Les survivants, Alex Schulman

Dans la fratrie dévastée, trois frères et un secret

Ils sont trois frères, Nils, Benjamin et Pierre, les fils meurtris de parents fort étranges. Aujourd’hui ils se retrouvent pour accomplir les dernières volontés de leur mère, répandre ses cendres au bord du lac de leur maison de vacances. Là où tout a commencé, là où tout s’est terminé.

Deux temporalités vont se succéder tout au long du roman. Le jour où les trois garçons devenus des hommes se retrouvent et se battent au bord du lac, avec en main l’urne qui contient les cendres de leur mère. Et à partir de ce moment là, un retour en arrière chronologique raconte le fil de cette journée heure par heure.

En alternance, les chapitres de l’enfance au bord du lac, les jeux des garçons, l’affection de Molly pour Benjamin, l’indifférence et la froideur des parents. Et le voyage depuis ce jour au bord du lac, jusqu’au temps présent, celui de la dernière et violente bagarre.

Dans leur jeunesse les garçons étaient unis, une préférence des parents pour l’aîné, celui qui réussissait ce qu’il entreprenait, a sans doute créé quelques tensions et des jalousies. Mais dans les efforts, les punitions, les découvertes ou les bêtises, la solidarité de la fratrie était bel et bien présente. Quel est cet événement du passé qui vingt ans plus tôt les a bouleversés à ce point, pourquoi une telle indifférence de leur mère, que faisait le père pour s’imposer, et comment ont ils vécu à la fois les années d’enfance, et l’obligation de rentrer un jour dans l’âge adulte sans le soutien de parents aimants, seulement parfois d’un père.

Quel roman étonnant. L’auteur a une capacité à nous faire entrer dans les tourments, les pensées, les émotions de l’enfance, de l’adolescence par ses mots, par ces scènes de la vie ordinaire sur lesquelles pèse une ambiance à la fois délétère et lourde. Pas ou peu d’amour, pas d’intérêt des parents pour ces garçons qui poussent comme ils peuvent au milieu de l’indifférence de parents alcooliques et indolents qui se suffisent à eux mêmes.

Bien sûr, la révélation qui arrive si tard éclaire d’un tout autre jour ces souvenirs de l’enfance meurtrie. Je n’ai eu qu’une envie, tout reprendre à zéro, en me demandant où étaient les indices, qu’est-ce que j’ai zappé, à quel moment ai-je décroché pour ne pas avoir compris avant. Une lecture qui m’avait laissé très septique dans les premiers chapitres, avant d’avoir réellement compris la structure de l’écriture, puis qui m’a happée et donné envie d’écouter sans m’arrêter ces tourments de l’enfance. Avec l’envie d’aider ces jeunes à devenir les hommes qu’ils sont ou devraient être aujourd’hui, sans savoir, sans avoir compris où se situait leur point de non-retour.

Lecture par Mathieu Buscatto. Sa voix s’adapte parfaitement au ton donné par l’auteur, aux souvenirs qui s’égrènent, à l’incompréhension, à la nostalgie de ce qui n’a jamais été et ne pourra plus jamais être.

Catalogue éditeur : Audiolib, Albin-Michel

Benjamin, Pierre et Nils sont venus accomplir les dernières volontés de leur mère : répandre ses cendres dans le lac qui borde leur maison d’enfance, non loin d’une épaisse forêt de sapins comme on en trouve en Suède. Là où, vingt ans auparavant, un drame a changé le cours de leur existence.

Traduit par Anne Karila
Lu par Mathieu Buscatto

EAN 9791035410186 Prix du format cd 22,90 € / EAN numérique 9791035410414 Prix du format numérique 20,95 € / Date de parution 06/07/2022

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