Dieu n’habite pas la Havane. Yasmina Khadra

Une fois n’est pas coutume, Yasmina Khadra change de continent et nous entraine dans ses pas à Cuba, mais comme son héros va l’apprendre à ses dépens, «  Dieu n’habite pas La Havane ».

domiclire_dieu_n_habite_pas_la_havaneJuan, dit Don Fuego, est une figure incontournable des cabarets et des soirées de La Havane. Mais le temps passe, le régime s’épuise, les habitudes changent et le cabaret dans lequel il se produit chaque soir ferme. Il doit se trouver un autre public, d’autres foules à électriser, tenter de relancer sa gloire passée. Pas facile quand la misère locale et les contraintes du pouvoir en place ne laissent pas de marge aux « travailleurs ». Sans solution et sans espoir immédiat, il traine sa lassitude dans la maison familiale.

Puis, incidemment, il rencontre Mayensi, une flamboyante jeune femme rousse qui le subjugue totalement. Tombé amoureux, il va tenter de la protéger, mais cette beauté est un être désespéré et incontrôlable. Leur différence d’âge, le passé lourd et secret, le présent complexe et sombre, et l’apparente folie de Mayensi sont autant d’obstacles à la sérénité de leur relation et à la possibilité de vivre ensemble ; jusqu’au point de rupture, brutal.

Ce voyage à Cuba est l’occasion pour l’auteur de nous parler d’un pays, des espoirs d’un peuple, des désespoirs de sa jeunesse, et de l’art de manquer sa vie peut-être ? Si l’intrigue est fort peu plausible, mais acceptable, il tente de nous dépeindre un univers complexe de façon fort peu réaliste. Bien sûr, on sent que Yasmina Khadra est allé à Cuba, a senti la vie, l’histoire, le peuple, les aspirations de la jeunesse et les déceptions des plus anciens, leur lassitude face au lendemain. Il a marché dans les ruelles, senti le souffle du vent sur les plages, le chants et le rythme de la Rumba dans ses cabarets. Mais il ne nous montre pas qu’il a ressenti ce pays au plus profond de lui, comme il a dû le faire, et le vivre, lorsqu’il nous parle du moyen orient ou de l’Afrique du nord en particulier… ou du moins, moi lectrice, je n’ai pas vibré, je n’ai pas ressenti d’affection pour les personnages, je n’ai pas eu envie de vivre avec eux et de les comprendre. Il m’a manqué la profondeur et la magie d’un Ce que le jour doit à la nuit ou Les hirondelles de Kaboul ou même encore les sentiments si forts de L’attentat. C’est dommage, même si Dieu n’habite pas la Havane est un agréable moment de lecture car l’écriture est toujours finement travaillée, le vocabulaire imagé, les sentiments exprimés avec beaucoup de justesse.

A lire sans doute pour les inconditionnels de Khadra comme moi… Pour ceux qui veulent le découvrir, il me semble qu’il vaut mieux choisir un autre de ses romans.


Catalogue éditeur : Julliard

À l’heure ou le régime castriste s’essouffle, « Don Fuego » chante toujours dans les cabarets de La Havane. Jadis, sa voix magnifique électrisait les foules. Aujourd’hui, les temps ont changé et le roi de la rumba doit céder la place. Livré à lui-même, il rencontre Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme », dont il tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.
Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n’habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

Parution : 18 Août 2016 / Format : 130 x 205 mm / Nombre de pages : 312  / Prix : 19,50 € / ISBN : 2-260-02421-1

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