Je n’ai pas trahi, Frédéric Couderc

Quand le passé et le présent entrent en collision, est-ce pour le pire ou pour le meilleur ? Pourquoi il faut lire « Je n’ai pas trahi », premier roman jeunesse de Frédéric Courderc.

L’intrigue alterne entre la seconde guerre mondiale, essentiellement de 1942 à 1948, et les années 1980. On y fait la connaissance du jeune Salomon et de sa sœur Francette, puis de Luna et Mattéo, camarades de classe au collège.

Luna et sa mère viennent de s’installer près d’Ajaccio, les parents se sont séparés. Luna a du mal à s’intégrer à sa nouvelle classe. Mattéo, un solitaire atypique est lui aussi à l’écart des autres, mais l’arrivée de Luna vient le chambouler.

Pendant qu’elle fait des recherches en vue d’un exposé sur la situation des juifs en Corse pendant la guerre, Luna fait une découverte stupéfiante qui, si elle est avérée, pourrait perturber la cohésion de sa famille. Quant à Mattéo, un incident qui l’implique juste devant son lycée lui fait croiser la route de Salomon. Même s’il est aujourd’hui âgé, celui-ci sait se faire respecter y compris par de gros bras. Alors qu’ils se promènent, Luna et Mattéo sont témoins d’un assassinat …situation pour le moins inextricable, en Corse comme ailleurs. Mattéo se voit contraint de demander l’aide de Salomon…

Confrontés à la violence des hommes, ils vont apprendre la solidarité et l’amitié. Et découvrir les événements et la mémoire souvent effacée de l’histoire de leur pays et de la Corse en particulier. Évènements heureux, actes d’héroïsme, mais aussi lâcheté, violence, collaboration avec l’occupation de la Corse par les troupes de Mussolini et le sort méconnu des Juifs de Corse.

Comme pour ses précédents romans qui se situaient alternativement à Cuba et en Argentine, Frédéric Couderc connait les lieux dont il parle et l’atmosphère qui s’en dégage. Cela se sent et c’est peut-être pour cela que ses romans sont aussi réussis. Même s’il confronte le passé et un présent pas tout à fait immédiat, le roman est très actuel dans son approche de la jeunesse et de son langage. L’auteur s’est également imprégné de la vie, des histoires familiales et des événements historiques du passé Corse pour planter son intrigue. En particulier, la place souvent méconnue des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Si l’Histoire est sombre, l’amitié entre les deux adolescents est riche d’espoir. Un beau moment de lecture.

Retrouvez mes billets sur les deux précédents romans de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuitet Le Jour se lève et ce n’est pas le tien, ainsi que mon interview de l’auteur à retrouver  ici : A la rencontre de Frédéric Couderc.

Catalogue éditeur : PKJ Pocket Jeunesse

Luna, seize ans, vient d’emménager à Ajaccio où sa mère a décidé de refaire sa vie. Seule comme jamais, elle se plonge dans les études et décide de préparer le Concours national de la résistance. En remontant le fil de l’Histoire, elle découvre le sort méconnu des Juifs de Corse. Ce qui n’était pour elle qu’un devoir de classe lui permet, contre toute attente, de lever un lourd secret familial. Son destin de lycéenne d’aujourd’hui se mêle à celui de Salomon, jeune résistant d’hier, au gré d’une vendetta sans limites et sans âge.

Frédéric Couderc est l’auteur de plusieurs romans. Enquêteur littéraire, il aime ancrer ses fictions dans un contexte historique et place ses intrigues dans des pays meurtris tels que le Cap, où il a longtemps vécu, mais aussi La Havane et, plus récemment, l’Argentine avec son roman Aucune pierre ne brise la nuit (2018), chez Héloïse d’Ormesson. Son cinquième roman, Un été blanc et noir (2013), a reçu le Prix de littérature populaire. En parallèle de ses activités de romancier, il enseigne l’écriture auprès de différents publics, dont des jeunes en difficulté au Labo des Histoires. Je n’ai pas trahi est son premier roman jeunesse.

