bilal au beau milieu de la nuit et le projette sur un lit de camp ?
Quel est ce lieu mystérieux et hanté dans lequel il a atterri ?
Qui sont ces créatures, minotaure, cheval ou humains déformés, que l’artiste rencontre en essayant de trouver son chemin dans ce labyrinthe sombre et inquiétant ?
Que lui veulent-elles ? Et dans quel état sortira-t-il de cette incroyable nuit ?

Dans une déambulation hallucinée, Enki Bilal croise tant les personnages de Picasso, ses muses, ses modèles, que le grand maître lui-même et Goya, son idole. Son errance dans les couloirs du Musée Picasso prend la forme d’une rêverie éveillée qui nous fait toucher du doigt l’œuvre du peintre espagnol d’une façon sensorielle et envoûtante, pour aboutir en épiphanie à la présentation de Guernica, la grande toile du maître.

Né à Belgrade en ex-Yougoslavie, Enki Bilal est l’auteur de nombreux albums de bande dessinée et de livres mêlant l’écrit et l’illustration, traduits dans plusieurs pays. Parmi ses plus célèbres titres, on peut citer : Les Phalanges de l’Ordre Noir et Partie de chasse (avec Pierre Christin), Le Sommeil du Monstre, et tout récemment, la série Bug. Peintre très coté, il expose à Paris et à travers le monde. 
Enki Bilal est également auteur-réalisateur de trois films de cinéma, scénographe (le ballet Roméo et Juliette, Preljocaj-Prokofiev), et fait des incursions dans le théâtre et l’opéra.

Parution : 10/06/2020 / 104 pages / EAN : 9782234086258 / Prix : 16.00 €

Le musée de la libération de Paris

Le musée de la libération de Paris mais aussi Le musée Jean Moulin et Le musée du général Leclerc

Rassemblés en un seul lieu, avenue du colonel Henri Rol-Tanguy, place Denfert-Rochereau dans ce nouveau musée qui a ouvert ses portes le 25 août 2019, lors du 75e anniversaire de la libération de Paris.

Le musée est situé dans l’un des pavillons de l’architecte Claude-Nicolas Le Doux, qui servaient de barrière à l’une des portes d’entrée de Paris : porte d’Enfer.

Le visiteur peut suivre le parcours hors du commun de jean Moulin et du général Leclerc, deux hommes, deux héros de la seconde guerre mondiale, et comprendre leur engagement dans ce monde en guerre.

Le parcours chronologique proposé aux visiteurs permet d’envisager tour à tour les notions de résistance, combats, répression, puis la liberté retrouvée.

De très nombreux documents écrits, sonores, films d’époque ou entretiens avec les protagonistes de cet épisode de la seconde guerre mondiale permettent de mieux appréhender l’histoire et de découvrir les hommes qui l’ont faite, souvent en donnant leurs vies. Des objets du quotidien, des noms et des photos permettent de donner vie aux hommes et aux femmes jusque-là anonymes.

On peut également descendre quelques 100 marches pour découvrir le poste de commandement du colonel Rol-Tanguy utilisé dès le 20 août 1944.

Une visite très intéressante, il y a beaucoup à lire, regarder, écouter, grâce à de nombreux documents que l’on découvre parfois pour la première fois, ou parfois qui sont simplement mis en situation et cela permet de se faire une meilleure idée de ce qu’il se passait à Paris, en particulier pendant ces journées décisives de la libération, mais pas seulement puisqu’elles sont inscrites dans l’Histoire plus large de la seconde guerre mondiale et de la libération de la France.

Quoi : Le musée de la libération de Paris, Jean Moulin, général Leclerc, renseignements ici
Quand : Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
 : 4 Avenue du colonel Henri Rol-Tanguy, 75014 Paris (Place Denfert-Rochereau)

Que faire à Compiègne ? visiter le musée franco-américain de Blérancourt

Le musée franco-américain du château de Blérancourt célèbre l’aide française lors de l’indépendance américaine et l’aide américaine pendant 14 /18, autour de 3 thèmes : les idéaux, les épreuves et les arts.

Un peu d’histoire :
Le château de Blérancourt a été initialement construit entre 1612 et 1619 par l’architecte français Salomon de Brosse. Mais à la Révolution française, le bâtiment principal disparait complètement.

En juillet 1917, le château devient le quartier général d’une organisation humanitaire, le Comité Américain pour les Régions Dévastées (CARD) composée de femmes américaines.  L’organisation, dirigée par Anne Tracy Morgan (1873-1952) la fille du banquier John Pierpont Morgan, vient en aide aux populations civiles de l’Aisne très éprouvées par les années de guerre. Les volontaires sillonnent la région en voitures et portent secours aux villages isolés.

