Crans-Montana. Monica Sabolo.

Souvenirs, souvenirs…La jeunesse dorée est elle toujours la plus heureuse ?

A Crans-Montana, des années 60 aux années 80, c’est comme partout et de tous temps, les garçons observent les filles. Ici, les filles ce sont les trois C, Chris, Claudia et Charlie. Belles, effrontées, riches- mais à Crans-Montana, qui n’est pas riche ? -prêtes à tout pour vivre à fond leur adolescence, dans le luxe de cette station où elles  viennent skier en hiver et plonger en été. Tout va bien, la vie est belle, l’argent circule, le caviar et la drogue aussi, les fêtes dissolues, les belles voitures, les relations amoureuses, les beaux  italiens ténébreux et séducteurs, et Franco, le bel épicier dont mères et filles raffolent. Les années passent, l’enfance, l’adolescence aussi, l’ordinaire en somme. Les garçons  resteront éternellement amoureux d’un souvenir attendri, celui des trois C.

La plupart des familles sont juives, on est quelques années après la guerre,  dans les maisons et les chalets les mères silencieuses jouent un rôle, elles se côtoient sans pour autant réellement chercher à se connaître, dans les cadres les photos évoquent ces disparus dont on ne parle pas, ces membres amputés de familles à jamais meurtries. Les maris font fructifier leur fortune, l’argent part en Suisse, dans des sacs, des valises, dans les chaussettes, on ne sait jamais. Evocations par petites touches des périodes troubles de la guerre, de la révolution de mai 68, de l’élection de Mitterrand, qui perturbent profondément ces familles aisées. Mais c’est comme une trame de fond  opaque que j’aurai  aimé un peu plus ancrée dans le récit.

Pourtant, tout au long des pages, une tragédie se dessine, la tension monte, on comprend que quelque chose  d’inéluctable va arriver, qui fait que votre vie change à jamais, que plus rien ne sera comme avant. Que va-t-il arriver, à laquelle de ces filles, pourquoi et comment, alors qu’elles ont tout pour être heureuses, vont-elles passer leur vie, la réussir ou pas.  Le poids des non-dits sur les générations futures, l’insouciance apparente de la jeunesse dorée mais parfois désespérée, sont prégnants tout au long des pages, c’est au final un livre moins léger qu’il n’y paraît au départ.

Rentrée Littéraire 2015


Catalogue éditeur

Dans les années 60, à Crans-Montana, une station de ski suisse, des garçons observent, de loin, trois jeunes filles qui les fascinent : les trois C. Chris, Charlie et Claudia. Elles forment une entité parfaite, une sorte de constellation. Claudia, cheveux blonds, hanches menues, sourire enjôleur. Chris, boucles brunes, peau mate, ongles longs comme des griffes. Charlie, cheveux noirs, petits seins, longues jambes. Pour ces garçons elles sont un rêve impossible. Pendant les vacances d’été ou d’hiver, sur les pistes, à la piscine ou dans les night-clubs ils les regardent, sans jamais les aborder. Les années passent. Leur souvenir les poursuivra, comme un amour fantôme.
Les voix des garçons, puis des filles déroulent les destinées d’une jeunesse, dorée en apparence, mais qui porte les secrets, les fautes et l’indifférence des générations précédentes. Durant près de trente ans, tous tenteront de toucher du doigt quelque chose de plus grand, l’amour, la vérité, ou simplement le sentiment d’exister. Mais des espoirs romantiques de l’adolescence à l’opulence glacée des années fric, la vie glisse entre leurs doigts.

Jean-Claude lattès / EAN : 9782709650458 / Littérature française
Parution : 26/08/2015 / 240 pages
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