EAN : 9782266287975 / Nombre de pages : 320 / Format : 140 x 225 mm / Prix : 17,90€

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Les âmes silencieuses, Mélanie Guyard

Aborder le thème de la seconde guerre mondiale avec une fille-mère tondue à la libération, pari osé mais pari tenu par Mélanie Guyard dans « Les âmes silencieuses ».

De nos jours, Loïc est un trentenaire paumé, cynique, blasé, chômeur et futur divorcé. Le coup de poing dont il a gratifié son rival lui vaut quelques séances fastidieuses chez un psy plus ennuyeux que compatissant. Aussi, lorsque sa mère lui demande de partir dans le Berry vider la maison familiale, Loïc n’a plus rien à perdre et descend se réfugier dans le travail et les souvenirs d’une famille qu’il ne connait quasiment pas.

A peine arrivé, les piliers de bar du village lui jettent à la figure des mots qui ont de mauvais relents de seconde guerre mondiale, de ces qu’en dira-t-on qui ont poursuivi sa grand-mère toute sa vie. Rapidement, alors que les tensions s’apaisent, les secrets se dévoilent.  De 1942 à 1944, dans le village occupé, Héloïse a fauté, accompagnant chaque jour un bel officier allemand dans les bois. Puis Héloïse a mis au monde Anaïs, la mère de Loïc. Tondue à la fin de la guerre, fille-mère à une époque où cela ne se faisait pas, Héloïse a pourtant toujours gardé ses secrets. La vérité sur cette relation, qui est le père, autant de mystères pour tous comme pour son petit-fils.

Lorsqu’il entreprend le déblayage du grenier, Loïc découvre un échange épistolaire entre Héloïse et un mystérieux J. Commence alors une enquête familiale à rebours, pour savoir et comprendre.  Il rencontre la gentille et douce Mathilde, qui fuit elle aussi ses propres tourments. Tous deux se lancent dans une enquête complexe -ça tombe bien, Mathilde est flic- pour déterrer les secrets enfouis dans les granges, les bois, les cœurs et les âmes de ce village hors du temps. D’interrogation en découverte, chacun évolue, mais surtout comprend d’où il vient, et comment il va pourvoir avancer dans cette vie qu’ils ont tant de mal, l’un comme l’autre,  à appréhender.

Dans un style fluide et résolument moderne, l’auteur nous transporte entre deux époques et fait émerger toutes sortes de sentiments qui guident ses personnages à travers des temps tourmentés, la guerre, l’amour, la séparation, le deuil. Chacun ressent à sa façon les épreuves à affronter, et le lecteur se laisser habilement mener, malgré quelque indices semés au fil des pages, vers un final bien plus contemporain qu’il n’y parait.

Lors de la rencontre avec l’auteur, j’ai eu plaisir à l’écouter parler de ses questionnements, puis de ses certitudes et de son plaisir à écrire ce premier roman destiné aux adultes.

💙💙💙

Catalogue éditeur : Seuil

1942. Héloïse Portevin a tout juste vingt ans lorsqu’un détachement allemand s’installe dans son village. Avides d’exploits, son frère et ses amis déclenchent un terrible conflit. Pour aider ceux qu’elle aime, Héloïse prend alors une décision aux lourdes conséquences…

2012. Loïc Portevin est envoyé par sa mère au fin fond du Berry pour y vider la maison familiale après le décès de sa grand-mère. Loïc tombe sur une importante correspondance entre cette dernière et un dénommé J. Commence pour lui une minutieuse enquête visant à retrouver l’auteur des lettres.

Entre secrets de famille et non-dits, Loïc et Héloïse font chacun face aux conséquences de leurs décisions, pour le meilleur… et pour le pire.

