Le consul. Salim Bachi

Juin 40, Bordeaux, le consul du Portugal, Aristides de Sousa Mendes doit obéir à la circulaire n°14 et refuser tout visa aux porteurs de passeport Nansen, aux réfugiés, aux juifs. Catholique convaincu, le consul est marié depuis de longues années à Angelina, l’épouse fidèle qui lui a donné quatorze enfants. Mais tout n’est pas si simple dans la vie en apparence bien rangée du consul, l’amour a fait irruption sous les traits de la belle et jeune Andrée, et les réfugiés venus de toute l’Europe se pressent par milliers devant le consulat, sur la place des Quinconces à Bordeaux.

Alors que Pétain vient de signer l’armistice, Salazar est au pouvoir au Portugal, Franco en Espagne. Une neutralité approximative leur permet de rester en dehors du conflit tout en essayant de plaire aussi bien à l’Allemagne d’Hitler qu’aux alliés. Il ne faut donc pas faire de vague. Pourtant, un visa permettrait aux réfugiés de fuir vers les Amériques, vers la Grande Bretagne, dans un ailleurs loin du Reich et de la mort.

Alors, Aristides de Sousa Mendes désobéi, dans une mesure telle qu’elle dépasse l’entendement, à la circulaire n°14. Il dit non au mal, et tel un rebelle, sauve dans une effervescence de quelques jours à peine quelques milliers de réfugiés en délivrant sans compter des milliers de visas.

Au seuil de sa mort, alors qu’il est appelé par Saint François d’assise dont il a vu la magnifique fresque en l’église de la santa Croce à Florence, le consul évoque pour sa toujours dévouée Andrée ses années de gloire, de désobéissance, de disgrâce et de déchéance, la fidélité à ses valeurs, son humiliation et sa rédemption.

La structure du roman est étonnante. Des pages entières sont répétées, pour ponctuer les sentiments, les épisodes rocambolesques de la vie du consul, sa mise à l’écart, son bannissement. Toute la narration du récit est à la première personne. C’est tellement prenant que je n’ai absolument pas eu envie de lâcher ce livre. Andrée, c’est moi, j’écoute le consul me raconter son histoire, sa vie, sa désobéissance patriote, lui le juste reconnu si tardivement par son pays. Un très beau roman sur un homme dont je découvre la vie grâce à Salim Bachi et à sa belle écriture.

Sélection du prix Orange du livre 2015

Le passeport Nansen : document d’identité reconnu par de nombreux États permettant aux réfugiés apatrides de voyager alors que le système international des passeports qui émerge à la faveur de la Première Guerre mondiale assujettit les déplacements aux formalités douanières. Il a été imaginé en 1921 et créé le 5 juillet 1922 à l’initiative de Fridtjof Nansen, premier Haut-commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations.


Catalogue éditeur

En juin 1940, en pleine débâcle, Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux, sauva la vie de milliers de personnes en désobéissant à son gouvernement. Entre trente mille et cinquante mille réfugiés de toutes nationalités et religions bénéficièrent d’un visa signé de sa main qui leur permit de fuir la menace nazie. Plus de dix mille juifs échappèrent à une mort certaine dans les camps.
Relevé de ses fonctions, exilé dans son propre pays, oublié de tous, Aristides de Sousa Mendes paya jusqu’à la fin de sa vie le prix fort pour ses actes de courage.
Salim Bachi retrace, dans ce roman en forme de confession, le destin exceptionnel d’un homme mystérieux et tourmenté, croyant épris de liberté et père de quatorze enfants que l’amour d’une femme et de l’humanité vont transfigurer.

Parution : 01-01-2015 / Collection Blanche, Gallimard / ISBN : 9782070147885

192 pages, 140 x 205 mm / Achevé d’imprimer : 05-12-2014

Genre : Romans et récits / Catégories > Sous-catégories : Littérature française > Romans et récits / Littérature étrangère > Arabes – Francophones / Époque : XXIe siècle

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