Certaines n’avaient jamais vu la mer Julie Otsuka

Espoir, illusion, déception : dans le très beau roman « Certaines n’avaient jamais vu la mer », Julie Otsuka nous fait entendre les voix multiples de ces jeunes japonaises qui ont traversé l’océan pour un rêve de vie meilleure.

Certaines n’avaient jamais vu la mer -

Dans les années 1900, de nombreuses jeunes filles japonaises ont traversé l’océan pour se marier aux états unis. Leurs famille avaient besoin de ce mariage, d’autres sœurs à marier, des familles pauvres qu’il faudrait aider, une hypothétique vie plus facile par-delà la mer, des lettres de leurs futurs maris tellement jolies et rassurantes. Expérience si difficile pour celles dont on sait que « certaines n’avaient jamais vu la mer »… où l’on comprend que partir du Japon, cette constellation d’Iles, ne pouvait être qu’un long et difficile voyage vers l’inconnu.
Le rêve était tentant. La réalité l’était souvent beaucoup moins, photos d’un autre, mensonges sur le véritable métier exercé et sur la réalité de la vie du futur époux, solitude, abandon des familles vers lesquelles on ne peut plus retourner sans honte, il faut donc rester sur le continent, et apprendre un autre vie, d’autres mœurs, d’autres coutumes.
Les japonaises seront ouvrières agricoles, dure à la tâche, silencieuses, fiables, aidant les maris bien peu fortunés, mariage, enfants, deuils, travail difficile et mal payé, puis la guerre avec le japon qui éclate, et les japonais accusés d’être des espions, enfermés et déportés dans des camps, abandonnées par une population autochtone qu’ils servaient et avec qui ils cohabitaient, mais qui ne les avait jamais vraiment acceptés ni intégrés.

Instantané de l’histoire décrit avec un style très particulier, la narratrice prend les voix de ces jeunes filles, de ces épouses, de ces femmes et de ces veuves, montrant chaque étape de leur vie, le voyage, l’arrivée, les futurs époux, les mariages, les enfants, la vie dans toutes ses étapes, englobant dans un « nous », en exemples multiples et lancinants, la réalité de toutes ces vies. Ce style parfois déroutant m’a gênée par moments, car il m’a semblé difficile de m’attacher à un personnage en particulier puisque aucun n’est réellement suivi. Mais quel beau livre malgré tout !


Catalogue éditeur : Phébus ; 10/18

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. Lire la suite

Littérature étrangère / Date de parution : 30/08/2012 / Format : 14 x 20,5 cm, 144 p., 15.00 € / ISBN 978-2-7529-0670-0

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2 réflexions sur “Certaines n’avaient jamais vu la mer Julie Otsuka

  1. anaverbaniablog avril 11, 2016 / 12:52

    Il est dans ma PàL et cela tombe bien car ton avis me donne envie de le lire prochainement !

    J'aime

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