Vera Kaplan. Laurent Sagalovisch

« Parce que Vera Kaplan a cru que sa destinée était de vivre, de vivre à tout prix » est-il seulement légitime de s’interroger, longtemps après, sur sa culpabilité ou pas ? Roman fort, bouleversant, passionnant, Vera Kaplan, de Laurent Sagalovitsch est de ces œuvres qui restent longtemps en mémoire une fois fermée la dernière page.

DomiCLire_vera_kaplan.jpgVera Kaplan est une belle jeune femme, blonde aux yeux bleus, de 18 ans, juive, éclatante de vie, qui vit à Berlin dans les années 30. Mais la guerre et ses contraintes, ses horreurs, vont l’amener à trahir et dénoncer les siens pour tenter de sauver ses parents de la déportation, et se sauver elle, tout simplement. Elle devra vivre ensuite avec ce poids, ce vide, toute sa vie. Dans son journal, Vera Kaplan raconte, les jours passés, les trahisons, le poids du chagrin, la honte, le désespoir, les regards, la vie qui s’en va et celle à laquelle on s’accroche chaque jour, l’amour aussi, incongru, salvateur, comme un bouée à laquelle s’accrocher pour ne pas sombrer.

Alors coupable ? Non coupable ? La justice des homme a décidé à la fin de la guerre, et Vera Kaplan a payé par dix années de détention. Mais comme l’a si bien écrit Jean-Jacques Goldman « Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt » ? Ah, c’est un peu facile bien sûr. Pourtant, ce livre inspiré par la vie de Stella Goldschlag questionne, dérange, bouleverse. Mais il est évident que la réalité d’une vie en temps de guerre nous est étrangère, nous qui vivons si facilement dans notre 21e siècle, certes bouleversé par le terrorisme et les attaques qui nous plongent dans la sidération et l’incompréhension, mais dans lequel nous sommes tellement protégés et si peu avertis de ce que pouvait être la lutte pour sa survie, pour celle de ses proches, de ses parents en particulier, dans cette guerre sans merci menée par les nazis contre ces Hommes qu’ils avaient décidé d’exterminer pour la seule raison qu’ils étaient juifs…

Un livre court, dense, une écriture intéressante, le lecteur passe du journal de Vera Kaplan, de ses lettres d’après-guerre, à la vie et aux réactions de son petit-fils aujourd’hui. Lui qui vient de découvrir l’existence de cette grand-mère certes absolument monstrueuse, mais qui est peut-être à sa façon une victime terriblement humaine d’une époque extra-ordinnaire.

Je vous conseille de lire également l’avis de Ludivine, du blog  Emilia et Jean


Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

À Tel-Aviv, un homme apprend par courrier le suicide de sa grand-mère, Vera Kaplan, dont il ignorait l’existence. La lettre, venue d’Allemagne, est accompagnée de l’ultime témoignage de la défunte et d’un terrifiant manuscrit : son journal de guerre, celui d’une jeune Juive berlinoise qui, d’abord pour sauver ses parents puis simplement pour rester en vie, en est venue à commettre l’impensable – dénoncer d’autres Juifs, par centaines.
Dans un récit sans complaisance, librement inspiré du destin véritable de Stella Goldschlag, Laurent Sagalovitsch dresse le portrait d’une victime monstrueuse dévorée par une pulsion de vie inhumaine.
Laurent Sagalovitsch est né en 1967.
Roman / Collection : Qui Vive / Date de parution : 25/08/2016 / Format : 14 x 18 cm, 160 p., 13.00 € / ISBN 978-2-283-02997-8

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