Mélanie Guyard est professeur de biologie en région parisienne. Elle a publié sous le pseudonyme d’Andoryss une dizaine de bandes dessinées (aux éditions Delcourt) et plusieurs romans jeunesse. Les Âmes silencieuses est son premier roman en littérature adulte.

Date de parution 02/05/2019 / 18.90 € TTC / 320 pages / EAN 9782021419030

Le quartier des petits secrets, Sophie Horvath

Un joli roman qui fleure bon le bonheur, l’amitié, la bienveillance et le souci du prochain. Une bluette me direz-vous ? Que nenni, allez, on fonce lire « Le quartier des petits secrets » de Sophie Horvath, bloggeuse et auteur de ce premier roman.

Sur une petite place paisible de Bordeaux, quelques commerçants observent les passants, mais aussi leurs clients, dans une ambiance sereine et amicale. Il y a là Clémentine la fleuriste, Nicole qui tient le troquet de la place, monsieur Bouquin, la boutique de livres rares.

Après avoir abandonné ses très sérieuses études juridiques, Clémentine est devenue fleuriste. Sa famille bourgeoise apprécie mal ce changement, mais elle s’épanouit pleinement à réaliser le bouquet idéal qu’elle destine à chacun de ses clients. Viviane, une gentille vieille dame qui s’échappe de sa maison de retraite, vient parfois dans sa boutique assouvir sa passion du jardinage. Mais depuis quelques jours, Clémentine ne la voit plus. Inquiète, elle part à sa recherche. Sa quête ne fait alors que commencer, imprévue, étonnante. Car de fil en aiguille – ou de fleur en fleur, c’est selon –  Clémentine se lance finalement à la recherche d’une fleur totalement inconnue des botanistes…

Merci Sophie de nous faire découvrir et aimer tous ces personnages attachants et très humains. Nicole et son fils Benjamin, Hector et sa pensionnaire Viviane,  Bouquin et ses livres rares, avec leurs interrogations, leurs doutes et leurs failles bien enfouies au plus profond d’eux, leurs attentes et leurs rêves secrets. Chacun à sa façon va mettre au service des autres cette part d’humanité qui fait le savoir bien vivre tous ensemble.

Alors, roman optimiste et positif ? Oui, sans doute, mais pas seulement, car la surprise n’est pas forcément celle que l’on attend. Le quartier des petits secrets nous montre aussi les travers et les chagrins des uns et des autres, dans ce microcosme aux personnalités diverses et complémentaires, comme en miroir de nos propres nos vies.

Sophie Horvath est l’auteure du blog C’est quoi ce bazar ? Elle signe ici un premier roman qui procure à ses lecteurs un bien agréable moment de lecture.

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Catalogue éditeur : Flammarion

Clémentine est fleuriste à Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le café sur la place et, ensemble, elles s’amusent à observer les habitudes de chacun. De cet homme qui commande exactement les mêmes bouquets chaque semaine. De ce… Lire la suite

Paru le 10/04/2019 / 208 pages – 136 x 210 mm / EAN : 9782756428796 / ISBN : 9782756428796

Né d’aucune femme, Franck Bouysse

Franck Bouysse nous plonge dans une atmosphère à la façon de Flaubert ou de Dickens. « Né d’aucune femme » est un roman choral, situé fin XIXe début XXe, dans une province qui pourrait être les Landes ou le sud-Ouest chers au cœur de l’auteur.

Gabriel, le curé du village, reçoit une étrange visite. Une inconnue l’informe qu’il va être appelé, par ceux du monastère où se réfugient les filles perdues, auprès d’une jeune morte. Dans les plis de la robe, il trouvera deux carnets, une vie, la vie de Rose…

Rapidement, avec Gabriel, le lecteur feuillette ces carnets et plonge directement dans l’horreur de la misère. Celle des filles qui naissent mais ne servent à rien, même si elles travaillent dur, bouche à nourrir, dot à payer, et elles partent servir dans la famille du mari quand on leur en trouve un…Mais ici, Onésime, le père, au plus profond de son désespoir car il n’arrive pas à subvenir correctement aux besoins de sa famille, a trouvé un moyen de se débarrasser de son ainée, la vendre au maitre de forge.

