Le poids de la neige. Christian Guay-Poliquin

« Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin a tout d’un huis-clos oppressant dans un univers blanc et glacé, entre deux hommes que le hasard a réuni au sein d’une nature hostile, au plus profond d’un hiver de neige et de froid.

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Alors qu’il revenait voir son père au village après plus de dix ans d’absence, la narrateur à un accident de voiture, éjecté du véhicule, il a les jambes brisées. Sauvé de justesse par des villageois qui le reconnaissent et par Maria, la jeune vétérinaire du village, il est confié aux soins de Mathias, un vieil homme arrivé par hasard au village et qui attend que sa voisine vienne le chercher pour retrouver sa femme malade et hospitalisée à la ville.

Mais au village, au plus profond de l’hiver (canadien ?), il n’y a plus d’électricité, les voies sont coupées, l’essence, les vivres, les médicaments commencent à manquer. Les seules interactions sont donc entre les villageois, puisqu’ils sont condamnés à vivre en autarcie pendant de longues semaines. L’ambiance, comme le temps, sont glacés et les relations s’avèrent difficiles entre cet homme blessé qui ne veut pas rester à la merci de son gardien, et Mathias, ce gardien qui ne rêve que de rentrer chez lui. Aidés et ravitaillés tant bien que mal par les villageois, ils vont devoir apprendre à se connaître et à s’apprivoiser.

Il y a une lenteur forcée tout au long de ces pages, de ce journal de bord d’un homme diminué et attentif. Une cohabitation délicate, des secrets difficile à garder dans un univers aussi restreint et aussi clos, avec un homme cloué sur son lit pendant de longues semaines, peu de possibilités de se ravitailler, et la neige, lancinante, omniprésente, qui tombe dru ou léger, qui recouvre tout et dont le poids fait s’écrouler les toits, qui glace le paysage et les hommes, qui les prive de vivres et de chaleur. Cette neige pourtant si belle, immaculée, scintillante, lumineuse, qui illumine et éclaire le paysage au loin, par la vitre de la véranda, dans cette maison isolée du village dans laquelle ils vont devoir apprendre à cohabiter.

Il ne se passe pas grand-chose au fil des jours, mais le narrateur montre avec une grande finesse la difficile cohabitation des deux hommes. La fuite et la ruse, la confiance et les secrets, la solitude et la violence, l’humanité et une tension parfois extrême qui font craindre le pire, tous ces sentiments éclatent et cimentent leur relation pour le pire comme pour le meilleur. Une lecture étonnante, Christian Guay-Poliquin nous plonge dans cet univers glacé digne du grand nord canadien qui ne laisse pas indifférent.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : éditions de l’Observatoire

À la suite d’un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d’électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire.
Dans la véranda d’une maison où se croisent les courants d’air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l’hiver et de leur rude face-à-face. …Lire la suite

Né au Québec, en 1982, Christian Guay-Poliquin est doctorant en études littéraires. Le Poids de la neige, grand succès au Québec, a été distingué par plusieurs prix prestigieux.

Parution : 10/01/2018 / Prix : 19€ / Format : 140 x 200 / 256 pages / ISBN : 979-10-329-0213-4

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