Le parfum des cendres, Marie Mangez

N’est pas Patrick Süskind qui veut, pourtant Marie Mangez nous entraîne avec sensibilité dans ses délires olfactifs

Alice veut faire une thèse sur les thanatopracteurs. Pour cela, elle suit chaque jour un certain nombre d’entre-eux. Jusqu’au moment où elle assiste Sylvain dans son quotidien d’embaumeur.

Mais Sylvain est un taiseux, un solitaire, une énigme. C’est aussi un virtuose de ce métier qu’il pratique comme un artiste. Humant, sentant, décryptant les corps dont il s’occupe pour leur donner un semblant de vie au moment du dernier voyage. Et surtout, en dressant un portrait inédit de chacun d’eux à base de tonalité olfactives douces ou fortes, d’essences, de senteurs, de fragrances, et de parfums jusqu’à l’overdose.

Ce comportement pour le moins singulier intrigue Alice et pique sa curiosité. Elle n’a qu’une envie, comprendre qui est réellement Sylvain et pourquoi il agit ainsi.

Et le lecteur de se demander ce qui a poussé Marie Mangez à imaginer une histoire aussi nauséabonde, à oser un sujet aussi scabreux. A-t-elle traîné ses guêtres dans les méandres de la thanatopraxie ou s’est-elle prise de passion pour ce métier ? Mais surtout, comment et pourquoi cette rencontre improbable entre thanatos et les parfums.

Voilà un premier roman qui ne laisse pas indifférent. L’idée centrale est cependant à certains moments tellement répétitive qu’elle en viendrait presque à nous mettre mal à l’aise. L’écriture est maîtrisée, contemporaine, à la fois dense et souple, au vocabulaire riche et expressif. La lecture en est agréable malgré quelques longs moments de trop plein, au risque de saturer le lecteur par certains effets de style trop appuyés.

J’ai particulièrement apprécié la voix de Sophie Frison qui donne chair aux personnages. Il y a dans cette voix à la fois de la gaîté, des sourires, un brin de désespoir, de grandes interrogations, et cette vie qui se sent aussi bien que si nous étions réellement en contact avec Alice et Sylvain. Mais aussi une étonnante capacité à nous faire sentir, humer, flairer, apprécier, chaque senteur, chaque parfum, chaque note énoncée par Sylvain, avec tant de curiosité, de circonspection, mais aussi de plaisir et de gourmandise.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Un roman de la sélection 2022 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Audiolib, Finitude

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner n’importe quelle personnalité grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe tous les jours dans son métier d’embaumeur.
Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde qui s’intéresse à son étrange profession. Pour elle, Sylvain lui-même est une véritable énigme : bourru, taiseux, il semble plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants. Elle sent qu’il cache quelque chose et cette curieuse impénitente veut percer le mystère.
Doucement, elle va l’apprivoiser, partager avec lui sa passion pour la musique, et comprendre ce qu’il cache depuis quinze ans.

Parution : 15/12/2021 / Durée : 5h07 / EAN 9791035407742 / Prix du format numérique 18,95 €

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