Elle part avec son père, ne le sait pas encore, mais sa vie d’avant est finie à jamais. Elle repart avec le maitre vers cette grande demeure inquiétante où règne la Vieille, mère et maitresse, mauvaise, hostile à cette jeune femme qu’elle dresse et veut assujettir à sa volonté. Là, Rose, devenue la petite, va vivre des moments de labeur et de douleur. Brimades, corrections, viol, rien ne sera épargné à celle qui désormais appartient au maitre corps et âme.

Le lecteur s’attache à ce personnage de jeune fille. L’auteur construit et fait évoluer autour d’elle les différents protagonistes, en particulier les acteurs de son malheur, avec une montée dans l’intrigue digne des grands romans noir. Pourtant, au plus douloureux de ce qu’elle va vivre, elle n’est cependant jamais totalement désespérée. Elle sait voir le beau. Flatter le col d’un cheval et vivre des instants de bonheur et de douceur à son contact, penser à un jeune homme dont le regard l’émeut sont autant d’instants qu’elle saura sublimer pour réussir à rester vivante dans sa tête.

L’auteur décrit ici le mal dans ce qu’il a de plus terrible, quand le plus fort montre à l’autre ses faiblesses, anéanti sa volonté, annihile sa personnalité. Et cependant, j’ai aimé le fait qu’il mette en scène une jeune femme qui sait verbaliser et écrire le désespoir. Rose réussit à s’extraire mentalement du malheur qu’est sa vie pour devenir une jeune femme solide, parfois même amoureuse, qui ressent des sentiments, des joies, dans cette maison où tout bonheur lui est pourtant refusé. Enfermée, alors qu’elle devrait devenir folle l’écriture va la sauver.

J’ai découvert Franck Bouysse avec ce roman et je ne compte pas en rester là. J’ai trouvé autant de beauté que de cruauté dans ce roman écrit avec une plume qui sait dire la complexité des sentiments et les mots qui émeuvent.

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Rencontre au salon Livre Paris

Catalogue éditeur : La Manufacture de livres

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
– Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandai-je.
– Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
– De quoi parlez-vous ?
– Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses œuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 rencontrent un large succès, remportent de nombreux prix littéraires et imposent Franck Bouysse sur la scène littéraire française. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

20,90 euros / 336 pages / Parution le 10/01/2019 / ISBN 978-2-35887-271-3

Summer. Monica Sabolo

Lire Summer et retrouver l’écriture magnétique et poétique de Monica Sabolo.

Où est-elle, la belle, la brillante, la solaire Summer qui a disparu un jour d’été lors d’un piquenique au bord du lac Léman ? Nul ne le sait, personne n’a retrouvé cette sublime Summer âgée alors de dix-neuf ans. Elle était admirée par tous, y compris par son frère. Vingt-cinq ans après, toujours submergé par la culpabilité et la douleur, Benjamin s’interroge encore…

Depuis cette disparition, Benjamin, qui n’avait que 13 ans à l’époque, cherche à comprendre. Mais de façon bien étrange puisqu’il est étonnamment statique, comme si sa propre vie s’était arrêtée ce jour-là… Il ne pose aucune question auprès de ses parents, de la police, ne fait aucune recherche réelle, mais vit des nuits de cauchemar peuplées de visions de Summer au fond du lac Léman, submergé d’angoisses qu’il essaie vainement de résoudre auprès d’un psy… Impossible de se réaliser, de connaître une vie normale, tant qu’il ne saura pas.