En mars 1918, les violents combats de la contre-offensive allemande les obligent à quitter la région, elles y reviennent en février 1919. Le château est en ruine, elles le rachètent pour le restaurer et y installer leur base. Car l’association contribue à la reconstruction de la région nord jusqu’en 1923 en créant des services sanitaires, des écoles, et même des bibliothèques. Il devient ensuite un musée.

Depuis, et surtout en 1989, le musée connaît une rénovation majeure, l’extension est confiée aux architectes Yves Lion et Alan Lewitt. Le nouveau bâtiment s’intègre aux constructions. Les matériaux, marbre et sycomore américain donnent une atmosphère apaisante aux volumes éclairés par la lumière naturelle.

Que trouve-t-on dans les deux pavillons ? (que je n’ai pas eu le plaisir de visiter !)

Pavillon Sud, la bibliothèque du musée de Blérancourt constitue un fond unique six mille volumes sur les relations franco-américaines. Accès gratuit à la bibliothèque, à la documentation et aux archives sur demande écrite adressée au conservateur en charge du musée franco-américain du château de Blérancourt.

Pavillon Nord ou Anne Morgan : C’est dans ce pavillon construit au XVIIème siècle qu’Anne Morgan s’installe en 1917.

Une visite intéressante qui, grâce à ces œuvres et à une pédagogie particulièrement bien mise en valeur, fait du bien et remet à leur vraie place les relations entre les deux pays. C’est très agréable de découvrir ce musée dédié à la coopération entre la France et les États-Unis bien sûr, mais aussi à l’union de philosophie qui a pu exister et ce depuis l’Indépendance des USA et bien avant notre Révolution française, et souhaitons-le qui existera encore dans le futur, dans ce lieu si bien rénové à la fois intemporel et moderne.

Quoi : musée franco-américain de Blérancourt infos pratiques ici
 : Château de Blérancourt 02300 Blérancourt

Que faire à Roubaix ? Visiter La Piscine

Visiter La Piscine, plonger dans ce lieu Art Déco emblématique pour y découvrir les œuvres exposées dans ce musée fascinant et totalement hors du temps

La Piscine, ou  Musée d’art et d’industrie André Diligent, a ouvert ses portes en octobre 2001. Elle est implantée sur le site d’une ancienne piscine Art Déco bâtie entre 1927 et 1932 selon les plans de l’architecte lillois Albert Baert (1863-1951).

Aujourd’hui inscrite au patrimoine du XXe siècle, cette piscine offrait à l’époque un service sportif et hygiénique de grande qualité, doté d’un fonctionnement social innovant qui présentait l’image d’une équipe municipale issue du monde ouvrier et capable de promouvoir des projets d’exception et de prestige.

La piscine ferme en 1985 en raison de la fragilité de sa voûte. Le projet d’en faire un musée est étudié puis confirmé en 1992. C’est l’architecte Jean-Paul Philippon qui va faire renaitre les lieux. Les travaux débutent en janvier 1998 et s’achèvent à l’automne 2001. Le monument est alors prêt à commencer sa nouvelle vie pour le plus grand bonheur des visiteurs.

On accède à la piscine depuis l’avenue Jean Lebas, via ce long mur de briques qui est l’ancienne façade de l’usine de textile Hannart qui se trouvait là.

Le bassin est un espace où subsiste encore un grand miroir d’eau. Il se laisse deviner peu à peu, à mesure que l’on parcourt les salles adjacentes, et lorsqu’on y entre, c’est absolument magique. On retrouve même la mosaïque à décor marin sur les bords du bassin, avec le lion d’un côté, à l’autre bout a été placé le grand portique en grès coloré de Sandier. Il est à noter que la lame d’eau de quarante mètres de long peut être recouverte par un plancher pour  y organiser des réceptions, expositions, etc.

L’endroit est sublime, la verrière colorée qui représente le soleil et que l’on voit de chaque côté donne un aspect irréel à l’ensemble, quelle que soit la lumière qu’elle diffuse.

Dans le musée lui-même et autour du bassin, les cabines de douche au rez-de-chaussée et de déshabillage à l’étage sont transformées en vitrines et en cabinets de consultation. Conservant ainsi à l’ensemble sa belle unité Art Déco. On peut y admirer de somptueux vases de Sèvres, mais aussi de céramiques de Picasso ou même originaires de la région Nord de France. Enfin, dans les ailes elles aussi réhabilités, on peut voir de nombreuses sculptures, peintures, etc.

