Toutes les familles heureuses. Hervé Le Tellier

Raconter son histoire, celle de sa famille, même si on considère que ce n’est pas forcément la plus réussie qui soit ? Peut-on imaginer l’écrire et intéresser les lecteurs ? C’est ce qu’a fait Hervé Le Tellier dans « Toutes les familles heureuses », et on aime !

Domi_C_Lire_toutes_les_familles_heureuses_herve_le_tellier.jpegToutes les familles heureuses est un roman particulièrement réussi et qui se lit d’une traite, avec à la fois crainte, tristesse et grands éclats de rire, car il y a tout dans ces lignes, tout ce qui fait la vie, gaité, malheur, incohérence, tristesse, rigolade, et quelques souvenirs, très peu de souvenirs concrets mais beaucoup de sentiments à partager.

Voilà un livre sur la famille dans ce qu’elle a de plus complexe, de plus dramatique parfois, avec une mère toxique qui ne joue pas son rôle, un père inconnu, un beau-père transparent qui fait ce qu’il peut. On le comprend vite, la seule issue pour le jeune homme de 17 ans qu’était l’auteur est de s’enfuir de chez lui à tire d’aile, le plus loin possible, pour survivre, intact et poursuivre une vie normale. Et l’on se rend compte que l’amour des parents n’est pas une évidence, que le bonheur n’est pas toujours partagé, mais que pourtant de tant d’erreurs peut émerger un homme équilibré et parfaitement heureux. Enfin, apparemment ! L’auteur a osé se mettre à l’écriture de ce roman autobiographique lorsque les principaux protagonistes ont disparu, ou qu’il était assuré qu’ils ne pourraient pas être blessés par cette lecture…. Une forme d’amour sans aucun doute, de respect en tout cas, qui démontre que tout n’est pas si triste et sombre.

J’ai aimé Toutes les familles heureuses, alors que je craignais de m’embarquer dans une histoire de famille qui allait peut-être me lasser, ou me laisser indifférente car ce n’était ni la mienne, ni celle de tout le monde. Mais il m’aura fallu du temps pour en parler, puisque ce roman est une de mes lectures de la rentrée de septembre 2017.

Parce qu’il est dans la lignée de Fugitive, parce que reine peut-être ? … A croire que les enfances malheureuses, ou les enfants mal aimés, font d’excellents auteurs de romans et leur histoire de fabuleux romans, sans doute parce que ces mêmes auteurs ont su sublimer et dépasser cette violence faite à l’enfant qu’ils étaient, et ne garder que le meilleur, l’amour sous-jacent, et surtout celui qu’ils savent donner.

💙💙💙💙

Domi_C_Lire_avec_herve_le_tellier_manosque_2017

Souvenir de la rencontre avec Hervé Le Tellier, à Manosque pendant les Correspondances.  Merci Joëlle du blog Les livres de Joëlle pour la photo !


Catalogue éditeur : JC Lattès

« Je n’ai pas été un enfant malheureux, ni privé, ni battu, ni abusé. Mais très jeune, j’ai compris que quelque chose n’allait pas, très tôt j’ai voulu partir, et d’ailleurs très tôt je suis parti.
Mon père, mon beau-père sont morts, ma mère est folle. Ils ne liront pas ce livre, et je me sens le droit de l’écrire enfin. Cette étrange famille, j’espère la raconter sans colère, la décrire sans me plaindre, je voudrais même en faire rire, sans regrets. Les enfants n’ont parfois que le choix de la fuite, et doivent souvent à leur évasion, au risque de la fragilité, d’aimer plus encore la vie.  »
H.L.T.

Parution : 23/08/2017 / 224 pages / 17.00 €

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