Le lecteur tente de le suivre dans ses errances, mais avouons-le on se lasse un peu de ces lenteurs, de cette immobilité affective. Car dans cette famille qui a tout pour connaitre le bonheur absolu, facile – le confort financier, la beauté, le luxe – un grand vide affectif se dévoile au fil des pages. Un manque de communication et des non-dits, des secrets enfouis au plus profond, attisent les angoisses du jeune homme.

Pourtant, une intrigue semble poindre, qui aurait pu en faire un excellent thriller ou roman noir, l’écriture est souvent poétique, les descriptions ont des airs d’opéra dans ces paysages brumeux de bord du lac. Elles donnent à cette histoire un attrait magnétique qui fait que l’on continue, que l’on ne referme pas ce roman avant d’aller jusqu’au bout, pour savoir.

Du même auteur, j’avais lu Crans Montana, avec cette même impression d’être ferrée par l’écriture, mais jamais par l’intrigue qui me laisse avec une sensation de manque…

💙💙💙

Un roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du prix des Lecteurs du Livre de Poche

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer Wassner, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?

Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

288 pages / Date de parution :  02/01/2019 / EAN : 9782253074168 / Editeur d’origine : JC Lattès

Magic Bab el-Oued. Sabrina Kassa

Dans Magic Bab el-Oued, l’héroïne de Sabrina Kassa s’interroge sur ses origines et évoque avec justesse des sujets de société qui touchent tout un pays, et courent sur plusieurs générations.

Anissa vit à Paris. Elle est étudiante et prépare un mémoire sur les chibani, son travail est assez froidement accueilli par son maitre de thèse qui veut l’orienter différemment et vraisemblablement l’utiliser pour cannibaliser cette étude à son profit.

Il y a longtemps qu’Anissa ne vit plus chez sa mère, dans le quartier l’Aligre. Mais pendant l’absence de celle-ci, elle doit retourner dans l’appartement de son enfance pour attendre le plombier. Là, elle découvre un secret, son père était harki, voilà sans doute pourquoi il n’est jamais revenu au pays… Elle décide de partir en Algérie pour aller rencontrer la famille et tenter de comprendre.

A son arrivée à Alger, elle se rend vite compte que personne ne lui parle vraiment, l’ambiance est plutôt froide, la sincérité absente, les doutes et les questions l’assaillent chaque jour, pourquoi une telle attitude à son égard de la part des différents membres  de la famille ?

Chaque jour est propice à de nouvelles découvertes, un cousin noir (issu d’un viol entre la tante et un tirailleur sénégalais) pour le moins gentil, mais rêveur et qui est tout le portrait de Barack Obama mais ne le sait pas, il est la proie facile de margoulins américains qui tentent de l’utiliser. Une cousine qui ne rêve que de quitter le pays, mais pour cela il faut un passeport, un visa, et surtout de l’argent.. et des oncles et tantes si taiseux que les secrets ne sont pas prêts d’êtres percés à jour.

Au fil des jours, les vérités se dévoilent, les caractères se font jour, les amitiés se créent.  Anissa n’aura certainement pas toutes les réponses, mais pourra au moins savoir d’où elle vient, pourquoi les silences, et se construire sur de belles bases. Un premier roman attachant, une écriture fluide et chaleureuse, sous le soleil d’Alger, une histoire qui a la saveur des soirées au village, quand les cousins se parlent enfin, et se ressourcent en montagne sous les feuillages odorants et la nuit étoilée…Un roman qui dit aussi le temps qui passe, le poids des silences, le chagrin et le manque de confiance que cela engendre. Savoir pour se construire, comprendre pour évoluer et mieux s’armer pour l’avenir, tout cela est évoqué avec sérieux mais dit avec une légèreté et une fantaisie apparentes.