Une visite passionnante, de belles œuvres et un décor sublime, voilà de quoi passer un excellent moment.

Toutes les informations sont à retrouver sur le site de La Piscine

Quoi : La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent
 : 23, rue de l’Espérance 59100 Roubaix

Une leçon de ténèbres, Léonor de Recondo

Dans  « Une leçon de ténèbres » Léonor de Recondo nous entraine pour une nuit magique dans le musée de Tolède consacré au peintre Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco

Quel rapport  entre un peintre né en 1521 et Léonor de Recondo ?
Quel rapport entre Tolède et Paris ?
Entre la peinture et le violon ?

Tout simplement une rencontre magique…
Comme le dernier livre de Léonor de Recondo
Comme passer une nuit seule dans un musée
Comme le bonheur de découvrir  Tolède au mois de juin sous une chaleur caniculaire, entrer dans la maison musée du peintre El Greco, rencontrer puis oublier les gardiens du musée, le lit de camps sur lequel on va peut-être dormir, et aller à la rencontre du maitre et contempler ses œuvres seule, sans la foule des touristes, sans les amoureux du peintre et tous ceux qui viennent pour le découvrir sans le connaitre
Comme le bonheur d’avoir toute une nuit pour aller à sa rencontre.

Dans  Une leçon de ténèbres Léonor de Recondo nous fait passer une nuit magique dans le musée de Tolède où se trouvent les œuvres de Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco.

Celle qui connait bien ses œuvres si singulières dans leurs formes, leurs thèmes, leurs couleurs, et cette façon qu’à l’artiste de restituer sur la toiles des personnages presque irréels mais qui procurent tant de bonheur à ceux qui les découvrent, part à la rencontre du maitre qu’elle admire. Des années après la visite faite avec ses parents, elle revient seule dans ce musée et son but est d’entrer en communion avec El Greco, que les deux artistes se retrouvent là, par-delà le temps, par-delà les siècles. Le peintre que les visiteurs ont pu admirer lors de l’exposition proposée cet hiver par Le Grand Palais devient le partenaire d’une nuit de passion amoureuse, la passion de l’art et de la beauté, de l’absolu vers lequel tendent tous les artistes à travers les âges.

Alternent tout au long du roman les souvenirs personnels de l’auteur et la vie du peintre, non pas comme une biographie, mais bien comme une rencontre. De ces rencontres que l’on fait à travers le  temps avec ceux que l’on aime, ceux à qui ont voue une admiration inconditionnelle.

Merci Léonor de Recondo de nous enchanter avec ces mots, ces images, cette poésie et cette si belle humanité que l’on ressent au fil de pages, de roman en roman.
Une belle idée cette collection « une nuit au musée » dirigée par Alina Gurdiel

Retrouvez également l’article sur l’exposition El Greco au Grand Palais

Du même auteur, lire également Manisfesto et Amours

Catalogue éditeur : Stock

Leçon de Ténèbres : « Genre musical français du XVIIe qui accompagne les offices des ténèbres pour voix et basse continue. Se jouait donc la nuit à l’Église, les jeudi, vendredi et samedi saints. »

Le Musée Greco à Tolède n’est certes pas une Église, et Léonor de Recondo, quoique violoniste, n’y va pas pour jouer, dans cette nuit affolante de chaleur, de désir rentré, de beauté fulgurante, mais pour rencontrer, enfin, le peintre qu’elle admire, Dominikos Theotokopoulos, dit le Greco, l’un des artistes les plus originaux du XVIe siècle, le fondateur de l’école Espagnole.
Oui, Léonor doit le rencontrer et passer une nuit entière avec lui, dans ce musée surchauffée et ombreux, qui fut sa maison. Le Greco doit quitter sa Candie, natale, en Crète et traverser Venise, Rome et Madrid, où il fut de ces peintres-errants, au service de l’Église et des puissants du temps. Mais Le Greco est mort en 1614 à Tolède. Viendra-t-il au rendez-vous ?

Prix : 18 € / 200 pages ; 18,5 x 12,2 cm / ISBN 978-2-234-08883-2 / Parution 08/01/2020

Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image, La Conciergerie

Hommage, culte, figure historique, célébrité d’une personnalité hors du commun, Marie-Antoinette s’expose à la Conciergerie

Retour sur cette figure emblématique de la France qui a suscité tant de sentiments divers et de passions, allant de l’amour à la haine, et vice versa. C’est aussi le personnage historique le plus représenté par les artistes, que ce soit de son vivant, après sa mort le 16 octobre 1793, ou par nos contemporains. Une femme libre, qui souhaitait le bonheur dans sa vie de famille, ce qui était totalement contraire à son statut de Reine, et qui par sa singularité et sa condition, s’est attirée bien des inimitiés.

