Écorces vives, Alexandre Lenot

Un roman choral pour dire la montagne, la solitude, la bêtise humaine. Un roman noir pour mener le lecteur aux confins du Massif Central.

couverture du roman "écorces vives" d'Alexandre Lenot édité chez Actes Sud

Un village tranquille et reculé dans les montagnes, une maison en ruine brûle et s’effondre… comme s’est effondrée un jour la vie de l’incendiaire. Pourquoi, comment, nous ne le sauront finalement jamais, mais est-ce important ? Dans ce village, tout nouveau venu est une intrigue, un intrus aussi, et seuls ceux du coin ont droit de cité. En encore… tout dépend s’ils sont bien nés, ou s’ils sont du côté des plus forts, des chasseurs, des vilains qui imposent leur loi.

Laurentin est arrivé au village il y a quelques années, avec une patte folle à la suite d’on ne sait quoi. Ce gendarme règle les quelques incartades ou beuveries qui émaillent la vie du village, peu d’évènements graves en fait, et la retraite s’annonce doucement.

Lison vient de perdre son mari. Ce taiseux à la double vie. Céline vient à son enterrement et ne repart pas, aide précieuse et mystérieuse auprès d’une veuve déstabilisée. Mais au village on n’aime pas trop les belles femmes seules….

Louise, arrivée depuis peu, vit à la ferme des américains. Solitaire, elle s’occupe de bêtes et parcours la montagne chaque jour.

Eli est l’homme mystère, le pyromane blessé, cet écorché vif qui fuit vers on ne sait quoi.

Dans ce roman choral, il y a des frères solidaires, des enfants orphelins, un épicier presque aveugle, des chasseurs plus agressifs envers les hommes qu’envers les animaux… Il y a la vie en montagne, dure, froide, désespérée parfois. Il y a la dureté du climat qui se répercute sur la vie des hommes… Une ambiance ambivalente qui nous mène vers on ne sait quoi, mais avec qui tension qui sourd de chaque chapitre, le lecteur attend le  cataclysme qui ne peut que survenir.

L’écriture est belle, la montagne froide et dure, l’atmosphère est souvent étouffante malgré l’ampleur des paysages, et en cela j’imagine que l’auteur a réussi son pari. Mais il me manque un petit quelque chose pour partir vraiment vers ces contrées magnifiques et violentes… Un peu d’empathie pour les personnages, ou une intrigue un peu plus poussée, bref, un je ne sais quoi d’absent de ces lignes qui a laissé un peu trop souvent mes pensées partir ailleurs…

💙💙💙

Catalogue éditeur : Actes Sud Actes noirs

C’est une région de montagnes et de forêts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent éviter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espérait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaît dans les bois. La rumeur trouble bientôt l’hiver : un rôdeur hante les lieux et mettrait en péril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection à la franche hostilité, à l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivée, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas né ici.
Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de préjugés définitifs et de rancœurs séculaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux âmes mélancoliques et révoltées – sourd une menace : il faut se méfier de la terre qui dort…

Octobre 2018 / 13,5 x 21,5 / 208 pages / ISBN 978-2-330-11376-6 / prix indicatif : 18, 50€

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