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Catalogue éditeur : Emmanuelle Collas

Anissa vient de découvrir un secret de famille : son père était harki. Elle décide d’aller rendre visite à son oncle à Bab el-Oued pour comprendre ce qui, dans le passé, a fait exploser sa famille. Mais, en Algérie, tout la monde la fuit. Elle ne tarde pas à comprendre qu’un autre drame se joue là-bas. Son cousin, tout aussi égaré qu’elle, est embarqué dans une magouille internationale depuis qu’il est devenu le sosie de Barack Obama. C’est en essayant de lui prêter main forte que les histoires des uns et des autres vont se dévoiler et se libérer de l’emprise du passé.

Sabrina Kassa est française. Journaliste, elle vit à Paris. Magic Bab el-Oued est son premier roman. Retrouvez son blog ici : Sabrina Kassa

Parution : janvier 2019 / Dimensions : 18,8 x 12,5 x 1,8 cm / Pages :193 pages / EAN13:9782490155095 / Prix 15€

Deux stations avant Concorde. Peire Aussane

Dans « Deux stations avant Concorde » Peire Aussane  évoque les questionnements du couple, l’amour, la fidélité, ces belles promesses que l’on a envie de tenir, et la nécessité de se délivrer des entraves du passé pour mieux vivre son avenir.

Eve est artiste peintre, elle semble porter le poids de blessures intimes anciennes et se cherche chaque jour dans sa peinture et dans sa vie de mère de famille, d’épouse, de femme. Antoine, son mari est un nez, il hume, détecte, crée, assemble ces parfums qui nous enivrent. Mais le train-train, les enfants, et une certaine instabilité font que la vie d’Eve n’est pas aussi heureuse ni sereine qu’elle le souhaite.

Lorsque Antoine, part quelques jours en Russie pour son travail, Eve court se ressourcer auprès de ses parents à Paris. Les enfants sont pris en charge par leur grands-parents, Eve jouit du bonheur de parcourir la capitale en toute liberté, quand deux stations avant Concorde, elle croise le regard d‘un homme, et ce regard l’électrise, la transporte, réveille ses sens et ses envies.

De péripétie en coup de tête, Eve va se retrouver à Tokyo, là où semble habiter cet homme, là où sa grand-mère est partie après son divorce, là où semble-t-il les amants se retrouvent, se découvrent, se transportent. Arrivée là, Eve va donc suivre les traces improbables non de cet inconnu du métro, mais bien de sa grand-mère et de la vie qu’elle a vécue là-bas.

Un roman qui nous parle d’amour et de la complexité des relations, de la vie à deux, de la difficulté à maintenir les liens amoureux. De la difficulté sans doute aussi de se réaliser en tant que femme… et de la peur de la rupture, la prise de conscience de l’amour, du couple, de sa solidité et sa fragilité, du bonheur de créer et de maintenir la cohésion d’une famille. Une bonne connaissance du Japon nous entraine vers des paysages et une ambiance exotique à souhait et plutôt poétique. Même si les situations paraissent pour le moins incohérentes, Deux stations avant Concorde est un roman qui se laisse lire agréablement.

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Catalogue éditeur : Michalon

« Le mouvement des passagers dans le wagon m’oblige à le frôler pour sortir de la rame. J’avance sans réfléchir. Rien d’autre que l’intensité de ce face-à-face encore vivant ne peut s’infiltrer jusqu’à mon cerveau. Je m’en remets au rythme de mes pas qui m’éloignent de lui. J’écoute cette musique pour éviter de penser.
Cette musique est celle de ma survie, ou de ma plus belle erreur. »

Poussée par le mystère d’une rencontre improbable et enchanteresse dans le métro parisien, une jeune femme s’envole pour le Japon, laissant pour un temps son compagnon et leurs enfants.
Seule au cœur de Tokyo, ses pas la conduiront malgré elle vers le passé, réveillant une mémoire restée trop longtemps silencieuse.
Sensuel, insondable, le roman d’un retour à la vie et du souffle retrouvé.

Peire Aussane vit à Paris. Deux stations avant Concorde est son premier roman.

Broché – format : 13 x 20 cm /  ISBN : 978-2-84186-894-0 / 30 août 2018 / 192 pages