Ici, dans la magnifique grande salle de la Conciergerie, plus de 200 œuvres passent en revue l’icône absolue. A travers affiches, lettres, objets lui ayant appartenu ou pas, qu’importe d’ailleurs, robes somptueuses, coiffures extravagantes, portraits réels ou imaginaires, se dessine à chaque fois une femme différente.

Son séjour à la conciergerie. Là, objets, lettres de la main de la Reine, documents d’archive, tableaux, retracent ces dix semaines passées là avant son exécution. On ne manquera pas d’aller voir après l’exposition sa cellule transformée en chapelle expiatoire.

Tous les livres, histoires, romans, biographies qui lui sont consacrés à travers les années. Son parcours est retracé de 1788 à aujourd’hui.

L’image qu’elle véhicule à travers le temps. D’abord adulée puis honnie, enfin retournée en grâce auprès de tant d’artistes de son temps ou du nôtre qu’elle a inspiré. Peintures, caricatures, gravures, films, mode, tout est là et c’est foisonnant.

Il y a aussi une sorte de fétichisme autour de la Reine, ses cheveux, son corps, sa tête coupée, représentés à l’infini. Quoi qu’elle fasse ou dise, elle ne laisse pas indifférent. 

L’image de la Reine aujourd’hui, bien présente dans l’imaginaire populaire, via des mangas, des films encore, la mode et les poupées par exemple. Si la Barbie exposée dans les premières salles était destinée à des collectionneurs, les propositions faites pour des fillettes en mal de représentation féminine sont foison, et accessibles à tous, comme le montrent les différents produits dérivés présentés en fin d’exposition.

Où : à la Conciergerie, 2, boulevard du Palais, 75001 Paris
Quand : jusqu’au 26 janvier 2020, Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h
Nocturnes le mercredi soir jusqu’à 20h30, dernier accès 1 heure avant la fermeture

Le Greco, Grand Palais

Rétrospective chronologique d’un artiste singulier «  dernier grand maître de la Renaissance, premier grand peintre du Siècle d’Or »

Mystique ? Fou ? Tout a été dit sur son œuvre et sur cet artiste atypique. Né en 1541 en Crète, Domenico Theotokopoulos, dit Le Greco, fait son premier apprentissage dans la tradition byzantine.  Inspiré depuis toujours par l’Italie de la renaissance, il va parfaire sa formation à Venise en 1567.

Lorsqu’il s’installe à Rome en 1570, il découvre les grands artistes de l’époque. Il rencontre Le Titien, et les œuvres Michel-Ange mort depuis quelques années. Il emprunte les compostions du Tintoret, le clair-obscur de Bassano, ou les couleurs du Titien, et à son tour passe maitre dans l’art du portrait.

N’arrivant pas à trouver sa place, il quitte l’Italie en 1577 pour Madrid puis Tolède. Là, il reçoit de nombreuses commandes, y compris pour l’Escorial du roi Philippe II. Cherchant à se singulariser, il va proposer d’autres modèles, couleurs, formes, et ainsi créer puis imposer son propre style.

Certains personnages semblent avoir sa faveur, les Saints, la Pietà, Marie-Madeleine ou encore Jésus chassant les marchands du temple. Il les représente souvent méditatifs, visages penchés, comme repentants, aux yeux larmoyants, aux mains fuselées, aux doigts infiniment longs, ou au contraire auréolés de gloire. Il pose sur ses toiles des détails anachroniques, mais aussi parfois les portraits de ses maitres.

Compositions aux personnages rassemblés, ou au contraire démesurément allongées, bras levés vers le ciel, personnages étirés nimbés de couleurs vives sur fond sombres… Tout au long de sa carrière, il aura également peint à de multiples reprises la même toile à laquelle il apporte quelques modifications mineures. Idée reprise dans les séries par Monet ou Warhol ?… Le Greco meurt en 1614 à Tolède, à l’âge de soixante-treize ans.

L’exposition du Grand Palais propose 75 œuvres de divers formats, très peu de dessins, mais il faut dire que très peu sont parvenus jusqu’à nous.

Quand : jusqu’au 10 février
Où : Grand Palais 3 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris